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Le terme FUSIL, subst. masc., a évolué au cours de l'histoire pour désigner différents objets, allant d'une simple pièce d'acier à une arme à feu sophistiquée.

A. Vieux : L'Origine du Fusil

Dans son sens le plus ancien, un fusil était une petite pièce d'acier dont le choc avec un silex servait à produire des étincelles. On parlait alors de « battre le fusil » ou de « pierre à fusil ». La mèche à fusil était également un élément important de ce dispositif.

Mousquet à fusil.

B. Arme à Feu : L'Évolution du Fusil

Plus tard, le fusil est devenu une arme à feu individuelle constituée d'un canon long fixé sur une monture généralement en bois et comportant des dispositifs de visée et de mise à feu.

Vous avez là un beau fusil; il doit porter loin. (...) Quel calibre! On peut tuer avec cela mieux que des sangliers. Il dresse son fusil. Il a vite fait un petit tâton autour de la culasse, puis il s'est souvenu que ça n'est pas un fusil de guerre et il a mis le doigt à la gâchette.

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Types de Fusils et Termes Associés

Il existe différents types de fusils, chacun ayant ses propres caractéristiques et utilisations.

Fusil de Munition et Fusil de Rempart

Le fusil de munition est un synonyme vieilli de fusil de guerre.

L'homme de salon et de bonne compagnie qui n'a jamais remué un hoyau ou un fusil de munition. Tous les fusils de munition devaient être délivrés aux réquisitionnaires. La garde nationale de la section serait armée de fusils de chasse et de piques.

Le fusil de rempart, quant à lui, est un fusil de gros calibre qui équipait jusqu'au dix-neuvième siècle les soldats postés sur les remparts, dans les retranchements.

Locutions et Expressions

Plusieurs locutions et expressions utilisent le mot « fusil », telles que :

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  • Changer son fusil d'épaule
  • En chien de fusil
  • Coup de fusil (fam.) : Addition très élevée
  • En coup de fusil (vieilli) : [En parlant d'une chambre, d'un appartement] Long et étroit

Par exemple, l'expression "changer son fusil d'épaule" signifie changer d'opinion ou de comportement.

Autres Types de Fusils

Fusil à Vent

Autrefois, le fusil à vent était une arme portative dont le projectile était expulsé du canon par de l'air comprimé.

Des royalistes, enfermés pour avoir voulu tuer le Premier Consul, à l'aide de fusils à vent.

Fusil Sous-Marin

Le fusil sous-marin, ou lance-harpon, est une arme lançant un harpon, utilisée pour la chasse sous-marine.

Tiens, Georges, voilà le type de maniaque. Perfectionner le fusil sous-marin! La chasse sous-marine n'est pas caractérisée par l'usage d'un fusil lance-harpon, mais par la capture des poissons à la nage ou en plongée.

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Fusil Jouet

Le fusil peut également être un jouet imitant un fusil, comme un fusil à air comprimé, à bouchon ou à fléchettes.

Ils jouent à Chilpéric, à Clodomir, (...) et se battent avec des fusils en planche, de vrais fusils carolingiens. Pour mes étrennes, mon père mit dans mes sabots cirés un fusil de bois et une orange.

Le Fusil : Une Personne Armée

Par métonymie, le terme « fusil » peut désigner une personne armée d'un fusil.

Un rezzou de trois cents fusils (...) aurait surgi à l'est et massacré une caravane. Un bon fusil, un grand fusil.

Analogies et Usages Argotiques

Par analogie, le mot « fusil » a également été utilisé dans l'argot pour désigner le gosier ou l'estomac.

C'est qu'on ne s'est pas collé grand'chose dans le fusil depuis deux jours.

De plus, il peut désigner une tige d'acier servant à aiguiser, par analogie de forme et de matière avec le canon d'un fusil.

Un solide gaillard (...) portant au côté, ainsi qu'un glaive le « fusil » d'acier reluisant, embelli d'un manche d'ivoire.

Fusil-Mitrailleur

Le fusil-mitrailleur est une arme à feu collective ressemblant à un fusil et pouvant tirer par rafales.

Les gardes d'assaut tiraient. Sans doute possédaient-ils un fusil-mitrailleur, car un bruit de tir mécanique montait au-dessus des coups de fusil, vers celui des mitrailleuses fascistes, immobile.

Le Fusil Chassepot Modèle 1866

La campagne de Bohême et les victoires de la Prusse sur le champ de bataille de Sadova, en 1866, montrèrent, avec une foudroyante évidence, les mérites du fusil prussien. À la suite de ces évènements, et en présence de ces résultats, les nations de l’Europe qui avaient laissé passer, sans trop d’attention, le fusil à aiguille, ont dû revenir de leur indifférence, et adopter l’arme nouvelles.

En France, comme ailleurs, on s’est empressé de remplacer les anciens fusils à piston par le fusil à aiguille. Seulement, le fusil prussien était passible de divers reproches. C’est ce fusil, désigné officiellement sous la rubrique d’arme 1866, que nous allons décrire.

Les pièces qui composent le fusil Chassepot sont plus simples et moins délicates que celles du fusil prussien. Le chien est de dimensions suffisantes. Il offre une grande prise, par la suite de la rugosité de la surface qui le termine.

De plus, afin que dans l’armement du chien, cette pièce ne vienne pas à être forcée par la pression exercée, on l’a munie d’une roulette, pour faciliter le glissement.

Pour ouvrir la chambre, on tire la culasse, au moyen de la poignée ; on place la cartouche, dans la cavité qui doit la recevoir, devant un disque d’acier d’un rayon moindre que celui de la chambre. Au dessous de ce disque se trouve un petit cylindre en caoutchouc, remplissant exactement le diamètre de la chambre.

Ce cylindre est plus galvanisé sur les bords qu’au milieu, de telle sorte que, sous l’influence de la pression des gaz, la parti centrale du caoutchouc cède et empêche la sortie des vapeurs par les jointures de la culasse mobile avec le canon.

Pour fermer l’arme, on repousse la poignée à sa première place, puis on la rabat sur le côté. Le premier de ces mouvements enfonce la cartouche dans le canon ; le second immobilise la culasse en plaçant une partie saillante de la poignée, dans une encoche.

La cartouches est en papier mince, et consolidée par une enveloppe de gaze de soie ; elle présente ainsi les deux qualités essentielles de toute bonne cartouche, à savoir légèreté et solidité. Un avantage inappréciable, c’est qu’elle est complètement brulée par la combustion de la poudre.

La capsule est fixée à la base inférieure de la cartouche, l’ouverture tournée en face de l’aiguille. Elle diffère en cela de la cartouche du fusil prussien, dans lequel l’aiguille doit traverser toute la poudre, pour aller frapper la capsule fulminante.

Nous avons expliqué assez longuement les avantages que l’on trouve à produire ainsi l’inflammation par le haut de la cartouche et non par le bas, comme dans le cas ordinaire. Mais cette disposition exigeait que l’on employât une aiguille deux fois plus longue et par conséquent plus fragile.

C’est ce qui a décidé, en France, à renoncer à placer la capsule au haut de la cartouche. Les avantages théoriques que nous avons énumérés plus haut concernant ce mode d’inflammation, ne pouvant, à ce qu’il parait, contre-balancer l’inconvénient de la trop grande longueur de l’aiguille.

Après ces explications préalables, on comprendra mieux les deux figures qui représentent le mécanisme du fusil Chassepot, avec les légendes qui expliquent l’usage de ses différents organes.

Le fusil Chassepot est bien supérieur au fusil Dreyse, il ne présente pas la complication de l’arme prussienne ; ces mouvements sont moins nombreux ; le chargement est rapide et facile.

L’aiguille étant retirée dans sa gaîne pendant le chargement, et ne pouvant en sortir qu’au moment du tir, toute explosion de la cartouche , durant la charge, est rendue impossible.

Le fusil Chassepot est plus court que notre ancien fusil de munition ; il ne pèse que 3 kilogrammes, et porte un sabre-baïonnette plus léger que l’ancien. La forme en est élégante et satisfait l’amour propre de nos soldats.

Le canon, dont le calibre est de 11 mm, porte 4 rayures hélicoïdales. M le maréchal Niel a adressé à l’empereur un rapport plein d’intérêt sur les résultats des essais de tir avec le nouveau fusil. D’après ce rapport, le fusil Chassepot peut tirer, sans viser, 14 coups par minutes, et en visant, 10 coups par minute.

Il porte à 1000 mètres, plus sûrement que l’ancien fusil ne portait à 400 mètres. A cette énorme distance, un soldat quelques peu expérimenté met 24 balles sur 100 dans une cible.

Avec cette arme prodigieuse, la victoire et la défaite pourront être décidées en quelques minutes. Une vingtaine de feux de file termineront une bataille. On s’attaquera à un quart de lieue de distance, sans presque se voir.

Avant qu’on ait pu s’approcher, les nouveaux fusils auront fait leur œuvre d’extermination : l’ennemi, épouvanté et décimé, sera mis en fuite.

Le rapport du maréchal Niel sur lequel s’appuient ces étonnantes conclusions, a une grande importance dans la question qui nous occupe. Nous croyons devoir, en conséquence, mettre la plus grande partie de ce document sous les yeux de nos lecteurs.

Rapport du Maréchal Niel à l'Empereur

Le rapport du maréchal Niel à l’empereur a pour but de résumer l’ensemble des résultats obtenus depuis que la transformation de notre armement est devenue un fait accompli.

“Successivement étendue aux divers corps d’infanterie de la ligne, au fur et à mesure de l’avancement de la fabrication, cette opération considérable s’est terminée au mois d’avril 1868, c’est à dire dans un laps de temps qui n’excède pas une année.

“Sa portée réglementaire efficace est de 1000 mètres et peut facilement atteindre à 1100 mètres.

“Au point de vue de la précision, ses avantages ne sont pas moins satisfaisants.

“L’armement n’ayant pu être distribué à la même époque dans tous les corps de l’armée, cette partie de l’instruction, dont le degré d’avancement est nécessairement proportionnel au temps écoulé depuis la mise en service de l’arme, n’est en quelques sorte que commencée pour un assez grand nombre de corps d’infanterie de la ligne. Et cependant, dès les débuts, les premiers résultats signalés se montrent déjà très-sensiblement supérieurs à ceux obtenus avec l’ancien fusil rayé que les hommes connaissaient bien et qu’ils avaient appris à pratiquer de longue main.

Quand aux résultats obtenus par les régiments de la garde, et surtout par le bataillon de chasseur à pied, celui de tous les corps qui, par la priorité de l’armement, a eu le plus de temps à employer à ces exercices, ils témoignent par leurs progrès rapides de la facilité avec laquelle les hommes se familiarisent avec leur arme tout autant que de sa grande précision.

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