Si son nom est aujourd’hui associé à l’un des tournois de tennis le plus prisé au monde, rares sont ceux qui connaissent l’histoire de l’aviateur Roland Garros. Qui se souvient qu'il fut durant sa courte vie (29 ans) une figure mythique de la « Belle Époque » ?
Né le 6 octobre 1888 à Saint-Denis de la Réunion, Garros développe très rapidement une passion dévorante pour l’aviation où il s’illustre par ses prouesses, notamment lors de combats aériens pendant la Première Guerre mondiale. Féru de mécanique et d'aviation, il se rendit célèbre par la première traversée aérienne de la Méditerranée puis, pendant la Grande Guerre, fit de l'avion une véritable arme de combat.
Enfant de l’outre-mer, Garros, né le 6 octobre 1888 à l’île de la Réunion, a grandi à Saïgon avant de partir en pension à Paris à l’âge de douze ans. Elève du Collège Stanislas, à Paris, il est contraint de poursuivre ses études à Cannes, puis à Nice, après avoir contracté une pneumonie. En 1909, Roland Garros se découvre une passion qui ne le quittera plus : l’aviation.
À l’été 1909, Garros a le choc de sa vie. Invité en Champagne par un ami, il assiste à son premier meeting aérien. C’est une révélation, il sera aviateur. Obstiné, Garros ne fait pas les choses à moitié, il achète aussitôt son premier appareil une « Demoiselle », apprend à le piloter seul et passe son brevet.
Son diplôme des Hautes Études commerciales en poche, Garros ouvre une concession d’automobiles, proposant même un modèle sport aménagé par ses soins. Son rapide succès commercial lui permet de s’offrir un aéroplane avec lequel il effectue seul son apprentissage au printemps 1910. La fascination qu’il avait éprouvée un an plus tôt, lors du meeting aérien de Reims, devant ces fragiles oiseaux entoilés ne le quittera plus.
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Après seulement deux ans de pratique, Garros fait parler de lui en battant successivement des records d’altitude, d’abord 3 950 mètres, puis 4 960 mètres et enfin 5 610 mètres. Héros de guerre, il commence à se faire connaitre en 1911. Deux ans après ses débuts en pilotage, il bat son premier record avec 3950 mètres d’altitude. En 1912 c’est à 4960 mètres qu’il établi un nouveau record. Plus tard cette année-là, c’est jusqu’à 5610 mètres qu’il établira son dernier record.
Mais Roland Garros voit plus grand. Toujours plus ambitieux il se lance le défi d’être le premier à traverser la Méditerranée. Sa popularité décolle lorsqu’il traverse pour la première fois la Méditerranée le 23 septembre 1913, de Fréjus à Bizerte, en Tunisie, sans escale et en moins de huit heures. Le 23 septembre 1913, après 780 kilomètres parcourus en 8 heures, il atterri à Bizerte en Tunisie.
En 1914 c’est que la première guerre mondiale éclate et que Roland Garros s’engage dans le conflit. L’aviation entre en action pour la première fois lors de la Grande Guerre dans des conditions périlleuses, voire suicidaires, pour ces combattants du ciel. Pourtant, en 1914, lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Roland Garros s’engage comme soldat. Dès août 1914, il s’engage comme pilote. L’aviation militaire n’en est alors qu’à ses balbutiements.
Encore une fois, Garros fait preuve d’audace et d’inventivité en mettant au point le premier chasseur monoplace doté d’une mitrailleuse tirant à travers l’hélice. Une révolution pour l’armée française. Les premiers chasseurs monoplaces équipés d’un dispositif de tir sont nés.
Le combat aérien naît, au début de la Première Guerre mondiale, de la frustration des équipages d'avions de reconnaissance croisant l'ennemi dans les airs sans pouvoir le combattre. Des expédients sont tout d'abord employés, y compris des armes de poing et d'épaule, voir des grappins. Très rapidement des Allemands utilisent une puissante mitrailleuse qui fait des ravages au sol et le deuxième homme d'équipage, dit observateur, devient aussi mitrailleur après le montage d'une tourelle et d'une mitrailleuse.
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Le Français Roland Garros conçoit le premier un système surmontant cette difficulté après avoir tiré au revolver à travers un ventilateur puis constaté que peu de projectiles touchèrent les pales. Il monte une mitrailleuse sur son capot moteur et place sur l'hélice de petites pièces métalliques déviant les rares balles qui risqueraient de l'endommager. Le dispositif, au point dès janvier 1915, va révolutionner l'aviation militaire. En attendant, le jeune inventeur sert comme pilote de chasse.
Son engagement lors du premier conflit mondialSurvient la Première Guerre mondiale, qu’il aborde comme pilote d’observation, ce qui ne l’empêche pas de remporter sa première victoire aérienne, le 1er avril 1915, grâce à un système de « tir à travers l’hélice » qu’il a contribué à mettre au point. Reposant sur la synchronisation de la mitrailleuse et du moteur, ce dispositif permet aux balles de passer entre les pales de l’hélice (dont les bords d'attaque sont blindés). Au cours des deux semaines suivantes, il enregistre quatre autres succès.
En avril 1915, alors qu’il survole la Belgique, l’avion de Garros est touché par un tir ennemi, l’obligeant à un atterrissage d’urgence à l’issue duquel il est fait prisonnier. Mais, le 18 avril 1915, une panne de moteur le contraint à un atterrissage forcé derrière les lignes ennemies, au nord de Courtrai (Belgique) ; il ne réussit pas à incendier son appareil, et le nouvel équipement tombe aux mains des Allemands. Fait prisonnier, il parvient à s’évader après trois ans de captivité et retourne se battre, en dépit de graves troubles de la vision.
Comme toutes les têtes brûlées, Roland Garros est étroitement surveillé et régulièrement changé de camp pour éviter une évasion. C’est peine perdue, puisqu’il s’évade le 15 février 1918. Le 15 février 1918, il réussit enfin à s’évader, en compagnie du lieutenant Marchal, et à regagner la France après un long périple. Il demande immédiatement à être réaffecté à son unité, la MS 26, refusant le poste technique qui lui est offert.
Bien que Clémenceau, dit le Tigre, ait tenté de le garder à ses côtés comme conseiller, Roland Garros repart aux combats dans les airs. Trois jours plus tard, malgré les supplications de ses amis, inquiets de son état de santé, il se porte volontaire pour participer à une offensive sur Vouziers, dans les Ardennes, dont il aurait dû être raisonnablement écarté… Quelques heures plus tard, ce 5 octobre 1918, assailli par plusieurs avions ennemis, l’« as français » Roland Garros meurt au combat, près de Vouziers.
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Malheureusement son opiniâtreté lui est fatale le 5 octobre 1918. Ainsi disparaît l’un des plus grands pionniers de l’air, également pianiste de talent, auquel Jean Cocteau, conquis, dédiera son poème « Le Cap de Bonne-Espérance ».
En 1928, on inaugure, à Auteuil, le stade Roland-Garros, construit pour que les « quatre mousquetaires » du tennis (Jacques Brugnon, Jean Borotra, Henri Cochet et René Lacoste), vainqueurs l’année précédente de la Coupe Davis à Philadelphie, puissent défendre leur titre. En 1928, le stade français des internationaux de tennis se voit octroyer le nom du défunt pilote pour rendre un hommage éternel à son audace et son courage. C’est Émile Lesieur, alors président du Stade français - l’un des initiateurs de ce projet et engagé financièrement -, qui impose le nom de son ami et condisciple de HEC. Roland Garros avait aussi été membre du Stade français (jouant principalement au rugby).
Depuis cette date, le stade Roland-Garros revêt une citation attribuée à l’aviateur « La victoire appartient au plus opiniâtre ».
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