Les revolvers Smith & Wesson incarnent l’excellence technique américaine depuis plus d’un siècle, avec leur système de classification par carcasses devenu une référence mondiale. Sur la bonne centaine de modèles et de variantes de revolvers sortie des usines de Springfield Massachusetts, il est facile de trouver chaussure à son pied. Mais il est plus difficile d’y retrouver son latin.
En 1852, Horace Smith et Daniel B. Wesson fondent Smith & Wesson à Norwich pour développer le fusil volcanique. Dès 1853, l’entreprise prend le nom de Volcanic Repeating Arms, et Oliver Winchester la rachète fin 1856. En 1856, Wesson conçoit un revolver à cartouche après l’expiration du brevet Colt, mais doit composer avec le brevet de Rollin White. Smith & Wesson lui versent 0,25 $ par arme produite. La guerre de Sécession accroît la popularité du revolver Model 1. Smith & Wesson déménage en 1860 et développe une cartouche plus performante. Après la guerre, la demande chute. En 1870, l’entreprise lance le revolver .44 S&W American, premier modèle à cartouche que l’armée adopte. En 1935, l’entreprise introduit le .357 Registered Magnum (futur Model 27), suivi du Model 29 en .44 Magnum. Mais dans les années 1980, l’essor des pistolets semi-automatiques réduit la part de marché de Smith & Wesson. En 2017, les ventes chutent de 38,3 %, entraînant des licenciements massifs.
En 1946 Smith & Wesson commercialise un revolver sur la carcasse K destiné au tir de compétition, le K-38 Target Masterpiece, avant de le renommer Mod 14 en 1957. Le Smith & Wesson Mod 14-3 « K-38 Masterpiece » est produit de 1967 à 1977. En double action (DA/SA), chambré en .38 Special. Détente élargie dite Target Trigger et départ retravaillé d’usine.
Le Smith & Wesson Model 15, initialement le Masterpiece de combat Smith et Wesson K-38, est un revolver à double action. Le modèle 15 a été introduit en 1949 sous le titre K-38 Chef de bataille. Il a été rebaptisé Model 15 en 1957, lorsque tous les revolvers Smith et Wesson ont reçu des numéros de modèle numérique. La principale production du modèle 15 a duré 50 ans De 1960 à 1969. L’armée de l’air a acheté un grand nombre de modèles 15-1, 15-2 et 15-3 revolvers avec un barillet de 4 pouces.
Avant le 15, il y eu le modèle 10 (son nom après 1957) ou .38 Military & Police comme on les appelait (avant 1957). Ses grands-parents étaient eux-mêmes des Smith Victory, 100% militaires, « prêtés » par le gouvernement U.S à une Angleterre assiégée par la Lufftwaffe. Cette histoire de fou avait commencé avec un projet de pistolet mitrailleur à produire par Smith pour les anglais, qui ne vit jamais le jour et dont les investissements faits par le gouvernement britannique seront « remboursés » en armes, nos fameux 38-200 M&P (des .38 M&P chambrés au goût sauce à la menthe). Smith a rebaptisé tout ça Modele 11 un peu plus tard. Smith, encore en pleine crise des années 30, qui ne s’est terminée qu’avec l’entrée en guerre des USA, n’avait pas un rond pour honorer la partie financière du contrat en cas d’échec. Alors ils ont payé en nature.
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Afin d’éviter la longue étape de passage au banc d’épreuve anglois, qui aurait fait perdre de précieuses vies humaines sur le front, ils furent juste marqués « U.S property » et encore même pas tous, notamment ceux des premières séries en finitions civiles magnifiques traversant héroïquement l’Atlantique au milieu des meutes de U-boats ! Ces exemplaires anglais « US property » ne bénéficièrent donc pas de l’honneur d’être faits officiellement sujets britanniques. Bref, notre Modèle 15 vient de loin et n’est pas né de la pluie. In fine un 15 c’est un 10 ex .38 MP mâtiné de militaire et modernisé pour être équipé d’un guidon à rampe et d’une hausse micrométrique. Vous suivez ? Et tout ça c’est de la carcasse K.
Sortis en 1949, l’US Air Force choisira ces modèles 15 à partir de 1956, spécifiquement pour équiper ses forces de police aux armées. Les commandes prendront fin 1969. Pour l’essentiel, il s’agit de variantes 15-1 et 15-2 soit pile dans la fourchette du notre, un 15-2. Ils seront utilisés jusqu’en 1992, une prouesse que l’on oublie souvent. Et ceci alors que le fameux Beretta M9 était distribué depuis 1985. Les fonctions prévôtales de ce corps n’étaient soutenues, étonnamment, pas par des cartouches de .357, mais par des munitions de 38 spéciales de type M41 à ogives cuivrées et très haute vélocité grâce à un poids de balles de 130 grains seulement. Des lots de Modèle 15 marqués USAF ont été signalés il y a quelques années au Vietnam.
Certains préféreront son axe d’éjection non caréné, plus facilement accessible. La ligne de l’ensemble en est aussi plus allégée. Le canon d’un diamètre unique dit « pencil barrel » rend l’arme d’avantage linéaire. Le sentiment de solidité qui s’en dégage est impressionnant. Le chaussé de ce revolver plaira à ceux qui ont de grandes mains. Le contrôle offert par ses plaquettes maison enveloppantes et parfaitement ajustées, est remarquable. La mécanique allie douceur et fermeté pour une netteté optimale.
Il s’agit des excellentes fabrications Smith des années avant 1990 dont les qualité d’ajustement n’ont rien à voir avec les pourtant très bonnes fabrications modernes qui continuent d’assurer à Smith une place de choix sur le marché. Douceur de la platine en double action, retrait/engagement du barillet, jeu du chien, cela se sent partout. Je conseille à tous mes clients ces fabrications d’exception surtout au prix de l’occasion sur des armes neuves ou qui neuves et qui sont d’une solidité à toutes épreuves en plus. Une telle qualité de production ne se reverra plus. Il faut les saisir ces Smith des grandes années ( les plus topissimes étant celles des années 30 quand on les trouvent en neuf ce qui arrive à Maître Flingus).
Les ajustements de ces productions modernes n’ont rien à voir croyez moi. Le confort une fois l’index sur sa détente quadrillée est surprenant sur une arme qui partage un arbre généalogique avec autant de revolvers réglementaires. On serait presque à l’aise avec, lancé cheval au galop dans une poursuite digne des Incorruptibles ! Le chien pour sa part possède une crête de largeur moyenne, de type King gun shop. Sobre et efficace. Total confort ! La carcasse est quasiment sans marque de manipulations et le pourtour du barillet est très beau. Les chambres sont miroirs et le canon tout autant, rayures saillantes en prime.
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Il est « pinned » c’est à dire renforcé par goupille en cadre ce qui obligeait à des usinages supplémentaires et a été supprimé par Smith après 1982 pour des raison de coûts. C’était un point de solidité supplémentaire. L’arme a néanmoins très peu servi. 0,11 à peine d’entre-fers canon barillet. Une valeur à neuf de ces années-là Je me suis amusé à le vérifier s’agissant d’une arme des années 60. Incroyable pour une arme de 65 ans. Le bronzage est superbe, noir profond, épais comme on le faisait à l’époque. Juste très beau. Aucune trace d’oxydation même effacée. Aucun manque. Une très légère trace là où frotte la potence sur le cadre et un micro manque à la bouche.
La visée est réglable en site et dérive comme à l’habitude chez Smith sur ce modèle. Les vis sont impeccables. Le guidon Baughman est penté pour moins de risques de s’accrocher. Ce guidon pentu à la courbure particulière vous l’aviez sans doute remarqué sans fatalement connaitre son nom. Baughmann était un copain de lycée de Hoover, un fidèle devenu N°3 de la maison FBI, organisateur de Quantico et auteur de son programme de formation aux armes de feux… Smith a toujours écouté les experts. Ce guidon, taillé dans la masse du barreau, mesure près de 3mm d’épaisseur, c’est ce que l’on appelle du costaud. Pas de percuteur flottant en métal microfusé sur ces fabrications non plus comme aujourd’hui.
Loin d’être une version secondaire, le modèle 15, un vrai Police et Army, n’est autre qu’une variation de préférences et de configuration des classiques de la marque. En soi, est-il meilleur qu’un 19 ou qu’un 686? Il le sera sûrement pour celui qui le choisira. Sa polyvalence est identique, sa fabrication est exemplaire concernant le notre. Les seuls points qui le différencieront seront son équilibre et un poids plus facile pour un port à la ceinture au stand. Une très belle occasion de se mettre au revolver pour un tireur au pistolet ou de compléter son jeu de Smith avec une arme excellente, efficace, légère et d’une extrême robustesse dans un calibre assez économique disposant de munitions des plus variées.
Smith & Wesson a développé au fil des décennies un système alphabétique unique pour classifier ses carcasses de revolvers. Actuellement, seules les carcasses J, K, L, N, X et Z sont encore en production. Ce système suit généralement la règle alphabétique : plus la lettre est avancée, plus la carcasse est imposante.
Associés aux poignées ergonomiques de la marque brésilienne MBT, ces revolvers offrent aux tireurs sportifs et collectionneurs des possibilités de personnalisation exceptionnelles. MBT Grips est un fabricant brésilien spécialisé dans les poignées ergonomiques pour revolvers et pistolets, fondé en 2012 par Fábio Campani à Morro Reuter. La marque utilise principalement du noyer brésilien Imbuia, un bois précieux provenant de la région forestière d’Araucaria au sud du Brésil.
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Selon les principes d’ergonomie des outils à main, la longueur optimale d’une poignée doit dépasser 100 mm pour éviter une compression excessive au creux de la paume. L’étude biomécanique des préhensions d’armes montre que le diamètre optimal pour une prise de force se situe entre 30 et 50 mm. Le design surdimensionné des poignées MBT permet une meilleure absorption du recul, particulièrement appréciable lors du tir de calibres puissants comme le .357 Magnum ou le .44 Magnum. L’installation des poignées MBT ne nécessite aucune modification de l’arme.
Jean-Marc Leblanc, instructeur de tir certifié FFTir, partage son expérience : « Après 20 ans d’enseignement, je recommande systématiquement les poignées MBT pour les revolvers S&W.
Dr Philippe Moreau, expert balistique judiciaire, souligne : « La qualité de fabrication des poignées MBT est remarquable.
Capitaine Marie Dupont, formatrice Police Nationale : « Nous avons équipé nos revolvers d’entraînement avec des poignées MBT.
Les armes d’alarme sont désormais classées en catégorie C, nécessitant une déclaration SIA et un certificat médical.
N’oubliez pas : La sécurité avant tout !
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