La société Smith & Wesson Holding Corporation, fondée par Horace Smith et Daniel B. Wesson, est une figure emblématique dans la fabrication d'armes à feu, notamment des revolvers, pistolets et fusils. Accessoirement, elle produit également des couteaux et des menottes. L'histoire de Smith & Wesson est intimement liée à l'évolution des armes de poing et des cartouches, avec le calibre .38 jouant un rôle central dans son succès.
Horace Smith et Daniel B. Wesson, originaires de familles de la Nouvelle-Angleterre, ont uni leurs compétences en 1852 à Norwich, Connecticut, pour fonder la Smith & Wesson Company. Leur objectif initial était de développer la "Volcanic rifle". Daniel B. Wesson a breveté en 1854 la première cartouche métallique à allumage intégral, remplaçant la douille à percussion à capsule.
Toutefois, l'entreprise a rencontré des difficultés financières, et en 1855, elle a été rebaptisée Volcanic Repeating Arms Company, où Daniel B. Wesson a continué à travailler comme directeur d'usine. En 1856, Smith et Wesson ont formé une deuxième association pour produire un petit revolver avec une mise à feu du type à cartouches "Rimfire", breveté en août 1854.
Simultanément, le brevet de Colt de 1836 concernant la fabrication des revolvers à barillet est tombé dans le domaine public. Smith et Wesson se sont appuyés sur Rollin White, un ancien employé de Colt, qui détenait le brevet pour le cylindre "Bored-through", un composant essentiel pour leur invention. Grâce à ce brevet, ils ont été les seuls fabricants de ce type d'arme pendant plus de dix ans.
Durant la Guerre de Sécession, les militaires des deux camps achetaient des revolvers pour leur autodéfense personnelle. La défense vigoureuse du brevet par White a posé un problème pour les fabricants d’armes aux États-Unis quant à la fabrication de revolvers de cartouche. En 1869, le Smith & Wesson modèle N° 3 est sorti, étant le premier grand revolver de cartouche de calibre avec un renforcement de la structure pour supporter le calibre de .38 à .44.
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En 1871, le général Alexandre Gorloff, attaché militaire russe à Washington, a contacté Smith & Wesson pour négocier l’achat de 131 000 pistolets pour équiper les officiers russes.
À l'âge de 65 ans, Horace Smith s'est retiré de la société et a vendu ses parts à D.B. Wesson, qui est devenu l'unique propriétaire de l'entreprise. En 1878, la société a arrêté la fabrication des modèles en variantes American, Russian et Schofield pour lancer le Smith & Wesson Nouveau modèle 3 (New Model Three). Ce nouveau modèle 3 a été fabriqué en versions anciennes comme les 44 Henry, .44 american, .44 russian et aussi pour les nouvelles versions comme les .45 S&W, .44 WCF ou .44.40. Les anciens calibres civils .38 et .32 ont été modernisés.
Smith et Wesson est indéniablement l'un des pionniers du développement de pistolets et de cartouches, une aventure qui s'est poursuivie au 20ème siècle. Le premier revolver magnum, le .357 magnum, a été présenté par la société en 1935. En 1955, le Smith & Wesson Model 39, un pistolet semi-automatique développé en 1954 pour l’US Army, a été lancé. Il a été principalement utilisé par la police de l'État de l'Illinois et les US Navy SEALs.
Le modèle 29 magnum, rendu célèbre par Clint Eastwood dans le film "Dirty Harry", a été présenté en 1956.
En 2000, Smith et Wesson a conclu un accord avec le Président des USA Bill Clinton, stipulant que les revendeurs et les distributeurs des produits de Smith et Wesson se conforment à un « code de conduite » pour ne pas vendre des armes à feu aux personnes interdites et aux jeunes de moins de 18 ans. Cet accord a provoqué une controverse, avec une campagne de boycott organisée par la NRA et la NSSF.
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Le 11 mai 2001, la société FAS-T-Marteau Corporation a racheté Smith & Wesson Corp. Le 15 février 2002, le nom du groupe a été changé en Smith & Wesson Holding Corporation. En août 2016, la société a acheté Crimson Trace, un fabricant de jumelles laser, pour 95 millions de dollars et Taylor Brands, un fabricant d’outils et de couteaux, pour 85 millions de dollars. En novembre 2016, la société a acheté les marques UST Brands, un fabricant d'équipement de survie, pour 32,3 millions de dollars.
Le revolver Smith & Wesson double action en calibre .38 a connu un grand succès et a été décliné en cinq versions successives, de 1880 à 1911, avec une production totale de plus de 550 000 exemplaires. Chaque version a apporté des innovations, petites ou grandes, tout en conservant une esthétique similaire. Sa petite taille, son fonctionnement simple, son prix abordable et son système d'ouverture à brisure ont fait sa réputation.
C’est un modèle qui, en raison de sa compacité, répondait à une forte demande à l’époque, malgré une concurrence intense. Cependant, la qualité Smith & Wesson faisait la différence.
La carcasse est entièrement en acier, de type K, avec des dimensions de 31,6 mm x 123 mm x 152,7 mm. Il s’agit d’une carcasse "square butt". Le logement du filetage du canon mesure 15,5 mm de long. Les axes des pièces du mécanisme sont débouchants, facilitant leur remplacement en cas de casse.
L’épaisseur externe de la partie de la carcasse qui héberge le mécanisme est de 16,8mm, avec une largeur laissée aux pièces du mécanisme de 7,15 mm. Le logement de verrou de barillet est amovible, permettant son remplacement en cas d'ovalisation ou de détérioration. L’intérieur du logement du mécanisme est irrégulier, révélant des traces d’usinage fines, ce qui permet d'analyser les étapes de la fabrication.
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Un petit rivet est posé dans un angle de la fenêtre du barillet pour empêcher la sortie du barillet de son logement. Le pivot de barillet est frappé de deux numéros, celui de l’arme et un numéro commun à la carcasse et la plaque de recouvrement. Le diamètre du tube axe de barillet est de 9,7 mm.
Quatre vis maintiennent la plaque de recouvrement en place, et une des vis sert au montage du pivot de barillet sur la carcasse. Le canon est en acier, mesurant 122 mm de long, avec 5 rayures. Le diamètre externe à la bouche est de 13,5 mm. Le guidon n’est pas rapporté, il est taillé dans la masse d’une excroissance du canon, tout comme le logement du verrou de l’extension d’éjecteur.
Le démontage du canon s’est fait sans effort, et le filetage est en parfait état, usiné depuis un diamètre de 13,74 mm, sur une longueur de 20,1 mm, avec un pas du filetage de 36 tpi soit 0,705 mm. Un épaulement est présent avant filetage, avec un diamètre de 12,7 mm sur une longueur d'environ 5,4 mm.
Le barillet mesure 36,6 mm de diamètre pour une longueur de 39,7 mm (sans inclure la butée avant, uniquement le corps). La largeur du logement de verrou de barillet (en rotation) est de 2,6 mm. Les six logements sont usinés dans l’axe des chambres. La tige centrale de l’étoile de barillet/l’éjecteur a un diamètre de 6,5 mm, et le diamètre externe de l’étoile est de 22,2 mm. Le logement du verrou sur l’étoile de barillet/l’éjecteur est amovible.
La tige qui verrouille le barillet dans la carcasse est en acier, avec un diamètre de 3 mm pour la partie qui entre dans la carcasse, 3 mm pour la partie arrière, et une surépaisseur de 4,05 mm. Le chien est en acier, recouvert d’un jaspage foncé. L’épaisseur du chien est de 6,75 mm, et la largeur du cran double action est de 3,4 mm. Le percuteur est libre dans son logement sur le chien, basculant autour de son axe sans ressort.
Il y a un cran simple action et un double action. Une surface importante, située à la base du chien, sert au rebondissement du chien. Le ressort de chien est une lame en acier, avec une épaisseur de 1,8 mm en bas et de 0,8 mm en haut, une largeur de lame de 8,5 mm en bas et de 5 mm en haut, recouverte d'un bronzage noir mat.
La queue de détente est en acier, avec une largeur de 6,7 mm. Une pièce fait la médiation entre la queue de détente et son poussoir, elle est goupillée. Le ressort de queue de détente est hélicoïdal et puissant. Le poussoir de ressort de queue de détente est massif, assurant plusieurs fonctions, notamment pousser la queue de détente en avant et forcer le rebondissement du marteau.
L’élévateur de barillet est en acier, monté à l’arrière de la queue de détente et mu par un dispositif qui le fait basculer d’avant en arrière. Deux positions pour cette pièce : une position haute, une position basse. Le verrou de barillet limite la rotation du barillet, il est commandé par la queue de détente. La sécurité de percuteur est en acier, une pièce simple en L attelée sur le poussoir de ressort de queue de détente.
Le dispositif d’ouverture du barillet a plusieurs fonctions. La hausse est taillée dans la carcasse et est donc fixe. Le guidon est taillé dans le canon, dépassant de 9 mm au-dessus de la génératrice supérieure. Deux inserts en laiton sont utilisés par la vis de serrage des plaquettes. Un quadrillage participe à la préhension de l’arme.
La base de la poignée est large, offrant une prise en main agréable. Ce mécanisme est très répandu et a été utilisé sur les revolvers Smith et Wesson, quelle que soit la carcasse. Il est marrant de voir que les pièces portent par endroits des traces d’usinages, de limes alors que l’on en trouve pas sur notre bodyguard contemporain.
Fabriqué à partir de 1899, le revolver Smith et Wesson Military and Police 1st model hand ejector, en calibre .38 SW Special, a marqué une étape décisive dans l’histoire de Smith & Wesson. Il inaugure la série des revolvers "Hand Ejector", nommée d’après son mécanisme révolutionnaire d'éjection des douilles usagées et d’une carcasse monobloc. Contrairement aux revolvers plus anciens à chargement par la portière, ce système permet de basculer le barillet sur le côté, facilitant et accélérant considérablement le rechargement de l'arme.
Les collectionneurs s’interrogent souvent sur le classement de certaines variantes tardives en calibres .38 et .32. La classification de ces variantes, aussi appelées « modèles » est encore obscure pour beaucoup de collectionneurs.
Le revolver Smith & Wesson calibre .38 Perfected Model intègre les dernières innovations techniques de la marque, notamment un verrouillage du barillet par poussoir latéral, en complément du verrou supérieur. Le pontet et le guidon sont désormais usinés dans la masse, offrant une construction plus robuste et intégrée à la carcasse.
Cette version, fabriquée de 1909 à 1920, comporte un pontet forgé dans la masse en même temps que la carcasse (alors que les versions précédentes étaient équipées d’un pontet rapporté, vissé sous la carcasse. Le « Perfected Model » comporte par ailleurs un second verrouillage de l’ensemble canon-barillet, actionné par un poussoir placé du côté gauche de la carcasse.
À la suite d’accidents mortels survenus avec des S&W à double action à chien extérieur, le fabricant proposa un modèle à sûreté automatique et à chien interne. La sûreté était composée d’un poussoir placé à l’arrière de la poignée, qui bloquait le chien si la poignée n’était pas fermement serrée par la main du tireur.
Cette version à chien interne, couramment surnommée « Lemon Squeezer » (Presse citron) fut elle aussi déclinée en un certain nombre de modèles en calibre .38 et .32.
Le classement des cinquièmes versions des revolvers en calibre .38 est sujet à interrogations, car ces versions sont apparues après 1900. Mais les caractéristiques des mécanismes, dont celles de brevets antérieurs à 1889, et les évolutions de fabrication (guidon et pontet usinés dans la masse) ne sont aucunement de nature à augmenter la dangerosité de l’arme. Concernant le .38 Double Action « Perfected Model », le SCAE considère qu’il s’agit d’un nouveau modèle à part entière et non d’une ultime variante du modèle de base.
Un 15 c’est un 10 ex .38 MP mâtiné de militaire et modernisé pour être équipé d’un guidon à rampe et d’une hausse micrométrique. Sortis en 1949, l’US Air Force cho...
Le Smith & Wesson Model 64 est un revolver double action à six coups, avec une visée fixe, chambré pour la cartouche de .38 Special. Mis sur le marché en 1970, c'était le deuxième revolver fabriqué entièrement en acier inoxydable par Smith & Wesson, le premier étant le Model 60. Il a été largement utilisé par les policiers, les shérifs et les agences d'état américains et il était un choix populaire dans les états américains au climat humide, car plus résistant à la corrosion et à la rouille que le modèle 10 en acier bronzé.
Il fut le premier revolver en acier inoxydable autorisé à être utilisé par le NYPD et le dernier revolver approuvé pour utilisation avant d’être remplacé en 1993 par des pistolets semi-automatiques de 9 mm. Proposé à l'origine en deux variantes : soit avec une crosse carrée et un canon conique de 4", soit avec une crosse ronde et un canon de 2", le modèle 64 a connu depuis de nombreuses configurations. La version à canon lourd de 4", introduite en 1974, est devenue l’arme favorite de nombreux services de police. Cinq variantes ont été faites pour le New York Police Department.
Ces revolvers sont marqués "NY1", par opposition au marquage "NYCPD" plus courant sur les armes achetées par le NYPD, car ils étaient destinés à des achats individuels par les policiers. Remarqué pour sa précision, sa fiabilité et son recul facilement gérable, le S&W Model 64 est toujours utilisé aux États Unis pour le transport des détenus, le tir à la cible et la défense personnelle.
Quand vous vous apprêtez à choisir un révolver Smith & Wesson, il y a quelques points essentiels à prendre en compte pour être sûr de faire le bon choix :
Les différences entre ces deux types portent principalement sur le chien, le système de verrouillage “Internal Key Lock” et la hausse (quand il y en a une). C'est important de connaître ces différences, car cela influe sur les accessoires que vous pourrez ajouter ou non.
Le premier incontournable que l’on peut distinguer est le calibre .357 Magnum. Largement ancré dans l’inconscient collectif comme le calibre de référence dans l’univers du revolver, le .357 Magnum présente de solides arguments pour sa défense. La munition de .44 Magnum est elle aussi très répandue sur cette plateforme. Calibre musclé s’il en est, le .44 Mag attirera les tireurs en mal de sensations fortes dont le seul mot d’ordre est : le fun à tout prix. Assez sauvage en main, il n’en reste pas moins très capable en cible.
Lui aussi rétro compatible avec une version « adoucie », le .44 Spécial, le .44 Magnum présente aussi l’avantage d’être une munition disponible en catégorie C s’il vous plaît. Le calibre .22 LR sera également un choix intéressant pour débuter dans le revolver de catégorie B. Munition qu’on ne présente plus, elle n’est pas chère, largement disponible, accessible en catégorie C, largement déclinée et très facile à appréhender grâce à un recul inexistant.
Comme le dit l’adage, plus c’est long plus c’est bon. On retrouve deux longueurs de canon particulièrement usitées offrant un chacune un excellent compromis.
| Modèle | Type de Carcasse | Calibre(s) | Caractéristiques | Période de Production |
|---|---|---|---|---|
| Military and Police 1st Model Hand Ejector | K | .38 SW Special | Mécanisme d'éjection des douilles, carcasse monobloc | À partir de 1899 |
| .38 Double Action « Perfected Model » | - | .38 | Verrouillage du barillet par poussoir latéral, pontet et guidon usinés dans la masse | 1909-1920 |
| Model 64 | K | .38 Special | Entièrement en acier inoxydable, visée fixe | À partir de 1970 |
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