Le 9×19mm Parabellum est une cartouche d'armes à feu conçue par Georg Luger et introduite en 1902 par le fabricant d'armes allemand Deutsche Waffen und Munitionsfabriken (DWM) pour leur pistolet semi-automatique Luger.
Selon l'édition 2014 de Cartouches du Monde, le Parabellum 9×19mm est la cartouche d'arme de poing et de mitraillette militaire la plus populaire et la plus utilisée au monde. En plus d'être utilisée par plus de 60% des policiers aux Etats-Unis, Newsweek attribue la popularité de cette cartouche à la conviction largement répandue qu'elle est efficace pour la police et l'autodéfense.
Georg Luger a développé la munition 9×19mm Parabellum à partir de sa première cartouche Parabellum de 7,65×21mm, elle-même dérivée de la cartouche Borchardt originale de 7,65×25mm dans le pistolet Borchardt C-93. Le travail de Luger sur le design Borchardt a évolué vers le pistolet Luger, breveté pour la première fois en 1898 et chambré en 7.65×21mm Parabellum. La demande de l'Allemagne pour un calibre plus grand dans leur arme de poing militaire a conduit Luger à développer la cartouche 9×19mm Parabellum pour l'éventuel pistolet P08.
En 1902, Luger présenta la nouvelle cartouche au Comité britannique sur les armes légères, ainsi que trois versions prototypes à l'armée américaine pour des essais à l'arsenal de Springfield au milieu de 1903. La marine impériale allemande adopta la cartouche en 1904 et l'armée allemande l'adopta également en 1908. Pour conserver le plomb pendant la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, le noyau de plomb a été remplacé par un noyau de fer enrobé de plomb. Cette balle, identifiée par une veste noire, a été désignée comme la 08 mE (mit Eisenkern-"avec noyau de fer"). En 1944, l'enveloppe noire de la balle de 08 mE est tombée et ces balles ont été fabriquées avec des enveloppes normales de couleur cuivre.
Après la Première Guerre mondiale, l'acceptation de la cartouche Parabellum 9×19mm a augmenté, et les pistolets Parabellum 9×19mm et les mitrailleuses ont été adoptés par les utilisateurs militaires et policiers dans de nombreux pays.
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Du début des années 1980 au milieu des années 1990, la popularité des pistolets semi-automatiques a fortement augmenté aux États-Unis, une tendance annoncée par l'adoption du Smith & Wesson Model 39 par la police de l'Illinois en 1968. De plus, le Beretta M9 (une version militaire du Beretta Model 92) a été adopté par l'armée américaine en 1985. Auparavant, la plupart des services de police américains émettaient des revolvers de calibre 38 spéciaux d'une capacité de six coups. Le 38 Special a été préféré à d'autres armes telles que les variantes du M1911 parce qu'il offrait un faible recul, qu'il était assez petit et léger pour accueillir différents tireurs et qu'il était relativement peu coûteux.
La cartouche de 9 mm est balistiquement supérieure à la cartouche revolver 38 Special, est plus courte en tout et, étant une cartouche pour chargeur automatique, elle est rangée dans un chargeur plat plutôt que cylindrique.
La balle a été conçue à l'origine pour être mortelle jusqu'à 50 mètres, mais elle l'est toujours à plus longue portée. La cartouche de 9mm combine une trajectoire plate avec un recul modéré.
En 2014, le Federal Bureau of Investigation (FBI) des États-Unis a publié un rapport détaillant l'efficacité potentielle au combat de la cartouche de 9 mm par rapport à d'autres calibres tels que l'ACP 45 et la cartouche S&W 40 qui ont été spécifiquement développés pour être utilisés par le FBI. Le rapport indique que les nouvelles poudres et les conceptions plus avancées utilisées dans les charges défensives actuelles 9 mm permettent au calibre de fournir une performance presque similaire aux autres calibres, comme les 45 ACP et 40 S&W.
De plus, le recul moindre, l'usure moindre, les munitions moins chères et la capacité plus élevée sont autant de raisons invoquées dans le rapport pour expliquer l'augmentation récente des commandes de munitions de la part de divers services de police. Avec un plus grand choix d'officiers pouvant tirer des armes de poing chambrées en 9×19mm, de nombreux départements choisissent ce calibre afin qu'ils puissent standardiser autour d'une seule arme à feu et de chargement, ce qui facilite la logistique et l'approvisionnement. Le rapport du FBI a clairement indiqué que la précision plus constante de 9 mm dans les mains de leurs tireurs moins expérimentés a été un facteur dans leur retour à 9mm comme leur calibre d'arme de poing standard.
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La guerre la plus meurtrière pour la population américaine n’est pas la seconde guerre mondiale, ni la guerre de Corée, ou celle du Vietnam. C’est celle qui se poursuit chaque jour à coups de revolver dans les rues des Etats-Unis. Dans la majorité des cas, ces meurtres sont commis à l’arme à feu. Paradoxalement, c’est aussi le pays où l’on trouve le plus d’opposants irréductibles à toute forme de contrôle de la vente des armes.
Dans la plupart des métropoles le journal télévisé commence par l’annonce du nombre de victimes de crimes violents de la journée. Il y a en moyenne un meurtre toutes les vingt-deux minutes (soit plus de 26 000 par an), un hold-up à main armée toutes les vingt minutes. A la tombée de la nuit, Washington cesse d’être la ville des musées et des parcs pour devenir la capitale du crime. C’est parmi les jeunes que les armes font le plus de ravages. En 1985 elles en ont blessé ou tué (1) 27 000 entre douze et quinze ans.
Le nombre d’armes produites a augmenté de 42 % entre 1985 et 1989 ; 200 millions sont en circulation (3). L’Association nationale des utilisateurs d’armes à feu (National Rifle Association - NRA) attribue cette évolution à l’intérêt croissant des Américains pour les sports de « tir ». En réalité, la majorité des membres et partisans de la NRA se trouvent plutôt parmi les fanatiques des armes. De plus, il n’y a pas que des honnêtes gens qui s’équipent. Autre tendance inquiétante, la part croissante des armes semi-automatiques.
Dans les salles d’urgence des hôpitaux, les chirurgiens doivent se reconvertir dans le traitement de blessures par balles qui se pulvérisent au moment de l’impact, écrasant os, organes et artères. Un phénomène encore plus aberrant est l’augmentation rapide de la violence armée dans les écoles. Le 20 mai 1988, par exemple, une femme souffrant de troubles mentaux tua 6 enfants à l’école primaire de Swinnetha (Illinois). En 1987-1988, des écoliers et lycéens ont été blessés ou tués par balle dans au moins vingt-huit Etats. On trouve même de plus en plus souvent des pistolets chargés dans les jardins d’enfants et les classes primaires, apportés par de jeunes écoliers.
Dans tout autre pays, ces chiffres alarmants provoqueraient une intervention immédiate des autorités. Aux Etats-Unis, les partisans de mesures de contrôle sont confrontés au formidable obstacle que représente la NRA. Comptant plus de deux millions et demi d’adhérents, parmi lesquels l’ancien président Reagan et le président Bush, qui en est membre à vie, ce lobby est l’un des groupes de pression les plus puissants. Forte du soutien financier et politique de ses adhérents et des fabricants d’armes, l’association a réussi jusqu’ici à bloquer la plupart des initiatives législatives, aussi bien à l’échelon fédéral que dans les différents Etats.
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Elle invoque le deuxième amendement à la Constitution, aux termes duquel une « milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un Etat libre, il ne sera pas empiété sur le droit de la population de garder et porter des armes ». Or, entre 1871 et 1983, la Cour suprême a eu l’occasion, à cinq reprises, de se prononcer sur la signification de ce texte.
Bien sûr, toute discussion de la violence criminelle doit distinguer entre les armes à feu en tant que moyen, les responsables directs qui sont les criminels pressant sur la détente, et les causes profondes de la criminalité. Dans le cas des Etats-Unis, les fléaux sociaux comme la pauvreté, le racisme, la drogue ou le chômage sont à l’origine de nombreux actes désespérés. On sait que c’est le pays industrialisé où les contrastes entre l’opulence et la misère sont les plus marqués et les mécanismes de solidarité sociale les moins développés ; 12 % de la population vit dans la pauvreté et trois millions de personnes sont des sans-abri.
De manière générale, la majorité des meurtres ne sont pas prémédités, mais sont commis sous l’emprise d’une émotion violente, telle que la colère ou le désespoir. L’instauration d’une période d’attente permettrait donc d’empêcher des achats impulsifs d’armes et d’éviter autant de crimes passionnels ou de suicides. L’assassinat de John Lennon, en 1980, tout comme la tentative d’assassinat contre le président Reagan en 1981 furent perpétrés par deux malades mentaux qui n’avaient eu aucune difficulté à acheter un revolver.
Alors que le suicide, en tant que phénomène social, n’est pas plus répandu que dans le reste du monde, son incidence y est beaucoup plus meurtrière en raison du recours plus fréquent aux armes à feu. Il y a en moyenne un suicide réussi pour vingt tentatives infructueuses, ce qui correspond à un taux de « succès » de 5 % seulement.
En 1986, par exemple, il y a eu 20 personnes victimes d’actes terroristes aux Etats-Unis et 508 morts par overdose, mais près de 10 000 décès par arme à feu.
Un des facteurs qui expliquent peut-être l’apathie du gouvernement est la concentration de la violence au sein des groupes sociaux les plus désavantagés. En effet, autant la société américaine est multiraciale, autant la violence ne l’est pas. Un adolescent noir a onze fois plus de risques d’être victime d’un meurtre qu’un adolescent blanc (12).
Au cours de ces dernières années, une frange croissante de l’opinion publique a commencé à se démarquer de plus en plus des positions outrancières de la NRA. Nombreux sont les citoyens qui s’inquiètent en particulier de la prolifération des mitraillettes, fusils mitrailleurs et fusils d’assaut. On peut effectivement se demander quels sont ces chasseurs et sportifs - dont la NRA s’acharne à protéger les intérêts - qui utilisent des fusils mitrailleurs pouvant tirer plus de cent cartouches à la minute. Les armes de cette catégorie ont fait leur apparition dans les bandes de jeunes qui terrorisent les quartiers populaires des métropoles comme Los Angeles, Detroit ou New-York.
Les organisations de policiers n’ont pas apprécié son opposition catégorique à l’adoption de mesures tout à fait modérées, comme l’imposition d’un délai de sept jours avant tout achat, l’interdiction de la vente aux civils d’armes automatiques de type militaire, l’interdiction de la fabrication de pistolets entièrement en matière plastique, ou encore l’interdiction de la vente au public des munitions à haute vélocité qui traversent les gilets pare-balles des policiers. L’extrémisme de la NRA pourrait contenir les germes du déclin de l’organisation, comme l’indique l’évolution favorable en matière de législation au cours de ces dernières années.
L’absence de législation nationale minimise beaucoup la portée des réglementations locales. A ce jour, vingt-deux Etats seulement ont adopté des mesures qui ne pourront être vraiment efficaces que lorsqu’il ne sera plus possible de s’approvisionner dans un Etat voisin. L’exemple de la capitale, où la vente est interdite depuis plusieurs années, est très éloquent à cet égard.
Il y a 230 000 points de vente d’armes à feu aux Etats-Unis, et le stock augmente de cinq millions d’unités chaque année.
Les fusillades aux États-Unis entretiennent systématiquement le débat sur le droit de posséder et de porter une arme à feu, et soulèvent la question de sa légitimité. Chaque État a une législation différente sur le sujet, et les lois valables chez certains d’entre eux ne traversent pas les frontières des autres. Aux Etats-Unis, le port d’arme est d’abord réglementé au niveau fédéral, puis par chaque état.
Ce texte a donné lieu à maintes controverses sur son interprétation, et les pontes en robe longue de la Cour Suprême ont eu des difficultés à énoncer une règle d’application claire et uniforme. Que les nerveux ne dégainent pas trop vite, posséder une arme ne signifie pas qu’ils peuvent se balader avec une carabine dans le coffre, ou sortir leur colt pour un duel sur le bas côté de la route. La Cour Suprême a décidé qu’« un particulier peut posséder une arme à feu ; mais que ce droit n’est valable que pour se défendre ».
Chaque Etat a ses propres lois sur le port d’armes, et décide s’il est nécessaire d’avoir un permis pour en porter et en utiliser une. Un permis est nécessaire, mais il est délivré par l’autorité locale (shérif ou police), et à leur totale discrétion. Le permis est ensuite délivré par le « Florida Department of Agriculture and Consumer Services » en Floride, est valable 7 ans et coûte environ 120$. En voiture ? En Floride, montrer son arme en public sans raison légitime équivaut à une agression à main armée, passible d’une peine de 3 ans d’emprisonnement. Ces utilisations « justifiées » d’une arme doivent toutefois être motivées par la crainte d’un danger imminent, d’une violence infligée qui serait susceptible d’entraîner la mort ou de sérieux préjudices corporels.
| Calibre | Pourcentage du marché |
|---|---|
| 9mm x 19mm Parabellum | 21,4% |
| .223 Rem (avec 5,56mm) | 15,7% |
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