Envie de participer ?
Bandeau

La cartouchière Lebel noire est un élément emblématique de l'équipement militaire français, particulièrement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Son histoire est riche et son évolution témoigne des adaptations nécessaires au fil des conflits et des progrès techniques.

Origines et Évolution de l'Étui Jambon

En 1876, l'étui jambon est créé (nom donné à cause de sa forme, ressemblant à un jambon...). Il "affecte la forme d'une petite fonte triangulaire, à faces plus renflées vers la droite et dont le grand côté, à gauche, présente une arrête recourbée en demi-arc (...).

L'étui se compose:

  1. D'une gaine ou fourreau, avec cartouchière, passant fixe et dés de support;
  2. une cale (couture) destinée à maintenir l'arme (au niveau du pontet) dans l'étui. La couture chevauche la couture du bas du passant.

Circulaire du 16 juillet 1874: À compter de cette date, le révolver n'est plus porté dans le portefeuille de correspondance mais dans un étui sur l'homme.

Cet étui doit recevoir le pistolet Mle. 1873 et être pourvu d'une case pouvant contenir les cartouches. Il est muni d'une bretelle destinée à passer en sautoir sur l'épaule, afin de soulager le ceinturon d'une partie du poids de l'arme. Il est porté à gauche pour ne pas gêner le port du fusil à droite.

Lire aussi: Webley : Choisir le bon holster

ARMEMENT. Comme la banderole et la ceinture de l'étui sont des accessoires qui peuvent s'enlever facilement, ces accessoires seront également marqués.

Les anciennes alvéoles, destinées à recevoir les cartouches de 11mm seront décousues, et remplacées par des alvéoles destinées à recevoir la nouvelle cartouche de 8mm.

Sur la photo çi dessous, on distingue bien les anciennes piqures, et surtout il n'y a qu'une seule rangée de cartouches. Le fond sert à ranger 2 paquets de cartouches, dans le but de pouvoir augmenter la capacité de cette poche à cartouche.

À partir de 1894, les étuis sont simplifiés. Le 14 Juin 1909, les étuis de nouvelle confection sont encore modifiés, au niveau de la cartouchière (8 Novembre 1909, pour les modifications des anciens étuis).

Enfin, on peux rajouter un dernier modèle d'étui jambon: Le devant de l'étui est semblable aux autres, mais à l'arrière on constate la disparition des anneaux de suspension en fer et de la patte de cuir qui les maintiens, et l'ajout d'un anneau pour brêlage (type cavalerie a un anneau tortillé comme les cartouchières modèle 1916). Etui jambon type 1916, pour la cavalerie.

Lire aussi: Choisir son viseur Aimpoint

Sous le rabat principal, on retrouve 3 compartiments pour y ranger les boîtes de 6 cartouches (8mm92). L'étui simplifié modèle 1916 ne s'adapte pas aux revolvers modèles 1873 et 1874, car la languette de fermeture est trop courte.

Exemple d'étui simplifié modèle 1916 avec patte de fermeture rallongée pour y loger un revolver modèle 1873.

Lors de la Première Guerre Mondiale, certains étuis modèle 1916 seront fabriqués en toile forte avec renfort en cuir ou basane.

Utilisation dans la Gendarmerie

Ensuite, selon la "description de l'uniforme de la gendarmerie" du 11 aout 1885 (voir dans la bibliographie), c'est l'étui jambon qui entre en dotation. L'étui est encore porté du côté gauche:Il sera porté à gauche, en passant dans le ceinturon, parce que, s'il était porté à droite, il deviendrait gênant pour les mouvements du bras et le port du fusil et que du reste le côté droit est réservé au portefeuille de correspondance.

On peux remarquer deux taille de passant de ceinturon: le petit est destiné à la gendarmerie et le grand à la garde républicaine.

Lire aussi: Guide d'achat : cartouchière en cuir pour carabine

Détails du quatrième étui. Il s'agit ici d'un étui jambon modèle 1876 modifié 1893, modifié ensuite pour la gendarmerie. On note, en effet, la suppression de la seconde rangée de cartouches dans la poche à cartouches, et le remplacement des anneaux d'origine par des anneaux triangulaires.

La présence d'une étiquette dans le rabat de l'étui confirme son utilisation en gendarmerie: "14e Légion de Gendarmerie - Compagnie de l'Isère, brigade de Champier - Martin-Culet Jean Claude - N° matricule 114.

Manière de Porter l'Étui de Revolver

Manière de porter l'étui de revolver. La banderole de revolver est placée de droite à gauche (troupe) par dessous la courroie du portefeuille de correspondance. (Art. Nota. - l'instruction du 9 juin 1895 a omis de faire connaître si le passant-coulant en cuivre de la banderole d'étui de revolver doit être placé devat la poitrine ou dans le dos.

Enfin, il est interessant de noter ce passage, extrait du Dictionnaire de la Gendarmerie à l'usage des officiers, sous-officiers, brigadiers et gendarmes, par Mr Cochet de Savigny et Mr Perrève, en 1883 (2e édition corrigée et augmentée), qui nous indique que:"Les [sous-officiers, brigadiers et gendarmes] de l'arme à cheval doivent avoir le soin, chaque fois qu'ils mettent pied à terre, et avant de quitter la selle, de retirer le revolver de la sacoche et le placer dans son étui, afin de n'être jamais désarmés.

Variations et Utilisations Spécifiques

Adjudants de toutes les armes: noir (Adjudants des corps des troupes à cheval: depuis le 1er Septembre 1877.

Les Spahis, quand à eux, possèdent des étuis rouge foncés quadrillés. Les hommes de la troupe et les sous-officiers non rengagés de spahis se voyaient remettre l'étui en cuir quadrillé rouge.

Avant l'adoption de l'etui jambon (en 1876) présenté çi dessus, une première version fut mise en service, entre 1874 et 1876.

Sur un 2e exemplaire (pour le revolver mle 1873 numéro de série F 6100, fabriqué en 1875),on remarque une réparation: une pièce rapportée en cuir viens couvrir le bas de l'étui (cette modification à aussi été vue sur des étuis jambons réglementaires, et fait l'objet d'une instruction ministérielle relative à la réparation des étuis de revolvers en Septembre 1877 ).

La Dragonne pour le Revolver Modèle 1873

La dragonne pour le revolver modèle 1873 est un lien en cuir, destiné à éviter de perdre l'arme.

Dans la Description du 15 janvier 1899 des uniformes de la cavalerie (3e édition), mise à jour des textes en vigueur jusqu'au 20 mars 1906 (voir dans la bibliographie), on trouve une description de cette lanière de revolver: La courroie est formée d’une bande de vache fauve demi-nourrie de 3 mm à 3,5 mm d’épaisseur et de 12 mm de largeur ; l’une de ses extrémités est repliée, la fleur en dehors, d’environ 80 mm et maintenue à demeure par deux coutures d’environ 25 mm parallèles à la bande; l’autre extrémité est percée d’une boutonnière de 23 mm de long, qui est destinée à recevoir la tête d’une lanière en cuir lacée dans le corps de la courroie, laquelle est à cet effet percée de quatre trous placés sur la même ligne et distants l’un de l'autre de 10 à 15 mm . Distance du premier de ces trous à la tête de la boutonnière 100 mm.

Pour la troupe, la lanière est formée d'une bande de vache noircie et cirée sur fleur de 3mm d'épaisseur et de 12mm de largeur, une extrémité est percée d'une boutonnière destinée à recevoir la tête d'une lanière en cuir lacée dans le corps de la courroie, laquelle est, à cet effet, percée de quatre trous placés sur la même ligne et distants l'un de l'autre de 10 à 15mm. (Distance du premier de ces trous à la tête de la boutonnière, 100mm; longueur totale, non compris la partie reployée et cousue, 870mm.) Les adjudants et les maréchaux des logis chefs font usage de cette lanière.

Cette dragonne 2e type, avec un rivet n'existait pas en 1899. Plier la lanière à 110mm environ de la couture, de manière à former une boucle, d'environ 100mm de longueur ; enrouler la partie libre de la lanière jusqu'à l'extrémité de la boucle, en ayant soin de ménager à la partie supérieure de celle-ci une ouverture suffisamment grande pour loger le pli d'arrêt pratiqué à environ 50mm du bouton de cuir. La boucle, cousue, sera engagée dans la banderole de l'étui, sur le devant ; l'extrémité portant un bouton de cuir et une boutonnière sera fixée à l'anneau de calotte du revolver. La lanière, ainsi roulée, sera placée sur la partie convexe de la crosse de l’arme couvercle rabattu.

Les officiers de cavalerie font usage d'un cordon d'attache de revolver fait d'une ganse noire, ronde, en poil de chèvre, dite milanaise.

Chaque extrémité du cordon forme anneau, par un retour sur lui même, et s'attache dans une boule creuse grappée, en poil de chèvre.

Le fait que les officiers des corps de troupe à cheval ne font pas usage de la dragonne en cuir présentée plus haut, mais de ce cordon d'attache de revolver est confirmé par la Description du 15 janvier 1899 des uniformes de la cavalerie (3e édition), mise à jour des textes en vigueur jusqu'au 20 mars 1906 (voir dans la bibliographie), qui nous indique bien que: Le cordon d'attache est fait d'une ganse noire, ronde, en poil de chèvre, dite "milanaise". Chaque extrémité du cordon forme anneau par un retour sur lui même et s'attache dans une boule creuse grappée, en poil de chèvre.

Courroie de Ceinture

Source: Planche 69 de Description des effets d'habillement, de coiffure, de grand et de petit équipement, de petite monture, de pansage et objets divers à l'usage des corps de troupe du 15 Mars 1879.

Elle est en cuir fauve (ou cuir noir) demi-nourri, chair propre. A l'un des bouts est fixé, par deux coutures au fil poissé, un passant coulant en cuivre non fondu, destiné à allonger ou à raccourcir la banderole.

La courroie de ceinture est ainsi décrite:"En cuir fauve demi-nourri, chair propre, se compose: 1° d'une bande de ceinture faite d'un seul morceau, repliée d'un bout sur 50mm de longueur pour servir d'enchapure à une boucle en cuivre à rouleau et ardillon, de 25mm de largeur dans oeuvre. L'ardillon est en fer étamé; un passant fixe en cuir fauve est cousu dans l'enchapure à 10mm en avant de la boucle; un autre passant coulant, également en cuir fauve et de même largeur (16mm), court le long de la ceinture.

Cette courroie de ceinture à aussi été fabriquée par des fourbisseurs civils, pour les officiers et sous-officiers des troupes montées ou à pieds (après 1882) portant le revolver. On peux aussi en trouver, de fabrication civile.

Fabrication Civile et Variations

Etui jambon noir, pour revolver modèle 1874, avec intérieur rouge, marqué "M.

Où, dans le même genre, un étui de fabrication civile, pour revolver modèle 1873 ou 1874 pour le 29e régiment d'artillerie, du maître sellier A.

D'autres étuis, de fabrication civile, ont été fabriqués. Ou enfin cet étui, à porter sous l'aiselle, période belle époque 1880 /1914.

Taillé dans un cuir de spahi (rouge quadrillé), destiné à porter un revolver modèle 1874. De couleur plutôt brun rougeâtre brillant, cet étui est lui aussi très similaire à l'étui jambon Français.

Cartouchières du Fantassin

Au début de la guerre, les soldats sont équipés du ceinturon modèle 1845. Il est en cuir côté chair à l’intérieur et vers l’extérieur ciré en noir. Un côté est muni d’une grosse plaque en cuivre alors que l’autre d’un anneau plat cousu au ceinturon. Le principal inconvénient du ceinturon réside dans la manière d’ajuster sa longueur, qui n’est pas du-tout pratique.

En effet, l’ajustement se fait en faisant coulisser et glisser en force le cuir sous l’attache de la boucle. Le surplus de cuir est ensuite maintenu plaqué grâce à un passant mobile. En plus de cela, la boucle en cuivre est assez imposante et ne passe pas dans les passants des cartouchières et du porte-baïonnette.

Ce nouveau modèle est distribué en 3 tailles : 110, 115 et 125 cm. Il ne faut pas non plus le confondre avec ceinture et bretelles qui ont vocation à empêcher le pantalon de tomber. Le rôle du ceinturon est tout autre, il fait partie de l’uniforme à part entière.

Y sont accrochés les 3 cartouchières pouvant contenir jusqu’à 40 cartouches chacune, 5 paquets de 8, donc 120 en tout. Les cartouchières sont si lourdes que des bretelles de suspension sont nécessaires pour aider à maintenir le tout. Le ceinturon du fantassin date de 1845 et ses dimensions sont réglementées.

Cuir noir de 53 mm de large. Pour le fermer, on a retenu le système de boucle coulissante en cuivre. Système pratique lorsque l’on ne porte rien mais qui devient inadapté quand on voit le poids de l’équipement à soutenir. Ce ceinturon se desserre tout le temps.

Il sera peu à peu remplacé par le modèle 1903, modèle dont l’attache est à double ardillon (pointe de métal qui s’insère dans des œillets). Sur le devant du ceinturon, se trouve une plaque en cuivre du plus bel effet.

A la mobilisation, le modèle 1873 est le plus courant, cependant, jugé trop voyant à cause des reflets des rayons du soleil sur la boucle en cuivre, il est petit à petit remplacé par le modèle 1903. Le modèle antérieur reprit ‘’hélas’’ du service !

Les Bretelles de Suspension

Les bretelles de suspension, que l’on peut également appeler « brelage », servent à soutenir le poids des 3 cartouchières. Elles sont confectionnées en cuir noir retourné. Elles sont formées de 3 branches en Y qui sont reliées ensemble par un anneau dorsal en laiton. A chaque extrémité, un crochet en cuivre vient se crocheter à l’anneau de la cartouchière. Le modèle antérieur reprit du service !

A l’entrée en guerre, les soldats sont équipés des 3 cartouchières modèle 1888. Deux sont ventrales et une est dorsale. Elles sont fixées au ceinturon grâce à 2 passants en cuir, et aux bretelles de suspension par 1 anneau métallique. Chacune peut contenir jusqu’a 5 paquets de 8 cartouches, soit 40 cartouches par cartouchière.

En 1905, une modification est apportée. Très vite, un défaut est constaté : si le crochet de la bretelle de suspension vient à se décrocher, le haut du triangle, en raison du poids de la cartouchière, glisse sous la bande de cuir verticale, puis sous le ceinturon et la cartouchière tombe au sol.

Production de Carabines Modèle 1890

Carabine de Cuirassier modèle 1890 :La totalité des 20 000 exemplaires de cette arme a été produite à Châtellerault et seulement en 1891. La production a démarré en décembre 1890 et les canons de certaines armes portent une épreuve de cette année là. Elle semble s'étaler sur pratiquement toute l'année 1891.Numéros de série : A1 à A 20000. Aucune n'a été faite à la MAS (à part peut être des armes modèle, faudrait que j'aille revoir celle en exposition au musée de la MAS).

Si les tracés définitifs de l'arme datent d'août 1890 (cf. Lombard), la production de ce modèle a commencé en novembre (ordre du ministre en date du 7 novembre, Cf. Dubessy) ou décembre 1890, de ce fait, certaines armes portent des canons de 1890 mais ont été réceptionnées en 1891.

Si le nombre total est bien connu (200 000), la production postérieure à 1900 n'est pas évidente à trouver.

tags: #reproduction #cartouchière #Lebel #noire #histoire

Post popolari: