Ce vendredi 5 décembre 2025, vers 20 h 30, plusieurs coups de feu ont été entendus sur la dalle Kennedy, dans le quartier de Villejean à Rennes. Un client du Carrefour, qui venait de quitter le magasin, affirme avoir entendu trois détonations.
Selon lui, les tirs semblaient provenir de la rue Bourbonnais, un secteur souvent lié à des trafics de stupéfiants. « J’ai eu très peur et je suis parti en courant pour rentrer chez moi », raconte-t-il. D’autres habitants ont confirmé les faits à notre rédaction, indiquant avoir eux aussi entendu les détonations.
Depuis l’alerte, les policiers ont sécurisé le secteur et mènent des recherches pour trouver d’éventuels indices. Ils seraient une dizaine sur les lieux.
Ce lundi 8 décembre, les forces de l'ordre étaient rassemblés sur la dalle Kennedy à Rennes (Ille-et-Vilaine). Ce week-end, trois épisodes de tirs ont eu lieu dans les quartiers du Blosne et de Villejean. Un jeune homme est mort.
Deux fusillades en moins de 24 heures ont secoué le quartier de Villejean à Rennes, témoignant d'une nouvelle flambée de violence sur fond de narcotrafic. La première série de coups de feu a retenti vendredi 5 décembre vers 20 heures 30 à proximité d’un point de deal sur la dalle Kennedy.
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Un groupe de quatre individus, vêtus de noir, cagoulés et porteurs d’armes longues et de poing ont fait irruption, visant « vraisemblablement une personne ou un groupe de personne », indique ce mercredi dans un communiqué le parquet de Rennes. Aucune personne n’a été blessée par les tirs.
Samedi, vers 19h, dans le même secteur, deux personnes ouvrent le feu et tirent pendant 5 minutes avec un fusil qu’ils abandonnent près d’un parc à jeux. Une balle perdue est entrée dans un appartement.
Quelques heures plus tard, c’est dans le quartier du Blosne qu’un jeune homme de 25 ans est abattu dans sa voiture. Dans la nuit de samedi à dimanche, un homme de 25 ans baignant dans le trafic de stupéfiants a également été tué dans le quartier du Blosne à Rennes, abattu de dix balles alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture.
"On écrit notre colère, parce que l’année dernière, il y a eu des fusillades et là, on a l’impression de recommencer, témoigne Michelle, présidente de l’association Africano breizh. On en a marre. Nous, on n’a rien à voir dans tout ça et on a l’impression que c’est de pire en pire."
"Nous, on vit ici. Il y a les dealers, les policiers, la guerre qu’ils se mènent entre eux, mais il y a nous les habitants au milieu, s’inquiète Michelle. Ce qu’on veut, c’est être tranquille !
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Maman de deux enfants de 7 et 12 ans, Maria Colaco affirme qu’elle va faire attention, éviter les sorties… "Ça peut se passer même le matin. On est là, on est en train de se promener, on va à la Boulangerie ou à la bibliothèque, ça peut se passer à n’importe quel moment.
Le fait qu’un des tirs ait touché un appartement inquiète les habitants. "Ça fait peur, c’est pas normal, confie Raymond Vallée. Quelqu’un qui est tranquillement dans son appartement peut se ramasser une balle, c’est terrible comme situation."
Dans cette première affaire, trois individus âgés de 20 à 26 ans ont été interpellés lundi 8 décembre en Bretagne, dans l’Oise et en région parisienne. Ils ont été remis en liberté après leur garde à vue. Deux d’entre eux ont toutefois été transférés à la Section de recherches de Rennes et placés en garde à vue pour une autre affaire d’enlèvement et de séquestration survenue le 27 novembre.
Après cette première série de coups de feu vendredi soir, quatre détonations ont encore résonné dans le quartier de Villejean samedi 6 décembre vers 19 heures. Rapidement sur les lieux, les policiers ont retrouvé une arme longue cachée dans les buissons et récupéré plusieurs cartouches sur place.
Quatre jours plus tard, on apprend ce mercredi que quatre individus ont été interpellés et placés en garde à vue pour cette deuxième série de coups de feu. « Ils sont nés entre 2003 et 2006, trois à Rennes et un en Russie » et habitant « la ville ou à proximité », souligne le communiqué du parquet.
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Huit personnes ont été interpellées, après les deux fusillades sur la dalle Kennedy du quartier de Villejean à Rennes vendredi 5 et samedi 6 décembre. Certains suspects sont connus de la justice, d'autres non. Certains sont de Rennes, mais d'autres viennent de Paris ou encore de la Russie.
Trois jours après, les premiers échanges de tirs vendredi soir à Villejean, quatre individus âgés de 17 à 26 ans ont été arrêtés. L'un d'entre eux est né et vit en Bretagne. Les deux autres sont originaires de la région parisienne. Finalement, après leur garde à vue, les suspects majeurs ont été relâchés.
Mais les enquêteurs ont découvert que deux d'entre eux ont participé à la séquestration d'un jeune homme. Le 27 novembre 2025, celui-ci a été kidnappé depuis le point de deal de Villejean, puis séquestré à Guichen. Les deux suspects ont donc été transférés à la section de recherches de Rennes et placés en garde à vue. L’un des mis en cause présenté a déjà été condamné à de nombreuses reprises, pour des faits similaires.
Après la seconde fusillade du samedi 6 décembre, ce sont quatre autres hommes qui ont été interpellés. Ils sont âgés de 16 à 22 ans. Trois sont rennais, le quatrième est originaire de Russie. Ils sont soupçonnés d'avoir ouvert le feu vers 19 heures sur la dalle Kennedy, où quatre détonations de type arme de guerre ont été entendues.
Sur place, une arme longue a été retrouvée cachée dans les buissons, près d'un parc pour enfants, et plusieurs cartouches récupérées sur place.
Une enquête de flagrance a été ouverte pour tentative de meurtre en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime et infractions à la législation sur les stupéfiants, confiée à la direction de la criminalité territoriale (DCT) du SIPJ d’Ille-et-Vilaine.
Le nouveau préfet d'Ille-et-Vilaine tente de rassurer les habitants en faisant savoir que la CRS 82 restera le temps nécessaire. "Évidemment après ce qu’il s’est passé, on peut craindre des mesures de rétorsion, de ripostes, il important de dire aux habitants de ces quartiers, aux premières victimes, que la police elle est là."
Lors de sa prise de fonction lundi, le nouveau préfet Franck Robine a assuré que la lutte contre le narcotrafic « sera une priorité absolue. » « Je pense avoir une expertise en matière de sécurité. Cela me conduit à être raisonnablement optimiste dans notre combat contre le trafic de drogue.
Le préfet annonce là aussi des mesures : "il m’appartient de décliner le plus rapidement possible et avec le plus de forces possibles les apports de la récente loi de lutte contre le narcotrafic, votée en juin."
Depuis le début de l'année explique Franck Robine, 600 personnes ont été arrêtées pour des affaires de trafic de stupéfiants, 425 font l'objet de poursuites dans un contexte où, le préfet ne l'ignore pas, la production de cocaïne a été multipliée par quatre en moins de 10 ans. "Mais le combat n'est pas perdu", affirme-t-il.
Il y a beaucoup à faire sur le terrain, par exemple, prononcer davantage encore d’interdictions de paraître de trafiquants sur les points de deal, il y en a eu 120 depuis le début de l’année.
Charles Compagnon, un élu d’opposition à Rennes, était dans le restaurant où une fusillade a éclaté ce jeudi 17 avril. Il raconte la scène sur BFMTV.
Ce jeudi, Charles Compagnon retrouve un collègue dans un petit restaurant du quartier de Villejean à Rennes. Le duo, qui attend une troisième personne pour le repas, s’installe à une table située à proximité de la porte d'entrée de l’établissement. Charles Compagnon et son collègue ne sont pas seuls dans la salle. Il y a notamment un père accompagné de sa fille de six ans.
Il observe alors les alentours, l’établissement étant vitré. "Et j’ai vu, face à moi, arriver un homme déterminé avec une arme." Une longue arme de guerre noire, précise Charles Compagnon. "À ce moment-là, c’est la sidération", poursuit-il.
"À ce moment-là, il a levé son arme et mon collègue m’a tiré par la veste et on a plongé au sol", poursuit Charles Compagnon. "Les trois jeunes se sont levés derrière nous et on dit qu’ils n’avaient rien à voir", poursuit l’élu d’opposition.
Cette scène, Charles Compagnon la compare à un film du réalisateur Tarantino. "Il y a les tirs, on se jette au sol, on a mis les mains sur la tête en espérant ne pas prendre une balle", explique-t-il. Puis viennent les cris. "Il y avait cette petite fille de six ans, son papa recroquevillé sur elle pour faire rempart sur son corps", se remémore l’élu d’opposition.
Dans ce petit restaurant, les clients n’ont eu nulle part où se cacher. C’est une souricière. Il n’y a pas d'échappatoire. On n’a pas pu aller se cacher."
Cette scène "irréelle", la panique, le sang au sol, l’élu ne pensait jamais la vivre. "Ça fait cinq ans que j’alerte sur la situation à Rennes. Mais là, je ne pensais pas passer du statut de lanceur d’alerte au statut de victime", confie Charles Compagnon.
Le parquet de Rennes a ouvert une enquête pour "tentative de meurtre en bande organisée" après la fusillade. Selon les informations de BFMTV, l'hypothèse d'un règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants est privilégiée pour l'heure par les enquêteurs de la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS), chargés des investigations.
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