Le Fujifilm X-T2, successeur du X-T1, est un hybride haut de gamme au look de reflex vintage. Il reprend les améliorations du X-Pro2, à commencer par le capteur X-Trans passant de 16 à 24 MP, et s'octroie un autofocus à 91 points qui promet de belles performances pour la photo d'action. Nous avons passé une quinzaine de jours avec ce boîtier à fort caractère.
Première remarque, l'appareil prend un peu d'embonpoint par rapport à son prédécesseur et pèse 50 g de plus, pour maintenant dépasser le X-Pro 2 pourtant doté d'un viseur optique. Ceci dit, à 507 g sur la balance, le X-T2 reste quand même bien plus compact et léger qu'un reflex de gamme équivalente. On conserve bien sûr la construction très gratifiante du X-T1, avec châssis en alliage de magnésium muni de nombreux joints d'étanchéité (63 en tout).
L'ergonomie très caractéristique, avec son chapelet de molettes manuelles, est évidemment préservée, et améliorée sur certains points. Les délicieuses molettes à l'ancienne pour le réglage direct de la sensibilité et de la vitesse offrant la même logique que la bague de diaphragme des optiques XF : en position A, on passe en automatique et c'est le boîtier qui détermine le réglage. Ces molettes sont plus maniables qu'auparavant et sont verrouillables pour éviter les fausses manips.
On ne peut pas en dire autant des couronnes qui les entourent, à gauche pour la motorisation et à droite pour la mesure de lumière : à la fois dures et peu accessibles, elles s'avèrent très agaçantes. Le correcteur d'exposition placé à droite offre une nouvelle position C pour accéder aux valeurs comprises entre 3 et 5 IL dans chaque sens, via la petite molette avant. Tant mieux, mais il est dommage que ce correcteur ne dispose pas lui aussi d'un verrou, car il se décale parfois sans crier gare malgré sa plus grande dureté... Même chose pour le correcteur dioptrique placé sur le viseur, il s'est plus d'une fois déréglé pendant le transport de l'appareil.
À première vue, l'écran semble identique à celui du X-T2. Il ne progresse pas en définition comme celui du X-Pro2 et reste cantonné à 1,04 million de points, ce qui offre une finesse largement suffisante. On aurait cependant aimé qu'il s'élargisse un peu, la surface effective d'affichage étant bien inférieure à celle de la vitre, par ailleurs trop réfléchissante. L'utilisation de l'écran en devient quasi impossible en plein soleil, à moins de pousser manuellement la luminosité à fond, celle-ci ne s'ajustant pas automatiquement. Autre regret sur un appareil de ce rang, l'absence d'écran tactile, mais Fuji (comme d'ailleurs Sony) nous a habitués à cette lacune...
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Finalement, l'écran dispose quand même d'une amélioration bienvenue. Son mécanisme d'articulation autorise désormais les cadrages verticaux sous des angles difficiles, ce qui est toujours bon à prendre !
Venons-en au viseur, que sa position centrale rapproche des reflex en termes de style, tout comme des hybrides tels les Sony Alpha 7, les Panasonic G ou les Olympus OM-D. Ce viseur est quasiment le même que celui du X-T1. Il exploite toujours un afficheur OLED de 2,36 millions de points, offrant une finesse remarquable. Cependant, sa luminosité a été améliorée (elle passe de 200 à 500 cd/m2), tout comme sa fluidité, avec un taux de rafraîchissement qui atteint désormais 100 i/s et une occultation de la visée plus courte à chaque déclenchement. Le taux de grossissement reste très bon à 0,77x, ce qui équivaut à 0,5x si on le ramène au format 24x36. Pour moi qui suis allergique aux viseurs électroniques, c'est une très bonne surprise j'avoue avoir parfois oublié que j'avais quitté le monde des reflex !
Là où la nature électronique du viseur se révèle, c'est quand on jette un œil au niveau de batterie, trop souvent dans le rouge à notre goût... En effet, le viseur pompe de l'énergie et reste problématique pour l'autonomie. Même si l'on active le détecteur oculaire, il a tendance à rester allumé quand on garde l'appareil en bandoulière. Et si ce dernier finit par se mettre en veille, il faut actionner le levier On/Off pour le réveiller, ce qui m'a plusieurs fois fait manquer des photos au débotté... Il n'est pas superflu d'avoir au moins une batterie de rechange.
L'acquisition du grip optionnel VBP-XT2, qui triple l'autonomie, permet de travailler plus sereinement, mais la portabilité en prend alors encore un coup, tout comme le portefeuille qui, lui, s'allège de 330 €. Mais, pour une utilisation intensive, cet accessoire nous a semblé très pertinent, d'autant plus qu'il facilite la prise en main, notamment verticale avec ses multiples touches déportées, et qu'il permet de booster le mode rafale.
Par défaut, il conserve la cadence déjà généreuse du X-T1 : au rythme de 8 i/s pendant de longues secondes, nombre de reflex sont loin derrière. La nouvelle poignée VBP-XT2, qui fait donc office de booster, permet d'atteindre désormais des cadences de 11 i/s, toujours avec mise au point continue. Un gain qui intéressera les amateurs de photo sportive ou animalière.
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Mais ce n'est pas tout : le X-T2 est doté, comme le X-Pro 2, d'un nouvel obturateur offrant un fonctionnement mécanique ou électronique. En mode mécanique, la vitesse maximum atteint désormais 1/8 000 s, contre 1/4 000 s sur le X-T1. Et si l'on passe en obturation électronique, on rentre dans un autre univers, celui des vitesses ultrarapides. L'appareil est alors capable de déclencher jusqu'au 1/32 000 s, gelant ainsi l'action dans des effets invisibles à l'œil nu. Cet obturateur électronique permet aussi de doper les rafales, avec des cadences mitraillant à 14 i/s ! Cerise sur le gâteau, tout cela est quasi silencieux.
La fiche technique du X-T2 est à ce titre éloquente, avec un nouveau système de détection de phase intégré au capteur principal, qui surpasse celui des X-Pro2 et X-T1. Non seulement cet autofocus offre une couverture plus large et précise du champ avec ses 91 points extensibles à 325, mais il se targue de proposer des réglages aussi poussés que ceux d'un reflex pro. En effet, tout cela est très complet, et demandera de s'installer confortablement avec le manuel dans une main et l'appareil dans l'autre avant de se confronter à un sujet trop agité.
Le reste des menus est très étoffé, et l'on trouve en pagaille de quoi ravir les photographes à l'esprit créatif : intervallomètre, pose B, sensibilité ISO auto paramétrable, simulation de films, aide à la mise au point manuelle, détection des yeux par l'AF... Il y a bien de petites incohérences dont on a pu faire les frais.
Les vidéastes ne sont bien sûr pas en reste avec l'arrivée de la vidéo 4K, une première chez Fuji. On note l'arrivée concomitante de l'USB 3.0, bien utile pour drainer des fichiers aussi lourds. Des essais rapides montrent une qualité très satisfaisante et des fonctions complètes. Là aussi, les moteurs AF récents sont vivement recommandés pour un suivi du point sans à-coups.
En termes de rendu d'image, pas de surprise on retrouve l'excellente qualité du X-Pro2, avec le rendu des Fuji très naturel en détails, valeurs et couleurs. Par rapport au X-T1, on gagne à la fois en définition et en sensibilité, cette dernière progressant de 1 IL malgré des photosites plus petits.
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Points forts :
Points faibles :
Le X-T1 était déjà un excellent boîtier, ce nouveau modèle ne change donc pas fondamentalement la donne. Ceci dit, il progresse encore sur des points bien perceptibles en pratique : qualité d'image (sensibilité et définition, en photo comme en vidéo), réactivité (notamment le suivi des sujets en rafale), et aussi sur l'ergonomie avec quelques détails bienvenus. On sait déjà que le prochain repoussera encore les limites mais, en attendant, le X-T2 offre un cocktail détonnant et témoigne d'une vraie maturité des hybrides.
La visée électronique n'est plus un problème, à tel point que cet appareil 100 % numérique ferait presque oublier qu'il en est un... Bien sûr son look classique d'argentique et sa qualité d'image rappelant le naturel de la pellicule y sont aussi pour quelque chose. Car en pratique, c'est plutôt le manque récurrent d'autonomie qui vient nous rappeler qu'on a bien affaire à un numérique...
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