La violence par armes à feu représente un défi majeur à l'échelle mondiale, nécessitant des approches innovantes et une coopération internationale renforcée. Cet article explore diverses solutions et stratégies visant à réduire ce fléau.
Les fusillades de masse aux États-Unis incarnent à l’extrême la « violence des armes » dans le pays. Le taux d’homicide par armes à feu est exceptionnellement élevé aux États-Unis. Une étude a examiné 345 882 homicides par arme entre 1997 et 2016, ce qui représente un taux de 3,5 pour 100 000 habitants en moyenne, contre 0,1 pour la France par exemple. Et l’on relève de grandes disparités selon les États. La Louisiane arrive en tête avec 9,8 pour 100 000 alors que le New Hampshire en compte seulement 0,7 pour 100 000.
Les stratégies efficaces contre la violence armée et les attaques terroristes exigent une coopération internationale renforcée. De même que pour les données dactyloscopiques, l’échange international de données balistiques doit permettre d’établir des liens entre des malfaiteurs détenteurs d’armes à feu et des infractions commises dans différents pays, mettant en œuvre ces mêmes armes à feu. L’échange de données balistiques doit aider les services de police à effectuer des recoupements entre des affaires apparemment sans lien.
IBIN (Réseau d’information balistique d’Interpol) gère la mise en réseau mondiale des systèmes intégrés d’identification balistique® (IBIS) et fournit une plate-forme mondiale pour la collecte centralisée, le stockage et la comparaison croisée des données balistiques. Les preuves balistiques peuvent fournir des renseignements précieux sur les armes à feu. Chaque arme à feu laisse des marques microscopiques uniques sur la surface des balles tirées et des douilles de cartouches ; il s'agit essentiellement d'une empreinte balistique. Ces preuves balistiques peuvent être capturées dans des images à haute résolution qui sont ensuite cataloguées, partagées et comparées rapidement entre les juridictions, ce qui permet d'identifier les liens entre les crimes plus rapidement et plus efficacement.
Aujourd’hui, IBIN compte parmi ses membres 37 pays et plus de 1 500 000 dossiers à rechercher parmi tous ses membres et a enregistré plus de 49 000 recherches internationales. Lancé fin 2009, le réseau a prouvé sa valeur avec 72 hits internationaux confirmés générant un nombre pertinent de pistes d’investigation.
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Cette technologie permet de visualiser et de répertorier ces traces après la saisie d’images de haute résolution. Grâce à IBIN, ces images peuvent être rapidement diffusées et comparées à d’autres éléments de preuves balistiques dans les différents pays membres de IBIN.
Les recherches dans IBIN sont effectuées manuellement, selon les informations fournies par les enquêteurs au laboratoire scientifique.
Une bande de malfaiteurs violents sévissant entre l’Espagne et le Portugal a été mise hors d’état de nuire grâce à un travail de police minutieux, à des protocoles transfrontaliers rigoureux et à IBIN. Les policiers ont pu partager et exploiter leurs données balistiques via IBIN. Dans la région d’Ayamonte (Espagne), les fonctionnaires de la Guardia Civil ont remarqué une personne suspecte s’enfuir à leur approche en direction du Portugal. Une fois arrêté, ont été trouvés sur le suspect une grande quantité d’espèces, un kilo de cocaïne, un gilet pare-balle, trois portables et deux pistolets (9 mm et 7,65mm). Le résultat de la recherche IBIN a révélé un lien entre un étui de 7,65 mm saisi et des éléments de tir relevé à l’issue d’une fusillade survenue dans la région de Silves (Portugal).
Un pistolet 9 mm approvisionné de 14 balles a été découvert par une patrouille de policiers dans la ville de Belize. Aucun suspect n’a pu être associé à cette affaire. Sans IBIN, il aurait été impossible d’établir rapidement des liens entre ces infractions réalisées dans des pays différents.
Interpol encourage ses États membres dotés de la technologie et des équipements IBIS® à se connecter à IBIN. Un accord de participation à IBIN est conclu entre le Bureau central national (BCN) Interpol et le laboratoire national central. Les données du pays participant sont ensuite copiées et intégrées dans IBIN conformément aux termes de l’accord bilatéral conclu.
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Dans le cadre d’affaires à haut profil et à caractère international avéré, Interpol propose d’aider ses pays membres ne disposant pas de la technologie IBIS, non-membres de IBIN, à bénéficier des données balistiques internationales stockées dans IBIN. Lors des demandes d’aide en matière de recherches internationales dans les données balistiques, la coordination entre les pays est assurée via les BCN.
Le Programme entend revoir l’idée que l’on se fait généralement des enquêtes sur le trafic d’armes à feu de sorte que chaque arme à feu récupérée, jusqu’à preuve du contraire, soit considérée comme faisant partie d’un système plus vaste de trafic. La récupération ou saisie d’une arme à feu ne marque pas la fin de l’enquête mais constitue en réalité le point de départ de l’enquête portant sur le trafic d’armes. À cette fin, un Protocole à suivre en cas de découverte d’armes à feu a été développé pour guider les enquêteurs dans l’utilisation des capacités de police du Programme sur les armes et le ciblage du trafic.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Pays membres d'IBIN | 37 |
| Dossiers balistiques | Plus de 1 500 000 |
| Recherches internationales enregistrées | Plus de 49 000 |
| Hits internationaux confirmés | 72 |
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