La nature regorge de secrets fascinants, et l’un des plus captivants est l’art de détecter la présence d’animaux sauvages. Que vous soyez un passionné de nature, un chasseur expérimenté ou un simple curieux, savoir repérer les traces et indices laissés par le gibier peut transformer une simple promenade en forêt en une véritable aventure de pistage. Dans ce guide approfondi, nous explorerons les techniques les plus efficaces pour identifier et interpréter les signes de présence animale, des empreintes les plus évidentes aux indices les plus subtils.
L’identification des empreintes est souvent la première étape pour détecter la présence de gibier. Chaque espèce laisse des traces distinctives qui, une fois comprises, peuvent révéler une multitude d’informations sur l’animal, son comportement et son environnement.
Les cervidés laissent des empreintes en forme de cœur, mais chaque espèce a ses particularités. Le cerf, le plus grand, laisse des traces profondes et bien marquées, généralement de 8 à 10 cm de long. Le chevreuil, plus petit et léger, laisse des empreintes de 4 à 5 cm, souvent plus pointues. Une astuce pour différencier ces traces est d’observer l’écartement entre les deux onglons. Chez le cerf, cet écartement est plus prononcé, surtout quand l’animal court ou saute.
Les sangliers laissent des empreintes caractéristiques, avec quatre doigts bien visibles formant un trapèze. Les deux doigts centraux, plus grands, sont flanqués de deux doigts latéraux plus petits appelés gardes. Les marcassins, quant à eux, laissent des traces similaires mais plus petites, généralement de 3 à 5 cm.
Les lagomorphes et les rongeurs laissent des empreintes distinctives qui peuvent sembler similaires au premier abord. Le lièvre laisse des traces en forme de Y, avec ses pattes arrières plus grandes devant ses pattes avant plus petites. Pour distinguer ces traces de celles d’autres rongeurs comme les écureuils, observez la disposition des empreintes.
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Les carnivores comme le renard et le blaireau laissent des empreintes qui peuvent être confondues avec celles de chiens domestiques. Cependant, il existe des différences subtiles. Les empreintes de renard sont plus allongées et ovales, avec des coussinets bien définis et des griffes visibles. Une astuce pour identifier les traces de carnivores est d’observer la ligne imaginaire reliant les deux coussinets extérieurs.
Au-delà des empreintes, la végétation environnante peut fournir de précieux indices sur la présence et le comportement du gibier.
Les cervidés, en particulier les cerfs et les chevreuils mâles, laissent des marques caractéristiques sur les arbres. Pour identifier un frottis, cherchez des arbres jeunes ou de taille moyenne avec des marques d’écorce arrachée à une hauteur correspondant à celle des bois de l’animal. Les frottis de cerf sont généralement plus hauts et plus larges que ceux des chevreuils.
L’abroutissement, ou le broutage des jeunes pousses et feuilles par les herbivores, est un autre signe révélateur de la présence de gibier. Observez la hauteur des abroutissements pour déterminer l’espèce : les chevreuils broutent généralement jusqu’à 1,20 m de hauteur, tandis que les cerfs peuvent atteindre jusqu’à 1,80 m.
Les sangliers laissent des indices caractéristiques sous forme de bauges et de souilles. Les bauges sont des zones de repos creusées dans la végétation, souvent tapissées de feuilles et de branchages. Pour repérer une bauge, cherchez des zones abritées avec de la végétation écrasée en forme de nid. Les souilles sont plus faciles à identifier : ce sont des zones boueuses avec des traces de piétinement et souvent des poils collés à la boue environnante.
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Le pistage en terrain difficile requiert une combinaison de compétences d’observation aiguisées et de connaissances approfondies du comportement animal. Une technique avancée consiste à chercher des corridors de déplacement. Les animaux, comme les humains, ont tendance à emprunter les chemins de moindre résistance. L’observation des micro-indices devient cruciale en terrain difficile.
Une autre astuce consiste à utiliser vos autres sens. L’odorat peut vous aider à détecter la présence récente d’animaux, particulièrement dans des zones où ils se reposent régulièrement.
Les conditions environnementales jouent un rôle crucial dans l’interprétation des traces de gibier. Chaque saison apporte son lot de défis et d’opportunités pour le pisteur averti. En hiver, la neige fraîche offre un excellent médium pour observer des empreintes claires, mais attention aux effets de fonte qui peuvent déformer les traces. La pluie récente peut être à la fois un allié et un obstacle. Elle peut effacer des traces anciennes, mais aussi créer des conditions idéales pour de nouvelles empreintes dans la boue.
Les changements saisonniers affectent également le comportement du gibier.
L’avènement de la technologie a révolutionné la façon dont nous pouvons observer et étudier la faune sauvage.
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Les pièges photographiques, ou caméras de chasse, sont devenus des outils incontournables pour l’observation non invasive de la faune. Ces appareils, déclenchés par le mouvement, peuvent capturer des images ou des vidéos d’animaux sans perturber leur comportement naturel.
Les caméras thermiques, bien que plus coûteuses, offrent l’avantage de détecter les animaux même dans l’obscurité totale ou dans une végétation dense.
De nombreuses applications mobiles ont été développées pour aider à l’identification des traces animales. Ces outils utilisent souvent l’intelligence artificielle pour comparer les photos que vous prenez avec une base de données d’empreintes connues.
L’utilisation de drones pour l’observation de la faune est une pratique en pleine expansion. Ces appareils permettent d’accéder à des zones difficiles d’accès et d’obtenir une vue d’ensemble de l’habitat. Cependant, l’utilisation de drones doit se faire dans le strict respect de la réglementation et de l’éthique.
L’observation et le suivi du gibier en France sont soumis à une réglementation stricte visant à protéger la faune sauvage et son habitat. L’utilisation de technologies comme les pièges photographiques et les drones est encadrée par la loi. Certaines périodes de l’année sont particulièrement sensibles pour la faune sauvage, notamment pendant la reproduction et l’élevage des jeunes.
Au-delà des aspects légaux, l’observation du gibier soulève des questions éthiques importantes. Rappelez-vous que l’objectif principal de l’observation du gibier est d’apprendre et de comprendre, pas d’interférer. En suivant ces principes éthiques et légaux, nous pouvons profiter de l’observation du gibier tout en contribuant à la préservation de notre patrimoine naturel.
Environ 90 espèces issues de la faune sauvage dont une soixantaine d’oiseaux sont chassables en France. C’est plus que dans d’autres pays européens. Cette spécificité française s’explique par la diversité des 4 régions biogéographiques (atlantique, alpine, continentale et méditerranéenne) qui la compose, ce qui est plus que dans aucun autre pays européen, et la qualité de ses biotopes. Cette diversité est à l’origine de 40 modes de chasse qui représentent un patrimoine culturel sans équivalent dans le monde !
En France, seules les espèces citées dans l’arrêté du 26 juin 1987, régulièrement amendé, peuvent être chassées. Depuis plusieurs décennies, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) fait un classement de toutes les espèces au niveau mondial, européen et national sur la base de différents critères - taille de population, taux de déclin, aire de répartition géographique, degré de peuplement….
Ces listes sont appelées à tort liste « rouge » alors que pour certaines espèces y figurant les clignotants sont au vert car elles bénéficient d’un bon état de conservation. Certaines espèces dites « menacées » selon le classement de l’UICN peuvent donc continuer à être chassées car cette pratique règlementée et encadrée n’a pas impact significatif sur leur état de conservation. Prenons l’exemple du vanneau huppé dont il a été montré scientifiquement que les prélèvements n’ont pas d’influence sur la dynamique de populations.
… Même logique du côté de Commission européenne dont le comité d’experts scientifiques (NADEG) fixe les statuts de conservations des espèces. Certaines de ces espèces sont chassables car ces experts considèrent que la chasse n’a pas d’impact significatif sur leur état de conservation.
En France, il existe aussi des espèces de grands gibiers et de petits gibiers qui sont protégés. Surtout présente dans le Sud de la France, et tendant au fil des années à coloniser d'autres départements plus au Nord. En ce qui concerne le loup gris, sa chasse est pour le moment interdite. Toutefois, dans l'objectif de limiter les dégâts causés par l’espèce sur les troupeaux de bétail, des agents de louveterie sont habilités à effectuer des tirs de nuit et à réguler le loup. Par ailleurs, on constate que ces espèces se propagent très rapidement car des individus sont recensés dans des départements plus au Nord comme les Vosges.
Pour suivre au mieux l’évolution de la population de loups en France, un réseau a été créé et mis en place par l’OFB. Plus étoffée que celle du grand gibier, il existe beaucoup plus d’espèces de petits gibiers protégés. On retrouve plusieurs familles comme les anatidés ou les rapaces. Cette liste n’est pas exhaustive mais elle vous informe des espèces de petits gibiers protégés que l’on peut être amené à croiser à la chasse. Beaucoup de ces oiseaux peuvent être surtout croisés lors de la chasse du gibier d’eau.
Rendu obligatoire en France en 1978, pour certaines espèces, le plan de chasse assure le développement durable des populations de gibier et préserve leurs habitats, en conciliant les intérêts agricoles, sylvicoles et cynégétiques. Dans ce contexte, les chasseurs ont obligation de recueillir des données sur l’état des populations de gibier et de suivre leur tendance d’évolution : observations de terrain et résultats de comptages. Ces derniers précisent le nombre minimal et maximal de prélèvements autorisés afin de participer à une gestion équilibrée des animaux et des cultures agricoles ou forestières.
Toutes les espèces de gibiers peuvent être soumises à plan de chasse. Pour les autres espèces (lièvre, faisan, perdrix grise), l’application d’un plan de chasse peut être décidée par le Préfet sur demande du président de la fédération départementale des chasseurs sur tout ou partie du département. Elle ne peut être déposée que par la personne physique ou morale (société de chasse, ACCA, etc.) détenant le droit de chasse sur le territoire concerné. Lors de l’instruction de la demande, la Fédération des Chasseurs peut exiger du demandeur qu’il justifie de son droit de chasse. Toutefois, lorsque le contrat de location ou de mise à disposition gratuite du droit de chasse le prévoit expressément, la demande est faite par le propriétaire ou son mandataire.
Procédure d'attribution du plan de chasse :
Les attributions, suite aux demandes de plan de chasse, font l’objet d’une seule décision. Toutefois, concernant le sanglier, une attribution supplémentaire est possible, sur la base de demandes complémentaires. Ces demandes sont légitimes dès lors que l’attribution initiale se révèle notoirement insuffisante.
Chaque animal tiré dans le cadre du plan de chasse attribué par la Fédération départementale des Chasseurs doit être marqué d’un bracelet à l’endroit même où il a été tué avant tout déplacement de celui-ci. Il est interdit de transporter le gibier sans avoir posé ce bracelet qui comporte un code assurant la traçabilité de l’espèce. Il identifie le gibier et sa classe d’âge. Une couleur unique est fixée annuellement par arrêté ministériel. Il convient donc que le chasseur porte toujours sur lui le(s) bracelet(s) qu’il a commandé(s) en accord avec le plan de chasse qui lui a été notifié par arrêté individuel d’attribution.
Le nombre d’animaux à prélever est fixé pour un détenteur et un territoire déterminé : les animaux figurant sur un plan de chasse ne peuvent en aucun être prélevés sur des parcelles non comprises dans ce plan de chasse. Toutefois, la réglementation offre la possibilité aux bénéficiaires de plans de chasse individuels de gérer ensemble leurs territoires : on parle alors de mutualisation des bracelets accordés à chacun des intéressés. Les intéressés informent le président de la fédération départementale des chasseurs par lettre recommandée avec accusé de réception.
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