Le Rafale, fleuron de l'aviation de combat française, ne cesse d'évoluer pour répondre aux exigences opérationnelles modernes. Après les standards F3 et F3-R, le standard F4 marque une étape importante, notamment grâce à l'intégration d'un viseur de casque de pointe. Présenté au Salon International de l'Aéronautique et de l'Espace (SIAE) Paris Air Show, le Rafale F4 offre de nombreux atouts opérationnels à l’Armée de l’Air et de l’Espace.
Le Rafale recèle un fort potentiel d'évolution grâce à ses capacités matérielles et à l’architecture ouverte de son système. Les différents standards témoignent de cette montée en puissance progressive :
L’amélioration du Rafale se poursuit avec l’arrivée du premier incrément du standard F4, en cours d’expérimentation au CEAM. D'autres versions sont attendues, car ce standard F4 se découpe en trois sous-catégories : 4.1, 4.2 et 4.3.
Le standard F4.1 marque un jalon déterminant avec l’arrivée du viseur de casque Scorpion. Cet outil, connecté à l’avion, permet de faire remonter l’essentiel de la situation tactique jusque dans l’œil du pilote. Du côté du cockpit, un travail a été fait avec l’intégration d’un viseur de casque. « Une lame se trouve devant l’œil du pilote dans laquelle sont projetées des informations sur la conduite de la mission et sur son environnement extérieur », explique le lieutenant-colonel Clément, architecte du Rafale F4 à la Direction générale de l’armement.
Le viseur de casque permettra notamment aux pilotes de pointer les capteurs de l’avion vers un objet repéré par le pilote, qu’il soit au sol ou dans les airs.
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Initialement développé pour le combattant terrestre, le viseur de casque Scorpion est parfaitement adapté à l’usage sur Rafale. Le viseur de casque « Scorpion » a déjà été intégré sur les F-16 block 30/32 et les A-10 Warthog de l’US Air Force ainsi que sur les EF-18A espagnols. Thales a expliqué que, « en facilitant la compréhension de la situation tactique et en asservissant les systèmes d’armes et de missions au regard du pilote, ces équipements contribuent à améliorer l’efficacité des missions des forces aériennes ».
S’agissant du contrat relatif aux F/A-50 de la force aérienne polonaise, l’industriel souligne que, grâce notamment à la « précision que permet la technologie de détection de posture hybride opto-inertielle HOBiT [Hybrid Optical-based Inertial Tracking] », le viseur de casque Scorpion offre une précision « très sensiblement supérieure à celle des systèmes concurrents ».
Le viseur de casque Scorpion permet de désigner des cibles directement avec le casque, uniquement en les regardant. Cela se fait aujourd’hui avec des interfaces de cockpit, des écrans, là, il suffira de tourner la tête pour désigner des cibles, en l’air ou au sol. Ce système fonctionne via un capteur intégré à la visière, et qui peut voir aussi loin que les capteurs d’avions voient.
Le viseur de casque Scorpion offre au pilote une meilleure compréhension de la situation tactique, grâce à une « symbologie qui rassemble les informations des différents systèmes de l’appareil ».
Outre l'intégration du viseur de casque, le standard F4 apporte d'autres améliorations significatives. Le Radar RBE2 AESA, aidé d’une optronique secteur frontal elle aussi améliorée, offrira aux équipages la capacité d’engager des cibles aériennes ou au sol avec une meilleure probabilité de détection et d’interception. Les capacités de coercition du Rafale se voient considérablement améliorées avec l’arrivée de l’AASM d’une tonne. Auparavant, l’emport s’élevait à 250 kg, désormais l’AASM pèse 1 000 kilos. Il peut être situé de chaque côté de l’aéronef, avec la possibilité d’un troisième emport au centre de l’avion.
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« On va pouvoir utiliser de l’armement air-sol modulaire [AASM] d’une capacité d’une tonne, alors que l’avion ne peut emporter actuellement qu’une bombe AASM de 250 kg. » Dans sa version actuelle, le Rafale peut emporter une bombe d’une tonne, mais uniquement une GBU-24 (Guided Bomb Unit). « La GBU-24 est une fabrication américaine dont les capacités sont beaucoup plus courtes, explique le colonel Christophe. L’AASL est un armement propulsé, qui permet des allonges plus profondes, ce qui offrira donc une puissance de feu plus importante à distance. » Le Rafale au standard F4.1 emporte jusqu’à trois AASM 1000.
Le but de ce standard F4 est aussi d’amener de nouvelles briques technologiques en matière de connectivité. « En schématisant, jusqu’ici nos avions travaillaient un peu chacun dans leur coin, poursuit le directeur des expérimentations. Là, le but est d’avoir des avions qui travaillent de manière connectée, avec d’autres avions, des drones, des satellites… Nous aurons aussi des avions capables de guider l’armement d’autres avions, de mettre en collaboration les systèmes de guerre électronique de plusieurs avions. Plus on va vers la haute intensité, et c’est ce que nous montre entre autres le théâtre ukrainien, plus il faut adapter nos outils, ce qui veut dire travailler tous ensemble pour avoir des capteurs connectés et traiter l’information en temps réel.
Installé sur la BA 118 de Mont-de-Marsan (Landes), le CEAM a réceptionné le tout premier Rafale au standard 4.1 le 2 mars. Ce Rafale B d'un ancien standard, avait été au préalable envoyé au Centre d’essais en vol de la Direction générale de l’armement (DGA), à Istres, qui a opéré la transformation logicielle. Après avoir réceptionné ce premier appareil « rétrofité » au standard F4.1, le CEAM va en recevoir dans quelques jours un second, mais cette fois-ci un neuf, tout droit sorti des usines de Dassault. « Celui-ci, en plus de sa nouvelle version, aura de nouvelles capacités et de nouveaux câblages » précise le colonel Christophe. Les pilotes de l’Escadron de chasse et d’expérimentation 1/30 Côte d’Argent vont procéder jusqu’à cet été à de multiples vols avec ces deux appareils.
Viendra ensuite l’étape de « l’adoption. » C’est-à-dire que tous les escadrons de chasse de Mont-de-Marsan voleront à leur tour avec ce standard F4.1 pour se l'approprier. « En revanche, ils ne pourront pas encore partir au combat avec. » D’ici à la fin de l’année 2023, le CEAM achèvera ses recommandations à l’Etat-Major, qui donnera ou pas son feu vert en vue de disposer d’une première « capacité opérationnelle » au standard F4.1. « A cette étape seulement, nous pourrons lancer ce nouveau standard sur un théâtre d’opérations. La mise en service opérationnelle sur le spectre complet des Rafale est quant à elle attendue pour fin 2024, début 2025 » estime le colonel Christophe. On parle là de la mise à jour de la centaine de Rafale de l’Armée de l’air et de l’Espace, en plus de la livraison attendue de 28 nouveaux appareils qui doivent sortir d’usine. « L’objectif est de disposer d’une seule flotte avec ce standard F4.1.
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