Le FAMAS (Fusil d’Assaut de la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne), conçu dans les années 1970 pour remplacer les anciens fusils de dotation dans l'armée Française, il a été officiellement adopté en 1978 sous la version F1.
Il s’agit d’une arme au format bullpup, c’est-à-dire que le mécanisme est intégré dans la crosse, permettant un canon long tout en conservant une taille compacte. Ce choix en fait une arme redoutablement efficace en combat rapproché comme à moyenne distance.
Voici un aperçu des caractéristiques techniques du FAMAS :
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Calibre | 5,56 × 45 mm |
| Capacité du chargeur | 25 coups (F1), 30 coups (G2) |
| Longueur | 757 mm |
| Poids | Environ 3,6 kg |
| Cadence de tir | 900 à 1100 coups/min |
| Modes de tir | Semiautomatique, rafale de 3 coups, automatique |
| Portée efficace | 300 mètres |
Le FAMAS a été utilisé dans la majorité des opérations militaires françaises : Liban, Guerre du Golfe, Somalie, Balkans, Afghanistan, Mali, etc.
Il a accompagné les soldats dans des environnements variés, de la jungle à la montagne.
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Le FAMAS fonctionne selon le principe du système à culasse non calée à levier amplificateur d’inertie, également appelé à ouverture retardée. L’on retrouve l’emploi de ce système sur de nombreux fusils-mitrailleur comme l’AA 52 ainsi que sur la gamme HK, comme le G3 ou l’HK 33 par exemple. L’avantage de ce système est qu’il n’est pas nécessaire de disposer sur l’arme d’un régulateur de gaz comme sur les armes à emprunt de gaz.
Les pièces principales de ce système sont :
Le système moteur comporte deux mouvements :
Au départ du coup, la culasse et la masse additionnelle sont en position avant. L’expansion de l’étui assure l’étanchéité.
Première phase : Temps de sécurité à l’ouverture. La culasse mobile transmet l’énergie à la masse additionnelle via le levier amplificateur d’inertie, qui effectue une rotation de 45°, entraînant un recul de la masse additionnelle à une vitesse 3,6 fois supérieure. Durant cette rotation, le percuteur se retire et l’extraction se produit. La culasse reste en position avant jusqu'à la fin de la rotation du levier.
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Deuxième phase. Une fois la rotation achevée, toutes les pièces reculent à la même vitesse. L’étui s’éjecte, le marteau se réarme et la gâchette automatique l’accroche. Le ressort récupérateur se comprime.
Une nouvelle cartouche peut se présenter après que la culasse a reculé au-delà de la cage chargeur. L’ensemble mobile dissipe son surplus d’énergie sur l’amortisseur en fin de course arrière.
Le ressort récupérateur, en se décompressant, produit le mouvement avant. Ce mouvement est limité par le contact d’une nouvelle cartouche ou par le contact de la masse additionnelle avec la boîte de culasse.
Si une cartouche est introduite, la griffe de l’extracteur s’engage dans la gorge de l’étui et l’éjecteur se compresse. La fermeture complète est marquée par le retour du levier amplificateur d’inertie en position verticale.
L’alimentation du FAMAS se fait par l’introduction d’un chargeur garni. La décompression du ressort élévateur permet le déplacement des munitions à l’intérieur du chargeur.
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La distribution des cartouches est assurée par deux demi-transports : un lors de la fermeture et un lors de l’ouverture de l’ensemble mobile.
Extraction : L’extracteur saisit l’étui pour le retirer de la chambre. La position de l’extracteur oriente le sens de l’éjection.
Ejection : L’éjecteur pousse l’étui, qui pivote autour de l’extracteur, hors de l’arme par la fenêtre d’éjection.
Le mécanisme de mise à feu du FAMAS est organisé pour permettre le tir mixte (automatique et semi-automatique). Il comprend :
L’armé est effectué par l’ensemble mobile. Le marteau est accroché à son cran d’armé par la gâchette commandée ou automatique.
Le sélecteur de tir est sur la position « 1 ».
Position des pièces au départ du coup : Le marteau est accroché par son cran d’armé à la gâchette commandée.
Action du tireur sur la détente : La tringle de liaison entraîne en rotation l’entraîneur de gâchette commandée, libérant le marteau.
Le marteau frappe le percuteur, déclenchant le coup. Le coup part : L’ensemble mobile recule, le levier amplificateur tourne. Le marteau est accroché par la gâchette automatique au début du mouvement avant.
Le tireur relâche la détente : L’entraîneur de gâchette commandée assure le crochetage du marteau en position prête au tir.
Le sélecteur de tir est sur « R ». Le fonctionnement est identique au tir au coup par coup, sauf que la course de l’entraîneur de gâchette commandée est plus longue, empêchant le marteau de s’accrocher sur la gâchette automatique.
Le tir cesse lorsque le tireur relâche la détente.
Le levier amplificateur d’inertie assure plusieurs sécurités :
Sûreté : Lorsque le sélecteur de tir est en position « S », la détente est bloquée, empêchant l’action de la gâchette commandée.
Lorsque le limiteur est enclenché (position « 3 »), à chaque rotation arrière du marteau, la tige de marteau entraîne en rotation le levier de manœuvre du limiteur.
Un cliquet d’entraînement fait réaliser à la roue à rochet une rotation correspondant au comptage d’un coup. Un cliquet de retenue empêche la roue à rochet de revenir à la position repos.
Après trois coups, la gâchette de limiteur arrête le marteau, stoppant le tir.
Avant toute utilisation du FAMAS, il est impératif de vérifier la configuration de tireur (droitier ou gaucher) en observant la position de l'extracteur. En cas de besoin, intervertir l'extracteur (voir démontage-remontage).
En cas de cartouches livrées en vrac, les introduire manuellement dans le chargeur, le culot du côté des nervures arrières.
Si les cartouches sont sur lame chargeur, utiliser la chargette fournie pour les introduire. Pour dégarnir un chargeur, tenir le chargeur horizontalement, cartouches vers le bas, et appuyer sur la cartouche inférieure pour éjecter les cartouches.
Toute manipulation de l'arme doit être effectuée dans une direction non dangereuse.
Le FAMAS dispose d'un œilleton élaboré pour différentes conditions de visibilité :
Le sélecteur de tir est placé en avant de la détente. Le limiteur de rafales est sur le boîtier de mécanismes :
La visée conforme au FAMAS comprend deux opérations :
La ligne de mire est la ligne passant par le centre de l'œilleton et le milieu du sommet du guidon.
En raison de son obsolescence, le FAMAS est peu à peu remplacé par le HK416, un fusil d’assaut d’origine allemande adopté dans le cadre du programme AIF.
Ce dernier offre une meilleure compatibilité OTAN, une modularité accrue, et une meilleure fiabilité sur le terrain.
| Critère | FAMAS | HK416 |
|---|---|---|
| Origine | France | Allemagne |
| Architecture | Bullpup | Classique |
| Chargeur | Propriétaire | Standard OTAN |
| Compatibilité OTAN | Partielle | Totale |
| Modularité | Faible | Élevée |
| Remplacement en cours | Oui | Oui (en cours de généralisation) |
Le 23 septembre dernier, la Direction générale pour l’Armement (DGA) du ministère de la Défense annonçait publiquement que l’arme individuelle règlementaire qui succéderait au FAMAS à partir de 2017 serait la HK416F, fabriquée par la firme allemande Heckler & Koch.
D’après les informations disponibles aujourd’hui, il n’est pas possible de connaître les modalités concrètes de remplacement des quelque 284.000 FAMAS possédés par la France.
Tout ce que l’on sait, c’est que les livraisons commenceront en 2017 et s’échelonneront jusqu’en 2032. Le rythme de livraison serait d’environ 6.800 fusils et 700 lance-grenades par an.
La priorité est avant tout de remplacer les FAMAS des unités engagées en opérations extérieures. La Force opérationnelle terrestre de l’Armée de Terre devrait ainsi bénéficier de la majeure partie des livraisons, tandis que le reste sera dévolu à l’Armée de l’Air et à la Marine Nationale.
De fait, il est très probable que les FAMAS félinisés et revalorisées, eux très récents, soient progressivement transférés aux unités hors de la Force opérationnelle terrestre une fois l’HK416F félinisée. Les FAMAS F1 les plus récents (produits dans les années 1990) pourraient vraisemblablement être attribués aux unités de réserve.
Quant au sort des FAMAS les plus anciens, il est fort probable qu’ils soient cédés gratuitement ou non en lots à des pays étrangers, notamment africains, auxquels nous sommes liés par des accords d’assistance militaire, mis sous cocon dans nos arsenaux, adaptés et vendus en petites quantités sur le marché civil, ou encore purement et simplement détruits.
Bien que progressivement retiré, le FAMAS est encore en service dans certaines unités de réserve, dans des missions de formation ou de logistique. Il reste également présent dans certaines armées partenaires via des transferts d’équipement.
Malgré son remplacement progressif, le FAMAS reste gravé dans l’histoire de l’armée française. Son design reconnaissable, ses performances en opération et son statut d’arme nationale en font une pièce emblématique, souvent recherchée par les collectionneurs et les passionnés d’armement.
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