L’augmentation du soldat ne constitue pas un phénomène récent. En illustrant les permanences et ruptures qui caractérisent la silhouette du fantassin occidental entre le XVIIIe siècle et la Seconde Guerre mondiale, cette étude se propose d’analyser la réflexion et la méthodologie mises en place par les forces armées afin d’adapter et préparer leur infanterie aux défis du champ de bataille.
Dans les Notes sur l’art de la guerre, Napoléon définit l’équipement individuel comme l’ensemble du matériel fourni au soldat et strictement nécessaire à l’accomplissement de ses missions ainsi qu’à la satisfaction de ses besoins journaliers. L’avènement d’une administration de la guerre à l’époque moderne impose l’uniformité à travers une réglementation de l’équipement individuel de plus en plus précise.
Les choix qui ont présidé à l’évolution de ces effets et matériels, visent à augmenter le fantassin, c’est-à-dire à optimiser ses performances et réduire sa vulnérabilité en réalisant un compromis entre mobilité, protection et autonomie. Ce compromis est lui-même soumis aux progrès technologiques, aux mutations du combat, aux contraintes de production, aux orientations budgétaires, ainsi qu’à la prise en compte des forces morales des combattants à travers leurs retours d’expérience.
Dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, les commissions mettent à profit les progrès de la médecine militaire en testant les nouveaux effets et matériels sur des sujets de différentes morphologies. Cette démarche encore empirique laisse place à une véritable approche scientifique dans la seconde moitié du XIXe siècle grâce au développement de l’hygiène militaire et à une analyse comparative systématique des équipements en dotation dans les différentes armées européennes.
Dès les premiers temps, ces travaux visent à contenir le poids global de l’équipement. La coupe des effets et la répartition des équipements doivent s’adapter aux postures mobile ou statique du fantassin. Il s’agit avant tout de favoriser le mécanisme de la marche, de limiter les efforts musculaires en rapprochant le centre de gravité de la charge de celui du corps et en évitant d’entraver les mouvements d’ampliation de la poitrine ou de comprimer l’abdomen et les gros vaisseaux.
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Les effets doivent également offrir une protection efficace contre le froid et l’humidité, plus particulièrement au niveau des membres inférieurs, des poumons, des bronches, du cou et de la tête.
Les fantassins de la fin du XVIIIe siècle, des guerres de la Révolution et de l’Empire sont vêtus d’un ensemble comprenant un habit-veste, une chemise, une veste, un pantalon-culotte, des souliers, une paire de guêtres, une coiffure souple et une capote. Les buffleteries supportant l’arme blanche et la giberne reposent sur les épaules et sont disposées en croix sur la poitrine.
Les vivres et les boissons conditionnés dans une musette et un bidon sont également portés en sautoir. Le havresac semi-rigide et extensible, peut éventuellement servir de sac à dormir ; il contient en temps normal le paquetage, soit les effets de rechange ainsi que les nécessaires d’entretien et d’hygiène. Initialement il est porté en carnassière et repose sur le bas des reins dans la région lombaire.
Mais il évolue sous la forme d’un sac dorsal rigide moins confortable et les règlements interdisent sa mise à terre durant les phases de combat.
Après 1815 et jusqu’à la Première Guerre mondiale, les principales évolutions de l’équipement sont dictées par les retours d’expérience des opérations conduites outre-mer, ainsi que les expérimentations conduites par des formations d’élite comme le corps des Chasseurs à pieds en France. La modernisation de l’armement, notamment l’adoption du canon rayé, de la cartouche métallique et du chargement par la culasse ainsi que les nouvelles formes de combat mises en évidence par les conflits du Transvaal (1880-1881 et 1899-1902) et de la Mandchourie (1904-1905) ont également un impact déterminant sur l’équipement individuel.
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Le XIXe siècle est marqué par un net recul des performances du fantassin. Le fusilier des guerres de la Révolution et de l’Empire couvrait des étapes journalières de 20 à 30 kilomètres contre à peine 10 à 12 pour un fantassin français durant la campagne de 1859. Le problème fondamental demeure le poids global de l’équipement et sa répartition.
La commission militaire française de 1861 fixe la charge maximale à 30 kg en se fondant sur l’idéal du légionnaire romain du Haut-Empire. Les performances de ce dernier sont effectivement fascinantes : 40 km par jour avec un chargement d’environ 50 kg !
L’habillement du soldat romain entre pour 8 % dans ce poids, son armement et l’outillage pour 44 %, les vivres et ustensiles pour 48 % ; en retranchant le poids des armements et équipements défensifs, la commission obtient le seuil- référence de 30 kg. Le fantassin français de l’Empire emporte justement un chargement contenu à 29 kg où l’habillement et le grand équipement entrent pour 24 %, l’arme ment pour 36 %, les rations et le matériel de bivouac pour 40 %.
Après la guerre franco -prussienne, la charge moyenne du fantassin européen ne cesse d’augmenter passant de 26 à 30 kg dans les dernières années du XIXe siècle, soit environ 50 % de son propre poids. Le grand équipement qui occupe désormais une part prépondérante dans la charge globale, subit des modifications importantes entre les années 1840 et 1890.
Il comprend désormais un ceinturon à l’avant duquel sont disposées des poches à cartouches souples qui remplacent la giberne rendue inutile par le conditionnement des munitions. Leur poids est réparti au moyen de sanglons puis de bretelles de suspension et s’équilibre avec celui du paquetage distribué sur le pourtour du ceinturon, dans la musette et le havresac.
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En 1914, la majorité des armées disposent d’un grand équipement hétéroclite en cuir et forte toile modifié par touches successives. Pour le fantassin français, cela se traduit par une collection d’équipements adoptée sur soixante ans entre 1845 et 1905. Les conséquences sont désastreuses, le déséquipement partiel ou complet s’avère laborieux, son port interdit le tir couché, il génère également des douleurs dans la région cervicale et coupe la circulation du sang.
Or, l’objectif est de limiter le chargement au tiers du poids du fantassin et de pouvoir le décliner en un paquetage d’assaut limité à 4 kg avec une configuration qui optimise le confort de marche et l’accomplissement des actes réflexes sous le feu ennemi.
Entre 1907 et 1908, l’armée française teste, sans les retenir, les équipements Aubry et Mills-Bruzon qui répondent parfaitement à ce cahier des charges. Ces derniers offrent une parenté évidente avec le 1908 Pattern Web Infantry Equipment conçu par le major Burrows pour les forces britanniques.
Confectionné en coton filé, il est d’un entretien aisé et sa configuration permet un déséquipe ment complet en dégrafant simplement le ceinturon. Il peut également être décliné en deux configurations, marche et combat. La première avec un sac-valise reposant sur la région lombaire et un havresac contenant le paquetage d’assaut sur le flanc gauche ; dans la seconde, le fantassin conserve uniquement le havresac porté en sac dorsal.
L’infanterie russe opte en 1910 pour un sac souple porté en sautoir, reposant au choix sur la hanche ou la région lombaire et qui contient les effets, les différents nécessaires ainsi qu’un complément de munitions. Le paquetage et le matériel de campement sont, quant à eux, roulés dans la capote également portée en sautoir.
Les forces armées entreprennent également d’optimiser l’autonomie du fantassin en première ligne en étudiant sa dotation en vivres, en matériel de bivouac et en équipement technique. L’évolution exclusive du havresac nécessite d’introduire dans la dotation une couverture, éventuellement un sac à dormir et une tente-abri à laquelle on s’efforce de procurer une certaine modularité.
Jusqu’aux années 1830, le fantassin reçoit quatre jours de rations, mais les contraintes liées aux opérations outre-mer nécessitent parfois de doubler cette dotation alors que le fantassin métropolitain de 1914 voit sa dotation revenir à une ration classique de quatre jours.
Au cantonnement, le soldat français reçoit une ration normale remplacée par une forte pour les périodes de combat et complétée par une ration de réserve, consommée sur ordre en cas de déficience du ravitaillement. Les rations normale et forte, constituées de vivres frais, ne diffèrent que dans leurs proportions. Elles comportent du pain, de la viande, du lard, des légumes secs, du riz, du café et du vin représentant plus de 3 600 calories pour la ration forte.
Les ustensiles destinés à la préparation des aliments sont réalisés en fer battu étamé, ils s’avèrent résistants mais particulièrement pesants, aussi privilégie-t-on une dotation collective au niveau de l’unité élémentaire. Les limites de cette solution sont évidentes : le groupe est pénalisé en cas de défaillance ou de perte d’un seul de ses membres.
Suivant l’exemple des forces allemandes, britanniques et russes, la majorité des armées européennes s’oriente après 1870 vers l’adoption d’un nécessaire individuel. Diverses solutions innovantes sont envisagées : gamelle individuelle de type norvégienne afin d’achever la cuisson des aliments durant les phases de déplacement, usinage en aluminium pour réduire le poids, etc.
En France, le système de l’intendant Bouthéon adopté en 1887 remplace brièvement la gamelle individuelle modèle 1852 et la classique dotation collective.
La dotation en équipements techniques suit une évolution assez similaire. Dès le XVIIIe siècle l’unité élémentaire d’infanterie reçoit une dotation collective en outils de terrassement (pelles, pioches, etc.) et de destruction (haches, scies, serpes, etc.) afin de réduire sa dépendance à l’égard des sapeurs et réaliser par elle-même des aménagements d’itinéraires ou des retranchements.
Mais la guerre russo-turque de 1877-1878 démontre la nécessité d’un nouvel équipement technique, un outil individuel robuste, maniable et de dimensions réduites permettant d’élever rapidement des retranchements sommaires sous le feu de l’ennemi. La pelle-bêche brevetée par le capitaine Linnemann en 1869 répond parfaitement à ce programme.
Après la guerre russo-japonaise, les comités techniques étudient des outils universels démontables conjuguant des capacités de fouissement et de coupe. Mais ils s’avèrent totalement incompatibles avec une utilisation opérationnelle qui doit combiner la facilité de la mise en œuvre et un entretien aisé.
Sur le plan de l’habillement, la capote, principal effet vestimentaire après 1815, est désormais réservée au bivouac ou aux saisons froides et supplantée pour la marche et le combat par la tunique puis la vareuse. La poudre sans fumée rend également inutile le port de tenues aux teintes distinctives, il s’agit désormais de se fondre dans l’environnement du champ de bataille.
Les teintes neutres, jusqu’alors apanage des troupes légères et coloniales sont généralisées à l’ensemble des forces. Le fantassin français se distingue en conservant une silhouette très proche de celle de 1870, et cela malgré les expérimentations concluantes menées entre 1898 et 1911.
Le maintien de la coupe et des coloris traditionnels de l’uniforme français est motivé par des considérations budgétaires, idéologiques et doctrinales. La commission du Budget se prononce contre une coûteuse réforme générale de l’habillement, qui est également perçue comme un renoncement aux traditions militaires françaises et une atteinte aux forces morales des troupes en faussant leur perception du combat.
Si l’armée française conserve la capote comme principal effet du fantassin durant tout le conflit, elle adopte néanmoins le drap bleu horizon en s’inspirant du drap tricolore étudié avant l’entrée en guerre. Cette solution d’urgence peu satisfaisante aboutit à une teinte salissante, visible et instable.
Les chaussants de la majorité des fantassins comportent deux paires de brodequins napolitains associées à une paire de jambières ou de guêtrons resserrée sur le pantalon pour préserver les jambes de l’humidité. Les coiffures disponibles lors de l’entrée en guerre s’avèrent inefficaces pour protéger la boîte crânienne des éclats et des shrapnels. Or, 77 % des blessés souffrent de lésions à la tête dont 88 % mortelles.
Les belligérants lancent alors l’étude d’un casque métallique offrant une protection balistique du crâne, de la nuque, du haut du visage et dont l’ergonomie autorise le tir debout et couché. Les casques Adrian, Brodie et Stahlhelm sont conçus suivant deux approches différentes.
Le modèle français est le fruit d’une réflexion pragmatique conduite par l’Intendance, privilégiant la légèreté, des matériaux et des technologies d’usinage éprouvés qui permettent une dotation massive dans les plus brefs délais. Les modèles allemand et britannique conçus par des ingénieurs et des chirurgiens sont réalisés d’un seul tenant par emboutissages successifs à partir d’une feuille d’alliage, une technologie innovante mais mal maîtrisée.
Les protections contre les agressifs chimiques relèvent également de deux démarches distinctes : les chimistes français privilégient l’efficacité de la solution neutralisation alors que l’Allemagne favorise la performance du support filtrant.
Au printemps 1916, les soldats français reçoivent le M2, un appareil respiratoire polyvalent offrant une protection intégrale des voies respiratoires et des yeux contre la totalité des agressifs durant quatre heures. Il s’avère très supérieur au Gummimaske allemand, dont la cartouche filtrante interchangeable constitue néanmoins une avancée technologique majeure.
Dans les grandes lignes, les équipements des armées européennes de 1940 ont peu évolué depuis 1918. L’une des rares innovations concerne le camouflage. L’armée française avait acquis une certaine avance dans ce domaine durant la Première Guerre mondiale, mais limitait son usage aux matériels, aux positions, aux axes, etc.
L’armée italienne introduit en 1929, le premier effet camouflé en dotation individuelle, la tela mimetizzata. Un carré bariolé percé d’une fente au centre et faisant fonction de tente-abri ou de vêtement de pluie. Ce système peu coûteux permet alors de réaliser un test à grande échelle sans remettre en cause les effets préexistants.
L’exemple italien est suivi par l’armée allemande qui adopte la Zeltbahn en 1931. Suivant le même principe, il s’agit d’un triangle en coton d’Égypte doté de boutonnières et d’œillets qui peut faire fonction de tente-abri, de vêtement de pluie, de flotteur et servir au transport de blessés.
Mais parmi les différents belligérants, seule l’US Army conduit une réflexion de fond pour adapter l’équipement de son fantassin aux exigences de la guerre mécanisée.
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Dans le monde de l’équipement tactique, rares sont les innovations ayant eu un impact aussi profond que le système MOLLE - pour Modular Lightweight Load-carrying Equipment. L’idée de porter son équipement de façon structurée remonte à l’Antiquité. Dans les années 1980, le Pentagone lance le projet IIFS (Individual Integrated Fighting System). Cette tentative d’évolution visait à intégrer davantage d’équipements dans une structure unifiée et adaptable, inspirée notamment des retours d’expérience des Navy SEALs et des unités d’infanterie mécanisée.Mais malgré une conception ambitieuse, l’IIFS souffrait de problèmes de fiabilité et de confort.
C’est au début des années 1990 que la véritable révolution prend forme au sein du Natick Soldier Research, Development and Engineering Center (Massachusetts). Reconnaissance légère ? Opération d’assaut ? Grâce à un harnais ergonomique et à une ceinture ventrale réglable, le MOLLE permet une meilleure répartition du poids et réduit considérablement la fatigue sur le long terme. Les premiers modèles de MOLLE souffraient de cadres rigides fragiles et d’attaches peu adaptées. Aujourd’hui, le MOLLE est devenu le standard mondial dans le domaine du portage tactique. Plus de 25 ans après son adoption, le MOLLE demeure un pilier de l’équipement tactique moderne.
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