L'histoire des armes italiennes au XXe siècle est marquée par l'innovation et l'adaptation, reflétant les défis et les nécessités militaires du pays. Parmi ces armes, le pistolet mitrailleur Beretta Modèle 18 se distingue comme un exemple significatif de l'ingénierie italienne et de son rôle dans les conflits mondiaux.
Ce pistolet, inspiré du Luger allemand, est conçu par l'ingénieur Abiel Bethel Revelli en 1906. Le 1910 sera en dotation officielle dans l'armée italienne pendant la première guerre mondiale puis sera abandonné dans l'entre-deux-guerres au profit des plus modernes Beretta.
Dans les années trente, l’Italie souhaite adopter un pistolet-mitrailleur pour son armée et on confie la tâche à Beretta et plus particulièrement à l’ingénieur Tullio Marengoni qui avait conçu de nombreux prototypes de pistolets-mitrailleurs depuis les années 20. L’incertitude qui persistait au sein des états-majors sur l’emploi tactique du pistolet-mitrailleur conduisit Tullio Marengoni à proposer un nouveau type d’arme : le mousqueton automatique ou « Moschetto automatico » en italien.
Marengoni va s’inspirer de la carabine Modèle 1918/30 développée par Beretta. Fonctionnant à culasse non calée, il tirait à culasse ouverte une nouvelle munition très proche de la 9 mm Parabellum, mais à charge renforcée : la 9 mm M.38. Cette munition vint augmenter la puissance de la 9 mm Glisenti alors employée par l’Italie dans ses armes de poings (Glisenti modèle 1910, Brixia modèle 1912 et Beretta modèle 1915) ainsi que de la Villar Perosa et ses dérivés.
L’emploi de la 9 mm M.38 est d’ailleurs à proscrire dans ces pistolets, encore partiellement en service dans l’armée italienne pendant la seconde guerre mondiale. Afin d’éviter toute confusion, l’étui de cartouches M.38 est identifié par une cannelure imprimée à sa partie médiane. L’armée italienne l’adopta en 1938 sous l’appellation de « Moschetto Automatico Beretta Modelo 38 » (en abrégé MAB Mod.38).
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L’arme est équipée d’une culasse dont le ressort récupérateur de faible diamètre est logé dans un tube télescopique, selon le principe mis en vigueur quelques années plus tôt par l’Allemand Heinrich Vollmer. Le ressort ainsi captif, cette disposition permettait un démontage très facile, dans lequel culasse et ressort récupérateur sont retirés de l’arme en un seul mouvement.
Cette disposition évite également l’action de corps étrangers sur le ressort et prévenait les torsions de ce dernier, fréquentes avec les ressorts de faible diamètre non maintenu par une tige-guide (comme sur les MP 18/1 et les PM français STA). La culasse est munie d’un percuteur mobile actionné par un levier positionné sur la face inférieure de la culasse. Ce levier fait saillir le percuteur lorsque la culasse, en fin de mouvement avant, heurte le support de l’éjecteur.
L’introduction du chargeur se fait droite dans l’arme. À l’origine, trois types de chargeurs étaient disponibles : 10, 20 et 40 coups. Les cartouches y sont stockées sur deux colonnes imbriquées et se présentent alternativement sur la lèvre droite puis sur la lèvre gauche. Ce principe de fonctionnement les rend faciles à garnir à la main (au contraire des chargeurs de type « Schmeisser », dont les cartouches se représentent en position centrale).
Il existait toutefois un petit guide destiné à permettre de les garnir avec des lames-chargeurs de 10 cartouches. À une époque indéterminée furent également mis en service des chargeurs de 30 cartouches qui étaient extérieurement identiques à ceux de 40, mais dont la plaque de fond comportait une cale limitant l’enfoncement de la planchette élévatrice et la capacité à 30 cartouches.
Il existe également des chargeurs de 30 cartouches d’une taille intermédiaire entre les chargeurs de 20 et de 40 coups, mais il semble qu’il s’agisse de fabrications postérieures à la Seconde Guerre mondiale.
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Le chargeur du PM Beretta modèle 38 se révélera tellement réussi, qu’il sera adopté sur l’ensemble des PM italiens : de la seconde guerre mondiale (TZ-45, FNAB-43), mais aussi sur des armes d’après-guerre comme le Franchi LF-57 et le Beretta modèle 12 S en service dans de nombreuses forces de police.
En 1938, l’armée italienne adopte le nouveau pistolet-mitrailleur mais elle va rapidement souhaiter simplifier sa production. Ainsi vont naître les modèles 38/42, 38/43 puis 38/44 qui sont des versions simplifiées du pistolet-mitrailleur modèle 1938A.
Peu à peu, le superbe noyer utilisé pour réaliser les crosses cessa de recevoir le poli d’antan pour prendre un aspect mat et mal fini puis il laissa la place à des bois plus simples d’aspect plus clair, exigeant moins de temps de séchage. le manchon de protection du canon, initialement usiné dans la masse fut remplacé par des manchons réalisés à partir de tubes étirés puis à partir d’ébauches rectangulaires enroulées et soudées sur sa partie inférieure, au lieu d’être usiné dans la masse, le boîtier fut réalisé par enroulement et soudure d’une ébauche rectangulaire, le poussoir de blocage du tir automatique, totalement inutile sur une arme de guerre fut supprimé, le levier d’armement fut lui aussi simplifié et son volet usiné coulissant dans un rail, fut remplacé par une simple pièce de tôle emboutie couvrant la rainure d’armement, le dispositif pour la fixation d’une baïonnette repliable fut supprimé.
La satisfaction de cette demande est confiée une fois de plus à Tullio Marengoni, qui créa le « Modèle 1» : une arme qui conservait le mécanisme de base du MAB 38 mais était dotée d’une crosse repliable inspirée de celle de la MP 38 allemande, d’une poignée-pistolet en aluminium et dont le fût s’arrêtait à hauteur du logement de chargeur. Ce dernier était profilé en forme de poignée.
Le canon du Modèle 1 était dépourvu de manchon de protection, en revanche il était épais, afin de retarder son échauffement et rainuré de cannelures longitudinales destinées à augmenter sa surface de contact avec le milieu ambiant afin d’améliorer son refroidissement. Deux fentes usinées à hauteur de la bouche, perpendiculairement à l’axe du canon faisaient office de compensateur. L’arme était dotée d’une culasse à percuteur fixe, légèrement plus courte que celle du modèle 38. Cette version est parfois désignée par certains auteurs sous l’appellation de « Modèle 38/43 ».
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À cette époque, l’effort de guerre allemand commence à s’enliser en Russie : 1942 est l’année de Stalingrad et la campagne d’Afrique commence à prendre des airs de défaite. Fin 1942, le ministre de l’armement, Albert Speer, incorpore purement et simplement l’industrie d’armement italienne aux sources d’approvisionnement normal de l‘armée allemande.
Le troisième Reich ayant décidé fin 1943 d’abandonner la fabrication des MP 40 au profit de celle des MP 43 et 44, décide que les besoins en pistolets-mitrailleurs des troupes du Reich seront désormais satisfaits par des PM Beretta, qui prennent dans la nomenclature allemande l’appellation de « MP 739 (i) ».
En 1942, Tullio Marengoni, propose à l’armée italienne une arme plus compacte qui reprend le mécanisme du Modèle 1 avec une monture en bois à crosse fixe.
| Modèle | Caractéristiques Principales |
|---|---|
| MAB Mod.38 | Culasse non calée, munition 9 mm M.38, Levier d'armement avec volet cache-poussière |
| Modèle 38/42, 38/43, 38/44 | Versions simplifiées du MAB Mod.38 |
| Modèle 1 (Modèle 38/43) | Crosse repliable, poignée-pistolet en aluminium, canon sans manchon de protection |
Cependant, il sera tout de même utilisé durant le second conflit mondial car, à l'instar de tous les pays, l'Italie aura des difficultés d'approvisionnement en armes modernes à son entrée en guerre.
Mise à l'étude dès 1933, la mitrailleuse lourde Breda 37 de 8 mm ne fut adoptée qu'en 1937 pour remplacer progressivement la Fiat mod.14/35. Distribuée aux bataillons d'infanterie ou aux unités de mitrailleurs divisionnaires ou de corps d'armée, la Breda 37 combattit sur tous les fronts lors de la seconde guerre mondiale.
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