Cet ouvrage nous offre un aperçu détaillé de l’arsenal des Confédérés pendant la guerre de Sécession. La guerre de Sécession se déroule à un moment où l’évolution technique des armes à feu, longtemps demeurée lente, s’est considérablement accélérée.
La production d’armes dans les États confédérés pendant la guerre de Sécession était un défi majeur. Le blocus naval imposé par l’Union avait considérablement limité l’accès aux matières premières et aux équipements nécessaires à la fabrication d’armes à feu. Malgré les difficultés, ils réussirent à produire des fusils, mais aussi des revolvers, souvent en petites séries et de manière artisanale. Ces armes étaient généralement des copies de modèles américains, adaptés aux moyens locaux. La production d’armes par les États confédérés a été marquée par l’improvisation et les difficultés liées au blocus.
Les revolvers produits dans le Sud étaient principalement utilisés par les officiers, les éclaireurs et les cavaliers. Un des revolvers les plus célèbres utilisés par les Confédérés était le revolver Le Mat. Ce revolver original, conçu par Jean Alexandre François Le Mat, avait la particularité de posséder un canon secondaire pour tirer des billes de plomb comme un fusil de chasse. Nombre des revolvers Army restés en stock à la fin de la guerre ou fabriqués à partir de pièces détachées après celle-ci échoueront sur le marché civil, conquête de l’Ouest oblige.
C’est un assez sérieux problème commercial qui va décider du sort de Remington en matière de revolvers et, indirectement faire naitre la lignée des revolvers Army. Car, dans les années 1850, c’est Samuel Colt qui domine de haute main les marchés civils et militaires du revolver aux USA et est déjà très exporté. Funeste coïncidence ou conjonction des étoiles, selon le point de vue, en cette fin des années 1850 un conflit intérieur opposant le Nord et le Sud des USA menace. La guerre civile qui pointe est une opportunité pour les fabricants d’armes. Eliphalet II, encore vivant, charge son meilleur ingénieur, Beals, de concevoir un nouveau revolver de gros calibre susceptible de répondre aux besoins de l’Armée.
Samuel Remington, très introduit dans les sphères de l’état-major plus que très sensibilisées aux charmes des colts par le généreux Samuel Colt, comprend que l’arme nouvelle devra être résolument innovante, irréprochable en fabrication et d’une robustesse propre à résister aux opérations militaires qui viennent. Tout le monde se met au boulot et on démarre sur la base du Remington Beals troisième modèle, un modèle antérieur et ingénieux développé quand les brevets Colt régnaient encore en maître. Les Remigton père et fils et leur équipe vont en faire ce qui sera considéré, et l’est encore aujourd’hui, comme une merveille de revolver. Il s’appelle le revolver Remington Beals Army Model. Il est breveté par Beals le 14 septembre 1858 et c’est celui que tout le monde appelle le « 1858 ». Il sera produit de 1858 à 1862.
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Les innovations imaginées par Beals seront reprises par la concurrence, y compris Colt. Partout ils seront jugés largement supérieurs aux modèles de la concurrence. L’évolution de notre revolver Army est rapide et essentiellement liée à la Guerre de Sécession. L’arme connait un destin essentiellement militaire avant de rentrer dans la légende, se complétant de version civiles et pocket après cela et qui feront aussi la conquête de l’Ouest.
Sur les 149.000 modèles Army (et leurs frères Navy) des variantes 1858, 1861 et 1863 fabriqués sur la période, 117.000 revolvers rejoindront les armées. Les revolvers Navy & Army seront considérés par les militaires comme les meilleurs de tous ceux à leur disposition ce qui explique que la quasi totalité de leur production sera absorbé par les militaires.
L’armée américaine a acheté durant la guerre de Sécession environ 466.000 revolvers à une quinzaine (!) de fabricants confondus. Parmi ceux-là, 208.000 armes diverses, 130.000 Colts et 128.000 Remington 1858 à 1863. Au pic de sa production de guerre, Remigton est parvenu à produire jusque 1000 revolvers par semaine. Une industrie était née des temps de fer.
De 1858 à la fin de la guerre de Sécession c’est bel et bien l’armée qui provoquera, à force de demande d’améliorations, l’apparition des trois variantes du 1858 (58/61/63). Mais en ce qui concerne le 1861 c’est Remington lui-même, voulant consolider son avantage compétitif sur ses concurrents, qui a pris l’initiative d’une modification substantielle. Beals et Remington imaginèrent alors de fraiser une gorge dans la partie supérieure du refouloir pour que l’axe du barillet puisse être dégagé par l’avant au lieu de devoir manipuler le dit levier de refouloir vers le bas pour dégager l’axe de barillet comme sur le 1858.
Au Nord les trois plus utilisés furent le Colt 1860, le Remington army et le Starr simple action. Au Sud le plus répandu a été le Colt navy et ses copies sudistes. Dans cette guerre improvisée on a fait feu de tout bois, y compris d'armes civiles et désuettes.
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| Fabricant | Nombre de Revolvers |
|---|---|
| Divers | 208,000 |
| Colt | 130,000 |
| Remington | 128,000 |
| Total | 466,000 |
Toute guerre a besoin d’armes pour être livrée. La guerre de Sécession n’en manqua pas : en autorisant tout un chacun à posséder une arme à feu, le deuxième amendement à la constitution des États-Unis assurait l’existence d’un vaste marché que de nombreux fabricants d’armes, de taille variable, se partageaient. Malgré cela, et en dépit des immenses stocks accumulés dans les arsenaux fédéraux et ceux des États, il fallut en importer massivement d’Europe. Si l’Union n’eut aucune peine à le faire grâce à sa supériorité navale, la Confédération dut quant à elle recourir à des forceurs de blocus.
Alors qu’au début du XIXème siècle, le fusil standard de toutes les armées du monde est un mousquet à silex, à canon lisse et tirant des balles sphériques, il en va tout autrement en 1861. Juste avant la guerre, le fusil réglementaire de l’infanterie fédérale est le Springfield modèle 1855. L’antique platine à silex, qui mettait le feu à la poudre grâce à l’étincelle produite par le frottement d’une pierre, à été remplacée par une platine à percussion.
Le Springfield modèle 1855 se caractérise par un canon rayé : l’intérieur de l’arme est creusé de fines rayures suivant un trajet hélicoïdal. Cette caractéristique va de pair avec l’emploi d’une nouvelle munition, la balle Minié, du nom du Français qui en a, le premier, déposé le brevet. Cette balle n’est plus sphérique comme l’étaient ses devancières, mais cylindro-conique.
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