L'histoire des pistolets de la police suisse est riche et diversifiée, marquée par l'innovation et l'adaptation aux besoins changeants des forces de l'ordre. Cet article explore l'évolution de ces armes, des premiers modèles Parabellum aux pistolets modernes comme le SIG-Sauer SP 2022.
À la fin du XIXe siècle, les inventeurs ont cherché à remédier aux nombreux inconvénients des revolvers et ont été amenés à abandonner le système du barillet pour rechercher la solution du problème dans un pistolet à répétition. Ces inventeurs eurent l'idée de rendre automatique le fonctionnement de l'arme en empruntant au recul la force motrice nécessaire : le pistolet automatique était né.
En 1896, une commission fut nommée en Suisse pour étudier les pistolets automatiques alors connus. Elle procéda à des essais de tir avec quatre systèmes différents de pistolets : Mauser, Borchardt, Bergmann et Männlicher. Le 4 mai 1900, le Conseil fédéral décida d'accepter le Parabellum comme arme de poing de l'armée suisse. Une première commande de 5 000 pièces fut exécutée par la "Deutsche Waffen und Munitionsfabrik" à Berlin. La Suisse fut ainsi le premier pays qui choisit le Parabellum comme arme d'ordonnance.
Les variantes du modèle 1900 à 1929 présentent plusieurs marquages distinctifs :
Les boutons de la genouillère sont chanfreinés, et celui de droite est doté d'un cliquet de blocage qui s'engage dans un cran fraisé dans la carcasse pour assurer le retour en position fermée de la culasse. Ce dispositif a été jugé superflu et abandonné sur les modèles ultérieurs.
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Le magasin a un bouton guide qui a nécessité un fraisage dans la poignée. Par la suite, le bouton-guide est plat et ne nécessite pas de fraisage. Le ressort récupérateur logé dans la poignée est un ressort à lame, tandis que les modèles ultérieurs ont un ressort à boudin.
Bien que le modèle 1900 ait été soumis à des essais sérieux avant son adoption, il a subi des modifications en cours de production.
Ces modifications sont les suivantes :
Il faut faire une distinction entre la fonction du levier de sûreté sur le dos de la poignée et celle du levier d'arrêt sous le coursier de gauche. Le levier de sûreté bloque l'appareil de percussion, tandis que le levier d'arrêt ne bloque que le levier de sûreté quand celui-ci est assuré. Le levier de sûreté est maintenu en arrière par le ressort situé près de son pivot. La languette appuie contre la partie postérieure de la gâchette et empêche l'appareil de percussion de fonctionner, comme la partie mobile de reculer. Quand on met le levier d'arrêt sur "S", sa griffe se place devant le contrefort triangulaire du levier de sûreté, bloque ce dernier et empêche qu'il puisse être désassuré.
Malgré des essais très approfondis, le pistolet subit au cours des ans des modifications de détails.
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À la fin des années 1930, les suisses anticipaient déjà l’obsolescence du Luger P06 : le mécanisme était assez complexe, cher à fabriquer et la cartouche 7.65 était peu puissante. Ils commencèrent donc à aller voir ce qui se fait chez les voisins, et finirent par s’intéresser au pistolet français modèle 1935A. Le concepteur Charles Petter, ingénieur franco-suisse, revendit le brevet de son pistolet automatique à la firme SIG en 1937, qui le perfectionna.
Le SIG P210 était prêt à la production dès 1944, mais cela a été retardé avec la guerre. Finalement, les premiers pistolets sortirent d’usine en 1947. Les 500 premiers modèles furent distribués aux douanes suisses, et sont de nos jours particulièrement rares et prisés des collectionneurs. Il s’agit d’un pistolet qui tire en simple action uniquement, avec un mécanisme semblable au Colt 1911. Son chargeur en simple colonne très fiable contient 8 cartouches de 9mm Parabellum.
Ce qui rend le SIG P210 exceptionnel, c’est sa qualité de fabrication. En effet, le contrôle qualité à la sortie de l’usine est très supérieur à ce qu’on pourrait exiger d’une arme de service. Le design est également optimisé au maximum pour la précision. Contrairement à la plupart les pistolets automatiques, la glissière coulisse à l’intérieur du rail de la carcasse. Ainsi, le jeu entre les parties fixes et mobiles est pratiquement inexistant. Cet assemblage très serré mais aussi très fluide, apporte au P210 une grande régularité lors du tir et contribue fortement à la précision. Le bloc-platine est amovible (à la manière d’un Tokarev), ce qui facilite davantage l’entretien.
Pour conclure, le SIG P210 est comparable à une montre suisse. Il respire la qualité, coûte un bras (entre 2000€ et 3000€ selon l’état de l’arme) et offre une précision hors pair. Le P210 est encore fabriqué de nos jours par SIG-Sauer car très apprécié des tireur sportifs.
Le SIG-Sauer SP 2022 est un pistolet semi-automatique issu de la célèbre série SIG-Sauer Pro, conçu en Suisse par SIG et produit en Allemagne. Le SP 2022 est classé en catégorie B-1 en France et a été sélectionné suite à un appel d'offres en 2002. Depuis lors, il équipe la police nationale, la gendarmerie, les douanes et l'administration pénitentiaire françaises en calibre 9 mm Parabellum. Les munitions de service ont également évolué au fil du temps pour répondre aux besoins spécifiques des forces de l'ordre françaises.
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Le SIG-Sauer SP 2022, avec son design robuste et ses fonctionnalités avancées, continue de jouer un rôle crucial dans le maintien de l'ordre et la sécurité publique en France et dans le monde. Le SIG Sauer SP 2022, avec sa fiabilité légendaire, équipe de nombreuses forces de l'ordre françaises.
La gendarmerie, comme force de l'ordre, a également connu une évolution significative de son armement au fil des ans. De l'héritage des années 1880, avec les revolvers 1873 et 1874, à l'adoption du pistolet-revolver 1892, l'institution s'est adaptée aux défis de son époque. Après la Première Guerre mondiale, la gendarmerie a même expérimenté le Mauser Bolo 1912, une arme allemande, suite à l'invasion de la Ruhr.
Pendant l'entre-deux-guerres, le pistolet Ruby et les modèles Astra et Izarra ont été utilisés. Le Berthier 1892 a été remplacé par le modèle 1916 en 1921. La Seconde Guerre mondiale a entraîné des restrictions d'armement, mais aussi des opportunités de camouflage d'armes et de participation aux combats de la Libération.
Après la guerre, la gendarmerie a utilisé une variété d'armes alliées et ennemies, dont le Thompson, le Sten, le MP 38 et le MP 40. Le P 08 et le Walther P 38, d'origine allemande, ont été en service de 1945 au début des années 1970.
| Modèle | Calibre | Années de Production | Caractéristiques Principales |
|---|---|---|---|
| Parabellum Modèle 1900 | 7,65 Parabellum | 1900-1906 | Première adoption du Parabellum par l'armée suisse, modifications mineures en cours de production. |
| Modèle 1906 | 7,65 Parabellum | 1906-1919 | Genouillères pleines et moletées, extracteur renforcé. |
| Modèle 1906/29 | 7,65 Parabellum | 1933-1946 | Poignée droite, pédale de sécurité plus longue, genouillères lisses, tonnerre arrondi. |
| SIG P210 | 9mm Parabellum | 1947-Présent | Qualité de fabrication exceptionnelle, glissière coulissant à l'intérieur du rail de la carcasse. |
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