Le pistolet Star espagnol est une arme emblématique avec une histoire riche et variée. Cet article explore les origines de la marque Star, ses modèles les plus connus et son impact sur l'armurerie mondiale.
L'histoire du pistolet Star commence avec la société Star Bonifacio Echeverria, fondée en 1905. L'entreprise basée à Eibar, au Pays Basque, une région réputée pour son savoir-faire armurier. La société s'est d'abord concentrée sur la fabrication de copies de revolvers Smith & Wesson, très populaires à l'époque. Cependant, elle a rapidement cherché à innover et à développer ses propres modèles de pistolets automatiques.
José-Cruz Echeverria et son fils Bonifacio Echeverria ont joué un rôle clé dans le développement des premiers pistolets Star. Julian Echeverria, frère de Bonifacio, a contribué au développement du pistolet Campo-Giro 1913, adopté par l'armée espagnole.
À l’origine, fut créée en 1903 par Théodore Bergmann, en collaboration avec Louis Schmeisser, la « 9mm Bergmann-Bayard » pour le pistolet Bergmann n°6. Destinée à améliorer le pistolet n°5, elle permet l’adoption du modèle n°6 par l’armée espagnole, puis du n°8. Très satisfaite du rendement de cette cartouche dans le Bergmann-Bayard 1910-21, l’Espagne va l’adopter comme cartouche réglementaire sous le nom de 9mm « Largo Ordinario mod.
Ainsi, tout comme pour la firme Bergmann, la vocation initiale de sous-traitance de pièces détachées mécaniques peut se trouver rapidement complétée par la production d’éléments destinés au montage des pistolets réalisés par les nombreux artisans locaux. Cependant, une opportunité d’investir le marché militaire apparaît lorsque l’armée espagnole, mécontente des délais de livraison des 3000 exemplaires du Bergmann (Mars) 1905 (devenu 1908, livré 3 ans après la commande initiale), manifeste son intention de privilégier une production nationale.
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L'un des premiers modèles de pistolet Star à connaître le succès est le Star 1914. Inspiré du Mannlicher 1901, le Star 1914 est un pistolet à culasse non calée chambré en 7.65 court (32 ACP), une munition équivalente au 8mm92 réglementaire. Il a été décliné en deux variantes : un modèle de troupe avec un canon plus long et une plus grande capacité de chargeur, et un modèle d'officier avec un canon plus court et une capacité de chargeur réduite.
En 1914, confrontée à une impasse dans son conflit avec l’Allemagne, la France s’est tournée vers l’Espagne, un pays neutre avec une tradition et une industrie armurière très développées, pour constituer ses stocks d’armes de poing. En plus des pistolets de type Ruby et des revolvers espagnols, la France a décidé d’acquérir auprès de la société Star Bonifacio Echeverria le modèle Star 1908, décliné en deux variantes : le modèle de troupe et le modèle d’officier. Officiellement adopté par l’armée française, le pistolet est devenu le modèle 1914. Le Star 1914 se distinguait par sa simplicité, sa robustesse, sa précision et sa facilité d'entretien. Il était également apprécié pour son ergonomie et son бронзаж noir élégant. La qualité du départ est excellente, rien ne gratte, tout s’actionne de façon nette et franche sans pour autant que le poids de départ ne devienne dangereux. Le cran de mire est fin et parfaitement lisible dans une hausse en « V » située sur l’arrière de culasse. Leur acquisition est aisée et ne requière aucune difficulté. Le contrôle offert à la fois par le chien extérieur et sa sûreté à drapeau monté sur la culasse font que sa manipulation est très agréable et sans faille. Il est même par cet aspect plus sûr qu’un Colt de série pré-80 car cette sécurité offre une assurance maximale en cas de chute. Aucun risque que le choc fasse partir le coup. Un entraînement au stand en tir à sec est également envisageable grâce à cette fonctionnalité.
Malgré ses qualités, le Star 1914 n'a été produit qu'en quantités limitées en raison de difficultés d'approvisionnement en matières premières et de la concurrence avec d'autres fabricants d'armes espagnols. La fin de la Première Guerre mondiale a également contrarié les améliorations des lignes de production. Au total, seulement 24 700 modèles 1914 ont été livrés à la France.
La Première Guerre mondiale a créé une demande sans précédent d'armes à feu, en particulier d'armes de poing. La guerre de mouvement initiale s'est rapidement transformée en une guerre de tranchées statique, donnant naissance à des unités spécialisées comme les "nettoyeurs de tranchées", dont les armes de prédilection étaient les pistolets et les poignards. Cette situation a conduit à un besoin accru d'armes de poing, que les productions réglementaires n'arrivaient pas à satisfaire.
En 1914, la France, confrontée à une impasse dans son conflit avec l’Allemagne, s’est trouvée dans le besoin urgent de constituer ses stocks d’armes de poing. La guerre de mouvement initiale, qui devait être rapide, se transforme en guerre de position. Les soldats s'enterrent dans les tranchées, et des unités spéciales, les "nettoyeurs de tranchées", apparaissent, utilisant ponctuellement le pistolet et le poignard comme leurs armes de prédilection. Les autorités militaires françaises prévoient donc l'équipement en armes de poing. La perte et la destruction augmentent encore ce besoin, mais l'approvisionnement réglementaire ne suffit pas face à l'ampleur de la guerre.
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Face à cette pénurie, la France s'est tournée vers l'Espagne, un pays neutre doté d'une industrie armurière bien développée. En plus des pistolets de type Ruby et des revolvers espagnols, la France a décidé d’acquérir auprès de la société Star Bonifacio Echeverria le modèle Star 1908, décliné en deux variantes : le modèle de troupe et le modèle d’officier.
Officiellement adopté par l’armée française, le pistolet Star 1908 est devenu le modèle 1914. Il s’agit d’un pistolet à culasse non calée, s’inspirant du système Mannlicher 1901, avec un calibre de 7.65 court (32 ACP), une munition équivalente au 8mm92 réglementaire. Le modèle de troupe dispose d’un canon plus long et d’une plus grande capacité dans le chargeur, tandis que le modèle d’officier a un canon plus court et une capacité réduite dans le chargeur. Facile à produire en grand nombre et bien fini, ces pistolets ont équipé les officiers, les sous-officiers français, les utilisateurs de mitrailleuses et les nettoyeurs de tranchées.
Les pistolets Star 1914 étaient des armes de poing semi-automatiques à simple action, alimentées par un chargeur amovible. Ils utilisaient un mécanisme de culasse non calée, où la culasse est maintenue fermée uniquement par le poids de la culasse et la force du ressort de rappel. Après chaque tir, la culasse recule, éjecte la cartouche usagée, réarme le chien et chambrée une nouvelle cartouche depuis le chargeur.
Les pistolets Star 1914 étaient chambrés en 7,65 mm Browning (.32 ACP), une cartouche courante pour les pistolets de poche et les armes d'autodéfense à l'époque. Ils étaient réputés pour leur fiabilité, leur précision et leur facilité d'utilisation.
La France a acquis deux variantes du Star 1908, désignées comme modèle de troupe et modèle d'officier. Les différences entre ces deux modèles étaient subtiles mais significatives :
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Il est important de noter que le pistolet Star 1914 n'était pas le seul pistolet espagnol acquis par la France pendant la Première Guerre mondiale. Le pistolet Ruby, un autre pistolet semi-automatique chambré en 7,65 mm Browning, était également largement utilisé par les forces françaises.
La production du Ruby était plus complexe, impliquant souvent plusieurs sous-traitants. Un exemple notable est Gabilondo Y Urresti, qui a été sollicité pour produire 30 000 armes par an. Incapable d'atteindre ce volume seul, Gabilondo a fait appel à d'autres entreprises, ce qui a conduit à des variations dans les pistolets de type Ruby. Malgré ces variations, les pistolets Ruby étaient généralement reconnaissables à leurs plaquettes de poignée en bois quadrillé, leur absence d'arrêtoir de culasse et leur anneau de dragonne.
Bien que les pistolets Star 1914 et Ruby aient tous deux servi l'armée française pendant la Première Guerre mondiale, il s'agissait d'armes distinctes avec leurs propres conceptions et caractéristiques.
Le pistolet Star a acquis une dimension symbolique particulière en Espagne, notamment pendant la Guerre Civile (1936-1939). Il était surnommé "la sindicalista" en raison de sa popularité auprès des commandos ouvriers et des syndicalistes.
Dans les années précédant la guerre civile, l'Espagne a connu une période de troubles sociaux et politiques, marquée par des affrontements entre syndicats rivaux et des conflits avec le patronat. La Guerre Civile Espagnole a vu l'utilisation généralisée du pistolet Star par les deux camps. Après la guerre, le modèle 1914 a été amélioré avec des variantes en 1919.
Ils avaient l’habitude de trouer le fond de la poche droite de leurs larges pantalons afin d’y suspendre au niveau du genou, au moyen d’une ficelle, l’instrument de leur révolte. Au-delà de son utilisation militaire, le pistolet Star a acquis une dimension symbolique, notamment en Espagne. Surnommé "la sindicalista", il était populaire parmi les commandos ouvriers pendant la guerre civile espagnole. Cette association avec le mouvement ouvrier a contribué à forger son image et sa place dans l'histoire.
Bien que le Star ait été populaire, il a dû faire face à la concurrence d'autres fabricants d'armes espagnols, notamment Astra. En 1914, afin de désigner ses propres modèles, la manufacture dépose la marque commerciale « Astra ». L’armistice nécessite alors la conception d’un nouveau produit, ce sera un successeur au Campo-Giro légèrement vieillissant (qui demandait 3 mains pour le démontage…) et menacé par l’apparition de l’excellent « Star », copie du colt 1911 en 9 para du concurrent Bonifacio Echevarria.
L'Astra 400, adopté comme modèle officiel de l'armée espagnole en août 1921 en tant que Pistola de 9mm Modelo 1921, à l’issue d’une série de tests d’endurance probants avec notamment le tir d’un millier de cartouches sur et sous-chargées, était un concurrent sérieux. Les caractéristiques de l’Astra 400 sont notamment la simplification considérable du mécanisme par rapport au Campo-Giro : pas de système de retour à l’ouverture de la culasse, « l’inertie de la lourde glissière et la force du ressort récupérateur logé autour du canon, suffisant pourtant à assurer un parfait fonctionnement de l’arme » (Luc Guillou).
Il est pertinent de mentionner l'Astra 400 dans le contexte des pistolets espagnols de cette époque. Après l'armistice, la manufacture Astra a cherché à concevoir un successeur au Campo-Giro, qui était complexe à démonter. L'Astra 400 a été retenu comme modèle officiel de l'armée espagnole en août 1921 en tant que Pistola de 9mm Modelo 1921, après des tests d'endurance réussis. L'Astra 400 se distinguait par sa simplification du mécanisme par rapport au Campo-Giro, utilisant l'inertie de la glissière et la force du ressort récupérateur pour assurer son fonctionnement.
Au fil des ans, Star Bonifacio Echeverria a produit une grande variété de modèles de pistolets, allant des pistolets de poche aux pistolets de calibre plus important.
Bien que la production de pistolets Star ait cessé dans les années 1990, ces armes restent populaires auprès des collectionneurs et des passionnés d'armes à feu. Leur histoire riche et leur design unique en font des pièces de collection prisées.
La difficulté à trouver des pistolets Star de nos jours s’explique aussi par des considérations strictement espagnoles. D’abord une production compliquée. L’approvisionnement en matières premières de qualité et la farouche concurrence tarifaire et de personnel que se lancent entre eux les producteurs d’Eibar compliquent la première livraison des armes d’Echeverria qui n’arrivent qu’à l’hiver 1915 alors que, depuis cinq mois, les Ruby et leurs clones envahissent déjà les étuis de nos troupes. La fin de la guerre viendra contrarier les améliorations de lignes de production enfin mises en place.
Le pistolet Star 1914 a servi l'armée française avec distinction pendant la Première Guerre mondiale. Sa fiabilité, sa précision et sa facilité d'utilisation en ont fait une arme populaire auprès des officiers, des sous-officiers et des autres militaires. Le pistolet a également été utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale pour pallier le manque d’armes de poing.
Aujourd'hui, le pistolet Star 1914 est un objet de collection recherché par les passionnés d'armes à feu et les historiens.
L'histoire d'un pistolet Star offert à un président espagnol en 1932 illustre lesComplexités liées à la possession d'armes de collection. Trois collectionneurs passionnés ont été interpellés et condamnés pour détention illégale d'arme après avoir tenté de retracer l'histoire d'un pistolet Star modèle D de calibre 9 mm offert à Niceto Alcalá-Zamora.
Ce n’était pas une arme banale, mais une pièce historique, un Star modèle D de calibre 9 mm, offert en 1932 à un haut dignitaire espagnol. Pourtant, cet objet de collection, admiré pour ses gravures et son passé, a conduit ces amateurs d’histoire face à la justice. Comment une passion peut-elle mener à une telle mésaventure ? Pour ces trois collectionneurs, l’amour des objets anciens est plus qu’un passe-temps : c’est une quête de mémoire.
Ce pistolet, symbole d’une époque révolue, restera dans leurs mémoires comme un trésor maudit. Il incarne à la fois la beauté de l’histoire et les pièges du présent.
L’histoire de ce pistolet espagnol est un rappel poignant : même les objets les plus précieux peuvent avoir un prix inattendu. Les quatre hommes mis en cause sont âgés de 33 à 83 ans, et demeurent à Chessy, Chanteloup-en-Brie, Jablines et Torcy.
Selon le tribunal judiciaire de Meaux, contacté par La Marne, leurs profils s’apparenteraient à ceux de collectionneurs d’armes et d’habitués des stands de tir sportif. Parmi eux, un seul a des antécédents judiciaires, sans lien avec la législation sur les armes.
Il s'agit d'un pistolet doré, orné de dessins et d’écritures. Il s'agit d'une arme de grande valeur, offerte au premier président de la deuxième République espagnole, Niceto Alcalá-Zamora, en 1932.
Ce pistolet Star modèle D calibre 9 mm, fabriqué à Eibar, a été offert en 1932 au premier président de la IIe République d’Espagne, Niceto Alcalá-Zamora, en visite dans la ville basque. Niceto Alcalá-ZamoraUne pièce de collection offerte en 1932 au premier président de la IIe République d’Espagne (1931-1936), Niceto Acala Zamora, qui, à la suite du déclenchement de la guerre civile espagnole en 1936, s’est exilé et a résidé en France jusqu’en 1941.
Cet ancien avocat s’était ensuite réfugié en Argentine, où il est décédé en 1949. Suites de l'enquêteLes quatre suspects interpellés ont été placés en garde à vue avant d’être convoqués devant la justice en avril prochain.
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