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Le Vanneau huppé (Vannellus vanellus) est une espèce d'oiseaux limicoles, souvent observée en groupes, commune en Europe et dans toute l'écozone paléarctique.

Description

Le vanneau huppé mesure 28 à 31 cm pour une envergure de 82 à 87 cm. Il pèse entre 128 et 330 g. Il présente une longue huppe noire effilée caractéristique, des parties supérieures à reflets verts et des sous-caudales orange. Son ventre blanc fait ressortir la couleur rose de ses pattes, très fines et courtes. Ses ailes larges et arrondies sont sombres dessus et blanches dessous.

Le mâle adulte a les joues blanches barrées de noir au niveau de l'œil, lui aussi noir. Il possède une longue huppe noire recourbée et l'arrière de la tête est marron. La face et le plastron sont noirs contrastant avec le ventre blanc. La nuque, le manteau et le dessus des ailes sont vert foncé, avec des reflets bronze et violacés. Le bec est noir et les pattes rougeâtres. Les sous-caudales sont rousses et la queue blanche terminée d’une barre noire. Les ailes sont arrondies et les extrémités des trois dernières rémiges primaires sont blanches.

La femelle adulte est comme le mâle adulte, avec toutefois une huppe moins longue et le noir de la face et du plastron terne avec quelques traces blanches. L’extrémité blanche des plus grandes rémiges est plus étendue. En plumage internuptial, les deux sexes ont le plumage de la face terne et la gorge blanche. Les couvertures alaires ont un motif écailleux ressemblant à celui des jeunes. En vol, les ailes présentent tantôt le dessous blanc, tantôt le dessus sombre, donnant un aspect « clignotant » typique. La femelle peut se distinguer du mâle non seulement par l’étendue des tâches blanches à l’extrémité des ailes, mais aussi par la forme plus « pointue » de cette extrémité. Chez les jeunes, les sexes sont indiscernables dans la nature. Les jeunes se distinguent facilement des adultes en plumage nuptial par la présence de liserés clairs sur les couvertures alaires, une huppe très courte, la gorge blanche et le plastron noirâtre avec des liserés clairs.

Les adultes font une mue prénuptiale partielle de février à fin avril, puis une mue postnuptiale complète entre juin et septembre ou octobre. Les jeunes font une mue partielle de l’été à décembre.

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Leur battement rapide produit un son très particulier, qui rappelle le bruit que fait le van (sorte de grand tamis) dans les mains du vanneur, d'où son nom de vanneau.

Répartition et habitat

Il est largement répandu dans le centre de l'Asie et en Europe où il s'étend de la péninsule Ibérique au nord de la Scandinavie. Surtout migrateur, il hiverne au sud de son aire de reproduction, jusqu'en Afrique du Nord. En France, on l'observe en hiver, en colonies très nombreuses, dans les régions maritimes.

Il est typique des terrains découverts: marais d'eau douce ou salée (vasières), prairies et champs cultivés.

Migration

S'il niche en colonies éparses dans les champs ou les landes de l'Europe entière, le vanneau huppé adopte un comportement plus grégaire le reste de l'année. En hiver, on l'observe souvent en grand nombre, s'abritant au creux des sillons tracés par les machines agricoles. Sensibles au froid, les vanneaux huppés d'Europe continentale et nordique se réunissent en troupes compactes dès la fin du mois de juillet afin de rejoindre des régions au climat plus doux. Ils migrent vers le sud et l'ouest de l'Europe.

Les vanneaux qui hivernent en Normandie sont surtout originaires des Pays-Bas, de Belgique et de Grande-Bretagne. La migration prénuptiale commence à se faire sentir dès la fin du mois de janvier en l’absence de coup de froid, et culmine en février pour s’estomper début avril. Des regroupements post-nuptiaux s’observent dès la fin de mai et des mouvements commencent alors à être visibles, mais c’est à partir de début octobre que la migration se manifeste avec le plus d’ampleur, avec l’arrivée des oiseaux nordiques et orientaux.

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Régime alimentaire

L'alimentation quotidienne du vanneau huppé varie peu selon la région. Elle se compose d'insectes, d'araignées et de vers de terre. Il tapote souvent le sol pour faire réagir ses proies avant de les saisir avec précision.

Reproduction

Le vanneau huppé niche au sol, le plus souvent en prairie humide. Dès la fin mars et jusqu'au mois de mai, la femelle se consacre à la couvaison.

Pour nidifier, au sol, le Vanneau recherche des lieux dégagés, préférentiellement humides ou proches de l’eau. Son milieu de prédilection est la prairie pâturée extensivement, certains couples pouvant s’installer au bord d’étangs. Les milieux de cultures tardives retiennent un certain nombre de couples du fait de la nudité du sol au moment de la ponte.

Les oiseaux qui nichent chez nous s’installent sur les sites de nidification à partir du milieu du mois de février, les premières pontes étant déposées vers la mi-mars et les dernières en juin, voire juillet. Il peut y avoir jusqu’à 4 ou 5 pontes dans la saison en cas d’échecs répétés, une nichée réussie n’étant jamais suivie d’une autre ponte. Les poussins sont nidifuges, c’est-à-dire qu’ils quittent le nid juste après l’éclosion, pouvant même parcourir des distances de plusieurs centaines de mètres, sous la surveillance de leurs parents, pour trouver couvert végétal et nourriture. Le régime alimentaire du Vanneau est constitué de vers de terre et d’insectes.

Statut en Europe et en France

Nicheur dans presque toute l’Europe, le Vanneau huppé est absent des régions méditerranéennes, d’Islande et de l’extrême nord de la Scandinavie. Ses principaux bastions sont les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l’Ukraine, la Biélorussie, la Pologne et la Russie. Il décline sur une large part de son aire de répartition européenne, y compris dans ses bastions.

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De 1940 à 1970, la population française nicheuse de l’espèce a connu une expansion importante, mais à partir des années 1970 un déclin net et durable s’est manifesté, en particulier dans les régions parmi les plus peuplées. Ainsi, la population française, qui était estimée à 40 000 couples en 1961, a été réduite de 60 % depuis cette date. Le Vanneau huppé est un migrateur partiel, et 1,5 million d’oiseaux issus du nord et de l’est de l’Europe passent l’hiver dans notre pays, donnant à celui-ci une importance internationale pour l’hivernage de l’espèce. Un déclin du nombre d’hivernants se fait sentir actuellement en France. En cas de vague de froid, le nombre de vanneaux peut augmenter notablement dans l’ouest de notre pays. Plusieurs millions de vanneaux transitent par la France en période migratoire.

Le Vanneau huppé est considéré comme Vulnérable dans les listes rouges des oiseaux nicheurs de l’Europe, de l’Union européenne et en France.

Statut en Normandie

Les bastions normands du Vanneau huppé sont situés dans les prairies humides de la basse vallée de la Seine et dans les marais de Carentan. Il y niche çà et là, de façon isolée ou en petites colonies lâches. Depuis le début des années 1980, la population nicheuse normande a été pratiquement divisée par trois, et diminue encore, bien que plus modérément maintenant. Dans l’estuaire de la Seine, le nombre de couples nicheurs a diminué de 70 % depuis 1984.

En dehors de ces bastions le Vanneau huppé se reproduit dans les marais de la Touques et de la Dives (Calvados) ainsi qu’en vallée de la Seine où il était présent dans une dizaine de sites en amont de Rouen jusqu’au début des années 1980 contre deux ou trois sites seulement désormais.

La région normande est une zone importante pour l’hivernage de l’espèce, l’essentiel des oiseaux se tenant à cette période dans les cultures intensives, où l’on peut voir des groupes de plusieurs centaines, voire milliers d’individus, souvent accompagnés de pluviers dorés.

Pour la Haute-Normandie, en 1938, Olivier considérait le Vanneau huppé comme « Migrateur régulier et commun, le Vanneau huppé se montre parfois en nombre considérable, surtout en Basse-Seine et à l’estuaire. Niche en plusieurs endroits humides ou marécageux (marais d’Anneville-sur-Seine, de Duclair) et aussi dans les landes sablonneuses de Mauny ».

Écologie et habitat

Cette adaptation aux champs cultivés (maïs, pois et betterave) explique l’expansion de l’espèce après la dernière guerre, période qui a vu un essor considérable de la culture du maïs, dans lequel le Vanneau s’installe volontiers, mais où les nichées ont un taux d’échec incompatible avec le maintien des populations.

Conservation

La diminution des surfaces en prairies est la principale cause du déclin de l’espèce dans la région, la réussite (insuffisante) des pontes déposées dans les champs de maïs ne faisant que ralentir le déclin d’une espèce ne trouvant plus les milieux vraiment adaptés à sa biologie. Un redéploiement du pâturage extensif, une gestion adaptée des prairies humides et des bordures de certains étangs sont indispensables pour enrayer le déclin du Vanneau. Ceci aurait, comme avantage supplémentaire de favoriser la reproduction d’autres espèces, en particulier limicoles et canards, du fait de l’agressivité du Vanneau envers les prédateurs d’œufs ou d’oisillons.

En ce qui concerne la nidification dans les cultures, la nécessité pour le Vanneau d’avoir à sa disposition des espaces pourvus d’une végétation suffisamment haute pour cacher et nourrir ses oisillons, implique que la protection de l’espèce passe aussi par le retour à une polyculture, qui avait favorisé son expansion dans les années d’après-guerre.

Une autre cause importante du déclin du Vanneau est la chasse. Il était estimé au début des années 1980, que 1 350 000 vanneaux étaient tirés en France annuellement, dont une part importante en Normandie. A la fin des années 1990, ce chiffre était de 436 000, soit une division par trois en 15 ans, élément qui reflète une diminution importante de la population migratrice ou hivernante, et donc de la population européenne globale, le nombre des chasseurs n’ayant que peu diminué depuis. Espèce chassée ne faisant pas l’objet de lâchers de tir ou de repeuplement, c’est l’une de celles qui subit les prélèvements les plus importants.

Enfin, et peut-être surtout, la fermeture de la chasse au gibier d’eau est actuellement beaucoup trop tardive, car elle perturbe considérablement l’installation des nicheurs et son ouverture en août est probablement tout aussi néfaste pour les oiseaux qui ne sont pas encore autonomes. Une fermeture de la chasse au plus tard fin janvier, et une ouverture repoussée au début de septembre, ainsi que la mise en place de plans de chasse afin de contrôler les prélèvements effectués, sont des mesures indispensables à prendre pour enrayer son déclin à l’échelle européenne. La France a, dans ce domaine, une importante responsabilité du fait que ces prélèvements se font surtout aux dépens d’oiseaux d’origine étrangère.

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