Les tireurs d'élite de Berdan, du nom de l'officier responsable de leur recrutement, Hiram Berdan, font partie des deux régiments de tireurs d'élite qui opérèrent au sein de l'armée du Potomac de l'Union.
Le premier régiment recrutant essentiellement dans les états de New-York, du Vermont, du New Hampshire, du Michigan et du Wisconsin. Chaque candidat devait être capable de passer un test de tir rigoureux qui consistait à placer dix tirs dans une zone de 25cm de diamètre à une distance de 20 yards (180mètres).
La mission de ce régiment était le tir pour tuer à longue distance, l'équivalent des unités de snipers d'aujourd'hui. La plupart du temps les cibles de ces hommes étaient les officiers ennemis ou toute autre cible d’intérêt.
Ce n'était ni plus ni moins que la renaissance des anciens régiments de riflemen qui avait été dissous après la guerre de 1812.
Le premier régiment recruté dès 1861 commença son service en novembre 1861 ; il comprenait 10 compagnies de la compagnie A à la compagnie K. Les compagnies A, B D et H furent recrutées en 1861 dans l'état de New-York, les compagnies C et I dans le Michigan en 1861, la E dans le New Hampshire, la F dans le Vermont et la G dans le Wisconsin. La dernière compagnie fut recrutée en 1862 dans le Michigan.
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Le second régiment levé en 1861 ne comprit que 8 compagnies de la compagnie A à la compagnie H. Les compagnies au combat avaient entre 40 et 60 soldats. La compagnie A fut recrutée dans le Minesota, la B dans le Michigan, la C en Pennsylvanie, la D dans le Maine, la E et la H dans le Vermont, la F et la G dans le New-Hampshire.
L'armement des sharpshooters était principalement le fusil Sharp mais aussi le fusil Withworth et d'autres modèles dont certains étaient équipés des premières lunettes de tir tel le fusil Wesson à lunette de tir de Morgan James de 1855. Au début chaque homme recevait une prime de 60 dollars si il amenait avec lui son propre fusil de tir de précision en attendant de toucher le fusil Sharp. Il faudra attendre 1862 pour que les tireurs d'élite puissent tous avoir un fusil Sharp M1859 entre les mains.
Au combat, les tireurs d'élite étaient soit disposés en ligne de tirailleurs en avant des troupes principales, soit ils opéraient en petits détachements afin de traquer et tuer les cibles d’intérêts. Leur principaux objectifs étaient bien évidemment les officiers ennemis, les artilleurs et les autres tireurs d'élite.
Les sudistes ont également mis en place leurs propres unités de tireurs d'élite et parmi eux certains revêtaient l'habit vert.
Les tireurs de Berdan participèrent à la plupart des batailles du front Est la campagne de la péninsule, Gettysburg, Vicksburg, Chattanooga, Atlanta, Spotsylvania, Petersburg.
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Dans l’imaginaire collectif, la guerre de Sécession demeure le conflit des « Bleus » (les Nordistes) contre les « Gris » (les Sudistes), en référence à la couleur des uniformes portés par les soldats des deux camps. Cette vision correspond à l’acception contemporaine de la notion d’uniforme, dans laquelle la standardisation demeure la caractéristique première.
Il en résulte pour le conflit qui nous occupe l’impression d’une certaine pauvreté, notamment en comparaison des uniformes flamboyants et variés des guerres napoléoniennes - où dans certains corps de troupe (les hussards, par exemple), il n’existait pas deux régiments d’une même armée qui portassent la même tenue.
Le bleu foncé fut la couleur principale de l’armée des États-Unis dès 1779, date à laquelle les premières régulations sur les uniformes furent adoptées - à une époque où elle s’appelait encore « armée continentale ».
Le bleu était la couleur traditionnelle des « Whigs », les opposants au pouvoir de la monarchie britannique, un nom que reprirent les révolutionnaires américains lorsqu’ils se battirent pour leur indépendance. C’est là l’explication la plus fréquemment donnée à ce choix, mais le bleu était déjà prépondérant parmi les uniformes que se donnaient les compagnies de miliciens coloniaux levées occasionnellement au cours du XVIIIème siècle, pour combattre les Indiens ou les Français.
La coupe, quant à elle, demeura inspirée des armées européennes contemporaines, qu’il s’agisse de l’habit ou du couvre-chef. Au manteau classique se substitua en 1812 un coatee, sorte de queue-de-pie coupé à la ceinture devant mais laissé long derrière, et le shako s’imposa à partir de 1810.
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L’uniforme devenant progressivement de moins en moins adapté au service en campagne, l’armée le supplémenta bientôt d’une « tenue de corvée » : casquette ronde en 1825, puis vareuse courte bleue ciel en 1833.
En 1851, l’armée fédérale adopta un uniforme très largement inspiré, dans sa coupe, par celui de l’armée française - alors arbitre des élégances en matière militaire. La différence principale résidait dans le coatee, abandonné au profit d’une redingote longue bleue foncée.
Celle-ci étant peu pratique pour monter à cheval, les unités de cavalerie et d’artillerie légère reçurent en lieu et place une vareuse courte, assez proche de la tenue de corvée - laquelle était elle aussi, désormais, bleue foncée.
Une autre nouveauté concernait la couleur des parements, qui adoptaient un nouveau système d’identification des unités. Ces couleurs étaient le bleu ciel pour les huit régiments d’infanterie, le rouge pour les quatre régiments d’artillerie, l’orange pour les deux régiments de dragon, le vert pour le régiment d’infanterie montée, et le noir pour les officiers d’état-major.
La casquette ronde de la tenue de corvée fut pour sa part remplacée par un képi bleu foncé, lui aussi dérivé du képi rouge de l’armée française. Le shako subsista dans la tenue de service jusqu’en 1858, date à laquelle lui fut substitué un chapeau de feutre bleu marine.
Connu sous le surnom de « chapeau Hardee », ou encore de « chapeau Jeff Davis » parce qu’il avait été initialement dessiné alors que Jefferson Davis était secrétaire à la Guerre (entre 1853 et 1857), il était décoré d’une plume noire et de marques d’identification : un cordon de la couleur du corps de troupe auquel appartenait le soldat, et des insignes en laiton, autre nouveauté.
Aussitôt que le début des hostilités firent affluer dans les bureaux de recrutement des dizaines, puis des centaines de milliers de volontaires, la question de les habiller s’avéra encore plus problématique que celle des les armer.
L’armée fédérale, en 1861, s’approvisionnait en uniformes auprès d’une de ses propres installations, l’arsenal Schuylkill à Philadelphie. Suffisante pour assurer l’habillement d’une armée de 16.000 hommes, cette unique manufacture ne l’était plus pour vêtir les 75.000 volontaires demandés en avril 1861, et encore moins les 500.000 hommes appelés sous les drapeaux en juillet.
Pour pallier à cette insuffisance, il fallut faire appel à l’industrie privée, tant sur le territoire national qu’en dehors de celui-ci. Des dizaines de milliers de tenues furent ainsi importées d’Europe, les manufactures nordistes n’ayant pas encore la capacité de production qu’elles acquerraient au cours du conflit.
Pour ne rien arranger, ces premières fournitures allaient être marquées du sceau de la corruption. Des entrepreneurs sans scrupules vendirent au gouvernement des vêtements de mauvaise qualité à des prix exorbitants.
Bien trop souvent, ces uniformes de pacotille tombaient en lambeaux au bout de quelques semaines ou quelques mois. Cette situation permit à de nombreux profiteurs de guerre de s’enrichir grassement. Elle fut encore aggravée par la présence à la tête du département de la Guerre de Simon Cameron.
Ce démocrate rallié au parti républicain - il avait réussi l’exploit d’être sénateur à deux reprises sous chacune des deux étiquettes - passait pour être le membre le plus corrompu de l’administration Lincoln. À tel point qu’on lui attribue cette édifiante citation : « L’honnête politicien est celui qui, une fois corrompu, ne change plus d’avis ».
Cameron s’était fait une spécialité de passer des commandes au nom de son ministère sans recourir à un appel d’offres, en privilégiant systématiquement des fournisseurs de son État d’origine, la Pennsylvanie.
Ce n’est qu’après son remplacement par Edwin Stanton, en janvier 1862, que la situation s’améliora sensiblement. Du moins était-ce vrai en ce qui concernait la qualité intrinsèque des vêtements. Mais les uniformes étaient inconfortables et, de fait, ils le restèrent durant toute la guerre.
La source du problème résidait dans le matériau utilisé : la laine, qui présentait l’avantage d’être produite en grandes quantités par l’agriculture nordiste. Par commodité, les tenues militaires produites durant la guerre étaient généralement faites de ce tissu - intégralement, c’est-à-dire sous-vêtements compris, bien que ceux-ci dussent en principe être en jersey ou en flanelle.
Les soldats qui le purent se firent bien souvent confectionner des chemises et des caleçons par leurs mères, leurs sœurs ou leurs épouses, pour ne plus avoir à supporter le frottement désagréable et irritant de la laine sur leur peau.
L’autre problème majeur était que les uniformes destinés aux soldats se voyaient fabriqués en masse sans qu’on se préoccupe de savoir s’ils seraient correctement ajustés à ceux qui devraient les porter.
En fonction de sa taille et de sa corpulence, chaque soldat pouvait se retrouver à flotter dans sa tenue, ou au contraire à être engoncé dans un uniforme trop serré. Pour cette raison, on finit par expérimenter pour la première fois un système de tailles standardisées, analogue à celui en usage de nos jours dans le prêt-à-porter.
En attendant de pouvoir distribuer des uniformes réglementaires, l’armée nordiste dut s’en remettre au bon vouloir des États quant à l’habillement des recrues qu’ils levaient. Tous avaient des milices, mais leurs propres uniformes réglementaires n’étaient pas forcément similaires.
Les couleurs dominantes étaient le bleu, comme dans l’armée régulière, et le gris, en raison de son faible coût. De ce fait, les régiments de certains États étaient libres de choisir leur uniforme suivant la fantaisie de leur commandant.
Cette diversité fut trop grande pour être explorée ici de manière exhaustive, et nécessiterait des recherches interminables. Au mieux se limitera-t-on à quelques exemples, car les volontaires de 1861 utilisèrent à peu près toutes les couleurs imaginables pour se vêtir.
Au lendemain de la guerre de Crimée et de la guerre d’Italie, l’influence française était plus forte que jamais, et l’intérêt des recrues en matière vestimentaire se porta surtout vers un corps de troupe en particulier : les zouaves.
Sous le Seconde Empire, les zouaves portent un uniforme d’inspiration orientale, plus adapté aux conditions qu’ils rencontrent en Algérie : large pantalon, blanc ou rouge suivant la saison, sans séparation d’entrejambe (sarouel) ; veste bleue coupée « à la turque » ; et bien sûr le fameux bonnet rouge à gland (chéchia).
Le sentiment d’appartenir à un corps d’élite et l’attrait de l’exotisme étaient autant de facteurs expliquant la popularité des uniformes de zouaves parmi les volontaires de la guerre de Sécession. Il s’y ajoutait une question de confort. Idéale pour les climats chauds, comme peuvent l’être le Sud et l’Est des États-Unis en été, la tenue des zouaves était pour cette raison beaucoup plus supportable.
Pour toutes ces raisons, plus de 70 régiments de volontaires nordistes adoptèrent un uniforme de zouaves, une particularité qui se retrouvait dans le surnom qu’ils s’attribuaient eux-mêmes. Plusieurs milliers d’uniformes de ce type furent importés de France et d’Europe au cours de l’année 1861.
Peu d’entre eux étaient similaires d’un régiment à l’autre. La tenue du 5ème régiment de New York, les « Zouaves de Duryee », était celle qui se rapprochait le plus de l’original. Le 11ème de New York, les « Zouaves pompiers » du colonel Ellsworth, portaient quant à eux une tenue à dominante grise par-dessus leur chemise écarlate.
De manière générale, les uniformes variaient en fonction des goûts et des disponibilités, et beaucoup n’avaient en fait de « zouave » que le nom. Le 14ème régiment de Brooklyn (plus tard rebaptisé 84ème de New York) portait une tenue ressemblant davantage à celle de l’infanterie de ligne française, leur pantalon garance éclatant leur valant le surnom de « Diables aux pattes rouges » (Red-legged Devils).
Le Sud céda lui aussi à cette mode, et une bonne vingtaine d’unités de zouaves furent recrutés, bien que celles-ci fussent souvent de taille modeste - compagnies ou bataillons plutôt que régiments. Le bataillon d’infanterie de la Louisiane envoyé en Virginie au début de la guerre est sans doute le plus connu : chéchia et chemise rouges, veste bleue foncée, ceinture bleue et pantalon blanc rayé de rouge et de bleu.
L’armée française n’était pas la seule inspiratrice en matière d’uniformes. Par exemple, le 39ème régiment de New York empruntait le sien aux bersagliers du royaume de Sardaigne. Ils en reprenaient notamment le chapeau rond orné de plumes de grand tétras. Bien qu’elle ne comptât dans ses rangs qu’une seule compagnie d’Italiens, cette unité ouverte aux New-yorkais de toutes origines fut baptisée « Garde Garibaldi ».
Le célèbre révolutionnaire et nationaliste italien inspira un autre accessoire à la mode de 1861 : la chemise rouge. Une référence à l’expédition des Mille, à la tête de laquelle Garibaldi venait tout juste de jeter à bas le royaume des Deux-Siciles, et dont les soldats portaient ce même vêtement.
D’autres uniformes étaient moins basés sur les effets de mode que sur l’appartenance ethnique ou nationale des volontaires. Nation d’immigrants, les États-Unis comptaient avant la guerre de nombreuses compagnies de milice organisées selon l’origine de leurs membres. C’était particulièrement vrai dans le Nord, et plus encore à New York.
Ces compagnies s’étaient souvent dotées d’uniformes correspondant au pays natal de leurs membres, qu’elles conservèrent lorsqu’elles se muèrent en régiments de volontaires en 1861. Ainsi, le 79ème régiment de New York, regroupant des soldats d’origine écossaise, reprenait la tenue des Highlanders de l’armée britannique, à ceci près que le bleu foncé se substituait au rouge.
L’équipement des volontaires se fit dans le chaos. Ni le gouvernement central, ni les États ne parvenaient toujours à fournir en temps et en heure des uniformes aux régiments nouvellement créés. Dans bien des cas, les officiers durent commander eux-mêmes des uniformes là où le régiment s’était rassemblé, ce qui en obligea plus d’un à s’adapter à ce qui était disponible.
D’autres unités durent même se mettre en marche alors qu’elles n’avaient pas encore été équipées, et acheter leurs uniformes en route, à leurs frais. Les plus démunis ne portaient même pas d’uniformes du tout, se contentant de tenues civiles d’allure plus ou moins martiale.
Quand débutèrent les opérations militaires d’envergure à l’approche de l’été 1861, la diversité dans les uniformes allait générer des situations calamiteuses. Dans un camp comme dans l’autre servaient des régiments aux uniformes similaires.
La prépondérance du bleu et du gris ne réglait rien, puisque les troupes des deux belligérants portaient ces couleurs. Le début de la guerre fut marqué par de meurtrières méprises aux conséquences parfois majeures. Dans la confusion visuelle et sonore du champ de bataille (fumée, vacarme), il était très difficile de savoir si le régiment auquel on faisait face était ami ou ennemi, quand bien même les uniformes étaient de couleurs similaires.
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