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L'hélicoptère APACHE est l’un des meilleurs hélicoptères de combat du monde. Il a été développé aux États-Unis et c’est un vrai cheval de bataille !

En 2022, le Pentagone fit savoir qu’il avait retenu Sig Sauer pour remplacer les carabines M4 et les fusils d’assaut M16 ainsi que les mitrailleuses M249 de l’US Army, dans le cadre du programme NGSW [Next Generation Squad Weapon], lancé cinq ans plus tôt.

L’hélicoptère militaire APACHE possède d’excellents armements : des missiles Hellfire, un canon à chaîne M230 avec 1200 cartouches de 30mm et des roquettes Hydra.

Le Future Vertical Lift (FVL) désigne l’ensemble des capacités futures d’aérocombat des forces américaines. Pour l’US Army Aviation (AA), qui en est la principale maîtresse d’oeuvre, l’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de remplacer partielle-ment l’ensemble de ses flottes actuelles de drones - elles relèvent de ses compétences au sein de l’Army - et d’hélicoptères dont la conception remonte à la guerre froide : hélicoptères de manoeuvre UH-60 Blackhawk, de reconnaissance et d’attaque AH-64E Apache puis, ultérieurement, hélicoptères de transport lourd (HTL) CH-47 Chinook.

Le FVL ne se présente pas comme une simple juxtaposition de nouvelles plateformes, en l’occurrence le Future Attack Reconnaissance Aircraft (FARA), le Future Long Range Assault Aircraft (FLRAA) et les Future Unmanned Aircraft Systems (FUAS), mais bien comme un « système de systèmes » cohérent, incluant aussi des armements, des capteurs et des avioniques conçues selon une architecture ouverte modulaire (MOSA) commune.

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Les études de coût semblent montrer que cette vaste entreprise pourrait rester financièrement abordable au regard du niveau de dépenses déjà consenties par l’Army pour son aviation. Le FVL constitue enfin un enjeu industriel majeur pour la BITD américaine dont il va transformer les procédés et la physionomie.

Les capacités du FVL ne concernent en soi pas uniquement l’US Army même si elle assurera l’essentiel de leurs mises en oeuvre.

Le développement du FVL au sein de l’Army Aviation s’inscrit depuis deux ans dans la réalisation du concept de Multi-Domain Operations (MDO). Rappelons que MDO est la réponse de l’Army aux capacités russes et chinoises de déni d’accès et d’interdiction de zone (A2/AD) qui contestent la supériorité américaine dans l’ensemble des domaines de lutte (terre, air, mer, cyber, espace).

Le concept MDO mise sur la synergie des opérations de l’ensemble des composantes et des systèmes d’arme, sur leur aptitude à créer des fenêtres de supériorité par la convergence des effets dans un ou plusieurs de ces domaines puis à exploiter ces fenêtres pour désarticuler le dispositif A2/AD adverse.

Devant être déployés rapidement, avec une faible empreinte, les systèmes FVL doivent jouer un rôle de premier plan dans cette conception. En période permanente de com-pétition, ils contribuent à la dissuasion.

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En cas de conflit, les systèmes FVL, combinant appareils habités, drones et munitions maraudeuses, pénètrent dans le dispositif de défense adverse utilisant leur capacité d’attaque en conjonction avec les feux dans la grande profondeur qu’ils éclairent mais aussi en réalisant des assauts aéromobiles, lancés de-puis des distances opératives.

Ils s’attaquent ainsi aux deux capacités clés adverses : son système intégré de défense anti-aérienne (IADS) et son propre système de feux dans la pro-fondeur.

Pour réaliser ces MDO à partir de la fin de la prochaine décennie, l’Army a rehiérarchisé les axes de sa stratégie capacitaire, accordant la priorité à six grands domaines (les « Big Six »). Le FVL est la troisième de ces priorités, derrière la P1 que constituent les Precision Long-Range Fires déjà évoqués et le Next-Generation Combat Vehicle (NGCV).

Bien entendu, la démarche vers les capacités MDO est incrémentale, ce d’autant que l’horizon de leur concrétisation a été sensible-ment repoussé.

Au sein de l’Army Futures Command (AFC) qui a en charge d’intégrer les travaux de modernisation, le FVL fait l’objet comme les autres priorités d’un Cross-Functional Team (CFT), en l’occurrence une équipe de 28 personnes (comprenant des spécialistes opérationnels, en acquisitions, en R&D, etc.) sous le com-mandement du général de brigade Walter Rugen, lequel a directement accès aux bureaux du chef d’état-major, du vice-chef d’état-major et du secrétaire à l’Army.

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Au niveau des décideurs, le FVL est le creuset de la coordination entre 6 organisations : l’état-major de l’Army (les bureaux G3/G5/G7 Plans, opérations et entraînement), l’Aviation & Missile Command (AMCOM) pour les questions de soutien et de maintenance, l’US Army Aviation Center of Excellence de Fort Ruck-er (l’école d’arme de l’Army Aviation assurant notamment l’instruction), la communauté RDT&E (notamment l’Aviation & Missile Center du Combat Capabilities Development Command subordonné à l’AFC), le bureau programme (Program Executive Office -Aviation) et l’US Army Special Operations Aviation Command (USASOAC).

La première étape de l’Army Aviation, sur le court-moyen terme, contribuant à l’objectif « MDO Capable » de 2028, est de poursuivre la modernisation des flottes existantes.

Sur le plan organisationnel, ces appareils doivent continuer à doter les onze brigades d’aviation de combat actuelles (qui seront réorganisées en douze unités à l’horizon considéré) à raison de 538 Apache, 583 Blackhawk, 132 Chinook et autant de systèmes de drones RQ-7 et de MQ-1CMs.

L’Apache ainsi que le Blackhawk doivent bénéficier, à partir de 2027, d’une modernisation de leur motorisation avec le programme Improved Turbine Engine (ITE). GE Aviation, attributaire du programme, explique que la nouvelle turbine T901 qui en découle affichera 50% de puissance et 25% d’efficience supplémentaire par rapport à l’actuel T700, per-mettant d’augmenter les rayons d’action du Blackhawk et de l’Apache, actuellement à 100 km, à 260 km et 215 km res-pectivement, de doubler à plus de deux heures le playtime de l’Apache à 100 km ou encore d’augmenter de 150%, à près de 6000 lb (2,7 t), la charge utile du Blackhawk.

Il s’agit bien, comme évoqué ci-dessus, d’une poursuite des efforts de modernisation car l’Army a activement financé les rétrofits et les acquisitions d’appareils neufs depuis 20 ans. Elle se trouve dans la situation paradoxale d’une flotte « jeune » dont environ 2.000 de ses quelques 5.000 avions et hélicoptères (sans compter les 17.500 drones) sont rentrés en service au cours de la dernière décennie, mais composée d’appareils principaux dont la conception fondamentale re-monte à la guerre froide.

Cette modernisation s’impose d’au-tant plus que la mise en service des systèmes FVL sera très progressive et ne concernera qu’une partie de la flotte, en ce qui concerne du moins les hélicoptères.

Le programme FVL proprement dit ne date pas d’hier puis-qu’il est né en 2008. Il se concrétise actuellement par quatre lignes d’effort : deux lignes de plateformes (FARA et FLRAA), les futurs systèmes télépilotés (FUAS, soit les drones et les nouvelles munitions) ainsi que l’architecture ouverte modulaire (MOSA).

A ce titre, le FARA doit remplacer la moitié des Apache déployés dans les Heavy Attack Reconnaissance Squadrons où ils opèrent avant tout en mission de reconnaissance avec les drones RQ-7.

Cet appareil doit être le « combattant au couteau » de l’Army Aviation, en mesure d’éviter la détection pour constituer, notamment, la pièce centrale du « bréchage » de l’IADS ad-verse.

Du reste, le général Rugen a récemment précisé des limitations importantes à l’emploi du FARA.

Airbus avait annoncé sa participation à ce programme avec son Rapid and Cost-Effective Rotorcraft (RACER) mais il a été écarté dès la phase initiale de sélection.

Les deux compétiteurs retenus en mars 2020 pour les phases de conception, de fabrication et de tests sont Sikorsky (désormais intégré au groupe Lockheed Martin), qui propose le S-97 Raider, et Bell, qui propose l’Invictus 360.

Correspondant à la CS3, le FLRAA est destiné à remplacer les UH-60 pour les missions d’assaut aéromobile, de soutien et d’évacuation sanitaire (EVASAN). Contrairement au FARA, si l’Army est le service leader du programme, l’appareil sera aussi mis en oeuvre par le Corps des Marines et l’US Special Operations Command, ce qui complique les spécifications et les appréciations de coût, notamment.

Il n’en reste pas moins que le programme est le plus avancé des éléments du FVL.

Le Critical Design Review du FLRAA se basera ainsi sur le Joint Multi-Role Technology Demonstrator (JMRTD), lancé depuis 2016 et qui s’achève en 2020.

Comme pour FARA, ce sont ces deux derniers projets qui ont été retenus en mars 2020.

Les spécifications du JMRTD qu’atteignent voire dépassent les deux compétiteurs sont, entre autres, une charge utile de 12 combattants équipés, une vitesse de croisière de plus de 425 km/h, un rayon d’action de 424 km (d’où un concept d’emploi de manoeuvre 3D d’une heure, dans des profondeurs opératives). C'est la vitesse qui constitue la principale rupture en matière de performances par rapport au Blackhawk.

Elle a été déterminée par la mission EVASAN : elle prévoit une évacuation « zéro risque », en une heure, en tout point de la zone d’opération d’une brigade de combat de 300 km2, ce point se trouvant donc à des distances maxi-males de 150 à 212 km du centre de l’unité - où l’on présuppose la présence de l’hôpital - selon la géométrie de la zone.

À noter que les spécifications de l’Army ne mentionnent pas d’armement mais les différents entretiens laissent penser que le FLRAA pourra lui aussi mettre en oeuvre, au moins, les ALE.

Concernant ses autres hélicoptères, l’Army n’a pas encore lancé de programmes relevant de la CS2 pour remplacer les Apache déployés dans les Attack Reconnaissance Battalions dont la mission est avant tout l’attaque.

Mais le Congrès a rétabli les financements de prépa-ration de cette entreprise.

La décision de procéder à cette modernisation doit intervenir en 2021.

Ces drones doivent de plus opérer en essaim.

Le vrai défi est de pouvoir mettre en oeuvre ces drones depuis la très basse altitude (moins de 100 m). Aucun système de la sorte n’existe actuellement sur le marché.

Le plus proche est le drone ALTIUS (4 heures d’en-durance, portée de 400 km mais charge utile de 3 kg) que l’Army a testé avec succès en 2018 depuis un Blackhawk, pour valider le tir de drone depuis un hélicoptère.

Une première version de ces ALE doit rentrer en service sur les appareils actuels aux alentours de 2024-2025.

L’ensemble de ces éléments mais aussi les éléments terrestres (véhicules, combattants) doivent opérer en « Advanced Teaming », version plus élaborée du Manned-Unmanned Teaming liant incrémentalement AH-64 et drones Gray Eagle / Shadow...

Dans une plaine reculée de l’ouest américain, un cylindre d’à peine 1,80 mètre a rugi sous pression. Le moteur, conçu par la société Ursa Major, n’a ni ailes ni ogive.

Ce moteur repose sur une technologie appelée Highly Loaded Grain (en français : Grain fortement chargé, ça sonne moins bien). Le principe ? Une poudre compactée de manière à maximiser la poussée dans un format réduit.

À l’heure où les stocks de munitions fondent sous la pression des conflits, l’enjeu est clair : produire vite, simple, et à grande échelle.

Ce système comble un vide tactique.

Ce que propose Ursa Major, c’est de prolonger la portée de l’APKWS, sans changer l’arme ni alourdir le châssis. On parle ici d’une capacité d’engagement portée à près de 15 kilomètres, sur cible mobile, en conditions dégradées.

Le développement de ce moteur intervient dans un contexte tendu. Aux États-Unis comme ailleurs, les lignes de production classiques peinent à suivre. Les délais explosent, les composants manquent, les procédures sont trop lentes.

Avec sa plateforme Lynx, l’entreprise mise sur une numérisation complète des étapes de production. Les pièces sont imprimées ou usinées à la demande, avec peu de rebuts. C’est cette souplesse qui intéresse le Pentagone.

Le retour en force des conflits de haute intensité pousse les états-majors à repenser l’arsenal tactique. Le missile à tout faire devient trop cher, trop rare. L’artillerie traditionnelle manque parfois de précision. Dans ce cadre, un simple moteur à poudre devient stratégique.

L’initiative d’Ursa Major est regardée de près par d’autres pays. Des discussions sont déjà ouvertes pour une adaptation aux besoins de l’OTAN. La France, qui modernise ses roquettes guidées Système 70, pourrait y voir une opportunité.

tags: #munitions #hélicoptère #apache #américain #taille

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