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La Première Guerre mondiale (1914-1918) a marqué un tournant décisif dans l'histoire de la guerre, notamment en raison de la massification et de la mécanisation des combats. Les champs de bataille ont été jonchés de quantités considérables de munitions, dont les traces persistent encore aujourd'hui.

Les Munitions de 7.92 Mauser Allemandes

Une question fréquente concerne l'apparence des paquets de cartouches de 7.92 Mauser allemandes utilisées pendant la Première Guerre mondiale. Ces munitions étaient destinées aux fusils G98, un modèle standard à balle pointue de type S. Conditionnées en boîtes de 15 cartouches sur lame chargeur, ces paquets sont aujourd'hui considérés comme rares, contrairement à ceux de la Seconde Guerre mondiale, qui sont beaucoup plus communs.

La rareté des munitions de la Première Guerre mondiale s'explique par plusieurs facteurs :

  • Les champs de bataille ont peu évolué après la guerre, préservant les munitions sur place.
  • Les soldats allemands sont rentrés chez eux avec une partie de leurs munitions.

Apparence et Disposition

Les munitions de 7.92 Mauser étaient disposées de manière spécifique dans leurs boîtes. Une disposition particulière, où les cartouches ne semblent pas rangées en quinconce, a été observée. L'étiquette de ces boîtes est également un élément d'intérêt, bien que souvent dégradée avec le temps.

Il est intéressant de noter que cette disposition se retrouve également sur certaines boîtes tchécoslovaques plus tardives, qui ont une forme non rectangulaire.

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Les cartouches allemandes de la Seconde Guerre mondiale, quant à elles, sont plus variées et plus faciles à trouver, mais les munitions de la Première Guerre mondiale restent un objet de collection rare et précieux.

L'Artillerie pendant la Première Guerre Mondiale

Si l’artillerie avait connu de grandes évolutions au cours du XIXe siècle, la Première Guerre mondiale allait entraîner une transformation rapide. L’enlisement du conflit et sa conversion en guerre de positions sur le front ouest change les besoins stratégiques. Il faut à présent pouvoir détruire des abris profondément enfouis dans le sol, les barbelés qui bloquent la progression des assauts, mais aussi les canons adverses.

Équipement des Nations

Chaque pays engagé dans le conflit était équipé différemment au début du conflit. Par exemple, si la France disposait de canons de 75, un modèle de canon de campagne novateur, notamment par son frein de recul qui faisait qu’il n’était pas nécessaire de repositionner l’arme entre chaque tir, elle disposait de peu d’artillerie lourde, dont le besoin allait pourtant rapidement se faire sentir. Quant aux Américains, à leur entrée en guerre en 1917, ils sont sous-équipés en canons par rapport à l’ampleur du conflit (moins de 600) et doivent donc s’équiper en artillerie de fabrication française et britannique en attendant que leur production domestique s’adapte.

Au début de la guerre, l’Allemagne dispose d’une artillerie de campagne nombreuse et d’une artillerie lourde puissante, le tout mobilisant 280 000 hommes. Cependant, elle constate rapidement les limites des canons de campagne et ses besoins en artillerie lourde.

En 1914, les Russes pouvaient profiter de l’expérience accumulée dans l’artillerie au cours de la guerre Russo-Japonaise (1904-1905). Cependant, elle s’avèrera trop peu nombreuse par rapport à celle des adversaires allemands et austro-hongrois. Qui plus est, la production d’obus ne suit pas la consommation, notamment de la fin 1914 à l’hiver 1915.

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Les Vestiges de Guerre et la Pollution

La Première Guerre mondiale a laissé derrière elle d'énormes quantités de munitions non explosées. On estime qu'environ 1,7 million de tonnes de munitions en surplus sont restées abandonnées à l'issue de la guerre. Ces munitions posent un défi colossal en matière de sécurité et d'environnement.

Au cours des dix dernières années, des recherches archivistiques ont montré qu’environ 1,7 million de tonnes de munitions en surplus sont restées abandonnées à l’issue de la guerre dans des dépôts, sur le front comme à l’arrière. Dans la période qui suit, ces stocks ne cessent d’enfler à mesure que s’y ajoutent les projectiles obsolètes découverts sur les champs de bataille à la faveur des travaux de remise en état et aussi progressivement découverts dans des caches.

Les Opérations de Neutralisation

Après la guerre, des opérations de neutralisation des munitions ont été mises en place. Initialement, les armées encore mobilisées détruisaient les munitions par éclatement. Puis, des entreprises privées ont été chargées de récupérer les matières premières valorisables, comme le fer, le laiton et les nitrates.

La neutralisation de cet arsenal hérité de la guerre s’est rapidement imposée comme non seulement une nécessité mais aussi une urgence. Jamais encore dans l’histoire les hommes n’ont eu à éradiquer en si peu de temps des montagnes de projectiles d’une incroyable diversité. Par où alors commencer ? Il a fallu prioriser les actions et hiérarchiser les degrés d’urgence d’intervention.

Un changement radical s’opère en 1920 avec la démobilisation et la prise de conscience qu’on ne peut abandonner les matières constitutives des munitions, si chères à produire en temps de guerre. Avec la passation de contrats par le ministère de la Guerre et le ministère des Régions libérées vers des entreprises privées, la destruction des engins en excès, obsolètes et hors de service s’industrialise et se taylorise.

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Les Conséquences Environnementales

Ces opérations ont laissé des séquelles environnementales importantes, notamment la pollution des sols et des eaux. Sur certaines aires de brûlage, aucune végétation ne pousse depuis un siècle. La caractérisation de ces pollutions est complexe en raison de la combinaison de risques chimiques et pyrotechniques.

En Meuse, en date de 1929, 127 récupérateurs et artificiers ont été tués dans leurs périlleuses missions et 294 ont été blessés. Elles nous ont également légué de sévères pollutions des sols et des eaux. Sur certaines aires de brûlage, voilà 100 ans que pas un brin d’herbe ne pousse.

Des techniques de mesure, d’échantillonnage et d’analyse spécifiques ont été développées pour évaluer les risques pour la santé et l’environnement associé à ces sites en concertation avec des experts en toxicologie. S’y associent des enjeux sociopolitiques. Ces sites ont été oubliés de la mémoire collective.

L'Évolution de la Perception et de la Gestion des Munitions

Au fil du temps, la perception des pratiques et des usages en matière d'élimination de munitions a évolué. Une prise de conscience environnementale a émergé, conduisant à des mesures de dépollution et de maîtrise des risques. Des recherches sont en cours pour étudier les liens entre la Grande Guerre et la dégradation de la qualité des eaux.

Les différentes traités internationaux, les législations nationale et européenne, notamment sur la protection des milieux naturels, l’intérêt des citoyens pour les questions écologiques ont à la fois mis un terme à certaines pratiques, encore tolérées il y peu, et permis de prendre conscience des séquelles environnementales laissées par les deux conflits mondiaux.

Tableau Récapitulatif

Type de Munition Période Rareté Utilisation Risques
7.92 Mauser Allemande Première Guerre Mondiale Rare Fusils G98 Explosion, pollution
Munitions Diverses Seconde Guerre Mondiale Commune Divers Explosion, pollution
Munitions Chimiques Première Guerre Mondiale Variable Divers Toxicité, pollution

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