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L'histoire de l'armement français dans les années 1930 est marquée par une période d'innovation et d'adaptation, notamment en ce qui concerne les mitrailleuses et leurs munitions. Cet article explore en détail les développements et les défis rencontrés par l'armée française durant cette décennie cruciale.

Le Contexte de l'Armement en France dans les Années 1930

Dès le début des années 30, l’alimentation des mitrailleuses par des « camemberts » empêchait le tir de longue rafale et nécessitait le changement des chargeurs, ce qui était évidemment impossible sur les monoplaces. C’est son fût conique et son bourrelet de culot qui la rendait impropre à l’utilisation avec des armes automatiques (La mitrailleuse Hotchkiss qui l’utilisait la presentait en bandes de 18 cartouches sur un support metallique rigide). Nous allons étudier sommairement les armements utilisés par les appareils en AFN. par vos soins.

À la fin de la guerre, l'armée française était équipée de divers matériels, anglais, américains, français d'avant-guerre, et même allemands. C'est ce qui explique les armements très hétéroclites des appareils utilisés. Certains, comme les chasseurs d'origine US étaient armés de mitrailleuses de 12,7 mm ou, comme par exemple les Corsair, de canons de 20 mm.

D'autre part, les organes pneumatiques étant supprimés, les manœuvres d'armement, de détente et de sûreté sont assurées manuellement par des commandes mécaniques. Le montage est fait sur des tourelles SAMM de type divers suivant les époques et les appareils.

La Mitrailleuse MAC 34

Les plus anciennes armes, d'origine française, étaient les mitrailleuses MAC 34 d'un type destiné à l'aviation, dérivé d'une arme MAC 1931 de "casemate". La mitrailleuse d'aviation modèle 1934 a été construite pour l'aviation par la Manufacture Nationale d'Armes de Châtellerault (MAC). La conception est dérivée de celle du fusil-mitrailleur modèle 1934 (qui ne sera pas fabriqué en série).

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La mitrailleuse MAC 34 tire des cartouches de 7,5 mm modèle 1929 C à balle légère. La cartouche à une longueur 76 mm et un poids environ 24 g. Le canon de l'arme est en acier forgé, sa température de revenu est d'environ 480 °C. Sa longueur est de 0,60 m. La mitrailleuse de tourelle est dérivée de l'arme d'aile.

Du fait de la faible contenance des chargeurs rotatifs, ce type de mitrailleuse amena immédiatement à l'étude d'une nouvelle version : type "Mac 34 modifié 39" à bandes, dite "à alimentation continue". C'est cette version qui équipa les Bloch 174 et peut-être 175.

Mitrailleuse de 7,5 mm - Modèle 1934 M. Arme utilisée sous les ailes des T-6 ainsi que sur les MS "Vanneau" et les SIPA, en montage sur supports fixes, les bandes étant positionnées à l'intérieur des ailes.

Il s'avéra très vite que l’armée française (l'infanterie principalement mais aussi l'aviation) devait posséder une arme automatique de fabrication française, ce fut l’Arme Automatique type 52 fabriquée par la Manufacture d’Armes de Châtellerault.

La Mitrailleuse Darne Modèle 1933

Ces armes avaient été préférés à la mitrailleuse Darne Modèle 1933 qui pourtant était plus économique, fonctionnait à bande depuis les années 20, et qui fonctionnait tous aussi bien.

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Construites par un armurier de Saint-Étienne, réputé pour ses fusils de chasse de prestige, les mitrailleuses Darne continuent à faire débat. De conception moderne, autorisant une fabrication à très bon marché et de ce fait largement exportées, ces armes semblent avoir présenté cependant un manque récurrent de fiabilité et de robustesse qui devaient limiter leur rôle dans l’Armée de l’Air à celui d’une solution de transition.

Rapidement abandonnées par l’Armée de l’Air au profit de la MAC mle 34 de Châtellerault, les Darne devaient être stockées ou cédées à la Marine dont elles équipaient les appareils en 1940.

C’est essentiellement à l’exportation que les Établissements Darne vendront les 11000 exemplaires produits entre 1921 et 1939. Le prix exceptionnellement bas -700 francs l’unité au début des années 1930- tenait à une conception très moderne et de fabrication simple, avec en particulier des pièces en tôle emboutie qui anticipaient sur la technique de fabrication des MG42 et AA52.

Le véritable échec de ces armes tient au fait qu’en près de 20 ans de développement, par défaut de lucidité, d’application et de continuité, mais surtout de moyens, on n’ait jamais réalisé les renforcements et mises au point qui auraient assuré fiabilité et endurance à ces matériels de conception fondamentalement saine.

La Cartouche de 7,5 mm Modèle 1929

Ce type de cartouches avait été normalisé à partir de 1929 pour remplacer les cartouches de 8 mm « Lebel » lequel avait une cartouche plus conique, ce qui rendait sont utilisation difficile dans une arme automatique moderne.

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Arme utilisée sous les ailes des T-6 ainsi que sur les MS "Vanneau" et les SIPA, en montage sur supports fixes, les bandes étant positionnées à l'intérieur des ailes. Les armuriers rechargent les MAC 52 (AA 52) avec des bandes de cartouches de 7,5.

En Mars 1935, « le Comité du Matériel, à l’unanimité, propose l’achat de 200 mitrailleuses Browning de 7.5 mm ».

Autres Armements et Munitions

Durant les années 1930, la Belgique a acheté des mitrailleuses lourdes Hotchkiss modèle 1929/30 afin de constituer une composante anti-aérienne légère. Suite à des tests concluants, la Belgique a également décidé d’équiper certains de ses blindés légers, comme le T13 et le T15, avec la mitrailleuse Hotchkiss de 13,2 mm, à l’instar du Renault AMR-35 français. La munition de 13,2 mm avait des performances assez convaincantes pour devenir une arme anti-matériel légère. Elle était capable de percer 25 mm d’armure à 100 mètres et 16 mm à 500 mètres, mettant ainsi en danger immédiat les blindés à roues et les Panzer I et II à courte distance.

La Mitrailleuse AA 52

La mitrailleuse AA 52 (ou MAC 52) fut donc conçue et développée en raison des retombées directes des campagnes d'Indochine du début des années cinquante. Cette arme fonctionne à culasse non verrouillée. La percussion de la cartouche déclenche évidemment l’action de projection de la balle, et la réaction provoque le recul de la masselotte et l’extraction-éjection de l’étui percuté, l’action se répète tant que la détente est actionnée.

Ce système déjà utilisé par les pistolets-mitrailleurs notamment les Sten et les MAT 49, mais avec des cartouches courtes, devenait plus difficilement réalisable avec les cartouches type 1929, et la mise au point fut assez délicate. L’arme était simple et relativement légère et pouvait donc aussi servir d’arme pouvant tirer à la hanche.

Par la suite l’AA 52 fut modifiée pour tirer des cartouches OTAN de 7,62. Cette version calibrée à 7,62 mm est la AA 7,62 NF-1.

La Mitrailleuse Browning M2

D'une portée de 1,8 à 7,4 kilomètres, la cadence de tir théorique de la mitrailleuse M2 varie entre 450 et 550 coups par minute, tirant des munitions se déplaçant à une vitesse de plus de 930 m/s. Cette mitrailleuse mesure approximativement 1,63 mètre et pèse 38,1 kilos auxquels s'ajoutent plus de 17 kg pour une bande de munitions et 20 kg pour un trépied M3.

La M2 a longtemps été équipée d'une paire de poignées à l'arrière de l'arme et d'une détente en forme de V qui doit être pressée avec les deux pouces pour déclencher le tir.

L'Évolution des Canons d'Avion

Divers canons de 37 mm ont été montés sur avion pendant la Grande Guerre, en particulier en France où Marc Birkigt, directeur technique d’Hispano-Suiza, avait mis au point le principe du moteur-canon. En Novembre 1923, la Commission de Versailles est chargée « de déterminer les effets destructeurs sur des éléments d’avion de projectiles simplifiés de 20, 25 et 30 mm de calibre».

La perspective de voir se généraliser le blindage des appareils conduisit l’aviation allemande à s’intéresser à un canon de 20 mm développé par Reinhold Becker. Construit trop tardivement pour entrer en service avant l’armistice, cette pièce dont le développement fut transféré en Suisse à la SEMAG, puis à la Société Oerlikon, devait constituer le standard des canons d’aviation pour les 25 années à venir.

Tandis que l’Allemagne adoptait le type FF, développement du modèle léger, Hispano Suiza produisait sous licence sous l’appellation de type 9 le modèle S plus puissant, tout en engageant l’étude d’un modèle perfectionné. L’objectif de Birkigt n’était pas seulement d’améliorer les performances, mais surtout de s’affranchir des brevets Oerlikon et donc du paiement de redevances.

La Cartouche 7,62x54 mm R

Parmi les cartouches les plus emblématiques et durables de l’histoire de l’armement, le 7,62x54 mm R occupe une place de choix. Développée à la fin du XIXᵉ siècle pour l’armée impériale russe, cette munition a traversé plus d’un siècle d’évolutions technologiques, de guerres mondiales et de changements géopolitiques.

À l’origine, la cartouche utilise une ogive ronde qui était courante pour l'époque. Pendant la Seconde Guerre mondiale, diverses variantes ont vu le jour, y compris des cartouches avec des projectiles perforants, traçants, incendiaires et à blanc, adaptées à des usages spécifiques.

Une caractéristique notable de cette cartouche est l’utilisation généralisée de l’étui en acier, introduit par l’Union soviétique pour réduire les coûts de production et les besoins en matières premières stratégiques comme le laiton.

Tableau Récapitulatif des Mitrailleuses et Munitions

Mitrailleuse Calibre Fabricant Période d'Utilisation
MAC 34 7,5 mm Manufacture Nationale d'Armes de Châtellerault Années 1930
Darne Modèle 1933 7,5 mm Établissements Darne Années 1930
Hotchkiss modèle 1929/30 13,2 mm Hotchkiss Années 1930
AA 52 7,5 mm (puis 7,62 mm OTAN) Manufacture d’Armes de Châtellerault Après-guerre
Browning M2 12,7 mm Divers Années 1930 et suivantes

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