Les premières mitrailleuses sont apparues en France à la veille de la guerre de 1870.
Mal utilisées pendant le conflit, elles ont fait l’objet par la suite de nombreux développements qui se sont concrétisés au début du XXe siècle par l’adoption timide et limitée d’un engin très performant développé par la société Hotchkiss.
Dans le même temps, soucieux de préserver les intérêts de l’état (sic), on développe dans les arsenaux une arme médiocre qui ne parvient pas à s’opposer, ni en qualité, ni en quantité face aux mitrailleuses Maxim mises en œuvre par les Allemands en 1914.
On tente alors de remédier au problème en réintroduisant la mitrailleuse Hotchkiss, qui conduira nos troupes à la victoire et qu’on retrouvera faute de mieux en 1939.
Après la guerre, on utilise des armes anglaises et surtout américaines, avant de mettre en service un matériel français en 1952. Celui-ci est maintenu en service jusqu’à nos jours.
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Suite à la disparition programmée des moyens de production nationaux, voulue par une politique de défense partisane et néfaste aux intérêts du pays, on la remplace depuis peu par la MAG de F.N. Enfin de l’artillerie légère moderne !
La Marine nationale a acquis auprès de la société américaine Dillon Aero des mitrailleuses multitubes M134.
Ce système dispose de six affûts couplés de 7.62mm capables de tirer 3000 coups par minute.
Bien que non télé-opéré et nécessitant donc un servant, on imagine que l’arrivée du Dillon M134 est vivement appréciée par les marins français, contraints jusqu’ici de se contenter, pour la défense à très courte portée, de vieilles « sulfateuses » du type AN F1 datant des années 60…
Eprouvé dans de nombreuses forces armées terrestres, aériennes et navales (notamment l'US Army et l'US Navy), le système américain, plus puissant et précis, renforce significativement l’autoprotection des bâtiments, notamment contre les menaces asymétriques, comme les attaques d'embarcations rapides.
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Les premières unités françaises équipées sont les frégates du type La Fayette (deux Dillon par bâtiment), pour lesquelles ce système pourrait se révéler très utile lors de leurs déploiements au large de la Somalie dans le cadre de la lutte contre la piraterie.
L’emploi du Dillon pourrait ensuite se développer sur d’autres plateformes, comme les bâtiments de projection et de commandement, pour lesquels la marine souhaite un renforcement de l’autoprotection.
Rapidement après l’invention de la poudre sans fumée à la fin du 19ème siècle, la France va chercher à développer et à adopter une mitrailleuse.
L’arsenal de Puteaux propose alors sa mitrailleuse qui fonctionne par prélèvement de gaz à la bouche du canon mais les résultats ne sont pas bons car l’arme n’est pas fiable.
La Manufacture d’Armes de Saint-Etiennes va reprendre la mitrailleuse de Puteaux et changer le système d’emprunt de gaz.
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L’arme est produit par la Manufacture d’Armes de St-Etienne qui en produit environ 30 000 et également par la Manufacture d’Armes de Châtellerault qui en fabrique 11 000 exemplaires.
Au cours de la guerre en 1916, on modifie la mitrailleuse 1907 qui devient la mitrailleuse 1907T T pour « transformée ».
Parmi les modifications apportées à l’arme on trouve de nouveaux organes de visées avec des points lumineux et une hausse graduée jusqu’à 2300, un nouveau régulateur de gaz réglable et un système de guidon articulé par une sorte de potence.
En effet, on avait remarqué qu’avec l’échauffement l’arme perdait en précision à cause de la différence de dilatation des métaux entre le guidon et le radiateur.
La mitrailleuse modèle 1907 va être fabriquée jusqu’à 1917 et malgré la volonté de l’état-major de ne pas avoir recours à des mitrailleuses conçues par des entreprises privées, ce modèle 1907 va être supplémenté par la mitrailleuse Hotchkiss 1914.
Les mitrailleuses d’Aviation “Darne”.
D’une conception absolument nouvelle, les Armes de chasse fabriquées par les Etablissements DARNE ont été inventées, perfectionnées, brevetées, par M. Régis Darne.
Elles se sont imposées d'elles-mêmes, chacune faisant sur le terrain de chasse, un véritable prosélytisme.
A la fondation en 1881, le personnel (Cadres et Ouvriers) était de 4. En 1895, il était de 25. Dix ans après, de 50. En 1914, de 100. En 1925, de 125. En 1955, il est de 230.
Près de 100 sortent de notre propre Ecole d'Apprentissage. Près de 50 se sont vu décerner la Médaille d'Honneur du Travail.
En 1915, le Gouvernement Français ayant demandé à l'Industrie Française d'assurer dans des délais d'urgence, la fabrication en série de mitrailleuses d'Aviation d'invention anglaise, seul, M. Darne (1) avait osé entreprendre cette fabrication complexe et délicate, dont la mise en œuvre était réputée demander de très longs délais.
Il avait ainsi pourvu, par les moyens les plus rapidement improvisés, à l'armement des Avions Français.
Au cours de la fabrication, ayant compris la nécessité d'apporter à l'arme automatique de guerre, bien imparfaite, les mêmes profondes réformes qu'il avait apportées à l'arme de chasse, il y avait rencontré le même succès : la Mitrailleuse DARNE, adoptée par plusieurs Gouvernements, s'est imposée malgré les concurrences les plus puissantes.
En France, elle a été adoptée pour armer l'Aviation de la Marine de Guerre.
En mai 1940, elle a eu l'honneur d'être citée à l'Ordre de la Nation, pour l’excellence de ses services et l'abondance ultime donnée à la production.
Le 18 juin 1940, les Etablissements DARNE choisirent spontanément de rendre inutilisables, ou d'anéantir les outillages spéciaux de cette fabrication.
Depuis, ils consacrent leurs puissants moyens industriels, constamment rénovés, au perfectionnement et à la fabrication des seules Armes de Chasse.
Montage d'une mitrailleuse DARNE modéle 1933 en tourelle sur Chance-Vouht 156 de l'Aeronautique Navale française, ce montage était équipé d'un système de visée avec une palette qui modifie le point de visé en fonction du vent relatif.
« A l'issue de la première guerre mondiale, l'armement des chasseurs français consistait en deux mitrailleuses Vickers de 7,7 mm qui furent conservées sur tous les types de monoplaces jusqu'en 1934.
En 1918, ces armes étaient pourtant déjà jugées périmées, avec leur poids de 18 kg et leur cadence de tir n'excédant pas 550 coups par minute.
Le programme élaboré par la Section Technique de l'Aéronautique Militaire avant la -fin de cette guerre demandait aux -futures mitrailleuses d'être capables de tirer 2.200 coups par minute tout en n'excédant pas un poids de 12 kg (exigence précise : 1.100 coups par 6 kg).
Un certain nombre d'armes très avancées avaient alors atteint le stade des essais : - mitrailleuse Chambon (2 tubes, mue par le moteur) ; - mitrailleuse Jossand (3 tubes, mue par le moteur) ; - mitrailleuse Laribe (7 tubes alimentés par chargeurs successifs de 7 coups groupés en bandes). - mitrailleuse Outra (1 tube, alimenté par barillet).
La paix revenue, un souci d'économie fit abandonner, puis oublier des armes dont les principes de fonctionnement furent repris pour certaines des plus brillantes réussites d'aujourd'hui (canons bitubes Hugues, canons multitubes Vulcan, canons à barillet Mauser, DEFA, etc.).
Il fallut donc se contenter de la Vickers puis, plus tard, d'une arme purement française essayée en 1918 : la Darne de conception classique.
« Dessinée d'origine pour une adaptation aisée (à divers types de munitions, la Darne fut rapidement modifiée pour tirer la nouvelle cartouche de 7,5 mm, mais elle se heurta alors à la concurrence d'armes nouvelles spécialement conçues pour l'utiliser.
En attendant, la Darne modèle 1919 fut adoptée comme mitrailleuse d'« appoint » et achetée en quantités relativement faibles.
Nombre d'avions de cette période furent équipés pour recevoir, à la demande, deux Darne tirant hors du champ de l'hélice pour renforcer la paire classique de Vickers synchronisées (chasseurs Dewoitine, Wibault, Gourdou-Leseurre, etc.).
Ceci ajoutait 2.400 ou 2.600 c/mn aux 1.100 permis par les Vickers seules, donc triplait la puissance de feu.
Cet avantage ne semble pas avoir beaucoup impressionné les tacticiens de l'époque car les Darne ne furent que rarement installées en unités.
Après avoir offert vainement à l'Armée de Terre un fusil-mitrailleur (modèle 1929) rival du célèbre FM.
24/29 de Châtellerault, Darne réussit à faire adopter une mitrailleuse d'avion (modèle 1933) tirant la cartouche de 7,5 mm.
Durant les années 1934-1936, elle fut installée sur de nombreux types d'avions, dont les monoplaces Dewoitine 500 (dans les ailes seulement, en début de série, puis également comme armes synchronisées).
Les utilisateurs se plaignirent de nombreux cas d'enrayage principalement dus, semble-t-il, à l'alimentation ou à l'extraction.
Il s'agissait d'un problème d'adaptation arme/munition qui aurait dû pouvoir être résolu mais la Mac 1934 apparaissait alors et l'Armée de l'Air préféra standardiser celle-ci.
Après 1936, peu d'avions de première ligne étaient encore armés avec des Darne.
Il y a toutefois lieu de signaler que la Marine les utilisa jusqu'à la fin de la guerre s'en sans plaindre outre mesure.
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