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Cet article explore le fonctionnement et l'évolution des mitrailleuses à chargeur rond, en mettant en lumière des modèles emblématiques et leur utilisation à travers l'histoire.

La Tommy Gun : Une arme de gangsters

John T. Thompson, colonel de l’armée américaine, était fier de son invention : un pistolet-mitrailleur d’une redoutable efficacité qu’il surnommait « le balai des tranchées ». Mise au point en 1917, cette arme particulièrement bien adaptée à la guerre de position n’eut guère l’occasion de sévir pendant la première guerre mondiale.

Elle connut néanmoins un rapide succès auprès des militaires, des policiers et, aussi, des malfrats, parmi lesquels le prometteur Alfonso Capone (1899-1947), jeune chef d’un gang spécialisé, prohibition oblige, dans le trafic d’alcool. La mitraillette Tommy Gun, ainsi baptisée en hommage à son créateur, pèse jusqu’à 5 kilos et ne brille pas par sa précision, mais elle fait merveille lors des braquages et des règlements de comptes.

Si Al Capone dote ses hommes de cette arme, c’est aussi parce qu’elle impressionne, surtout lorsqu’elle reçoit un chargeur circulaire, dit « camembert », qui lui permet de cracher ses 100 cartouches en une dizaine de secondes.

Le 14 février 1929, dans un garage désaffecté de Chicago, des hommes déguisés en policiers utilisent deux de ces pistolets-mitrailleurs pour tuer sept hommes, préalablement alignés face contre le mur, appartenant au gang de George « Bugs » Moran, dit « Le Branque », un caïd d’origine française.

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Restée dans les annales comme « le massacre de la Saint-Valentin », cette tuerie fait grand bruit. Elle offre à Capone une notoriété inédite et, accessoirement, les pleins pouvoirs sur la contrebande d’alcool dans la ville.

Mitrailleuse Reibel MAC31A2

La mitrailleuse Reibel MAC31A2 est une autre arme notable utilisant un chargeur rond. Il existe des boitiers neufs de mitrailleuse Mle 1931 en version A1.

La version A2 est vraiment la version légère et pour continuer les divers essais de transformation de la type C en FM avant guerre mais sans suite, c'est à partir de 1946 que ce projet à revu le jour avec la A2 car sans la contrainte du poids du chargeur tambour de la A1 (ou de la type C) qui tentait à alourdir la machine d'un seul côté avec pour seul compensateur la poignée puisque l'arme était équipée d'un bipied.

L'Évolution des Pistolets-Mitrailleurs en URSS

Au lendemain de la Première Guerre mondiale et de la révolution d’Octobre, la place du pistolet-mitrailleur fut longuement débattue au sein de la toute jeune Armée Rouge. Ici comme dans la plupart des autres nations, le constat que l’arme de poing n’apporte rien de plus qu’une capacité de défense personnelle et que le fusil d’infanterie n’est pas adapté au combat rapproché fût rapidement établi.

Le fusil d’infanterie (encore quasi-exclusivement à répétition manuelle) se taille encore la part belle de l’équipement du fantassin du monde entier. La munition des armes de poing est perçue par beaucoup comme « trop faible » pour un usage militaire. En URSS aussi, la tentation de la cartouche intermédiaire est déjà présente.

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Ainsi, le premier PM de conception locale testé cette même année par les Soviétiques est l’œuvre de Fedor Tokarev. L’auteur Russe D.N. Bolotin rapporte à ce titre que F. Tokarev n’envisagea pas la conception d’un PM avant que les travaux de Fedorov soient arrêtés : il semblait évident au concepteur du TT-33 que la solution qui s’imposerait serait celle explorée par le vénérable Fedorov, c’est-à-dire celle d’une arme remplissant le vide entre l’arme de poings et le fusil d’infanterie !

Cette première arme sera suivie par une arme proposée par V.A. Degtyarev (en 1929), S.A. L’arme de Degtyarev est très inspirée par la production de son FM DP, récemment adopté. On y trouve des similitudes de construction et même un chargeur circulaire plat par-dessus lequel la visée est prise !

L’évaluation des 4 armes (celles de Tokarev étant évaluées dans chaque calibre) fut lancée en 1930. Aucune arme n’apportant totalement satisfaction, les concepteurs sont renvoyés à leur planche.

Le 11 février 1931, 500 PM Tokarev en calibre 7.62×38.5 seront tout de même commandés pour des essais en corps de troupe. De son côté, V.A. Degtyarev repense complètement son arme, en abandonnant les réminiscences du DP-28. Il en résulte une arme au dessin plus conventionnel pour un PM.

C’est finalement cette arme qui sera adoptée par l’Armée Rouge sous l’appellation Pulmet Pistolet Degrtyarev 1934 ou PPD-34 (Pistolet Mitrailleur Degtyarev 1934). L’arme ne donna pas entièrement satisfaction et fut modifiée en 1938 pour devenir la PPD-34/38. Ces armes utiliseront un chargeur tambour de 71 coups avec un long « cou », source de nombreux enrayages.

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Le 15 Février 1940 - soit un mois avant la fin de la guerre d’hiver - une dernière mouture de l’arme de Degtyarev est adoptée : le PPD-40. Celui-ci introduit le chargeur tambour sans « cou » similaire à celui employé sur la PPSh-41.

PPSh-41 : Une arme de masse

Née en 1897, Georgiy Semenovich Shpagin travailla à Kovrov où officiaient également Fedorov et Degtyarev. G.S. Shpagin est présenté par l’auteur Russe D.N. Bolotin comme une personne particulièrement concernée par les problématiques de productivité et avant-gardiste en la matière.

La simplicité mécanique semblait être au coeur de sa créativité…un trait finalement très commun chez les concepteurs soviétiques qui est sans doute inspiré par la doctrine soviétique ! Le début des années 1940 marquera un tournant dans l’utilisation de la tôle pliée et de la soudure électrique.

Cette même année, l’arme de Shpagin va être confrontée au PPD-40 et à une arme conçue par Boris Shpitalniy. Cette dernière, sans être dénuée de qualité, se révéla moins conforme aux attentes d’une arme de guerre (coût de production, simplicité d’emploi et d’entretien…).

Au terme de cette compétition, l’arme de Shpagin est adoptée le 21 Décembre 1940 sous l’appellation Pulmet Pistolet Shpagin 1941 soit PPSh-41…tout juste 6 mois avant l’opération Barbarossa. Son acronyme - PPSh - est prononcé « Pépésha » en russe, d’une façon très proche à « Papasha », un mot familier signifiant « Papa » de façon plutôt positive dans le contexte.

La fabrication de l’arme recourt donc à l’emploi de tôle pliée pour la construction d’une grande partie de ses pièces. Les tôles employées sont sensiblement différentes de celles habituellement rencontrées : elles font entre 2,5 et 3,1 mm d’épaisseur contre, le plus souvent environ 1 mm d’épaisseur sur d’autres productions, notamment plus tardives.

La PPSh-41 va également initier une construction qui fera date - car reprise sur les PPS-43 et même les AK - celle du boîtier tôle en forme de « U ». Cette approche est très novatrice en comparaison des autres PM : souvent, ceux-ci recourent à un boîtier cylindrique (MP-18, 34, 38 et 40, KP-31, Beretta M38, STEN…et bien évidemment la PPD-34/38).

Sur le PPSh-41, la culasse sera de section parallélépipédique sur sa portion inférieure et légèrement arrondie sur sa partie supérieure. Ce choix est sans doute dicté par une simplicité dans la maitrise de la mise en forme de la tôle, où une forme parallélépipédique est sans doute plus aisée à obtenir avec des tolérances convenables, qu’un boitier de section cylindrique.

La carcasse de l’arme est fabriquée en deux pièces : un boîtier inférieur et un boîtier supérieur tout deux réalisés en tôle pliée de forte épaisseur. Ils sont articulés autour d’un axe à l’avant, et verrouillés par un crochet actionné par un poussoir à l’arrière.

Le boîtier inférieur accueille la culasse, le système de mise à feu, la crosse et le puits de chargeur, dont les spécificités sont très étroitement liées à la PPD-40…et quelque part au KP-31 ! Rendons à Cesar, ce qui est à César ! Le boîtier supérieur accueille le canon et les organes de visée. Sa partie avant se prolonge en grille de protection (poinçonnée de nombreuses ouvertures oblongues destinées au refroidissement) et se termine par un large dispositif de bouche.

Ce dernier, orientant les gaz vers le haut et sur les côtés, officie en tant que frein de bouche et compensateur de relèvement. Le boîtier inférieur attire tout particulièrement l’attention : ses formes complexes témoignent d’une conception réfléchie.

Le choix d’une tôle de forte épaisseur est probablement lié à la nature de l’acier, de qualité moindre (quelques signes d’usure en témoignent). Ce qui se gagne ici en économie de matière « précieuse » se paie en matière de poids. En effet, le PPSh-41 sans chargeur accuse les 3,875 kg à notre balance…plus lourd qu’un AK-47 Type 3 à crosse fixe…3,8 kg, lui aussi sans chargeur…oui, une des deux variantes à boitier forgé / usiné !

Le boîtier du mécanisme de mise à feu est également réalisé en tôle. Sur 17 pièces constitutives, seules 3 sont usinées : la gâchette, la détente et le séparateur. Il s’agit des pièces soumises à des contraintes mécaniques : choc, frottement. Cela demeure une performance, surtout pour un dispositif qui propose un tir sélectif.

De même, le boîtier inférieur n’accueille que deux pièces usinées : l’éjecteur (riveté) et le crochet de chargeur. La culasse est forgée puis usinée. Ses flancs sont évidés pour faciliter sa circulation dans le boîtier de culasse en présence de corps étrangers.

L’arme dispose d’un amortisseur de culasse. Réalisé dans un matériau fibreux vulcanisé, celui-ci est destiné à éviter une usure prématurée du boîtier inférieur par la brutale mise en butée de la culasse à chaque tir.

Ainsi, à l’entrée en guerre de l’URSS, l’arme n’est clairement pas à « maturation ». Il en va ainsi de la quasi-totalité des armements mis en service : il est toujours nécessaire de faire des ajustements. La PPSh-41 ne fera pas exception : mais ces ajustements se feront dans un contexte particulier celui d’une entrée en guerre pour le moins prématurée.

Dans ces dimensions, le PPSh-41 reste une arme d’infanterie « longue » et lourde. Avec 842 mm de long, il est moins de 30 mm plus courts qu’un AK-47…à crosse fixe !

Au cours de l’année 1942, c’est une mouture plus apte qui est mise en production. La plupart des modifications ne sont pas directement palpables par l’utilisateur (épaisseur des tôles, dimensions de certaines pièces). En revanche, l’adoption d’une hausse basculante à deux positions en lieu et place de la hausse tangentielle précédemment rencontrée témoigne d’une rationalisation du concept d’emploi.

L’arme va être rapidement mise en production en Union Soviétique. Dans un premier temps, elle va être produite dans plusieurs usines, recourant notamment à la technique de la sous-traitance. La plupart de ces usines n’étaient pas initialement dédiées à la production d’armement.

Les Mitrailleuses d'Aviation

À la fin de la guerre, l'armée française était équipée de divers matériels, anglais, américains, français d'avant-guerre, et même allemands. Certains, comme les chasseurs d'origine US étaient armés de mitrailleuses de 12,7 mm ou, comme par exemple les Corsair, de canons de 20 mm. Les plus anciennes armes, d'origine française, étaient les mitrailleuses MAC 34 d'un type destiné à l'aviation, dérivé d'une arme MAC 1931 de "casemate".

Dès le début des années 30, l’alimentation de ces armes par ces « camemberts » empêchait le tir de longue rafale et nécessitait le changement des chargeurs, ce qui était évidemment impossible sur les monoplace. Il en restait encore un certain nombre en bon état et qui pouvaient encore servir.

Ce type de cartouches avait été normalisé à partir de 1929 pour remplacer les cartouches de 8 mm « Lebel » lequel avait une cartouche plus conique, ce qui rendait sont utilisation difficile dans une arme automatique moderne. La mitrailleuse d'aviation modèle 1934 a été construite pour l'aviation par la Manufacture Nationale d'Armes de Châtellerault (MAC).

La conception est dérivée de celle du fusil-mitrailleur modèle 1934 (qui ne sera pas fabriqué en série). La mitrailleuse MAC 34 tire des cartouches de 7,5 mm modèle 1929 C à balle légère. La cartouche à une longueur 76 mm et un poids environ 24 g.

Tableau Récapitulatif des Mitrailleuses

Mitrailleuse Chargeur Calibre Utilisation
Tommy Gun Circulaire ("camembert") .45 ACP Militaire, Police, Gangsters
Reibel MAC31A2 Rond (tambour) 7.5mm Militaire (Française)
PPD-40 Tambour 7.62x25mm Tokarev Armée Rouge
PPSh-41 Tambour ou chargeur à boîte 7.62x25mm Tokarev Armée Rouge
MAC 34 Circulaire ("camembert") 7.5 mm Aviation Française

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