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Des figures du banditisme régional se retrouvent fréquemment dans le collimateur de la justice, comme en témoignent diverses affaires survenues ces dernières années. La présence d'armes de guerre, notamment la Kalachnikov, est un élément récurrent de ces affaires, illustrant une escalade de la violence et une sophistication accrue des réseaux criminels.

Opérations policières et découvertes d'arsenaux

Une vaste opération menée le 11 août par la brigade des stups de la Direction territoriale de police judiciaire (DTPJ) de Montpellier a conduit à la découverte de 48 kg de cocaïne dans une propriété de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard). Au cours de l'opération, trois personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. L'affaire a ensuite donné lieu à la désignation d'un juge d'instruction de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille.

C'est pratiquement à une scène de film à laquelle les policiers de la BRI sont confrontés le 7 février 2023, quand ils interpellent un groupe de suspects à Ribaute-les-Tavernes, près d’Alès. La BRI, une unité d’élite de la PJ de Montpellier. Nuit noire, mouvements de voitures volées, hommes cagoulés, les policiers d’élite se doutent que quelque chose se trame. À la vue du manège qui se déroule devant leurs yeux, ils décident de passer à l’action. Ils découvrent plusieurs individus en planque dans des véhicules volés. Ils sont pour la plupart armés lourdement, l’un d’eux est arrêté avec un pistolet automatique et vêtu d’un gilet pare-balles, un autre suspect est porteur d’une Kalachnikov.

Un autre homme est localisé un peu plus loin alors qu’il tente de s’enfuir et de sauter un mur. Il est finalement cerné par la BRI de Montpellier. Il aurait braqué un pistolet Glock en direction des policiers, mais s’est résolu à le jeter à terre face des enquêteurs ultra-armés qui lui ont ordonné de lâcher son arme. Au total, six individus seront interpellés et placés en garde à vue. Les suspects sont mis en examen pour association de malfaiteurs et détention d’armes de guerre.

L’enquête mettra au jour aussi une maison louée comme servant de base de repli aux suspects. Un nombre d’armes de guerre qui colle étrangement avec des conversations retrouvées sur un téléphone portable et notamment une photo envoyée à l’un des suspects (le 25 janvier 2023) et sur laquelle figure sept Kalachnikov (Kalach) dont une qui est dorée. Ce qui donne lieu à un échange hallucinant entre deux hommes à propos de la “Kalach” dorée. L’interlocuteur répond "tu veux charcler avec style ".

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Trafic de drogue et règlements de comptes

Si le soir des faits, le 7 février 2023, il n’y a eu aucun tir à Alès ou même à Nîmes, deux suspects présentaient des traces résiduelles de tirs. La piste d’une possible fusillade en préparation émergera des investigations avec un passage à l’acte possible au niveau du point de deal de Pissevin, l’un des plus lucratifs de Nîmes.

L’enquête a conduit finalement à la mise en examen de sept suspects qui se défendent avec force d’avoir voulu monter une opération commando. Le juge d’instruction a décidé de renvoyer en correctionnelle sept suspects pour association de malfaiteurs et détention d’armes de guerre. Ils sont suspectés d’avoir tenté de commettre un crime ou un délit : armés jusqu’aux dents, maison louée comme base arrière, voitures volées…

Il ressort qu’un commando armé était sur le point de passer à l’acte. Des dissensions fortes entre l’ancien "patron" de Pissevin, un baron de la drogue, et ses anciens adjoints, auraient changé les rapports de force dans le quartier quand cet homme a été incarcéré. Pour reprendre le secteur de la galerie Wagner, et organiser des répliques armées, des alliances auraient été scellées avec des trafiquants du Mas de Mingue, des équipes qui étaient elles-mêmes en guerre avec les trafiquants du Chemin-Bas-d’Avignon. Une alliance aurait même été scellée avec des trafiquants de Marseille.

La thèse d’une forte présence d’équipes de Marseille semble se dessiner assez nettement à la faveur de plusieurs procès d’assises à Nîmes en 2024 où le rôle des Marseillais a été évoqué à plusieurs reprises dans deux dossiers : l’un de meurtre, l’autre de tentative de meurtre. Le motif ? L’argent. En effet, le point de deal installé aux abords de la galerie Wagner et dont le périmètre change parfois au gré des descentes de police est l’un des plus lucratifs de la ville.

À Nîmes, sept ou huit points de deal, répartis au Mas de Mingue, Chemin-Bas d’Avignon, Pissevin et le quartier des Jonquilles (qui a fait l’objet d’une descente de police en début de semaine dernière avec l’opération baptisée San Marco) généreraient près de 80 000 euros par jour, soit 2,2 millions d’euros par mois soit 26 millions d’euros par an. Un spécialiste nuance toutefois ces estimations.

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De son côté, la justice marseillaise a confirmé qu’une "équipe lourdement armée" avait été interpellée avant de passer à l’action avec certains suspects qui sont potentiellement "concernés" par les répliques des tirs de Pissevin.

Exemples concrets et affaires récentes

Jeudi, un cinquantenaire d’Alès a été condamné par le tribunal d’Alès. C’est une opération de police de grande ampleur qui a mené, presque par hasard, jusqu’à Monsieur D. S. Tout commence par une opération dans le quartier des Promelles. Celle-ci est menée par des effectifs de CRS, les agents de la police municipale d’Alès et des fonctionnaires du commissariat. Après avoir constaté une transaction suspecte de stupéfiants, les forces de l’ordre décident de faire intervenir la brigade cynophile. Le chien "marque" rapidement devant un appartement : celui du prévenu. La perquisition révèle un fusil de chasse à canon scié, un fusil d’assaut américain de type M16 avec les munitions. Le tout, prêt à l’emploi. On trouve aussi 500 € en liquide et des traces de cannabis.

Mais aussi 200 g de cannabis dont la forte odeur a attiré l’attention des agents ? "Ce n’est pas un trafic de Chupa Chups, mais d’armes de guerre ! Les pratiques marseillaises se développent ailleurs qu’à Marseille", a fustigé l’avocat général Hervé Poinot. L’avocat général a aussi pointé cette tendance relayée par la commission d’enquête sénatoriale sur le trafic de drogue : "le trafic se féminise de plus en plus" a-t-il lancé.

Lundi soir, un Nîmois de 22 ans a été tué par une rafale de fusil d’assaut dans le quartier de Pissevin. Le SRPJ de Montpellier est chargé de l’enquête. Foudroyé par une rafale de kalachnikov, un Nîmois de 22 ans a perdu la vie lundi soir dans le quartier de Vacquerolles. La scène se passe d’abord dans le quartier de Pissevin peu après 20 h. Selon les premiers éléments de l’enquête, une camionnette blanche s’approche au niveau de la voiture et en quelques secondes, un homme, visiblement le conducteur, ouvre le feu avec un fusil d’assaut et tire à plusieurs reprises en direction du passager.

Les faits sont survenus ce mardi 29 août 2023 avant minuit. Une cinquantaine d'étuis retrouvés. Les faits sont survenus mardi soir 29 août peu avant minuit, à l'angle de la rue Jean Franco et de la rue Jacques Balmat. Les policiers ont été appelés dans le secteur pour des coups de feu et une personne blessée. Les premiers éléments relevés sur place font état de deux individus qui seraient descendus d'une voiture armés d'armes lourdes de type Kalachnikov et ils ont tiré en direction d'un véhicule stationné.

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Ce Montpelliérain âgé de 27 ans a toutefois été reconnu coupable de violences et de détention d’arme de guerre. Toujours selon sa déposition, il dit avoir été retenu contre son gré pendant une semaine pour une dette de plusieurs milliers d’euros. Craignant de lourdes représailles, il a finalement pris le risque d’alerter la police. "Je reconnais la détention de cette arme.

Concernant la séquestration, il y a trop de flou. Trop d’éléments qui peuvent entraîner le doute pour entrer en voie de condamnation. En revanche, la détention de la kalachnikov avec ses 210 munitions ne fait aucun doute. Le prévenu, au casier judiciaire faisant déjà état d’une dizaine de condamnations, a finalement été relaxé au bénéfice du doute pour les faits de séquestration.

Mises en scène et diffusion de la violence

Plusieurs opérations du banditisme local, commises ces derniers jours à Nîmes, ont été filmées et diffusées. Le phénomène de ces mises en scène des violences inquiète. Ces jours derniers à Nîmes, plusieurs vidéos ont été signalées et diffusées sur les réseaux sociaux. Elles concernent plusieurs opérations punitives sur fond de règlement de comptes en lien possiblement avec le narcotrafic.

Récemment, une vidéo a circulé sur internet et elle concerne des violences commises dans le secteur du Chemin-Bas-d’Avignon vendredi 24 janvier et l’on voit plusieurs individus visages masqués qui débarquent vêtus de noir à proximité d’un commerce où se trouvent des jeunes gens. L’un des membres du commando filme avec un téléphone portable et l’on distingue plusieurs jeunes qui sont molestés violemment.

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