Envie de participer ?
Bandeau

Le Mac 50, ou plus exactement le "Pistolet Automatique modèle 1950", appellation réglementaire, est une arme emblématique de l'histoire militaire française. Au programme de cet article : le Mac 50 ! Un véritable monument de l’armurerie française que j’ai manipulé des centaines de fois dans mon échoppe.

Sa longévité témoigne de sa conception fiable, de son entretien simplifié et de son adaptation aux besoins des forces pendant plus de 60 ans. Aujourd’hui encore, il suscite l’intérêt des collectionneurs et passionnés d’armes historiques françaises.

Historique et Conception

Le pistolet semi-automatique Mac 50 est né dans les ateliers de la Manufacture d’Armes de Châtellerault (MAC) et de la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS). À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, l’armée française est équipée de nombreux pistolets et revolvers différents.

On retrouve encore en Indochine des pistolets Ruby ou des revolvers 1892 qui datent de la Première Guerre mondiale, mais aussi les PA1935A et S fabriqués en France avant et après l’invasion. Au milieu de cela, s’ajoute des Luger P08 ou P38, récupérés durant le second conflit mondial, mais aussi fabriqués brièvement par la France lorsque l’usine de Mauser, à Oberndorf, était occupée jusqu’en 1947.

Dans les années suivant la Seconde Guerre mondiale, l’armée française devait composer avec une multitude d’armes de poing aux calibres et mécanismes variés. Cette diversité compliquait l’instruction, la logistique et l’approvisionnement.

Lire aussi: Meilleures munitions 9mm

Il fallait uniformiser le matériel et surtout les munitions. Deux choix auraient pu être fait : continuer de fabriquer et d’utiliser les PA1935, ou au contraire partir sur la fabrication en France des P38 à partir des machines Mauser. Le souci dans le cas de l’usine Mauser c’est qu’elle a dû être détruite en 1948, sous la pression soviétique.

Concernant les PA1935, leur problème provient de leur cartouche : le 7,65 long. L’armée de 1940 était équipée du pistolet-mitrailleur MAS38, dans le même calibre, il était donc logique d’avoir le pistolet aussi en 7,65 long. Cependant, après 1945, les choses sont différentes : les Sten MkII et MP40 sont largement utilisées, cela se voit bien sur les photos en Indochine, par exemple.

Cumuler des pistolets dans des calibres divers comme le 8mm92, le 7,65 browning ou le 7,65 long, cela complique considérablement la logistique. Il semble donc plus logique de rester sur le 9mm Para (9x19), calibre bien répandu, déjà utilisé dans les pistolets-mitrailleurs et parfaitement apte au service dans une arme de poing.

Dès 1946, un cahier des charges est établi et c’est vers 1950 que sont testés différents pistolets, de la MAT (Tulle), de la MAS (Saint-Etienne), mais aussi de la SACM (Société Alsacienne de Construction Mécanique) et de SIG (Neuhausen, en Suisse). Pour ce dernier, rien d’étonnant puisque le PA1935A a été conçu par un Suisse, et on voit tout de suite que l’allure générale du P210 (ou P49) est très proche.

C’est le pistolet de la MAS qui a été retenu pour être adopté définitivement le 16 août 1950. Sa désignation officielle est bien “Pistolet Automatique de 9 mm modèle 1950” comme on peut le voir sur les manuels d’époque. Inspiré des modèles 1935S et 1935A, il en reprend la simplicité mécanique tout en y apportant des améliorations. Le projet est validé officiellement en 1950, d’où son nom.

Lire aussi: Pourquoi Choisir le .357 Magnum ? Analyse Complète

Il faudra attendre juin 1953 pour que les premiers pistolets sortent de l’usine de … Châtellerault ! En effet, si le pistolet a bien été conçu par la MAS, c’est la MAC qui l’a fabriqué jusqu’en 1961. D’où le nom si bien connu de “MAC50”, car Châtellerault a bien mis ses initiales sur la glissière.

La Manufacture d’armes de Châtellerault fabriquera 221 900 exemplaires de mars 1953 à juin 1963 avant que la production ne soit reprise par la Manufacture d’armes de Saint-Étienne qui en fabriquera 120 000 de novembre 1963 à avril 1978. En tout, plus de 340 000 exemplaires ont été fabriqués.

Le MAC50 est le dernier véritable pistolet réglementaire conçu et fabriqué en France. Sa durée de service est exceptionnelle et il a connu la quelque centaine d’OPEX entre son adoption et les années 2000, que ce soit en Algérie, au Tchad, au Liban, en Irak et même en Afghanistan.

Caractéristiques Techniques

Le Mac 50 dispose de plusieurs particularités techniques qui le rendent unique. Le Mac Modèle 1950 est un pistolet semi‑automatique à action simple (single action) avec certaines particularités.

Voici ses principales caractéristiques :

Lire aussi: Tests Munitions 44 Magnum

  • Calibre : 9 mm Parabellum (9×19 mm)
  • Capacité : 9 cartouches + 1 en chambre
  • Poids : environ 860 g à vide
  • Longueur : 195 mm (canon : 111 mm)
  • Mode de tir : semi-automatique, simple action
  • Sécurité : levier de sûreté sur la glissière, sécurité de chargeur
  • Visée : hausse fixe et guidon fixe
  • Principe de fonctionnement : court recul du canon par action directe des gaz permettant le mouvement vers l’arrière de la culasse éjectant l’étui vide du coup parti, le retour vers l’avant s’effectuant grâce à la décompression du ressort récupérateur, chambrant à nouveau un coup complet prélevé sur le chargeur contenu dans la poignée. L’arme est pourvue d’un arrêtoir de culasse la maintenant ouverte en position arrière au dernier coup.

Sa culasse reste en position ouverte lorsque le chargeur est vide, signalant clairement qu’un rechargement est nécessaire. Ce qui distingue le Mac 50 des autres pistolets militaires de son époque, c’est sa triple sécurité : blocage du percuteur, levier de sûreté et sécurité de chargeur.

D’un point de vue technique : rien de révolutionnaire sur le MAC50. Il fonctionne par court recul du canon, exactement comme un Colt 1911. On retrouve les biellettes sous le canon. Cependant, il dispose d’une platine amovible dans la poignée, qui le rend très facile au démontage. Il n’y a pas non plus de “bushing” à l’avant de la glissière. Le démontage est plus simple que cela.

Il suffit de retirer le chargeur, basculer la culasse vers l’arrière jusqu’à relever manuellement l’arrêtoir et enfin de venir pousser sur le côté droit de la carcasse le bouton de l’arrêtoir. Le canon a un traitement de surface noir mat. Le canon n’est pas numéroté mais porte en dessous l’inscription 18-86, dont j’ignore la signification.

Utilisation et Entretien

Dès 1953, le MAC 50 remplace le revolver modèle 92, les MAS 35, PA 35A et autres Colt 1911 dans l’Armée et la gendarmerie, et les P38 chez les CRS. On le met en dotation dans la pénitentiaire et certains services de la police nationale (DST, PJ, RG et PAF).

Le MAC-50 est resté en service pendant plusieurs décennies. Il a équipé l’armée française durant les conflits de décolonisation, la guerre d’Algérie, les opérations extérieures (OPEX) et bien d’autres missions. On le retrouvait également dans les rangs de la gendarmerie et de la police nationale.

L’entretien du Mac 50 est relativement simple grâce à sa conception robuste. Sa platine amovible facilite grandement le nettoyage et les opérations de maintenance. Un point important concernant la robustesse du MAC50 : comme toute mécanique, elle a ses limites.

Le pistolet est endurant, c’est vrai, mais n’oublions pas que certains exemplaires ont longuement servi, parfois à une époque où il n’y avait aucune distinction entre les munitions de MAT49 et de pistolet.

Les Mac 50 étaient généralement livrés avec un étui en cuir, une baguette de nettoyage et un chargeur supplémentaire. Ces accessoires d’origine sont aujourd’hui recherchés par les collectionneurs. Si vous envisagez d’acquérir un Mac 50, soyez attentif à l’état du canon et des rayures.

Les exemplaires disponibles aujourd’hui proviennent généralement des surplus militaires et leur état peut varier considérablement.

Le Mac 50 Aujourd'hui

À partir de la fin des années 1980, il est peu à peu remplacé par le PAMAS G1 (copie française du Beretta 92), puis par le Glock 17 à partir de 2020. Malgré cela, certains exemplaires sont restés en dotation jusqu’à récemment.

Bien que remplacé par des modèles plus modernes comme le PAMAS G1 (version française du Beretta 92) dans les années 1990, le Mac 50 continue d’occuper une place spéciale dans le cœur des amateurs d’armes françaises. Dans mon armurerie, je vois régulièrement des tireurs sportifs qui préfèrent le Mac 50 pour les compétitions de Tir aux Armes Réglementaires (TAR). Pour cet essai, nous n’avons malheureusement pas de cible à présenter, mais l’exemplaire essayé tient le 8 de la C50 à 25m, ce qui est très honorable.

Par rapport au SIG Sauer P226 qui l’a progressivement remplacé dans certaines unités, le Mac 50 présente un design plus rustique mais une fiabilité comparable. Avec sa course de détente de seulement 3 mm et un poids de départ d’environ 2,5 kg, le Mac 50 permet une précision honorable.

Le Mac 50 représente une époque où la conception d’armes privilégiait la robustesse et la simplicité d’entretien plutôt que la capacité ou l’ergonomie.

Réglementation

Classé en catégorie B-1 selon la réglementation française, le Mac 50 est accessible aux tireurs sportifs et collectionneurs sous certaines conditions strictes.

Anecdotes et Témoignages

Et bien que ce soit une arme que j'apprécie et avec laquelle j'ai toujours très correctement tiré (toujours plus de 90 sur 100 à 25m), on a un peu honte lorsque l'on croise des militaires alliés avec des armes bien plus modernes. C'était un plaisir à démonter-remonter pour le nettoyage…

Par expérience de l’arme au cours d’un service en Gendarmerie assez fugace, le tir au Modèle 1950 n’avait pas été très agréable… Se retrouver au pas de tir avec cette arme était donc fait sans attentes particulière, sauf celui d’être déçu… En réalité, cette re-découverte, après plusieurs années de pratique du tir sportif, a été un véritable plaisir ! Le premier point positif est comme mentionné : son équilibre. L’arme est bien proportionnée et tient bien en main. Les plaquettes noires et striées sont certes simples, mais épousent bien la main avec leurs formes arrondies.

Beaucoup de personnes se sont plaints que le chien venait leur mordre la peau qui venait se positionner à l’arrière. Le bouton d’éjection du chargeur est facilement accessible avec le pouce de la main droite, et le chargeur sort sans aucune difficulté. La sûreté reste assez particulière avec ce levier qu’il faut basculer vers le haut, faisant pivoter une platine qui n’empêche pas le chien de s’abattre, mais qui l’empêche d’atteindre le percuteur. La prise en main pour le tir à deux mains est bonne. Les organes de visées sont par contre fixes, dommage que le guidon ne puisse pas être déplacé au latéral, ne serait-ce que pour corriger un éventuel défaut. Quant à la détente de l’exemplaire essayé, la course est assez courte, mais lourde et filante.

Un pistolet également exporté

Le MAC Modèle 1950 n’a pas seulement été utilisé par la France. Il a été fourni à plusieurs pays alliés ou partenaires dans le cadre de coopérations militaires, principalement en Afrique francophone (Côte d’Ivoire, Gabon, Maroc, Algérie, etc.). Sa simplicité et sa robustesse en ont fait un choix durable dans des contextes logistiques parfois complexes.

Comparaison avec d’autres armes de poing françaises

Modèle Capacité Calibre Remplaçant
MAC Modèle 1950 9 + 1 9 mm Parabellum PAMAS G1, puis Glock 17
MAS 1935S 8 7,65 mm Long MAC 1950
PAMAS G1 15 + 1 9 mm Parabellum Glock 17

tags: #meilleure #munition #pistolet #mitrailleur #MAC #50

Post popolari: