Le frère aîné du célèbre Small Magazine-Lee-Enfield (MKIII), est parfois un peu oublié par les films et les reconstitutions. Mais c’est aussi qu’il est infiniment plus rare. Pourtant il n’y a qu’à regarder les photo d’époque pour se rendre compte que sur le front de l’ouest comme sur celui d’Orient en 1914 la proportion de Long Lee, comme ils furent surnommés, est impressionnante.
En effet si le concept de short rifle ou de fusil universel était révolutionnaire, cela ne mettait en rien au placard sa version standard qui possédant le même canon et le même mécanisme et qui n’avait point tant à rougir de ses 12 cm supplémentaires. Dans bien des cas et sur bien des terrains, la différence était minime.
Très très peu de ces Lee-Enfield MK I et MK I (*), la toute première version de la vaste famille, ont survécus aux affres de XXème siècle. Il est aussi l’un des membres de la famille Lee-Enfield qui s’est le plus battu partout et qui portera les leçons des précédentes moutures. Ceci explique sans doute aussi cela. Avec aussi l’extrême petit nombre de l’armée britannique de cette époque (environ 180.000 hommes avec les officiers réparti sur tout le globe).
L’histoire d’amour de la Grande Bretagne avec ces fusils à magasin LEE commence en 1878, avec James Paris Lee (1831-1904), un ingénieur écossais qui comme Ulysse fit un beau voyage, dépassant les colonnes d’Hercule pour atteindre Illion dans le Connecticut puis s’en revenir un jour chargé de gloire et de succès parmi les siens. Cet homme aux mille vies, brillant inventeur, est à l’origine de quelque chose de bien banal aujourd’hui mais qui était loin d’être une évidence pour ses contemporains.
En effet, si le verrou avait fait ses preuves dans des conversions à chargement par la culasse de vieux fusils Springfields pendant la guerre de Sécession, la combinaison du mécanisme à verrou et « d’une boîte mettant des cartouches en pile imbriquées à la verticale et mues vers le haut par un ressort » ne semblait pas tellement supérieur aux systèmes de magasins tubulaires que l’on retrouvait sur les Winchester, Vetterli et autre Kropatschek.
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Lors des tests de 1885, il fut d’abord sagement décidé de tester séparément le mécanisme à verrou de celui à répétition. Ce choix d’une munition américaine pour les tests peut sembler étonnant au premier abord. Il en résultat de très bons scores pour le magasin Lee (pas encore Enfield - celui que vous voyez sur notre fusil de ce jour) qui était confronté à une sorte de chimère composée d’un Martini-Henry muni d’un chargeur latéral (système Harston) et dont les cartouches devaient être approvisionnée par gravité !
Lorsqu’il est adopté, en 1888, le premier fusil à magasin Lee, Le fusil Magazine Lee-Metford (culasse Lee, canon Metford) est une véritable figure de proue de la modernité. Personne n’a vu jamais une culasse aussi fluide et agréable. Avec son système de verrouillage vers l’avant, elle restera quasi-inchangée jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale ! Son secret réside dans le rail de guidage qui se situe sur son flanc droit et qui guide la tête de culasse.
A la manière du Krag-Jorgensen 1892, il n’y a qu’un seul tenon de verrouillage situé à l’arrière du boîtier. Ce système de verouillage est simple, efficace et permet un tir à une cadence soutenue qui sera une des marques de fabrique de la longue famille des armes anglaises à chargeurs Lee. En effet, l’armement se fait à la fermeture après l’avoir reculée le levier de seulement…. 9cm ! Cela peut paraître aujourd’hui une évidence, mais cet ancêtre de toutes nos armes modernes, était prévu à l’origine pour se recharger en « changeant de magasin » plutôt que d’avoir à le recharger par clip.
Si les recherches des britanniques en matière de poudre sans fumée étaient déjà bien actives avec des rechargements de gros express africains à base de poudre « nitro », la nouvelle poudre cordite se distinguait en étant trois fois plus puissante que sa prédécesseur mais, surtout, en montant bien plus haut en pressions et en températures. Contrairement aux canons des G88 des soldats prussiens du petit fils de la Reine Victoria, récemment couronné Kaiser Germanique, les fusils britanniques n’explosaient pas, eux mais leurs rayures s’usaient à vitesse grand »V ».
Rincés à la vitesse de l’éclair. Nos modernes 6,5 Creedmore passeraient presque pour des timides ! Phénomène encore plus dommageable dans une armées de tireurs d’élite où on entrainait tous les hommes à mettre dans le mille tout en étant capable d’enchainer 30 coups à la minute !
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Le constat était là : canon de type Metford à 8 rayures octogonales, encensé pour la poudre noire, ne se prêtait pas du tout à l’usage de la nouvelle poudre cordite britannique. L’arsenal d’Enfield résolut partiellement ce problème en revenant à des rayures traditionnelles. En Novembre 1895, le fusil Lee renaissait sous le doux nom de Magazine Lee-Enfield MK I.
Dans sa grande bonté, Maître Flingus vous épargnera la demi-douzaine de déclinaisons de sûretés, de hausses pour tir en salve (voley sight), grenadières, baguette et autres systèmes d’approvisionnement par clip, et autres présents sur cette arme en 40 ans de carrière bien remplie. Jusqu’en 1926 très exactement. Le Lee Enfield MkI(*) en plus du I, est apparu en 1899 et ne se distingue de son prédécesseur MK I tout court que par un tenon de baïonnette modifié qui ne reçoit pas de baguette de nettoyage et d’aide à l’extraction des étuis. Il est identique au modèle MKI de 1895 en ce qui est du retour de la sûreté sur la noix de culasse et sa hausse.
Le fusil short magazine Lee-Enfield mark3 est une évolution du fusil culasse à verrou Lee-Metford adopté par l’empire britannique en 1889. Il avait la particularité d’avoir un magasin chargeur conçu par Lee qui révolutionnait ce qui se faisait à l’époque, notamment les magasins tubulaires de type Spencer, Henry ou Kropatschek.
Suite à la guerre contre les boers en Afrique du Sud et les enseignements tirés de cette guerre, l’empire britannique décide de raccourcir le Lee-Metford pour devenir le Enfield SMLE en 1903 comme fusil universel pour tout l’empire. Viendrons des améliorations en 1907 et 1916.
En plus, l’arme fonctionne dans un très bon calibre de guerre et de chasse (les deux activés ne sont jamais très loin l’une de l’autre) - le 303 British. Nombre de tigres et d’éléphants de l’Empire lui doivent un départ prématuré pour un monde meilleur.
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Notre MK III est donc une arme d’avant guerre, faite pour former d’excellents tireurs dans une toute petite armée professionnelle (officiers sans fusil compris) et pas tous fantassins. L’arme est donc une excellente arme de tir. Elle aussi est très moderne comparée aux concurrents allemands et français car elle est courte.
L’arme est aussi doté sur le coté droit de la culasse du fameux “Cut-off “, recherché par les collectionneurs ou “arrêtoir de chargeur”. Une fois engagé, ce dispositif “fermait” le chargeur par le dessus pour obliger le tireur à ne chambrer qu’au coup par coup afin…d’éviter le gaspillage de munition ! On peut toutefois le désengager pour une petite “minute de folie” sur une troupe de prussiens agités évidemment.
Notre rare Lee Enfield MK III (outre le cut-off et la hausse de précision) est aussi équipé d’un dispositif encore plus fou, le “Volley Sight”, coté gauche de l’arme cette fois, et qui n’existe plus non plus sur le MKIII(*). Une volée de balle partait dans le ciel et retombait sur l’ennemi en pluie comme les flèches d’Azincourt en 1415 !
Avec tous ces raffinements, notre Lee Enfield MK III coutait fort cher à produire. 3£75 par fusil. Une fortune pour le gouvernement de Sa Majesté assez près de ses sous à l’époque !
Ce modèle simplifié devint le Lee Enfield Mark III “étoile” ou “MKIII (*)” et les marquages de modèle sur la poignée furent modifiés en conséquence - 99,99% des Lee Enfield MKIII furent transformés au standard MKIII (*) pendant et encore après la guerre et portent cette mention à la jonction de poignée sous le levier d’armement.
Les SMLE Lee Enfield restés au standard MKIII tout court, c’est à dire dans leur configuration de août 1914 avec Cutt-Off et Volley Sight, sont désormais très très rares.
Le fusil avait très bonne réputation, suite aux améliorations des conflits précédents, toutes les améliorations ont permis à l’empire Britannique de participer à la première guerre mondiale jusqu’à son dénouement avec un fusil solide, de grande contenance et très précis. Pendant près d’un siècle, les fusils Lee-Metford et Lee-Enfield ont été les acteurs de l’histoire contemporaine sur tous les continents.
Les Lee-Metford, premiers fusils à répétition de petit calibre adoptés par l’armée britannique, commencèrent à s’illustrer aux mains des soldats de Lord Kitchener au Soudan contre les troupes du Mahdi, puis en Afrique du Sud contre les Boers. Entre les deux guerres mondiales, les Lee-Enfield participèrent aux missions de maintien de l’ordre en Inde et au Moyen-Orient.
Une version modernisée, appelée « fusil N° 4 », fut adoptée en 1926, mais ne fut réellement mise en production qu’à partir de 1940. Elle participa glorieusement aux campagnes de libération de l’Europe avec les soldats de l’Empire britannique avant d’être parachutée en masse aux mouvements de résistance européens, ce qui explique qu’il n’est pas rare d’en découvrir encore aujourd’hui dans certaines granges françaises.
Le mécanisme le mode d’alimentation et le type de canon de ces armes dérivent de ceux du Long Lee-Enfield de 1892. Par la suite, diverses versions seront adoptées jusqu’en 1892 (MkI*, Mk II et carabines).
Cette année là, l’adoption d’une nouvelle poudre en bâtonnets : la Cordite, contraignit à remplacer le canon de type Metford, qui s’usait trop vite avec ce type de poudre par un canon doté d’un nouveau type de rayures, mis au point à l’arsenal d’Enfield. L’arme prend alors le nom de Lee-Enfield (Rifle magazine Lee Enfield.303"), couramment apelé "long lee Enfield " et d’un aspect extérieur identique au Lee Metford.
En 1901, commencent des essais en vue de l’adoption d’une arme plus courte, dotée d’un large embouchoir, sur lequel le tenon de baïonnette est indépendant du canon. Long Lee Enfield : Le fusil long lee enfield, identique extérieurement au Lee metford : catégorie D.
Les Lee Enfield ont servi l’armée britannique, et ses nombreux dominions, de 1895 à 1957.
Le Lee Enfield était le fusil à verrou le plus rapide de son époque. Le record du monde, toujours à battre à ce jour, pour un tir avec un fusil à verrou est détenu par le Lee Enfield et un instructeur de tir britannique - le sergent instructeur Snoxall - qui, en 1914, mit 38 coups dans une cible de 300 mm de large (12?) à 270 m (300 yards) en une minute avec son MKIII.
En plus, l’arme fonctionne dans un très bon calibre de guerre et de chasse (les deux activés ne sont jamais très loin l’une de l’autre) - le 303 British. L’arme est donc une excellente arme de tir. Elle aussi est très moderne comparée aux concurrents allemands et français car elle est courte. Une autre nouveauté pour l’époque.
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