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Le fusil Chassepot, adopté en 1866, représente une avancée technologique majeure, marquant un cap dans l’industrialisation militaire. La fabrication des canons se fait à partir de brut en acier fondu et non plus en acier forgé. Ce procédé rentable pour des fabrications de masse nécessite des moyens industriels importants.

Le Sabre-Baïonnette Modèle 1866

Le sabre-baïonnette modèle 1866 pour fusil Chassepot est un élément emblématique de l'armement français du XIXe siècle.

Fabrication et Marquages

Certaines baïonnettes Chassepot ont été fabriquées à Mutzig en 1868. La première baïonnette pouvait être attribuée à un fusil et numérotée avec le même numéro sur la croisière que sur le fourreau. D'autres n'étaient pas numérotées, mais portaient des marquages au dos de la lame et des poinçons de réception, indiquant qu'elles étaient destinées au remplacement et stockées dans les armureries régimentaires.

Les lames étaient marquées d’un petit poinçon de contrôle qualité et de la marque d’acceptation militaire appelée Contrôleur Poinçons (tampons des contrôleurs). Il y avait trois types différents de marques d’acceptation utilisées : Directeur de Manufacture, Contrôleur Généraux Principaux et Contrôleur de 1ère, 2ème et 3ème Classe.

Utilisation et Évolution

Les sabres-baïonnettes Chassepot sont restés longtemps en dotation, même après l'arrivée du modèle Gras 1874. La majorité des modèles 1866 que l'on trouve ont leur fourreau bronzé. Le fourreau du sabre-baïonnette modèle 1866 n'a été bronzé qu'après février 1883, pour les baïonnettes destinées aux mousquetons Gras, aux carabines de gendarmes à pied Gras et pour celles de la série Z.

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Cette baïonnette « dite ergonomique », avec son système de fixation innovant, permet au militaire d’utiliser qu’une seule main, lors de la mise en place sur l’arme. La lame au départ de section ronde était rendue cruciforme par forgeage à chaud, c’était pour l’époque une innovation. Sa conception est le résultat d’études réalisées au cours de la guerre civile américaine et la guerre franco-prussienne qui a démontré que les sabres-baionnettes de type Chassepot modèle 1866, sauf dans des mains d’experts, étaient rarement efficaces en cas de combat rapproché.

Le fourreau utilisé avec les premières baïonnettes à soie courte est en tôle d’acier reliée par brasure, ce mode de fabrication a été utilisé jusqu’en 1893. La poignée de cette variante, modifiée à partir de mai 1890, est maintenue à la soie grâce à un écrou à deux ergots. La lame d’aspect identique au modèle à soie courte est munie d’une soie longue avec extrémité filetée.

Le fourreau utilisé avec la baïonnette à soie longue, peut être en tôle d’acier brasée ou à partir de 1893 fabriqué par emboutissage ceci afin d’améliorer la solidité du corps. En 1903, est publiée au BMO une circulaire relative à l’utilisation de rivets de fourreaux de trois tailles différentes afin de compenser l’ovalisation des trous lors de la remise en état (jeu) du ressort.

Il arrive de rencontrer des baïonnettes modèle 1866, 1886-15 dont la lame a été raccourcie aux alentours de 35 cm. Dans la majorité des cas, ces armes raccourcies sont des armes qui ont été appointées, fournissant ainsi un poignard de tranchée fort convenable.

Le Fusil Chassepot et le Fusil Remington

Après le désastre de Sedan et le siège de Metz, la France avait virtuellement perdu la guerre. L'Empire s'est effondré. Décision est aussitôt prise de faire fabriquer des baïonnettes pour ces armes en utilisant des pièces de baïonnettes de Chassepots.

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Le Fusil Gras

Adopté en 1874, le fusil Gras fut la première arme d’épaule adoptée par l’armée française à utiliser une cartouche métallique 11 mm qui était en laiton et à percussion centrale. Le fusil Modèle 1874 était en fait une transformation relativement simple du fusil Chassepot modèle 1866 en arme à cartouche métallique.

Cette transformation avait été proposée par le commandant Basile Gras en 1873 et acceptée en 1874. Des dizaines de milliers de fusil Chassepot furent transformés en fusil Gras (le modèle 1866-1874), en sus des fusils Gras neufs de manufacture qui furent fabriqués à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires (450 000 environ).

Le sigle M80 désigne les fusils Gras qui ont subi une très légère modification de la boîte de culasse par création d’une saignée, et de la tête de culasse (agrandissement de l’échancrure en regard de la saignée du boitier) afin de mieux protéger le tireur en cas de rupture d’étui et d’échappement des gaz.

Le fusil Gras a subi une dernière modification en 1914, pour pallier le manque d’armes, consistant en un changement de canon afin de pouvoir tirer la munition 8 mm Lebel. Deux variantes existent. La plus courante est celle réalisée avec un canon de Lebel, mais il existe également une variante recanonée avec un canon de fusil Berthier. Les deux types d’armes ont une hausse légèrement différente. Les armes portent alors normalement le marquage supplémentaire M14.

Les armes du système Gras comprennent outre le fusil, la carabine de cavalerie, la carabine de gendarme à pied, la carabine de gendarme à cheval, le mousqueton d’artillerie. La carabine de gendarme à cheval est identique à celle de cavalerie.

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L’empereur Ménélik II, souverain avisé, a décidé de moderniser son armée en acquérant en secret une petite quantité de fusils Chassepot modifiés en modèle Gras 1874 auprès de marchands français à Djibouti, avant 1885. Lors de l’invasion italienne en 1885, les fusils système 1874 Gras ont contribué à la victoire éthiopienne contre les Italiens en 1896.

Au début des années 1920, sous la gestion de l’impératrice régente, l’Éthiopie a acquis un nombre conséquent de fusils Gras 1874 de surplus. Ces armes ont été distribuées aux troupes paramilitaires éthiopiennes sous l’autorité de l’empereur. Elles ont été utilisées lors de l’invasion italienne de 1935, puis dans les actions de guérilla à partir de 1937 jusqu’à la victoire finale.

Il s’agit d’un fusil monocoup à culasse à verrou, tirant une munition lente de gros calibre à poudre noire. Ces fusils comportaient un marquage spécifique en alphabet éthiopien guèze au niveau du tonnerre.

La Naissance du Fusil Gras

Au 19ème siècle, la Manufacture d’arme de Châtellerault a fait évoluer les armes en dotation pour passer du silex à la percussion et pour aboutir finalement au système à chargement par la culasse mis au point par Antoine Alphonse Chassepot.

Au paravent, une tentative de cartouche avait été réalisée par Monsieur Brunéel modifié par Poncharra. Son principe fut retenu. Il était basé sur la base d’un fusil modèle 1822 modifié pour l’utilisation d’une cartouche comprenant un étui comportant la balle, la poudre et l’amorce dans une pièce en bois.

La Manufacture royale de Maubeuge commença la fabrication d’une arme pour l’utilisation de ce nouveau procédé qui limitait les manipulations et rendait le chargement de l’arme plus rapide. C’est l’explosion d’un stock de cartouches en 1938 qui a mis fin à ce projet. La nouvelle munition amorcée était jugée trop dangereuse.

Les années suivantes furent consacrées au développement des armes à percussion type 1840 - 1842 - 1842 T - 1847 - 1853 - 1857.

En 1858 Le Général Arcelin créa un mousqueton à percussion et à chargement par la culasse. L’Empereur Napoléon en ordonna la fabrication de 108 pièces pour dotation à titre d’essais aux Dragons de l'Impératrice, au premier Régiment de Carabiniers et au premier Régiment de Hussards. Le système de fermeture de la culasse bien que très efficace avait pour principal défaut son manque d’étanchéité aux gaz de combustion vers l’arrière.

L’arme était dangereuse pour le tireur et sera retirée du service le 8 juin 1858. Le système Arcelin avait vécu mais Chassepot qui avait participé à sa mise au point et qui connaissait bien le principe a proposé l’adjonction d’une rondelle en caoutchouc qui, sous la pression des gaz se dilatait et assurait l’étanchéité. Cela deviendra le système Chassepot, 1er type 1858 et 2e type 1862.

Ce 19ème siècle était riche en conflits armés ; la guerre de Sécession en Amérique, les guerres prussiennes avec le Danemark et l’Autriche ont toutes démontrées l’efficacité des armes à chargement par la culasse et à cartouche amorcée. Chassepot n’a pas abandonné son idée de cartouches amorcés, malgré la défaite des Autrichiens, le 3 juillet 1866, qui pourtant étaient équipé du fusil Dreysse. Il prendra comme base de départ ce fusil à aiguille Dreysse et y adaptera sa cartouche et son système d’étanchéité ce qui donnera un fusil largement supérieur en portée, en précision, en vitesse de tir, au fusil autrichien.

Napoléon III fit passer une commande de 500 fusils Chassepot à la Manufacture de Châtellerault pour des tests concurrentiels avec les fusils Favé et Plumerel. Le fusil Chassepot dit du "camp de Chalons", qui utilisait une cartouche amorcée en papier, démontra sa supériorité et fut adopté le 30 août 1866.

Au lendemain de la guerre de 1870, une commission fut créée pour faire un bilan d’utilisation de l’arme et de sa munition. La cartouche en papier fut jugée, à l’usage, trop fragile pour une utilisation militaire de plus elle encrassait la chambre car le papier ne brûlait pas entièrement. La commission fut chargée d’étudier une arme à cartouche métallique.

En 1874 la commission adoptera un modèle présenté par le capitaine Gras. Il s’agissait d’un fusil Chassepot dont la culasse et la chambre étaient adaptées pour l’utilisation d’une cartouche métallique. Le principe d’étanchéité vers l’arrière était basé sur l’élasticité de la douille en laiton. Ce fusil se nommera le Gras 1874.

Quatre versions seront créées :

  • Le fusil d’infanterie longueur 1,310 m.
  • La carabine de cavalerie plus légère, plus courte (longueur 1,170 m) avec un levier d’armement coudé. Elle ne sera pas prévue pour l’usage avec baïonnette et n’aura donc pas de tenon ni de directrice.
  • Une variante, la carabine de gendarmerie qui sera équipée de deux types de fixation de baïonnette différents : soit pour la baïonnette quadrangulaire de la gendarmerie à cheval, soit le sabre-baïonnette modèle 1866 de la gendarmerie à pied.
  • Le Mousqueton d’artillerie 1874 plus court que la carabine (longueur 0.995 m)

Le fusil Gras 1874 aura une première modification en 1880 consistant en l'agrandissement et l'approfondissement de la rigole d'évacuation des gaz sur la tête mobile ainsi que la création d'une rainure dans la boîte de culasse pour protéger le tireur en cas de rupture de la douille.

Enfin quelques modèles 1874 seront modifiés en 1914 pour tirer la nouvelle munition réglementaire française de 8 mm à poudre sans fumée utilisée sur le Lebel et plus tard sur le FM chaussat.

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