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Le maire de Phalsbourg (Moselle), Dany Kocher (MoDem), a pris un arrêté interdisant l'utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD) sur sa commune, pour la manifestation des gilets jaunes. Cet arrêté, bien que symbolique, s'inscrit dans un contexte de polémiques et de préoccupations croissantes concernant l'usage de ces armes par les forces de l'ordre.

Contexte et Justification de l'Arrêté

Dany Kocher s'appuie sur la requête du Conseil de l'Europe de suspendre l'usage du LDB, et sur une critique de la Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU. Cette dernière demandait le 6 mars dernier "une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d'usage excessif de la force".

Outre les mises en garde d'instances internationales, plusieurs manifestants ont dénoncé des tirs à la tête, certains ont été éborgnés. Plus de 13.000 tirs de LBD ont été enregistrés depuis le début du mouvement des gilets jaunes en novembre, et 83 enquêtes concernant des tirs de cette arme controversée sont en cours, a annoncé jeudi Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministre de l'Intérieur.

Un Acte Symbolique

"C'est un arrêté symbolique, légalement je n'ai pas d'autorité sur les gendarmes", a expliqué à l'AFP Dany Kocher (sans étiquette). "Le maire n'ayant pas autorité sur les gendarmes, l'arrêté n'est bien entendu que symbolique", précise David Dufresne, ajoutant: "La Préfecture peut demander au Maire de le retirer, de l'attaquer ou... de laisser faire."

Ce maire avait déjà pris position dans le mouvement des gilets jaunes. En février dernier, il avait refusé de participer au déjeuner à l'Élysée, proposé par le président de la République à 170 élus du Grand Est.

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Les LBD et la Polémique

Les armes de catégorie B regroupent notamment les lanceurs de balle de défense (LBD) commercialisés notamment sous le nom de Flashball et de LBD40, et les pistolets à impulsion électronique, souvent appelés Taser du nom du principal fabricant. Leur utilisation est censée permettre « une riposte graduée et proportionnée à des situations dangereuses » mais, dans de nombreux cas d’utilisation, la question de la proportionnalité des moyens utilisés par la police nationale a été au cœur des polémiques.

La multiplication des incidents met au jour la dangerosité et la banalisation de ces armes. Elles servent comme moyens offensifs pour la dispersion des attroupements et manifestations.

Réactions et Enquêtes

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes à la mi-novembre, les forces de l'ordre ont procédé à plus de 13 000 tirs de balles de défense, a indiqué jeudi Laurent Nuñez. L’IGPN a par ailleurs indiqué avoir fait l’objet de 265 saisines judiciaires depuis le début du mouvement.

Appels à l'Interdiction et Réflexion sur le Maintien de l'Ordre

Le 7 décembre dernier, environ 200 personnalités, dont des élus de gauche, des sociologues, des historiens et des écrivains ont appelé à cesser « immédiatement l’utilisation des LBD en manifestation ». La France est un des rares pays de l’Union européenne à utiliser des armes dites « sublétales » causant de graves blessures (et la seule par exemple à utiliser des grenades explosives face à ses manifestants).

En ce sens, il apparaît urgent d’engager une réflexion et de s’appuyer sur les modèles existants chez nos voisins européens, dans les pays nordiques par exemple, où la doctrine de maintien de l’ordre repose sur la désescalade, et où la relation entre la police et la population est basée sur une recherche de confiance.

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tags: #maire #moselle #interdiction #flashball

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