Le loup est un des sujets qui divise le plus dans nos territoires. Dans notre édition de mardi, nous évoquions le fait qu’il a été capturé, en image, près d’une bergerie de Châteauroux-les-Alpes au lendemain d’une attaque survenue à proximité, grâce à un « piège » photographique. Si le parc national des Écrins, qui avait effectué les constats sur les lieux de l’attaque l’avait déjà attribué au grand canidé, les clichés ont confirmé.
Il s’agit donc d’un appareil photo muni d’un capteur qui se déclenche grâce à un mouvement, d’une personne ou d’un animal donc. « C’est une technologie que nous utilisons de manière assez conséquente depuis quelques années pour le loup mais aussi pour les cervidés ou encore le lynx. Il nous permet de suivre les espèces », décrypte Nicolas Jean, référent national du réseau loup-lynx à l’ONCFS.
Ces appareils peuvent être posés par l’office national de la forêt, celle de la chasse, les lieutenants de louveteries ou encore des particuliers qui en disposent. C’est aussi un outil précieux pour les amateurs de photos ou films animaliers. Pour ce qui est des appareils posés par les services de l’état « c’est selon l’opportunité », poursuit Nicolas Jean.
Les appareils photo automatiques sont surtout utilisés pour suivre l’espèce. « C’est un outil qui peut nous permettre de détecter la présence de l’animal sur un territoire ou de le dénombrer en en posant plusieurs dans des zones dont la fréquentation est déjà connue.
Le comptage des loups est devenu un enjeu. Il relève de l'ONCFS (Office National de la chasse et de la faune Sauvage), un établissement public national. Ses missions sont de recenser et dénombrer les populations animales et leurs habitats. Compte-tenu des questions majeures autour de la présence du loup, l’ONCFS déploie des moyens importants pour leur comptage, et fait montre de la plus grande rigueur possible à ce sujet, d'autant que des critiques ont pu lui être adressées quant à son objectivité.
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L’ONCFS ne suit pas que l’évolution de la population des loups. Parmi les espèces étudiées, on peut citer le hamster commun en Alsace, le castor ou encore la loutre à l’échelle du bassin versant de la Loire. L’une des méthodes employées est celle du piège photographique.
Un appareil photographique se déclenche au passage d’un animal, lequel est alors immortalisé. Les techniques atteignent aujourd’hui un haut niveau de perfectionnement : en utilisant des logiciels de traitement d’images, ils sont capables d’identifier les individus pour éviter les doubles-comptes. Le logiciel extrait des motifs du pelage du lynx pour les comparer à la base de données.
Comme le lynx (encadré ci-dessus), le loup est méfiant, et il ne se laisse pas facilement compter. L’ONCFS parvient cependant à déployer un arsenal d’outils et de techniques de pointe (voir encadré sur le lynx ci-dessus) pour évaluer la population lupine. En 2016, l’estimation donne une fourchette de 214 à 370 individus.
Après bientôt un quart de siècle de présence en France, le loup fait l’objet d’une littérature abondante de la part des biologistes comportementaux qui étudient ses déplacements, sa prédation et leurs conséquences sur ses proies. Le loup est un prédateur qui s’attaque aux grands herbivores tels que les ongulés sauvages. Les études de son bol alimentaire, en France ou en Espagne, révèlent un comportement opportuniste. Selon les individus, les territoires de chasse et les périodes de l’année, la part des petits mammifères, des ongulés sauvages et des animaux d’élevage varie très fortement.
Le loup est une espèce protégée par la convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe de 1979, ratifiée par la France en 1989, ainsi que par la directive européenne « Habitats » et par la Convention de Washington (Cites). Il figure sur la liste des mammifères protégés sur l’ensemble du territoire national.
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Le Plan national Loup est l’outil mis en place par l’État pour gérer la cohabitation entre les éleveurs et le loup, dans une optique de gestion concertée. Il est copiloté par deux services de l’État déconcentrés en région Auvergne-Rhône-Alpes : la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) et la Direction régionale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt (Draaf). Le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes est le coordinateur du plan au niveau national.
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