Candace Bushnell, née en 1958, est une auteure américaine devenue une figure emblématique de la littérature féminine contemporaine. Après des études à la Rice University, elle devient journaliste au New-York Observer.
En 1994, son rédacteur en chef lui demande d'écrire une chronique sur les aventures et les discussions qu'elle a avec ses amis. La chronique s'appelle Sex and the City, et sera transformée en série à partir de 1998.
Elle a depuis écrit d'autres romans : Four Blondes, Trading Up, Lipstick Jungle, One Fifth Avenue et des préquelles de Sex and the City, Le journal de Carrie et Summer and the City, ainsi qu'un travail plus sociologique, Sex Sirens: Female Icons and the Power of Sexuality.
Globalement, son travail est assez inégal. Certains de ses romans sont très clairement de la chick lit sans prétention.
Four Blondes est un recueil de quatre récits, centrés autour d'une femme, d'une personnalité.
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Lipstick Jungle suit presque le même format. On suit trois femmes, Victory Ford, une styliste à la mode et célibataire, Wendy Healy, la présidente de Parador Pictures et mère de trois enfants et d'un mari dépressif, et Nico O'Neilly, rédactrice en chef de l'équivalent de Vogue. Bien sûr, il arrive plein d'aventures à ces trois femmes puissantes et beaucoup de remise en question.
C'est celui qui se rapproche le plus selon moi de la chick lit classique : la vie des beaux et puissants, qui passent leur vie dans un magazine de mode. Ce livre a été adapté en une très mauvaise série appelée Lipstick Jungle, les reines de Manhattan, en 2008.
Sex and the City est vraiment très particulier. Déjà, ça ne ressemble pas du tout à la série. Il n'y a pas d'histoire construite et si Carrie est effectivement le personnage principal, les trois autres ne sont que trois personnes parmi les dizaines de socialites que Candace Bushnell fait intervenir sous sa plume.
C'est généralement très bizarre et assez glauque. Autant la vie des quatre amies de la série peut parfois faire envie, autant les descriptions de la chronique, où les gens passent leur temps à avoir des relations sexuelles à moitié consentantes sous l'effet de l'alcool et de la coke mettent mal à l'aise.
Trading Up raconte l'histoire de Janey Wilcox (la première des blondes de Four Blondes), une mannequin star dans le New-York du début des années 2000. Quand le roman commence, Janey vient d'être choisie comme mannequin vedette de Victoria's Secret - autant dire qu'elle est merveilleusement belle.
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N'ayant pas beaucoup d'argent - n'ayant jamais assez d'argent, elle se fait entretenir par des hommes avec lesquels elle passe quelques mois. Persuadée que le monde ne la reconnait pas à sa juste valeur, elle cherche à pénétrer les cercles qui se refusent à elle : d'abord celui des épouses chics de l'aristocratie new-yorkaise ; puis, une fois ce premier cercle pénétré, celui des artistes et producteurs de cinéma, etc.
Elle n'est jamais satisfaite de ce qu'elle a, toujours frustrée, comme si le bonheur se refusait à elle. Ce qui est assez surprenant dans ce roman, c'est que l'héroïne est parfaitement détestable mais malgré tout, j'ai eu une forme de tendresse pour elle.
Le monde huppé de New-York est montré d'une manière terriblement cynique. Aucun couple n'est heureux, les uns et les autres se trompent ; les femmes sont globalement des cruches superficielles ; les hommes de vieux dégueulasses qui en abusent. Chacun cherche à profiter de l'autre, et les rares personnes réellement généreuses et aimables se comptent sur les doigts d'une main.
One Fifth Avenue raconte un immeuble, sis à New-York, au n°1 de la Cinquième avenue. Bien entendu, c'est un immeuble ultra-chic. Ce roman nous raconte l’histoire d’un immeuble, celui situé au n°1 de la Cinquième avenue, New York City.
Plus glamour, ça n’existe pas. D’ailleurs, les gens qui y vivent ne s’y sont pas trompés : une actrice hollywoodienne, une journaliste reine de la Société new-yorkaise, un auteur autrefois vainqueur du prix Pulitzer maintenant scénariste de film, un auteur à succès, etc., etc., etc.
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Et ceux qui n’y vivent pas ne cherchent qu’une seule chose, et par tous les moyens (la prostitution, par exemple, ou l’étalage d’une fortune toute récente) : s’y faire un nid. Mais One Fifth a sa propre morale, et ni les milliards, ni une paire de seins chirurgicalement acquise ne sont une clé pour cet endroit doté d’une vie et d’une âme propre.
Candace Bushnell nous sert donc le prix convenu de la littérature de Chick Lit’ : les paparazzis, les paires de chaussures outrageusement chères, les soirées de gala, le sexe, le journalisme. Mais elles ne nous donnent pas que cela.
Déjà parce que ce roman ne tourne qu’autour d’une histoire d’immeubles et de copropriétaires, et que peu de choses sont aussi universellement répandues et peu glamour que les histoires avec les voisins. Qui n’a jamais espionné par la fenêtre pour découvrir le visage de la nouvelle copine du séduisant célibataire d’en face ?
Secundo, parce que Candace Bushnell porte un regard sur la société qu’elle décrit, un regard qui n’est ni tendre, ni bienveillant. Au contraire, il y a un cynisme amer dans chacune de ces pages, et c’est bien le seul roman de chick lit que j’ai lu qui parle du 11 Septembre ou de l’effondrement du marché de l’immobilier à cause des subprimes.
Dans son New-York, les gens font banqueroute, pour de vrai, des overdoses, ou se prennent des peines de prison, et rien de tout cela ne fait vraiment rire. Elle y décrit une société, la nôtre, dont les seules valeurs qui subsistent sont la fortune - et peu importe comment elle a été gagnée - et la célébrité - et là encore, ses origines ne comptent guère.
Elle décrit un monde où les plus faibles, les plus fragiles sont brisés, et donne l’impression que ceux qui subsistent sont les plus pourris, les plus corrompus et les moins estimables.
For a short time, Billy had decided that aspiration was dead, or at least out of favor. This was just after 9/11, when the cynicism and shallowness that had beaten through the lifeblood of the city was interpreted as unnecessary cruelty, and it was all at once tacky to wish for anything other than world peace, and tacky not to appreciate what one had. But six years had passed, and like a racehorse New York couldn’t be kept out of the gate, nor change its nature. While most of New York was in mourning, a secret society of bankers had brewed and stirred a giant cauldron of money, adding a dash of youth and computer technology, and voilà, a whole new class of the obscenely super-rich was born. This was perhaps bad for America, but it was good for Billy.
Évidemment réduite à ces stéréotypes, la chick lit’ a tout pour s’attirer les sarcasmes de la « vraie littérature ». Sous ce terme fourre-tout, on classe une pléiade de romans de qualité très diverse et qui cachent parfois bien leur jeu.
Pour Audrey Diwan, la Chick lit’ repose davantage sur « un arc narratif simple faisant appel à des ressorts commerciaux contemporains que sur un style« . Elle déplore que ce terme ne soit pas encore bien défini.
Lauren Weisberger, auteur de l’emblématique « Le diable s’habille en Prada », la définit pour sa part en ces termes : « Aux Etats-Unis, nous la définissons d’après plusieurs éléments: tout d’abord, il faut une jeune héroïne, jolie et intelligente, qui essaye de vivre sa vie dans une grande ville. Elle a des problèmes avec sa carrière, sa vie amoureuse et ses amis.
Brigitte Semler, responsable du service de presse des éditions Blefond (qui édite notamment Sophie Kinsella) commente : « Avant que la vague chick lit’ ne déferle avec ses couvertures illustrées bariolées désormais très typées, ces livres étaient considérés comme des romans normaux dits de comédies de mœurs contemporaines« .
Malgré que la publication n’arrive qu’à la trois-cent-soixantième page d’un roman qui en compte au total 362, deux lancements sont représentés dans Si tu t’appelles Mélancolie.
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