« On était 175 dans le quartier au temps des belles heures de l’armurerie stéphanoise. Il fallait voir ces blouses vertes qui couraient dans tous les sens. »
Aujourd’hui, ils ne sont plus que quatre, dont trois, issus de l’école stéphanoise, dans la rue des Armuriers. Ils y font un peu figure de derniers des Mohicans.
Le trio de la rue des Armuriers au 17, 23 et 25, est unanime lorsqu’il s’agit d’évoquer un métier « en chute libre ».
« Avant, on effectuait plus d’une centaine de réparations par mois. Actuellement, nous en sommes en la moitié. Quant à la fabrication, quand on a quatre commandes par an, c’est bien le bout du monde. Et une arme, cela représente en moyenne une centaine d’heures, sans compter la gravure, réalisée ensuite par un autre artisan ».
À cela, plusieurs explications dont une, essentielle : « De moins en moins de chasseurs, de gibier et de tireurs. En 2010, il y a eu plus de 600 permis en moins dans la Loire. Il ne faut pas oublier qu’une saison de chasse coûte cher, environ 1 000 euros avec le permis, l’entretien du chien et les assurances. L’arme est devenue taboue et les chasseurs sont diabolisés. Ce ne sont pourtant pas les délinquants qui viennent acheter ou faire réparer leurs armes chez nous ! »
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Autre sujet qui fâche les armuriers, une réglementation des armes très sévère : « Il est de plus en plus difficile de détenir plusieurs armes, y compris pour les collectionneurs. Chaque année apporte son lot de nouvelles obligations et paperasses à n’en plus finir. »
Pour le bon côté des choses, les trois armuriers sont parvenus à tisser des liens amicaux. Chacun avec sa spécificité, ils sont plus complémentaires que concurrents : « Il y a eu une période très critique voilà une dizaine d’années, avec des anciens qui ne raccrochaient pas vraiment et continuaient à bricoler dans leurs garages. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. »
Un point cependant les divise : le salon d’Armeville. Seul Christian Chevaly est présent : « Le salon est tombé dans les oubliettes en 98. Avec la coupe du Monde, cela faisait deux gros événements, un de trop. J’ai fait partie de ceux qui souhaitaient qu’il redémarre. Saint-Etienne demeure la capitale historique de l’arme et on est en train de se saborder. Je pense qu’il est important de montrer qu’on existe encore, même si ça me coûte plus que ça me rapporte de prendre un stand. »
Richard Chavot et Jacques Vernhet ont un tout autre discours : « 1 500 euros le stand, vous vous rendez compte de ce que cela coûte à un petit artisan ? Sans parler de gratuité, il pourrait y avoir un geste pour les petits artisans. Ce n’est pas le cas.
Originaire de Craintilleux, Maurice Forissier a passé son CAP d'armurier-équipeur à Saint-Etienne, à l'Ecole nationale professionnelle Etienne Mimard, la seule en France à l'époque à enseigner les spécialités liées au métier: équipeurs, basculeurs ou monteurs sur bois. Il travailla plusieurs années chez Verney-Carron puis chez Plotton et Barret avant que la récession économique ne le dirige, durant neuf années, vers un emploi d'informaticien.
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Pourtant, Maurice Forissier est un des grands spécialistes de l'arme, et en particulier de l'arme stéphanoise. S'il n'a pas particulièrement apprécié exercer le métier en lui-même, il est passionné par l'histoire de l'arme et par toutes les techniques, l'ingéniosité fabuleuse, toutes les pratiques artisanales et les conceptions artistiques corrélatives de leur fabrication.
"Enseigner l'histoire de l'art à travers l'histoire de l'arme, explique-t-il. C'est grâce à un concours professionnel qu'il a renoué avec le monde de l'armurerie, en devenant Responsable technique des Collections d'Armes du Musée d'Art et d'Industrie. Historien et muséologue de l'arme, il a contribué aussi à mettre en place un Brevet des Métiers d'Art en Armurerie au Lycée Fourneyron où il enseigne actuellement, concrétisant ainsi son rêve de gosse et permettant au métier de perdurer.
En 1989, il fait entrer l'Armurerie par les grandes portes à l'Université grâce à différents diplômes obtenus, dont un titre, à Saint-Etienne, de Docteur en Cultures et Civilisations du Monde Occidental. Il écrit très régulièrement des articles dans des revues spécialisées comme "Connaissance de la Chasse" et on lui doit une dizaine d'ouvrages, consacrés au fusil Darne, à l'art gravé qu'admirent les visiteurs au Conservatoire des Meilleurs Ouvriers de France ou encore la Gravure moderne de Saint-Etienne...
"L'histoire économique offre peu d'exemple d'industries qui, localisées à leurs débuts dans une région plus ou moins restreinte, s'y soient affermies avec le temps, qui, s'y perfectionnant toujours, n'aient ni émigré ni essaimé vers d'autres provinces et, au bout de plus de vingt siècles, s'y trouvent encore solidement établies dans leur berceau originel, sans rivales sur le territoire national."
Certes mais depuis les années 50 (on doit ces mots au Président de la Chambre syndicale nationale des Fabricants d'armes de l'époque), la récession économique est passée par là , qui a entrainé la fermeture de nombreuses maisons et la reconversion et qui fit que cette industrie se positionna exclusivement sur une fabrication de qualité.
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De 250 fabricants locaux en 1950, Maurice Forissier cite une trentaine d'armuriers, fabricants, réparateurs, revendeurs et distributeurs, tous confondus en 1998 sur la région stéphanoise (incluant Saint-Just-Saint-Rambert, Saint-Bonnet-le-Château...). Et encore, certaines entreprises ont depuis fermé boutique, d'autres se sont rapprochées (Gaucher avec Bretton, Demas et Verney-Carron), permettant de nouvelles productions (carabines expresses chez Gaucher-Bretton).
Le livre (250 pages abondamment illustrées, mais en noir et blanc) dresse la liste de toutes les entreprises qui ont fabriqué des armes de chasse, les manufactures et grands établissements, Mimard et Blachon bien sûr, mais beaucoup d'autres encore: Berger, Bergeron, Darne, Berthon Frères, Peugeot... Il revient avec tendresse sur tous les "compagnons et membres de la chaine artisanale" qu'il a connu et dont beaucoup se sont éteints.
" On parle toujours de Manufrance mais la somme de tous ces petits artisans était bien plus importante que le personnel de Manufrance ", rappelle l'auteur, qui ajoute que "même à l'ère de l'industrialisation, l'armurerie s'est toujours nourrie de l'artisinat et de la tradition, d'où les grandes dynasties... Demas, par exemple, est un pur produit de l'artisanat, "industrialisé" par Verney-Carron...
Petiot a travaillé plus de 20 ans dans la rue Jean-Baptiste David (ateliers des frères Picot), puis rue de la Mulatière, Bvd de Valbenoîte et rue Montesquieu. Il détaille longuement les armes marquantes (le fusil "Idéal" de la Manufacture française des Armes et Cycles, le Sirdey et Bernand, "le nec plus ultra de la production stéphanoise d'avant la guerre de 14"...) et les différents métiers de l'armurerie: basculeurs, monteurs, rectifieurs, trempeurs...
Et puis les graveurs, ciseleurs, damasquineurs qui ont fait ou continuent à faire de ces productions des chefs-d'oeuvres, en travaillant avec une minutie inouà¯e les platines et les crosses. " C'est avec l'ère de l'industrialisation, explique Maurice Forissier, que la fabrication de l'arme gravée a pris un essor considérable. Cette production qui aujourd'hui nous semble très luxueuse, était alors courante et constituait le gros de la série journalière. Et Christian Freycon, "un ami, un artiste et un génie", dit de lui Maurice Forissier.
C'est avec son ouvrage sous le bras que nous sommes allés nous balader dans le quartier des armuriers, avec l'idée simple d'aller voir quelles traces, quels souvenirs, subsistent dans le "paysage" de la production des armes de chasse. En effet, l'ouvrage en question, édité en 2005, reprend la thèse de doctorat, soutenue à la fin des années 90. Il propose en première partie une promenade dans le quartier Saint Roch, photographies à l'appui, qui met le passé en vis à vis d'une sorte d"état des lieux" au moment de sa rédaction.
Si la mine conserve à Saint-Etienne, grâce à un chevalement et deux mamelles, des signes encore gigantesques de sa gloire passée, le souvenir des anciens petits ateliers d'armuriers, voire même du commerce de l'arme, est beaucoup plus ténu, caché dans les arrières cours, invisible même pour les autres, à l'oeil du passant qui n'est pas averti.
Cependant, nous n'avons pas arpenté toutes les rues de ce quartier qui s'inscrit dans le gros quadrilatère que délimitent la place Chavanelle, Centre deux, le Cours Fauriel et les rues Michelet-Tréfilerie (Fac de lettres). Nous renvoyons le lecteur désireux d'en apprendre plus au livre de Maurice Forissier.
En réalité, deux rues seulement de ce quartier des Armuriers portent le nom d'armuriers: la rue Bouillet et la rue Jean-Claude Tissot. Jean-Baptiste Bouillet, à la demande de Louis XV, réalisa pour le dey d'Alger une arquebuse que le roi de France préféra garder pour lui. Quant à Jean-Claude Tissot (1811-1899), il fut un graveur sur armes de grand talent. C'est rue Tissot et rue de L'Epreuve qu'était situé le Banc d'Epreuve, construit par Léon Lamaizière, abandonné en 1988 et démoli en 1992. De nos jours, le Banc d'épreuve emploie plus d'une vingtaine de personnes, mais dans la zone de Molina.
Le témoin le plus probant se trouve dans la petite rue Henri Barbusse. Au n°21, au dessus de la porte, une belle sculpture en relief signée Joseph Lamberton marque l'emplacement des anciens ateliers Zavaterro, fondés en 1880 et qui fermèrent leurs portes, comme beaucoup d'autres ( Courtial, Charlin...) dans les années 1960 après avoir essaimé à Saint-Bonnet le Château. Un armurier, Mr Gaillard, aurait servi de modèle à l'artiste.
Dans cette même rue, un arc d'acier pointe sa flèche vers Chavanelle. Drôle de porte qui rappelle le jeu de l'arc, le grand jeu traditionnel stéphanois, avec la sarbacane et celui, révolu, de l'arquebuse. Chavanelle était un des lieux où se tenait, début mai, le papegai, qui consistait à atteindre un oiseau de carton, placé en haut d'une perche. Il y avait encore à Saint-Etienne, vers 1850, une dizaine de jeux de l'arc. Une rue, vers l'avenue de la République, en conserve le souvenir.
Cet arc incongru rappelle aussi à sa manière qu'avant d'être la capitale de l'arme à feu, Saint-Etienne fut celle de l'arme blanche. Au XVe siècle, arbalètes, arcs, hallebardes, lames d'épées... y étaient fabriquées. On se souviendra aussi que la Maison Balp, qui tenait son magasin cours Victor Hugo (il a fermé ses portes il y a peu), a fabriqué des modèles d'épées d'apparat pour de nombreuses écoles et unités prestigieuses (Garde Républicaine, l'Ecole Spéciale Militaire...) mais également une épée remise par François Mitterrand au président Bill Clinton lors du cinquantenaire du débarquement allié.
C'est en vain que nous avons cherché des enseignes et des plaques marquées d'une quelconque allusion à la fabrication d'armes, à l'exception d'une survivante, noircie, dont l'inscription vit ses dernières heures. On devine à peine les mots "armes" et "réparation". Elle se trouve rue de la Mulatière, à l'approche du Boulevard de Valbenoîte. La rue de la Mulatière, écrit Maurice Forissier, regroupa pourtant autrefois le plus grand nombre d'ateliers. Elle abrita notamment les ateliers de Jean-Baptiste Momey, M.O.F., et de Louis Chauve.
Aux abords de la place Chapelon, se trouvaient aussi les Etablissements Ribeire. Sur le cours Fauriel, il ne reste plus grand monde. Verney-Carron s'est "décentralisé" vers le Bvd Thiers, Gaucher a rejoint Carnot (rue Desjoyaux), Humbert est parti à Veauche. Rivollier, rue César Bertholon à l'origine, est parti à Saint-Just-Saint-Rambert. Rue Clément Forissier, les Ets Heurtier Frères ont disparu sans laisser de trace, de même que les entreprises Chavot Père et fils, Faure Henri, Diard...
Rue des Francs-Maçons, on devine des outils alignés derrière une vitre de verre épais. C'est l'atelier d'un survivant, celui de Patrick Leyre. Quatre ou cinq autres subsistent encore rue des Armuriers et s'avancent doucement vers l'âge de la retraite. "Leur spécialité est tellement complexe que les jeunes, même ceux formés à Fourneyron, ne reprennent pas les ateliers", nous dit l'historien. "Ils se tournent directement vers des fabricants comme Chapuis, Demas...
Boulevard Valbenoîte, les ateliers Blanchard-Grange ont été transformé en bâtiments locatifs. Le café-restaurant "A la Grappe Bar" a fermé. C'était un des derniers lieux très fréquenté par les "anciens" armuriers. Les lettres et la grosse grappe de raisin de son enseigne ont été décrochées, laissant sur la façade la tache sale de son nom. Rue Baulier, le bar "Les canonniers" n'existe plus. Quant au fameux grand fusil qui était suspendu au 24 de la rue Badouillère, il a disparu depuis belle lurette. Il indiquait l'emplacement du magasin de vente de l'atelier de Régis Jeury.
Au rayon des commerces, il reste cependant le taxidermiste et armurier de la rue Durafour, Sabiote, qui témoigne encore de la vocation du quartier.
Les armureries en France ont une longue histoire qui remonte à plusieurs siècles. Les armuriers étaient initialement des artisans spécialisés dans la fabrication d’armures pour les chevaliers et les soldats. Aujourd’hui, il existe environ 15 000 armureries en France.
Elles se trouvent dans toutes les régions du pays et peuvent être grandes ou petites, indépendantes ou liées à des chaînes nationales. Si vous cherchez à trouver un bon armurier, il est important de bien faire vos recherches. Vous pouvez demander des recommandations à des amis ou à des membres de votre famille qui utilisent des armes à feu à Saint-Etienne, ou consulter des forums en ligne dédiés à ce sujet. Il est également possible de rechercher des avis en ligne sur les armureries à Saint-Etienne.
Il existe plusieurs raisons pour lesquelles il peut être avantageux d’aller chez un armurier à Saint-Etienne. Tout d’abord, les armuriers sont des experts en matière d’armes à feu et peuvent vous aider à choisir le bon équipement pour vos besoins. Enfin, les armuriers peuvent également offrir des services tels que des réparations et des personnalisations, ce qui peut être très utile pour les propriétaires d’armes de chasse.
Si vous souhaitez vous adresser à d’autres armureries de Saint-Etienne et connaître les leurs nombres, les avis etc. Si vous ne trouvez pas d’armureries à Saint-Etienne où si elle ne répond pas à votre besoin, n’hésitez pas à nous contacter.
Il semblerait que des forgerons se soient installés très tôt dans cette région favorisée par la présence d'un bassin houiller et par les eaux du Furan qui permettaient la trempe du fer. Cependant, c'est sous le règne de François Ier qu'apparurent les premières industries (arbalètes, fers de lance, couteaux, armes à feu).
« Les statuts et règlements pour les maîtres fourbisseurs de Saint-Étienne de Furens, pays de Forestz » portent seulement la date de 1658 et ont été compilés d'après ceux d'autres villes. Cela ne signifie nullement un regain d'activité, mais plutôt un désir général d'organiser les professions jusque-là libres.
La manufacture d'armes de Saint-Étienne ne porta ce nom qu'à partir de 1764, mais certains historiens estiment que la compagnie Dalliez, formée sous les auspices de Colbert, organisait dès 1664-1669 la fabrication du matériel de guerre pour le compte de l'État. Dalliez de la Tour était directeur de la compagnie du Levant et s'occupait des forges et manufactures du Nivernais alors que son frère inspectait celles de Bourgogne. Tous deux avaient exploité des mines dans le Dauphiné et s'étaient engagés à fournir une partie des munitions nécessaires aux vaisseaux du roi et aux arsenaux de Toulon et de Rochefort.
Le commissaire royal résident jouissait d'une autorité absolue. Pendant la guerre de la ligue d'Augsbourg, il s'empara de toutes les fabriques d'armes, dépouilla les marchands de leur négoce, obligea les ouvriers à travailler au-delà de leurs forces pour un salaire imposé.
Le commandement militaire de la province du Lyonnais exerça une haute autorité sur cet atelier militaire où la production de guerre et la production destinée au commerce étaient confondues. En 1669, on compte cinquante canonniers et six cents armuriers à Saint-Étienne.
À la fin du xviie siècle, il y a sur le Furan quatre-vingts moulins pour la fabrication de canons, de lances, d'épées et de couteaux. De quatre à cinq mille ouvriers sont employés dans les diverses fabriques. Un commis éprouveur est chargé de surveiller la fabrication. Le commissaire royal passe lui-même le marché avec les maîtres des métiers, et ceux-ci lui livrent les pièces d'armes.
Avec le temps, des intermédiaires surgissent, des marchands qui s'offrent librement à fournir des armes au commissaire du roi et qui les commandent aux ouvriers. En 1700, il existe des entreprises libres, car une pétition déclare : « Il y a deux ou trois familles qui se sont enrichies pendant la guerre et ont profité du travail de nos artisans et des sueurs de nos ouvriers. »
Les gens de métier sont spécialisés dans la fabrication d'une partie déterminée de chaque arme. Ils fabriquent également des métiers de bonneterie. Les marchands paient aux ouvriers deux tiers de leur salaire en argent et un tiers en fer ou en acier. Cet usage donne lieu à des abus, condamnés par les capucins, qui accusent les marchands du crime d'usure et qui leur refusent les sacrements.
Au xviiie siècle, le commissaire devient inspecteur de la manufacture et reçoit des pouvoirs déterminés pour la surveillance de la fabrication et de l'épreuve des armes, de leur commerce et de leur législation. Il tient la liste des ouvriers qui travaillent chez eux dans leur boutique et qui vendent le produit de leur travail à l'agent du roi et aux marchands. Les ouvriers qui ne sont pas inscrits sur la liste ne peuvent vendre que pour le commerce.
Entre 1764 et 1789 les entreprises sont réunies dans une seule société à laquelle le roi accorde le monopole de droit, avec des privilèges considérables pour la manufacture comme pour les ouvriers qui la composent. La situation de l'entrepreneur prend de l'importance, celle du marchand en perd.
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