L'expression "balles en plomb" est tellement utilisée sur les pas de tir que l'on finit par oublier ce dont on parle. Lorsque le tir devient un loisir régulier et que les scores deviennent difficiles à améliorer, il s'avère nécessaire de passer à une fabrication maison.
Plusieurs sources de plomb peuvent être utilisées pour la coulée de balles :
Attention, il est important de bien couper toutes les zones de soudure pour éliminer l'étain et de nettoyer les tuyaux en les laissant bien sécher avant de fondre le plomb.
Le "plomb" n'existe que dans les laboratoires, ce sont les alliages de plomb que M. tout-le-monde pourra se procurer. Le plomb pur est un élément chimique et par abus de langage on considère que certains produits manufacturés sont en "plomb pur" pour dire qu'ils ne contiennent pas d'autre élément chimique introduit volontairement (ex: antimoine). C'est le cas des anciennes canalisations ou encore des plaques utilisées par les couvreurs.
Le plus courant des alliages de plomb est un mélange de plomb pur et d'étain, avec quelques traces d'autres éléments chimiques tels que l'antimoine. L'étain a pour intérêt de fluidifier la coulée du plomb et d'augmenter très progressivement la dureté de l'alliage, de façon stable. Un autre alliage est un mélange de plomb pur et d'antimoine. L'antimoine a pour propriétés de durcir l'alliage ainsi réalisé.
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Quel que soit l'alliage utilisé, le retrait lors de la coulée des balles est inévitable: une balle coulée dans un moule de diamètre 10mm sortira, après refroidissement à 9.98mm ou peut être même 9.95mm selon l'alliage.
Le matriçage (swaging en anglais) utilise un outil monobloc (die en anglais), un poussoir (pusher en anglais) et une presse. Le matriçage offre l'avantage d'obtenir des balles plus régulières et exemptes de bulles d'air éventuelles. En revanche, le coût du matériel n'est pas le même.
Comme pour le chargement, le matériel nécessaire à la fabrication des balles par coulée débute avec quelques éléments simples. Le plomb pur fond autour de 327°C, les alliages classiques entreront en fusion vers 350°C. Il n'est donc pas nécessaire de disposer d'une véritable forge chez soi pour couler ses balles. Pour contenir le plomb, l'idéal est une bonne vieille casserole en inox. Pourquoi en inox ? Parce que si vous prenez un modèle en aluminium, celle-ci risque simplement de fondre (l'alu fond autour de 600°C) en cas de surchauffe.
Attention, le plomb ça pèse lourd ! Même une petite casserole (0.5 ou 1L) aura vite fait de peser 4 ou 5 kg une fois chargée ! Et pour servir le plomb fondu ? Nous voici au coeur du sujet: le moule qui va donner sa forme à la balle. Les moules à balles se composent généralement de deux matrices qui, assemblées, laissent une cavité de la forme attendue. Certains moules ont plusieurs cavités. Le prix des moules varie beaucoup selon la complexité et la précision des balles.
Vous pourrez avoir besoin d'un thermomètre. Non, pas celui en verre de vos (grands) parents. Non pas non plus celui "sans contact" pour les enfants. Pour des balles rondes, le thermomètre n'a pas grande utilité. En effet, l'expérience montre que les variations de température du plomb à la coulée n'ont pas beaucoup d'influence sur leur régularité . Faute de thermomètre, surveillez la couleur de vos balles coulées: si elles sont ternes, le plomb est (beaucoup) trop chaud. Si elles sont irisées, le plomb est un peu trop chaud.
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Une balance de précision pourra vous permettre de trier vos balles par poids. Et vous serez surpris de constater que le poids peut varier de près de 5% entre les plus légères et les plus lourdes.
Une lingotière sera une alliée précieuse pour préparer votre plomb au départ. Les balles sorties du moule sont à peu près au diamètre du moule si on fait abstraction du retrait. Le seul moyen de garantir une constance de diamètre est le recalibrage. Celui-ci s'effectue au moyen d'un outil monté sur presse.
Voici les étapes recommandées pour la coulée des balles :
Il est essentiel de prendre des précautions lors de la manipulation et de la fonte du plomb :
Le plomb est un métal toxique, et une exposition répétée peut entraîner des problèmes de santé. Cependant, le risque principal provient de l'inhalation de fumées, et non du contact direct avec le métal.
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Voici ce qui va donner de la consistance à votre graisse, tout est alors dans le dosage. Une astuce de tireur: il n'y a pas de graisse unique, polyvalente pour toutes les armes et toutes les conditions de tir. Votre graisse doit être pateuse à température ambiante, fluide à plus haute température. Commencez par tester les composants un par un au regard de leur tenue en température. Ca se fait dehors (pour ne pas faire crier madame), sur un réchaud à gaz sur lequel on place une plaque de métal (pour éviter les effets d'allumage au contact des flammes). Poser une petite dose de votre produit sur la plaque puis mettez à chauffer. Observez. Vous aurez alors une idée des températures auxquelles votre produit change de propriétés en surveillant son ébulition puis sa combustion éventuelle et les résidus associés.
Ceux et celles qui ont déjà assisté à des compétitions de tir à la poudre noire ont certainement déjà entendu ce terme, crié par chaque tireur au début de sa série. Le terme est assez ancien et n'a rien à voir avec les bananes flambées ni avec le fléchissement d'un foret de perceuse sous contrainte ! Concrètement, il s'agit de faire partir un coup "pour rien" (comprenez "pas dans la cible") afin de mettre l'arme en condition pour les tirs suivants. Il est assez facile d'observer qu'avec une arme qui tire pour la première fois depuis le précédent nettoyage, l'impact en cible n'est pas identique à ceux obtenus ensuite.
Le tir aux armes anciennes est souvent assimilé à un loisir plutôt qu'à un sport. Il est vrai que selon la pratique que l'on en fait, le côté "sportif" est souvent assez éloigné. L'image que l'on a ou que l'on obient rapidement en faisant un tour sur un stand, du tireur aux armes anciennes, s'oriente immédiatement vers celle d'une activité plutôt tranquille et pas bien fatigante. Là où la vision change c'est lorsqu'on commence à pratiquer. Déjà on s'aperçoit assez vite qu'il ne s'agit pas juste de lever l'arme pour la pointer vaguement vers la cible, mais qu'il faut viser et se débrouiller pour garder une ligne de tir concentrée sur le visuel noir.
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