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La pratique de l'airsoft, un loisir qui simule des combats militaires avec des répliques d'armes tirant des billes de plastique, soulève des questions quant à sa légalité, notamment lorsqu'elle se déroule dans des lieux abandonnés.

Légalité et Airsoft : Ce Qu'il Faut Savoir

Globalement, on peut séparer ce que quelqu'un n'a pas le droit de faire en 2 catégories. Il y a ce qui est interdit sur la voie publique (porter un couteau par exemple) et il y a ce qui est interdit tout court (tuer quelqu'un pour reprendre l'exemple ci-dessus). Ce qui est interdit sur la voie publique peut être autorisée en dehors de la voie publique (comprendre: sur un terrain privé). Mais ce qui est interdit tout court, est interdit tout court.

Le fait, pour un majeur, de porter une réplique d'airsoft, est interdit sur la voie publique. Il faut à mon sens differentier un terrain public ( appartentant à une mairie par exemple) mais inaccessible au public d'un terrain accessible au public ( mais pouvant appartenir à une mairie (ou autre) ou a une personne privée). On peut faire de l'airsoft partout ou on a l'autorisation de le faire, que ce soit un terrain privé ou public. Certaines mairies (la mairie de Paris par exemple) sont de très gros propriétaires fonciers même en dehors des limites communales. Idem pour les conseils généraux, régionaux etc.. et je ne parle pas des agences d'espaces verts etc...

Certains terrains privés peuvent par contre se reveler totalement impropres à la pratique de l'activité, (car largement ouverts au public). Bref, la séléction du site de jeu ne doit pas se faire sur l'origine de son propriétaire (privé ou public), mais sur la fréquentation qu'il y a sur un site. Il parrait inconcevable de faire de l'airsoft dans un parc ouvert au public, même avec des minis, car le public ne porte pas de lunettes, mais sur le même site, fermé au public, pourquoi pas pour peu que l'autorisation soit donnée.

Ensuite, il reste fortement déconseillé de pratiquer l'airsoft avec minis dans la rue (bien que pas mal d'enfants jouent avec des pistolets à bille de fête forraine), cette pratique pouvant créer un trouble (nuisances sonores entre autres) qui peuvent être préjudiciables à la tranquilité du voisinnage et par la même répréhensible. Je ne parle pas de l'airsoft tout court, car pour le coup, le transport de façon apparente d'une réplique d'airsoft sur la VP est prohibé et peut présenter un risque réel pour le porteur...

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Il y a eu dernièrement le cas d'airsofteurs transportant répliques et cagoules dans leur voiture de façon apparente. Ils ont crée l'émoi dans la commune concernée et ont fini en garde à vue.

Terrain Privé vs. Terrain Public

La législation applicable à l'airsoft diffère selon le type de terrain :

  • Terrain Privé: La pratique est généralement autorisée avec l'accord du propriétaire. Cependant, la loi sur la puissance des répliques (2 joules maximum en France) s'applique toujours. Il est conseillé d'avertir les autorités locales pour éviter tout malentendu.
  • Terrain Public: La pratique est plus complexe. Il faut différencier un terrain public inaccessible au public d'un terrain public accessible. L'autorisation de la mairie est indispensable. Même avec une autorisation, il est crucial de s'assurer que le public ne puisse pas accéder au site pendant les parties d'airsoft.

Les Règles Essentielles de l'Airsoft

Dans le monde de l’airsoft, les répliques seront jugées en termes de “joules". Règle importante : en France, la législation est formelle, une réplique airsoft ne doit pas dépasser les 2 joules maximum. Donc, pour vouloir faire de l’airsoft, il faudra bien vous assurer que votre réplique réponde bien aux normes de puissance, à savoir 2 joules maximum.

Le décret n° 99 du 24 mars 1999 stipule qu’il est formellement interdit de prêter ou acheter à un mineur une réplique dépassant 0,08 sous peine d’une amende allant de 1500 à 3000 €, et d'une confiscation immédiate de la réplique. Il est possible pour les mineurs âgés de moins de 10 ans de s’initier à l’airsoft, sous la supervision d’un ou plusieurs adultes, suivie d’une autorisation parentale et d’un certificat médical pour le maniement des répliques.

Comme toute activité de loisir, le risque “zéro” n’existe pas. En effet, comme nous vous l’avons indiqué dans cet article, la protection des yeux à l’aide de lunettes de sécurité est fondamentale, car les yeux sont la partie la plus fragile en airsoft. Si vous négligez cela, vous vous exposez à des blessures qui peuvent être irréversibles. Il n’est pas impossible que vous trébuchiez sur une branche en pleine partie, car vous ne l’avez pas vue, et vous étiez sous le feu de l’action. L’airsoft n’est pas une activité dangereuse en soi, c’est le fait de ne pas respecter les règles qui rend la pratique dangereuse.

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Urbex et Airsoft : Une Combinaison Risquée

L'urbex (exploration urbaine) consiste à visiter des lieux abandonnés. La combinaison de l'airsoft et de l'urbex est délicate, car l'accès à ces lieux est souvent interdit. Pénétrer dans un lieu privé sans autorisation constitue une violation de domicile, et peut entraîner des poursuites judiciaires.

De plus, les lieux abandonnés peuvent être dangereux (effondrements, présence de substances toxiques...). La pratique de l'airsoft dans ces endroits augmente les risques d'accidents.

Comment Trouver un Terrain Adapté ?

Difficile d’envisager l’organisation d’une partie d’airsoft sans terrain adéquat. Avant de partir à la recherche d’un endroit adapté à la pratique de cette discipline, il est tout d’abord nécessaire de créer une association d’airsoft pour s’assurer d’être pris au sérieux et pour pouvoir contracter une assurance responsabilité civile. Comment procéder ?

Si vous n’avez pas envie de perdre trop de temps, utilisez Google Earth qui vous permettra déjà de localiser des zones à fort potentiel d’un simple coup d’œil. Enfin, plusieurs outils de cartographie dont Airsoft Map ou la carte d’Airsoft Project vous donnent la possibilité de trouver des terrains en France et même dans toute l’Europe !

Expliquez au propriétaire du terrain privé en quoi consiste l’airsoft, comment se déroule une partie, quelles sont les mesures de sécurité prises pour assurer son bon déroulement… Libre à vous de lui proposer une location payante ou une location gratuite en échange d’un service, comme de son entretien hebdomadaire ou mensuel, par exemple. Comme indiqué précédemment, il est néanmoins nécessaire que vous soyez organisé sous la forme d’une association pour pouvoir solliciter la location d’un terrain. S’il ne s’agit pas d’une obligation légale, cela vous facilitera néanmoins grandement la tâche.

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Attention : si vous avez l’intention d’utiliser gratuitement un terrain construit (on parle « commodat » ou de « prêt d’usage ») pour du CQB, sachez que les frais d’assurance pour la responsabilité civile, qui dépendent de la surface du bâtiment, peuvent être très élevés, voire complètement prohibitifs.

Première étape : faire en sorte de le rendre totalement inaccessible au public, pour des questions de sécurité, mais aussi pour éviter d’être importuné en pleine partie par des promeneurs. Deuxième étape : personnalisez-le avec divers obstacles et accessoires pour en faire un terrain de jeu que vous aurez plaisir à utiliser ! Si vous voulez réaliser du CQB sur un terrain nu, vous pouvez utiliser des piquets et du ruban de balisage. En cas de terrain bâti, il vous sera nécessaire de faire passer une commission de sécurité qui aura pour rôle de s’assurer que les lieux ne comportent aucun risque pour le public. Si le bâtiment comporte des risques, les travaux seront à vos frais, à moins que vous ne soyez détenteur d’une simple autorisation d’utilisation.

Associations et Clubs : Un Cadre Sécurisé

Rejoindre une association ou un club d'airsoft est fortement recommandé. Ces structures offrent un cadre légal et sécurisé pour pratiquer l'airsoft. Elles s'occupent généralement des démarches administratives (déclaration des parties, assurances...) et veillent au respect des règles de sécurité.

The Ghost Airsofteur, club crée en septembre 2020, a choisi une usine désaffectée de Woincourt (Somme) pour pratiquer l'airsoft. Son président, Logan Hasbrouck, nous explique. Chaque dimanche, les membres du club mais aussi d’autres passionnés du airsoft font de cette ancienne usine leur terrain de jeu. 27 oct. En passant en voiture sur la route attenante, impossible de remarquer la nouvelle agitation chaque dimanche sur le site de l’ancienne usine Rousseau, désaffectée depuis 1988 à Woincourt (Somme).

Les Risques de l'Airsoft en Milieu Urbain Abandonné

L'eau boueuse passée par les trous de la toiture et les déchets de toutes sortes se conjuguent désormais avec d’innombrables petites billes blanches. « Elles sont faites en maïs et biodégradables au bout de 6 mois », précise Logan Hasbrouck, président de The Ghost Airsofteur.

Le propriétaire privé du terrain a donné son accord au groupe pour transformer le site en terrain de jeu pour airsofteurs. « On est souvent confronté au refus des communes, par manque d'envie ou d'impossibilité. Voilà pourquoi les clubs dans la région sont peu nombreux, le plus proche étant à Bouttencourt (Somme). « Sinon, il faut aller à Amiens et Rouen », constate l’un des airsofteurs.

La Sécurité Avant Tout

Dans le cadre de la pratique de notre activité, nous sommes appelés à nous servir d’accessoires qui peuvent être réglementés. Le transport des répliques doit se faire de façon discrète. Par ailleurs, certaines préfectures ont pris des dispositions locales encadrant le port et le transport de répliques.

Pas d’âge ou de profil social type. Tous les pratiquants sont majeurs et doivent respecter des règles strictes de sécurité. « On n’a qu’une seule femme inscrite. Ce sont surtout les hommes qui sont attirés par l’airsoft », analyse le président.

Une bande de passionnées qui a tenu à se constituer dans le cadre légal de la Fédération Française d’Airsoft (FFA), elle-même affiliée au Ministère des Sports. « Ça nous permet d’être assuré en cas de blessure », évoque Logan Hasbrouck, bien conscient que les rassemblements autour de ce jeu sont parfois clandestins et que le terrain de jeu choisi n’est pas sans risque.

Les parties sont réservées aux majeurs. Le port de lunettes en plastique est obligatoire pour se protéger les yeux.

La distance de tir doit être entre 5 et 15 mètres en fonction des répliques, nom donné aux armes factices utilisées. Celles-ci sont interdites sur la voie publique. « On les transporte dans des sacs ou des valises », décrit Logan Hasbrouck.

Le groupe utilise même un chronographe pour mesurer la puissance du tir de la réplique. « En club de la FFA, c’est limité à 1,55 joules. Au-dessus de 2 joules en France, c’est considéré comme une arme à feu », explique le joueur.

Tableau Récapitulatif des Règles et Recommandations

Aspect Règle/Recommandation
Puissance des répliques Maximum 2 joules en France
Âge minimum 18 ans pour l'achat et l'utilisation (sauf exceptions encadrées pour les mineurs)
Sécurité Port obligatoire de lunettes de protection
Transport des répliques Discret, dans un sac ou une valise
Lieu de pratique Privilégier les terrains privés avec autorisation ou les clubs/associations
Urbex Déconseillé en raison des risques et de l'illégalité potentielle

L'Urbex : Une Exploration Transgressive

L’urbex ça a l'air dangereux, pourquoi aller prendre des risques ? ça c’est l’approche paranoïaque de l’équilibre « paranoïa / inconscience » décrit dans le bouquin.

Il est diffusé au début des années 2000 par le graphiste et artiste canadien Jeff Chapman (1973-2005), également connu dans le monde de l’édition sous le pseudonyme de Ninjalicious. C’est une pratique qui consiste à se rendre dans des lieux abandonnés initialement construits par l’homme, afin de visiter et de déambuler dans ces derniers. Il s’agit de sites marginalisés, dans des états de délabrement léger ou avancé, dont l’accès est le plus souvent interdit.

Pour certains, il s’agit d’une approche esthétique et sensorielle accompagnée par la prise de photographies ou la réalisation de vidéographies. L’historien français Nicolas Offenstadt précise que l’urbex peut également revêtir une fonction politique. Il se réfère aux travaux de géographes anglo-saxons tels que Tim Edensor ou Bradley Garrett pour qui l’urbex constitue une saisie libertaire et anti-autoritaire de l’espace, exprimée par le fait de déjouer les systèmes de protection et/ou de vidéosurveillance.

Ils constituent des canaux de diffusion de photographies des lieux explorés. L’urbex est ainsi rendu visible et suscite un réel engouement. C’est d’ailleurs toute l’ambivalence de cette pratique qui oscille entre une diffusion massive des photographies et la volonté de préserver, voire de garder secrète, l’adresse des lieux visités au nom d’une logique de préservation des sites.

L’urbex a donc la particularité d’être une pratique transgressive tout en étant basée sur des règles précises : ne rien casser, ne rien briser, ne rien détériorer ou prélever.

Le Kit du Bon Explorateur Urbain

Car rien ne vaut une bonne préparation pour affronter l’imprévu, je vous propose quelques conseils pour une expérience agréable en sécurité.

Avant toute chose, il vous faut trouver un lieu intéressant. C’est plus facile qu’à faire. La tendance naturelle est de demander aux autres de partager leurs lieux mais pour les raisons évoquées ci-dessus, cette méthode devrait (je l’espère) être infructueuse. Par ailleurs, trouver un lieu par soi-même est gratifiant, d’autant plus s’il n’est pas connu et qu’il vaut le détour.

La méthode s’appuie sur le bon sens : il vous suffit d’être curieux et de se promener. Parfois, de mener un peu l’enquête. Sortez de votre cercle de confort, promenez-vous à pied, à vélo, en voiture, dans des lieux que vous ne connaissez pas. Marchez en forêt, sortez des sentiers battus. Faites du repérage avec Google Maps ou Google Earth, surveillez les journaux locaux qui indiquent les fermetures d’usine, par exemple, et tentez votre chance 3 mois plus tard. Essayez de dénicher des indices sur les photographies de lieux qui vous intéressent pour parvenir à les localiser. Ça peut être un numéro de téléphone, le nom d’une entreprise, le type de végétation, l’architecture, bref : les éléments sont souvent là, reste à établir une corrélation et à faire preuve de persévérance.

Le mieux est une tenue décontractée qui ne craigne pas d’être abîmée et qui vous protège suffisamment si vous avez besoin de vous frayer un chemin dans la végétation ou de crapahuter dans des ruines. Préférez une tenue qui couvre bien tout le corps, à manches longues, éventuellement un vieux jean pas trop serré, des baskets solides ou des chaussures de rando.

Évitez la tenue de camouflage militaire ou la tenue de ninja/rôdeur en tout noir, ces styles vous desserviront en cas de contrôle par un gardien ou la police… Mieux vaut ressembler à ce que vous êtes : des promeneurs curieux, souhaitant vivre une petite aventure sans une once de malveillance.

Prévoyez un téléphone à la batterie bien chargée, une corde, éventuellement un couteau suisse, une lampe torche. Une petite bouteille d’eau dans un sac à dos, une ou deux barres de céréales, éventuellement un bouquin si vous comptez vous poser sur place. Peut-être un petit carnet de notes et un crayon, pour relever des infos/détails, si nécessaire. Si vous craignez pour votre sécurité, un simple sifflet peut être dissuasif. Les plus peureux compteront peut-être sur un spray au poivre, mais sachez que c’est interdit et qu’en cas de contrôle, ça peut jouer en votre défaveur.

Discrétion, respect et sécurité sont les trois maîtres mots. Surveillez vos arrières, observez avant de vous engager, évoluez silencieusement. Ne cassez rien, ne prenez rien. Prenez votre temps mais ne restez pas à découvert.

Repérez les zones glissantes, les planches vermoulues, les trous dans le plancher, les escaliers fragiles. Dans le doute, abstenez-vous : une exploration doit rester une expérience positive. Des personnes trouvent malheureusement la mort par excès de négligence ou parfois par simple malchance. Ne faîtes pas les faits divers, hein.

Si un lieu montre des signes d’habitation, méfiance. Si vous voyez des vêtements ou des vivres, c’est que l’endroit est certainement squatté et vous ne voudriez pas faire de mauvaise rencontre.

Mon conseil : jouez-la cool. Pas de tentative de fuite. Vous avez joué, vous avez perdu. Avancez calmement vers votre interlocuteur, en montrant bien que vous n’êtes pas agressif ni dangereux. Arrondissez les angles, excusez-vous et expliquez que vous faites ça par loisir, sans volonté de nuire. Évitez le cynisme ou la critique, vous êtes déjà en tort.

La dernière fois que ça m’est arrivé, j’ai procédé comme ça et le gardien m’a raccompagné tranquillement, en discutant du lieu et des personnes moins « bienveillantes » qu’il a pu rencontrer. Finalement, le bonhomme fait des rondes toute la journée et s’ennuie, alors on a fait un peu causette et ça avait l’air de lui changer les idées. Ça s’est bien fini, même si l’exploration a été avortée. On n’est pas des bêtes. 😉

Je vous recommande chaudement d’explorer au moins à deux. Pas forcément à 10 non plus, car il faut rester discret. Mais deux ou trois, c’est bien. En cas de problème, les autres peuvent aider. On se protège les uns les autres, et chacun voit des choses qui peuvent échapper aux autres, donc c’est bénéfique à tous.

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