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Les armes à feu continuent de faire des ravages, tant en France qu'aux États-Unis. Les statistiques alarmantes révèlent une réalité macabre, soulignant la nécessité d'une analyse approfondie et de mesures efficaces pour contrôler la violence armée.

Les Armes de Chasse en France : Une Menace Silencieuse

Les armes de chasse sont souvent impliquées dans des règlements de compte familiaux et des suicides. Elles représentent un moyen facile de (se) donner la mort en cas de suicide ou de résoudre des conflits familiaux. Malheureusement, les décès par arme de chasse, en dehors des circonstances de chasse, sont souvent passés sous silence.

Les données de mortalité en France sont recensées par le CépiDc (Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès), laboratoire de l’Inserm, qui est la référence en France pour les causes de décès. Chaque décès en France doit en effet faire l’objet d’un certificat médical renseigné par un médecin, suivant un format conforme à une classification, appelé CIM10.

Selon l'Inserm, les armes de chasse seraient à l’origine de 13 % des homicides et 8 % des suicides. L’analyse de ces statistiques nous conduit à estimer qu’en 2017 (les données détaillées plus récentes ne sont pas accessibles), les armes de chasse seraient à l’origine de 1 100 décès, dont 665 causés par un suicide, 33 par un homicide, 10 par un accident, 393 n’ayant pas de cause déterminée.

Il y a un lien direct entre la détention d’armes à feu et le nombre de morts par armes à feu dans un pays. Une solution proposée est de conserver les armes dans un lieu centralisé (ex. ACCA, gendarmerie, mairie, armureries). Afin d’éviter de constituer de gigantesques stocks d’armes qui attireraient des cambrioleurs, une idée serait de ne confier dans ce lieu centralisé qu’une partie de l’arme (l’autre partie étant gardée à domicile), la rendant ainsi inactive, comme la longuesse pour un fusil ou la culasse pour une carabine.

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Statistiques des décès liés aux armes de chasse en France (estimation pour 2017)

Cause du décèsNombre de décès
Suicide665
Homicide33
Accident10
Cause non déterminée393
Total1100

La Violence Armée aux États-Unis : Une Épidémie Incontrôlable

Les statistiques alarmantes des morts par arme à feu aux États-Unis ne sont un secret pour personne. Le « Washington Post » révèle qu'entre le 1er janvier et le 6 mars 2019, le nombre d'Américains morts par arme à feu dépasse les pertes subies le 6 juin 1944.

Si le 6 juin 1944 restera dans l'histoire comme un véritable bain de sang, si les scènes d'horreur vécues par les soldats nous ont encore été rappelées à l'occasion du 75e anniversaire du D-Day, les armes à feu font encore aujourd'hui des ravages. Le Washington Post rappelle que le 6 juin 1944, 2 501 Américains ont trouvé la mort sur les plages normandes aux côtés de 1 913 soldats alliés. Et selon l'archive des violences par arme à feu, au 6 mars 2019, 2 502 Américains avaient trouvé la mort au cours de l'année.

Au soir du 7 juin 2019, 6 088 personnes ont été recensées comme ayant succombé à des armes à feu depuis le début de l'année, le nombre vient donc d'être dépassé.

L’assassinat en direct en Virginie de deux journalistes n’est que la partie visible d’une réalité macabre : la hausse spectaculaire en 2015 aux Etats-Unis des homicides par arme à feu.

Par rapport à 2014, Milwaukee (Wisconsin) aurait vu le nombre d’homicides par armes à feu augmenter de 50 %, Houston (Texas) de 30 %, Chicago (Illinois) de 20 %, La Nouvelle-Orléans (Louisiane) de 33 %… New York aussi a connu une recrudescence des meurtres par armes à feu, sans parler de Baltimore (Maryland), où 45 crimes ont été enregistrés pour le seul mois de juillet, un niveau jamais atteint depuis 1972. Même la ville de Washington, réputée assagie depuis une vingtaine d’années, a connu un été meurtrier : ces dernières semaines, une succession de crimes y a porté à 105 le nombre de personnes tuées par balle depuis le début de l’année, soit autant que sur l’ensemble de 2014.

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Des drames qui touchent en premier lieu les quartiers populaires, majoritairement peuplés de communautés noires.

Lors d’un colloque à Washington, début août, les responsables des polices de plusieurs grandes villes des Etats-Unis, convaincus d’être « face à une situation qu’ils n’avaient plus connue depuis des décennies », ont cherché à comprendre. La maire de Washington a notamment mis en avant « l’augmentation des violences conjugales et la sortie de prison de multirécidivistes violents ».

Les policiers, eux, évoquent un « effet Ferguson » : il y a un an, la mort d’un jeune Afro-Américain tué par un policier dans cette ville du Missouri avait provoqué plusieurs journées d’émeutes. Accusés à plusieurs reprises de faire un usage disproportionné de leur arme, les officiers de police seraient désormais moins prompts à dégainer, laissant davantage le champ libre aux « bad guys ».

Lors du week-end du 4-Juillet, Fête nationale, la police de Chicago, a été confrontée à une situation sans précédent : 11 personnes ont été tuées et 55 blessées en quarante-huit heures, dont un enfant de 7 ans touché par une balle vraisemblablement destinée à son père, tout juste sorti de prison.

A ce rythme, les Etats-Unis devraient conserver sans difficulté leur place de leader au palmarès des pays de l’OCDE (à l’exception du Mexique), pour le nombre d’homicides par armes à feu : 11 208 en 2013. Quant au marché des armes à feu, il continue de prospérer : quelque 308 millions d’armes légales seraient, selon des chiffres de 2012, en circulation dans le pays.

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En ce début de semaine, une fusillade a causé la mort de 6 personnes aux États-Unis. En ligne, des observateurs indiquent que la barre des 300 fusillades a été dépassée en l'espace d'un semestre sur le sol américain. Si plusieurs décomptent présentent des résultats variables, tous s'accordent pour constater que ce seuil a bien été franchi.

Les célébrations de la fête de l’indépendance, aux États-Unis, ont été endeuillées par une fusillade dans la banlieue de Chicago, ce lundi. Au moins 26 personnes blessées, âgées de 8 à 85 ans, ainsi que 6 décès, sont à déplorer, venant alourdir le bilan déjà conséquent des morts par armes à feu outre-Atlantique.

Selon la journaliste Laurence Haïm, spécialiste aux États-Unis, le pays aurait déjà enregistré plus de 300 fusillades depuis le début de l'année, 309 exactement. Un décompte dont on retrouve des traces dans la presse américaine, et qui pourrait bien s'avérer sous-évalué.

Comme le rappelaient les Vérificateurs il y a quelques semaines, il n'existe pas de définition "officielle" de ce que les Américains désignent comme des "mass shootings" (fusillades). D'ordinaire, cela recouvre les attaques à main armée faisant au moins 4 morts ou blessés, mais certains chercheurs n'incluent derrière cette terminologie que les événements causant des décès.

Au 5 juillet 2022, on compte ainsi depuis le début de l'année 353 fusillades, soit près de deux par jour... 400 décès ont été comptabilisés, ainsi que 1 483 blessés, des statistiques qui incluent généralement les auteurs des faits. Quelle que soit l'organisation à l'origine des décomptes, on observe en tout cas toujours que sur les 6 premiers mois de l'année, plus de 300 fusillades ont été enregistrées.

Soulignons que ce chiffre ne suffit pas à lui seul à rendre compte des ravages causés par la libre circulation des armes à feu aux États-Unis. Le site Gun Violence Archive évalue en effet à plus de 22.400 le nombre de morts causées par les fusils et autres pistolets depuis le 1er janvier.

La guerre la plus meurtrière pour la population américaine n’est pas la seconde guerre mondiale, ni la guerre de Corée, ou celle du Vietnam. C’est celle qui se poursuit chaque jour à coups de revolver dans les rues des Etats-Unis. Dans la majorité des cas, ces meurtres sont commis à l’arme à feu.

Dans la plupart des métropoles le journal télévisé commence par l’annonce du nombre de victimes de crimes violents de la journée. Il y a en moyenne un meurtre toutes les vingt-deux minutes (soit plus de 26 000 par an), un hold-up à main armée toutes les vingt minutes. A la tombée de la nuit, Washington cesse d’être la ville des musées et des parcs pour devenir la capitale du crime.

C’est parmi les jeunes que les armes font le plus de ravages. En 1985 elles en ont blessé ou tué 27 000 entre douze et quinze ans. En 1986, il y eut 1 582 meurtres à New-York, mais seulement 67 à Londres ; 1 480 à Miami et 16 à Manchester ; 666 à Chicago et 61 à Toronto ; 695 à Detroit et 75 à Munich.

Les Facteurs Contributifs et les Obstacles au Contrôle des Armes

L’Association nationale des utilisateurs d’armes à feu (National Rifle Association - NRA) attribue cette évolution à l’intérêt croissant des Américains pour les sports de « tir ». En réalité, la majorité des membres et partisans de la NRA se trouvent plutôt parmi les fanatiques des armes.

Les fléaux sociaux comme la pauvreté, le racisme, la drogue ou le chômage sont à l’origine de nombreux actes désespérés. On sait que c’est le pays industrialisé où les contrastes entre l’opulence et la misère sont les plus marqués et les mécanismes de solidarité sociale les moins développés ; 12 % de la population vit dans la pauvreté et trois millions de personnes sont des sans-abri.

Aux Etats-Unis, les partisans de mesures de contrôle sont confrontés au formidable obstacle que représente la NRA. Comptant plus de deux millions et demi d’adhérents, parmi lesquels l’ancien président Reagan et le président Bush, qui en est membre à vie, ce lobby est l’un des groupes de pression les plus puissants. Forte du soutien financier et politique de ses adhérents et des fabricants d’armes, l’association a réussi jusqu’ici à bloquer la plupart des initiatives législatives, aussi bien à l’échelon fédéral que dans les différents Etats.

Un second argument de la NRA est de faire observer que ce ne sont pas les armes qui tuent, mais les criminels. Bien sûr, toute discussion de la violence criminelle doit distinguer entre les armes à feu en tant que moyen, les responsables directs qui sont les criminels pressant sur la détente, et les causes profondes de la criminalité.

L’instauration d’une période d’attente permettrait donc d’empêcher des achats impulsifs d’armes et d’éviter autant de crimes passionnels ou de suicides.

Alors que le suicide, en tant que phénomène social, n’est pas plus répandu que dans le reste du monde, son incidence y est beaucoup plus meurtrière en raison du recours plus fréquent aux armes à feu.

Il est frappant d’observer la disproportion entre le traitement du terrorisme, de la drogue ou du sida, d’une part, et la passivité envers le fléau des armes, d’autre part. Pourtant ce dernier fait beaucoup plus de victimes.

Le programme gouvernemental de lutte contre les méfaits de la drogue ne comprend aucune référence au problème du surarmement des groupes de trafiquants. De même, la nouvelle loi de 1991 sur le crime se concentre sur les aspects répressifs de la lutte contre la criminalité, comme l’application systématique de la peine de mort pour les crimes les plus violents.

Un des facteurs qui expliquent peut-être l’apathie du gouvernement est la concentration de la violence au sein des groupes sociaux les plus désavantagés. En effet, autant la société américaine est multiraciale, autant la violence ne l’est pas. Un adolescent noir a onze fois plus de risques d’être victime d’un meurtre qu’un adolescent blanc.

Mais quand la pression est si forte que le gouvernement ne peut faire autrement que de prendre des mesures de contrôle, la politique suivie manque de rigueur et de logique, comme l’indique clairement l’exemple des armes automatiques de type militaire. Après le massacre de Stockton, en janvier 1989, le président Bush, sous les multiples pressions du Congrès et des associations de policiers, ordonna la suspension de toutes les importations d’armes automatiques. Mais l’administration fédérale n’a pas, à ce jour, pris de mesure pour restreindre les ventes d’armes automatiques fabriquées aux Etats-Unis !

En revanche, le gouvernement a pris des mesures très strictes pour contrôler… les jouets imitation d’armes automatiques. Plusieurs accidents tragiques ont en effet montré que ces imitations étaient si réalistes qu’elles induisaient en erreur même les policiers.

On peut effectivement se demander quels sont ces chasseurs et sportifs - dont la NRA s’acharne à protéger les intérêts - qui utilisent des fusils mitrailleurs pouvant tirer plus de cent cartouches à la minute. Les armes de cette catégorie ont fait leur apparition dans les bandes de jeunes qui terrorisent les quartiers populaires des métropoles comme Los Angeles, Detroit ou New-York.

Les organisations de policiers n’ont pas apprécié son opposition catégorique à l’adoption de mesures tout à fait modérées, comme l’imposition d’un délai de sept jours avant tout achat, l’interdiction de la vente aux civils d’armes automatiques de type militaire, l’interdiction de la fabrication de pistolets entièrement en matière plastique, ou encore l’interdiction de la vente au public des munitions à haute vélocité qui traversent les gilets pare-balles des policiers.

L’extrémisme de la NRA pourrait contenir les germes du déclin de l’organisation, comme l’indique l’évolution favorable en matière de législation au cours de ces dernières années. En 1988, par exemple, les autorités de l’Etat du Maryland organisèrent un référendum sur un projet de loi visant à interdire les saturday night specials, ces revolvers « spéciaux du samedi soir », bon marché, de qualité médiocre et sans aucune utilité sportive. En vente libre dans un grand nombre de magasins et de stations d’essence, ce sont les armes le plus fréquemment employées au cours des cambriolages et des agressions.

Mars 1991 a marqué également un tournant important avec l’approbation par le Congrès de la « loi Brady » - du nom de l’ancien ministre de M. Reagan blessé au cours de l’attentat contre le président en 1981.

L’absence de législation nationale minimise beaucoup la portée des réglementations locales. A ce jour, vingt-deux Etats seulement ont adopté des mesures qui ne pourront être vraiment efficaces que lorsqu’il ne sera plus possible de s’approvisionner dans un Etat voisin. L’exemple de la capitale, où la vente est interdite depuis plusieurs années, est très éloquent à cet égard.

Il y a 230 000 points de vente d’armes à feu aux Etats-Unis, et le stock augmente de cinq millions d’unités chaque année.

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