L'évolution des conflits modernes et les avancées technologiques transforment rapidement le domaine des munitions légères. Cet article explore les innovations clés, les défis à relever et les perspectives d'avenir pour ce secteur en constante mutation.
L’AASM (Armement Air-Sol Modulaire) est un exemple parfait de l'évolution des munitions légères. Il est constitué d’un kit de guidage et d’un kit d’augmentation de portée, permettant de transformer des corps de bombe standard en armements guidés de précision.
Modulaire, l’AASM s’adapte à différents corps de bombe (125, 250, 500 et 1000 kg) et dispose de plusieurs kits de guidage en fonction des missions :
La version à imageur infrarouge permet de s’affranchir des erreurs de coordonnées par un recalage terminal avant l’impact. Actuellement, l’arme standard d’utilisation courante est l’AASM en version SBU-38 à guidage hybride inertiel recalé par GPS. Kit de guidage de base utilisant trois gyroscopes inertiels dont les impulsions directionnelles sont gérées par un filtre de Kalman et recalées en temps réel par un récepteur GPS (Global Positioning System) de qualité militaire.
Grâce à sa souplesse d’emploi, sa maniabilité et sa capacité de frappe verticale, l’AASM couvre l’ensemble des missions aériennes offensives : attaque dans la profondeur, appui au sol (CAS) y compris en environnement urbain, missions spécialisées de type SEAD ou anti-navires, etc.
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Avril 2019 : La DGA réalise avec succès le dernier tir de qualification de l’AASM Block 3 avec le nouveau mode de guidage laser sur cible mobile (« Cible Mobile Optimisé », ou CMO). Cette capacité complète les dernières fonctionnalités ouvertes par la version Block 3 : programmation en cabine de la fusée d’amorçage et nouvel angle d’impact à 30° . Le tir est effectué par un Rafale F-3R équipé d’un pod de désignation laser Damocles. Le véhicule percuté par l’AASM roulait à 90 km/h.
Tir d’une bombe propulsée AASM à partir d’un Rafale B. Éjection d’une bombe AASM à partir d’un Rafale B. L’AASM-125 a été testé avec succès en février 2009 sur Mirage 2000. Essai de séparation d’une AASM 1000 en décembre 2020 sur Rafale.
Première utilisation sera faite le 23 mars 2011 lors d’un raid mené par des Rafale Air et Marine, ainsi que des Mirage 2000D. 11 missiles seront tirés contre les installations de production d’armes chimiques du régime syrien de Bachar al-Assad. Bombe guidée laser de 250 kg.
Premier tir sur Rafale en 2015 en conditions opérationnelles en Irak. Cette bombe guidée laser ou GPS+laser ou GPS est de la classe des 250 kg composée d’un corps de bombe Mk-82 et d’un kit Enhanced Paveway II, permettant le tir par mauvaises conditions météorologiques. Son profil de vol n’est pas simplement balistique et sa portée est plus importante que celle de la GBU 12.
Version améliorée de la GBU-12 avec remplacement du kit Paveway II par un kit Paveway III. Elle est de la classe des 250 kg. Sa trajectoire de vol est variable en fonction du cas de tir et de l’altitude de tir. Elle a été développée en même temps que la GBU-24 pour quelques clients export dont les armées françaises qui en a commandé 650 exemplaires en 1999 et 2001 et peut être tirée par les Mirage 2000D et Rafale. La portée est supérieure à 18 km avec un tir à basse altitude et de 30 km avec un tir à haute altitude (10 000 m).
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Raytheon a mis en avant le système sans fil Wipak (Wireless Paveway Avionics Kit) qui assure la liaison entre le boîtier de contrôle de la bombe et le système d’armes de l’avion. Techniquement, le WiPAK se compose d’un petit émetteur sans fil situé dans le cockpit de l’avion et couplé avec l’interface du pilote, ainsi qu’un petit récepteur relié à la bombe Paveway.
FN Herstal est fière d’annoncer le lancement officiel du projet Small Arms Ammunition Technologies (SAAT). Doté d’un budget de 8,3 millions d’euros, le projet SAAT rassemble 18 partenaires européens - grands fabricants, PME, instituts de recherche et organismes de défense nationaux - qui apportent tous une expertise de premier plan dans leurs domaines respectifs.
La cartouche SS109, en calibre 5,56 × 45 mm OTAN, est un pilier de l’interopérabilité de l’Alliance depuis le début des années 1980, période à laquelle la plupart des pays membres l’ont adoptée en masse. La décision récente de l’armée américaine de changer son calibre de base pour adopter le 6,8 × 51 mm vient chambouler cette standardisation.
Le fusil XM‑7, et avec lui la mitrailleuse XM‑250, tous deux proposés par Sig Sauer en réponse au programme Next generation squad weapon (NGSW) et adoptés par l’US Army en 2022, marquent une rupture brutale avec les précédentes générations d’armes légères d’infanterie utilisées par les armées américaines : ces deux nouvelles armes ne seront pas chambrées en 5,56 mm OTAN, mais en 6,8 × 51 mm. Ce changement va marquer aussi une rupture avec le reste de l’OTAN qui continuera à s’approvisionner en 5,56 mm, du moins tant que ces pays ne feront pas le choix de de ce nouveau calibre.
En 2016, la France a lancé auprès de Heckler & Koch l’acquisition de l’Arme individuelle future (AIF), un HK416 chambré en 5,56 mm OTAN, alors que le FAMAS approchait les 40 années de service. Ce qui vaut également pour plusieurs autres pays membres de l’Alliance ayant investi récemment dans des programmes d’armement similaires.
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En réalité, le décalage entre les États-Unis et le reste de l’OTAN est inévitable : aucune transition de cette échelle n’aurait pu se faire d’un seul mouvement, avec 32 pays troquant de concert leurs anciens fusils pour de nouveaux.
L'Agence de l’innovation de défense a annoncé qu’elle y présenterait le « projet de canon électromagnétique RAILGUN », porté par l’ISL. « Face aux menaces hyper-véloces ou de saturation, l’Europe a besoin d’une artillerie plus performante à faible coût. RAILGUN est un canon électromagnétique innovant installé sur la proue d’un bâtiment. Cette technologie de rupture représente plusieurs atouts », dont une « portée de tir fortement étendue [plus de 200 km], une « défense anti-aérienne améliorée par la réduction du temps de vol », une « létalité augmentée par la forte vitesse d’impact » et une « capacité d’emport de munitions accrue due à l’absence de charges propulsives », explique l’AID.
Pour faire fonctionner un canon électromagnétique, il faut faire circuler un courant électrique de forte intensité entre deux rails conducteurs afin de créer un champ magnétique. Puis, grâce à la force de Laplace, le projectile - également conducteur - subit une forte accélération avant d’être éjecté du tube à une vitesse très élevée.
En 2024, même la plus grosse industrie de défense au monde, les États-Unis, n'arrive plus à suivre. Alors, ils s'appuient sur leur allié australien, qui vient d’inaugurer une toute nouvelle usine de fabrication de missiles, ceux que les spécialistes de défense considèrent comme l’armement "star" de la guerre en Ukraine : le Himars.
En Europe, 500 millions d’euros vont être investis pour stimuler la fabrication de munitions, mais les États-Unis font, eux aussi, le même constat. Même la plus grosse industrie de défense au monde ne parvient pas à suivre la cadence.
Ce qui nous conduit tout droit en Australie, vers le Building 215, un petit hangar sans prétention de la banlieue de Sydney. Ce hangar symbolise l’expansion du système révolutionnaire Himars, avec un contrat de 37 millions de dollars, annoncé par Pat Conroy le ministre de l'Industrie de défense australien.
"Le dernier examen de notre stratégie de défense recommande fortement d’augmenter nos investissements dans le matériel de frappes longue portée. Ces munitions permettront de dissuader les conflits potentiels et de contribuer à la paix et à la stabilité dans l'Indo-Pacifique. Ce premier contrat porte sur la fabrication d'un premier lot de missiles, qui facilitera le transfert de technologie avec les États-Unis et renforcera les compétences techniques australiennes avant la phase de fabrication à grande échelle", explique le ministre.
Et Washington s’appuie sur l’accord tripartite de défense Aukus, entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Australie, pour éviter la pénurie de munitions et ne pas être pris au dépourvu dans les conflits actuels. Mais ils continuent de se préparer activement à un futur conflit où l’allié australien sera aux premières loges : celui avec la Chine.
A l’instar du couple royal, l’entreprise FN Herstal est une institution en Belgique. La « FN » (pour Fabrique nationale), comme tout le monde l’appelle ici, est le plus vieux fabricant d’armes du pays, fondée en 1889 dans la ville de Herstal, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Liège.
Les affaires tournent et la filiale FN Herstal enregistre près de 20 % de croissance chaque année depuis 2022. « Le renforcement du pilier européen de l’OTAN nous offre des opportunités importantes », reconnaît Julien Compère, le PDG de FN Browning. Les objectifs sont élevés pour 2025 : doubler la production de mitrailleuses et quadrupler celle de munitions d’ici à la fin de l’année, sans préciser de chiffres pour des raisons de confidentialité.
A l’occasion des vœux aux Armées le 13 juillet 2025, le président Macron a annoncé sa volonté d’accroître l’effort de défense consenti par la France à 67 milliards d’euros en 2027, soit une accélération de trois ans de la trajectoire initialement prévue dans la Loi de Programmation Militaire 2024-2030.
Même à 67 milliards d’euros par an, le budget militaire actuel reste encore loin du nouvel objectif de 5% du PIB dédié à la défense sur lequel se sont accordés les pays membres de l’Alliance atlantique au sommet de La Haye en juin dernier. Cet objectif se décompose en 3,5% pour les dépenses de défense pure (acquisition d’armements, dépenses de personnels …) et 1,5% pour des dépenses qui supportent l’effort de défense au sens large, et donc notamment les investissements en matière de sécurité civile, d’infrastructures de transport lourdes ou de cybersécurité par exemple.
La guerre en Ukraine recentre le rôle de l’OTAN autour de son rôle de défense collective historique, notamment pour un continent européen qui est dépourvu de moyens militaires en quantité suffisante, au contraire des Américains. Si l’OTAN n’est pas remise en cause dans ses principes de défense collective pour les Européens, les deux mandats de Donald Trump font apparaître une vision plus transactionnelle de l’Alliance, basée sur des niveaux d’efforts européens supérieurs en matière de défense pour éviter les passagers clandestins, qui profitent de l’Alliance sans y contribuer à la hauteur de leurs moyens.
L’armée de Terre s’est engagée depuis plusieurs années sur la voie du programme SCORPION, qui est un ambitieux programme de modernisation de la trame blindée médiane de l’armée de Terre. Il se traduit notamment par le renouvellement des flottes de VAB et d’AMX-10RC par une nouvelle flotte de plus de 4 500 blindés, ainsi qu’un effort de mise en réseau et de numérisation des véhicules. L’idée est de doper les capacités de combat des Groupements Tactiques Interarmes (GTIA) par l’interconnexion des plateformes.
Si le marché sportif représente aujourd’hui environ vingt-cinq pour cent de l’activité du NIOA, il demeure une base stable permettant le financement des activités de défense, dont le cycle d’acquisition peut durer jusqu’à cinq ans. Le marché militaire s’avère toutefois à l’avant-garde en ce qui concerne l’électronique dont les soldats ont besoin, car il s’agit d’applications militaires uniques, ainsi que de technologies très spécifiques, telles que l’hypersonique.
L’hypersonique est en effet la technologie militaire sur laquelle nous devons porter toute notre attention à mon avis, car elle est susceptible de changer la donne avec des applications civiles prometteuses. L’accent devrait être mis sur le développement de la technologie elle-même, mais aussi sur la manière de contrer les effets des missiles hypersoniques entrants, en tenant compte des leçons tirées par l’Ukraine.
Les innovations dans le domaine des munitions légères continuent d'évoluer, portées par les avancées technologiques et les impératifs géopolitiques. Les systèmes de guidage de précision, les canons électromagnétiques et les technologies hypersoniques sont autant de pistes qui redéfinissent les capacités militaires et les stratégies de défense à l'échelle mondiale.
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