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Face aux incertitudes qui pèsent sur l'économie de la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a sorti les grands moyens jeudi pour rassurer sur son soutien monétaire.

Elle a ainsi annoncé qu'elle maintiendra ses taux à leurs plus bas niveaux historiques au moins pendant le premier semestre 2020, contre fin 2019 précédemment évoqué.

« En dépit des données meilleures que prévu pour le premier trimestre, les informations les plus récentes indiquent que les vents contraires à l'international continuent de peser sur les perspectives de la zone euro. Les incertitudes géopolitiques, les menaces croissantes de protectionnisme et les vulnérabilités dans les marchés émergents marquent le sentiment économique de leur empreinte », a expliqué le président de l'institution monétaire, Mario Draghi, au sortir de la réunion du Conseil des gouverneurs organisée à Vilnius, en Lituanie.

En toile de fond : le Brexit ou encore le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine.

La Politique Monétaire de la BCE

La BCE a maintenu son taux d'intérêt des opérations principales de refinancement à 0 %, son taux de prêt marginal à 0,25 % et son taux sur les dépôts à -0,40 %.

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La BCE n'a cependant que légèrement corrigé ses prévisions de croissance pour la zone euro : si elle a relevé de 1,1 % à 1,2 % ses prévisions pour 2019, elle a revu à la baisse celles pour 2020 et 2021, qui perdent respectivement 0,2 point et 0,1 point de pourcentage, à 1,4 %.

Inflation et Perspectives Économiques

Sur le front de l'inflation, Mario Draghi a expliqué qu'il « prenait au sérieux » les anticipations des marchés, proches de niveaux bas.

L'inflation a reculé à 1,2 % en mai, après avoir atteint 1,7 % le mois précédent, s'éloignant de son objectif de hausse des prix à moyen terme, inférieure à, mais proche de 2 %.

Le dirigeant a cependant exclu toute déflation en zone euro.

Dans ses nouvelles prévisions, l'institution monétaire a par ailleurs laissé inchangée sa prévision d'inflation pour 2021, à 1,6 %, mais revu à la hausse de 1,2 % à 1,3 % ses prévisions pour cette année, et revu à la baisse de 1,5 % à 1,4 % celle pour 2020.

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Options et Mesures de Soutien

Outre l'extension de six mois de toute perspective de hausse de taux, le dirigeant de la BCE a détaillé les conditions d'une nouvelle salve de prêts géants accordés aux banques annoncée en mars afin de préserver les conditions de crédit favorables dans la zone euro.

La BCE a surtout insisté sur la détermination des gouverneurs à agir en cas de matérialisation des « contingences défavorables ».

Certains membres du conseil ont ainsi évoqué l'option d'une nouvelle baisse des taux sur les dépôts, déjà en territoire négatif, ou encore d'un redémarrage du programme de rachats d'actifs (QE) stoppé en fin d'année dernière, a expliqué Mario Draghi, qui quittera ses fonctions en octobre.

L'Italien a assuré disposer d'une « marge de manoeuvre » pour agir, alors que la BCE, qui n'a pas relevé ses taux depuis la crise, est suspectée d'être privée de munitions.

Analyse des Marchés Européens

Dans son analyse, Matthieu Bailly dresse un tableau contrasté des marchés. Côté européen, Christine Lagarde douchent les espoirs d’un assouplissement rapide : la BCE prépare un statu quo prolongé, estimant l’inflation proche de son objectif, alors même que la désinflation provient surtout de facteurs externes.

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Alors que, depuis début octobre, les marchés espéraient que la BCE contrerait la chute de la croissance et les errances politiques du second pilier de la Zone Euro par une politique accommodante en 2026, Christine Lagarde a tempéré les ardeurs et préparé à une stabilisation des taux directeurs, affirmant que l’inflation européenne se rapproche de l’objectif de 2 %.

Mais soyons honnêtes : cette désinflation doit peu à la BCE elle-même. Comme depuis quinze ans, la BCE se retrouve en fait à jongler entre une inflation plus forte là où la croissance repart, plutôt dans le Sud de l’Europe, et une stagnation au Nord et trouve une sorte de compromis.

Résultat : elle prépare les marchés à un statu quo prolongé avec surtout la volonté de conserver quelques cartouches en cas de stress plus sévère.

Les Défis Économiques et la Réponse Européenne

L'économie américaine reste robuste mais polarisée : les géants technologiques continuent d’investir massivement - Meta vient d’émettre 30 milliards de dollars de dette, on est bien loin, pour une seule entreprise, des petits plans « défense » ou de recherche IA de quelques pays européens qui peinent à réunir quelques milliards… voire quelques millions parfois et dont on se targue pourtant… - tandis que les ménages modestes commencent à fléchir.

Sur le terrain microéconomique, nous noterons une certaine prudence des entreprises malgré une saison de résultats plutôt satisfaisante et nous retiendrons l’exemple de Bouygues qui, malgré l’atteinte de ses objectifs trimestriels et des marges solides, préfère revoir ses perspectives à la baisse et proposer une politique financière plus prudente en réduisant quelque peu son endettement.

Et puis il y a les éternels « laggards » qui animent nos hebdos depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Casino d’abord, qui jurait avoir bouclé sa « restructuration définitive » en 2024, mais prépare déjà la suivante.

Moins de deux ans après avoir réduit sa dette de 4,9 milliards, le distributeur relance les discussions pour « adapter sa structure financière ».

Les covenants se resserrent, les frais financiers repartent à la hausse et les échéances 2027 approchent.

Analyse de Worldline

En parlant d’Atos, venons en justement à Worldline qui, de son côté, confirme nos réserves de la semaine passée. Le groupe a annoncé une nouvelle augmentation de capital de 500 millions d’euros, à laquelle BNP Paribas, Crédit Agricole et Bpifrance participent courageusement, patriotiquement, politiquement ou simplement parce qu’ils sont déjà trop engagés ?

L’opération permet de rassurer les marchés sur le court terme, mais elle valide surtout notre diagnostic des mois passés : le bilan reste fragile, le cashflow famélique et la rentabilité hypothétique.

Nous écrivions notamment que « le free cash flow attendu entre 20 et 100 millions d’euros représente l’épaisseur du trait sur 4 milliards de chiffre d’affaires » : rien n’a changé.

Les obligations Worldline ont grimpé à la suite de ces annonces, en particulier sur les maturités courtes jusqu’à 2027.

Élections Européennes et Nouvelles Tendances Politiques

Les élections européennes de 2024 ont marqué un virage à droite pour le Parlement européen.

À l’intersection de plusieurs majorités possibles, le PPE est désormais faiseur de rois, au grand dam de ses partenaires du premier mandat d’Ursula von der Leyen : le deuxième groupe, les Socialistes et Démocrates (S&D), mais aussi les centristes et libéraux (Renew) et les Verts, qui perdent en influence.

Cette nouvelle donne politique est un marqueur supplémentaire du retour en puissance de la droite à travers le continent, avec des victoires électorales et des retours au pouvoir dans plusieurs grands pays, de l’Italie à la Pologne, en passant par l’Allemagne et les pays scandinaves.

La Commission européenne von der Leyen 2, où siègent quatorze fidèles du PPE pour quatre socialistes, n’échappe pas à cette tendance.

Sécurité en Europe et le Conflit en Ukraine

La situation en Ukraine est bien connue.

Elle résiste avec courage, de façon héroïque, à un combat forcément inégal.

L’agression russe en Ukraine constitue un enjeu d’une importance cruciale.

La lutte de l’Ukraine est notre lutte, pour des valeurs qui nous sont communes.

L’Ukraine défend nos valeurs, son propre destin et la liberté et la dignité humaine.

La défaite de l’Ukraine serait la défaite de l’Europe.

La sécurité en Europe, elle se joue aussi sur la ligne de front ukrainienne.

Cela entraîne plusieurs conséquences.

L'une d'entre elles est industrielle et technologique.

Il faut rapprocher les armées européennes.

Les temps ont bien changé.

Les derniers à Londres ont marqué une étape importante.

Réarmement et Défense Européenne

Appelé dimanche à un réarmement rapide de l’Europe, il s’agit de doter d’une capacité souveraine de dissuasion nucléaire.

Cela ne consiste pas à augmenter notre effort de défense.

La France va devoir faire face à ses responsabilités et montrer la voie dans ce domaine.

Un sursaut est urgent.

L’Europe doit assumer elle-même sa propre sécurité et sortir l’Europe de sa dépendance.

L’autonomie stratégique doit devenir un objectif prioritaire.

L’Otan est une alliance défensive.

La réponse n’est pas seulement militaire.

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