Envie de participer ?
Bandeau

La guerre de Sécession, qui déchira les États-Unis entre 1861 et 1865, marqua un tournant majeur dans l'évolution des armes à feu. Toute guerre a besoin d’armes pour être livrée. La guerre de Sécession n’en manqua pas : en autorisant tout un chacun à posséder une arme à feu, le deuxième amendement à la constitution des États-Unis assurait l’existence d’un vaste marché que de nombreux fabricants d’armes, de taille variable, se partageaient. Malgré cela, et en dépit des immenses stocks accumulés dans les arsenaux fédéraux et ceux des États, il fallut en importer massivement d’Europe. Si l’Union n’eut aucune peine à le faire grâce à sa supériorité navale, la Confédération dut quant à elle recourir à des forceurs de blocus.

La guerre de Sécession se déroule à un moment où l’évolution technique des armes à feu, longtemps demeurée lente, s’est considérablement accélérée. Alors qu’au début du XIXème siècle, le fusil standard de toutes les armées du monde est un mousquet à silex, à canon lisse et tirant des balles sphériques, il en va tout autrement en 1861. Juste avant la guerre, le fusil réglementaire de l’infanterie fédérale est le Springfield modèle 1855. Sur le plan technique, c’est une arme moderne, typique des fusils apparus dans les années 1850.

Innovations et Évolutions

Bien que le mousquet à canon rayé et la balle Minié eussent déjà prouvé leur valeur respective dans des conflits précédant la Guerre Civile Américaine, appelée en Europe Guerre de Sécession, le système n’avait jamais été essayé sur une échelle aussi vaste. La « Guerre entre les Etats » vit des millions de fusils de type Minié de tous bords, les plus utilisés étant les Modèles 1855, 1858 et 1861 des Enfield anglais.

En fait, les autorités tant Fédérales que Confédérées, ayant chacune devant eux l’énorme tâche d’armer une multitude d’hommes, n’étaient souvent pas très regardantes quand il s’agissait de savoir où les armes avaient été achetées, et les produits issus de contrats des deux côtés de l’Atlantique étaient sujets à des variations subtiles en matière de style et de qualité.

Le concept du fusil rayé a depuis longtemps intrigué l’esprit des militaires, mais les procédures de chargement de la fin du XVIIe.

Lire aussi: Choisir une Armoire à Fusil 5 Armes

Les Mousquets et Fusils

Le nombre d'armes utilisées pendant le conflit fut particulièrement important car la durée de la guerre a permis le développement de nouveaux types de fusils qui sont venus s'ajouter à ceux déjà existant. En outre les états avaient des stocks d'armes plus ou moins anciens et firent appel aux importations étrangères augmentant encore le nombre d'armes.

Dans le panel des armes de l'infanterie on trouvait les mousquets qui étaient des fusils à chargement par la bouche et à mise à feu par silex ou par percussion de cartouche de fulminate. Les modèles anciens avaient un canon lisse et une portée de tir comprise entre 100 et 150 mètres mais étaient utilisés à des distances proches de 50 mètres. Les mousquets plus récents avaient un canon rayé qui pouvait tirer plus loin que le canon lisse, En outre il offrait la possibilité d'utiliser des balles modernes comme la balle Minié qui augmentait encore la précision et la portée de l'arme. Mais en dépit de ces améliorations balistiques, les armes d'infanterie étaient utilisées à des distances inférieures à 100 mètres et la précision ou la puissance ne servaient plus à grand chose dans de telles configurations du combat linéaire.

Pour utiliser correctement un fusil au combat il fallait un entraînement long et répétitif que seuls les régiments réguliers possédaient. La plupart des soldats volontaires ou de milice n'avaient pas d'entraînement suffisant pour tirer vite et bien avec de telles armes. Certains apprirent même sur le tas, c'est-à-dire dans le feu du combat. Il fallait 17 à 18 mouvements différents pour charger et tirer avec un mousquet. Un bon tireur pouvait théoriquement tirer jusqu’à trois coups par minute, mais dans le stress du combat il était plus réaliste de compter deux voire un coup par minute. Viser juste était encore une autre paire de manches.

Le stress était d'ailleurs tel, que certains fusils retrouvés après la bataille de Gettysburg montrèrent 10 balles, ou plus, entassées dans le canon, le soldat n'ayant pas ou mal placé de cartouches fulminate, dans la fureur du combat, et rechargeait frénétiquement alors que les coups précédents n'étaient pas partis.

Le mousquet ou le fusil était l'arme principale du soldat d'infanterie. Son maniement n'était guère différent de celui effectué par les soldats du premier empire à quelques détails près. Son chargement était effectué par la bouche du canon et nécessitait généralement que le soldat se tienne debout. La cartouche généralement en papier était déchirée et son contenu versé dans le canon puis tassé au moyen d'une baguette accrochée sous le fusil.

Lire aussi: Choisir son Armoire à Fusil 6 Armes

Le soldat équipé d'une arme à silex devait ensuite verser une petite quantité de poudre dans le bassinet puis armer le chien qui tenait un morceau de silex entre ses mâchoires d'acier. Lors du départ du coup le chien frappait la platine provoquant une pluie d'étincelles qui enflammait la charge de poudre du bassinet et dont la flamme se communiquait à la chambre du canon par un petit trou appelé la lumière. Sous la pluie cette arme était capricieuse, son chargement était malaisé. Les mousquets de la guerre civile furent principalement équipés du système à percussion qui nécessitait de placer une cartouche de fulminate sur un emplacement adapté puis d'armer le chien et tirer. L'avantage est de pouvoir tirer sous la pluie (bien que le fulminate soit sensible à l'eau), d'éliminer les risques de projections de poudre enflammée dans les yeux du tireur et de faciliter l'armement du fusil.

L'autre grosse différence était que le canon soit ou lisse ou rayé. Le canon lisse tirait une balle ronde à des distances ne dépassant pas les 150 mètres, le canon rayé tirait plus de projectiles dont les balles coniques et à de plus grandes distances. Il convient de rappeler que la distance d'engagement la plus courante se situait entre 50 et 100 mètres. La principale innovation qui apparut durant le conflit fut le chargement par la culasse des fusils. Les carabines furent les principales bénéficiaires de ce changement mais quelques fusils eurent également le privilège d'être conçus de la sorte simplifiant davantage le rechargement et permettant de le faire dans n'importe quelle position.

Voici une liste non exhaustive d'armes d'infanterie d'origine américaine ainsi que du fusil britannique Enfield. Nous traiterons des armes de cavalerie, des autres armes d'importation et des armes spéciales ultérieurement. En fonction de la munition utilisée, la plupart de ces armes pouvaient encore blesser au-delà de 650 mètres mais la portée pratique était bien moindre. Au-delà de 300 mètres la plupart des mousquets devenaient imprécis, le Enfield, le Sharp et le Remington demeurant au-dessus de la norme.

Les Armes Principales

  • Springfield Modèle 1861

Le fusil le plus utilisé par le Nord, à environ 1 million d'exemplaires, fut le Springfield modèle 1861. D'un calibre de 15mm (0.58) d'un poids de 4.1 kg et d'une longueur de 140cm, le M1861 est une version améliorée du M1855. Équipé d'un canon rayé il est précis jusqu’à 400 m environ ; sa mise à feu est assurée par le système à percussion à cartouche de fulminate. Le modèle précédent était équipé d'une bande d'amorces en rouleau afin d’éviter la manipulation d'amorce en cuivre pour chaque tir mais qui s'avéra décevante à l'usage car sensible à l'humidité.

Pendant la guerre le M1861 fut amélioré et donna la version M1863 qui fut le dernier fusil à chargement par la bouche de l'US Army. Fabriqué en deux types à 700 000 exemplaires, il ne différait du M1861 que par quelques petits détails comme les ressorts du fût de canon, la baguette pour le chargement, le pontet ou la chambre et le marteau de percussion.

Lire aussi: Comprendre le TIR

  • Navy Model "Plymouth" 1861

520 000 exemplaires environ furent produits. Le Navy model "Plymouth" 1861 fabriqué à 10000 exemplaire, d'un calibre 0.69 fut commandé pour la marine et possédait les caractéristiques générales du M1861 de l'armée de terre mais avec un canon plus court.

  • Enfield P1853

Le second mousquet le plus utilisé pendant le conflit fut le Enfield P1853 (P pour pattern). Cette arme britannique produite pour les troupes coloniales indiennes de l'empire britannique servit durant plusieurs conflits dont la guerre de Crimée. Commandé en grand nombre auprès de contractuels par les sudistes, ce mousquet fut utilisé durant toute la guerre de Sécession. D'un calibre de 0.58, d'un poids de 4.3 kg et d'une longueur de 140cm, cette arme était excellente et meilleure que le Springfield à la plupart des distances de tir.

  • Springfield M1855

Le modèle précédent était donc le M1855 qui reprenait les spécifications du M1861 mais qui avait été pourvu d'un système original de bande amorçable enroulée dans un boîtier. Ce système est connu sous le nom de Maynard : des gouttes de fulminate était encachetées dans un rouleau de papier qui se déroulait au fur et à mesure des tirs évitant la manipulation des amorces. Mais le papier était sensible à la moisissure et fut abandonné au profit du système classique à amorce en cuivre. 60 000 mousquets M1855 furent produits.

  • Fusil "Richmond"

L'arsenal de Richmond fit sa propre copie de ce modèle ainsi que du M1861 et fut dénommé fusil "Richmond", L'arsenal de Fayetteville fit de même et produisit plusieurs types du M1855/1861. Entre 1857 et 1861, 59273 fusils M1855 furent fabriqués à Harper's Ferry et Springfield, les deux principaux arsenaux américains.

  • Springfield M1842

Le Springfield M1842 était encore largement répandu, il s'agissait d'un mousquet à percussion mais dont le canon était lisse et ne tirait donc que des balles sphériques au lieu de la balle Minié ou assimilée. Il existait plusieurs modèles qui furent fabriqués dans différent arsenaux aux États-Unis, dont 14000 modèles qui furent modifiés pour avoir un canon rayé.

  • Springfield M1816

Le Springfield M1816 était le plus ancien modèle dérivé d'un fusil datant de la guerre de 1812. Son système de mise à feu par silex avait été progressivement remplacé par un système à percussion. On trouvait dans certains dépôts du sud des armes encore plus anciennes comme le M1808, la plupart de ces fusils furent utilisés tels quels ou modifiés pour tirer avec le système à percussion.

  • Mississippi Rifle M1841

Le Mississippi rifle M1841, utilisé pendant la guerre du Mexique était encore populaire. Pesant 4.2 kg, mesurant 1.23 mètres, ce fusil était pourvu d'un canon rayé et d'un système de tir à percussion. En 1855 il évolua en M1855, son calibre de 0.54 passa à 0.58 afin de pouvoir tirer la balle Minié. Ancien mais efficace ce fusil fut surtout utilisé par les confédérés, spécialement leur cavalerie, mais des unités fédérales ne dédaignèrent pas se servir de cette arme qui avait fait ses preuves.

  • Remington M1863 (Fusil Zouave)

L'artisan armurier Remington fabriqua en plus petit nombre un mousquet très précis, le Remington M1863 appelé aussi le fusil Zouave. D'un calibre de 0.58 à chargement par la bouche, ce mousquet mesure 1.2 mètre.

Les Carabines Emblématiques de la Guerre de Sécession

Les carabines à poudre noire de cette époque sont devenues des symboles d’innovation militaire et d’histoire vivante. Chez ADL Armurerie, nous proposons une sélection exceptionnelle de reproductions fidèles signées Pedersoli et Chiappa, permettant aux passionnés de revivre avec authenticité cette période fascinante.

L’expérience du tir historique des champs de bataille

Utiliser une carabine à poudre noire de la Guerre de Sécession, c’est ressentir la puissance brute de la technologie d’époque, marquée par les progrès du chargement par la culasse et l'apparition de la cartouche papier. Les amateurs de reconstitution, de tir sportif et d’armes anciennes trouveront chez ADL Armurerie des modèles parfaitement adaptés pour explorer cette ère révolutionnaire.

Les carabines mythiques de la Guerre de Sécession

  • Pedersoli Sharps Infantry Rifle : précision et rapidité

Le Sharps Infantry Rifle est sans doute l'une des armes les plus célèbres de la Guerre de Sécession. Pedersoli propose une reproduction fidèle de ce fusil à bloc tombant, apprécié pour sa précision et sa cadence de tir rapide. Disponible en calibres historiques tels que le .54 ou le .45-70 Government, il est parfait pour les tireurs sportifs passionnés d’histoire militaire.

  • Chiappa Spencer Carbine : l’innovation au service de la cavalerie

La Spencer Carbine, utilisée principalement par la cavalerie de l’Union, fut l’une des premières armes à répétition adoptées en masse. Chiappa propose une réplique exceptionnelle de ce modèle révolutionnaire à levier sous garde, chambré en calibres traditionnels, offrant aux tireurs la possibilité de vivre une expérience de tir fluide et authentique.

  • Les Springfield et Enfield : fusils emblématiques de l’infanterie

Chez ADL Armurerie, nous proposons également des reproductions du Springfield Model 1861 et du fusil Enfield Pattern 1853. Ces fusils à poudre noire, à chargement par la bouche, ont équipé massivement les troupes nordistes et sudistes et demeurent aujourd’hui incontournables pour les passionnés de reconstitution historique.

Pourquoi choisir ADL Armurerie pour vos carabines de la Guerre de Sécession ?

Une exigence de fidélité historique

Nous sélectionnons uniquement des armes reproduisant avec soin les caractéristiques originales : bois de noyer, garnitures en laiton ou acier vieilli, mécanismes fidèles aux brevets d'époque. Pedersoli et Chiappa garantissent un réalisme absolu pour satisfaire aussi bien les collectionneurs que les tireurs exigeants.

Accessoires, entretien et conseils spécialisés

Pour accompagner vos carabines historiques, ADL Armurerie propose également une gamme complète d’accessoires : balles Minié, outils de nettoyage poudre noire, amorces spécifiques, et produits antirouille haute performance pour la conservation de vos pièces de collection.

Revivez l’histoire américaine avec ADL Armurerie

Posséder une carabine de la Guerre de Sécession, c’est bien plus qu’acquérir une arme : c’est faire revivre l’une des époques les plus marquantes de l’histoire militaire. Grâce aux modèles Pedersoli et Chiappa disponibles chez ADL Armurerie, vous pouvez recréer fidèlement les grandes batailles du XIXᵉ siècle, que ce soit sur un stand de tir, lors de reconstitutions ou pour enrichir votre collection.

Tableau Récapitulatif des Fusils

Fusil Camp Principal Calibre Caractéristiques
Springfield M1861 Union .58 Canon rayé, système à percussion
Enfield P1853 Confédération .58 Canon rayé, importé de Grande-Bretagne
Sharps Infantry Rifle Union .54, .45-70 Fusil à bloc tombant, précis
Spencer Carbine Union .52 Carabine à répétition, magasin tubulaire

Production d’armes dans les États confédérés

Cet ouvrage nous offre un aperçu détaillé de l’arsenal des Confédérés pendant la guerre de Sécession. La production d’armes dans les États confédérés pendant la guerre de Sécession était un défi majeur. Le blocus naval imposé par l’Union avait considérablement limité l’accès aux matières premières et aux équipements nécessaires à la fabrication d’armes à feu. Malgré les difficultés, ils réussirent à produire des fusils, mais aussi des revolvers, souvent en petites séries et de manière artisanale. Ces armes étaient généralement des copies de modèles américains, adaptés aux moyens locaux.

Les revolvers produits dans le Sud étaient principalement utilisés par les officiers, les éclaireurs et les cavaliers. Un des revolvers les plus célèbres utilisés par les Confédérés était le revolver Le Mat. Ce revolver original, conçu par Jean Alexandre François Le Mat, avait la particularité de posséder un canon secondaire pour tirer des billes de plomb comme un fusil de chasse.

La production d’armes par les États confédérés a été marquée par l’improvisation et les difficultés liées au blocus.

tags: #les #armes #a #feu #de #la

Post popolari: