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Le déclenchement d'une charge creuse fait subir de gros dégâts à un blindage, qui est généralement transpercé dans le cas d'un impact suivant une trajectoire perpendiculaire à son plan.

Le Principe de l'Effet Munroe

Le fonctionnement du lance-roquette perpendiculaire est basé sur l'effet Munroe. Lors de l'impact et donc de l'explosion de la charge explosive, la feuille de cuivre va fondre. En même temps, la puissance de la charge va retourner le cône inversé par sa pointe, créant ainsi un jet de métal en fusion qui est projeté contre le blindage.

Ce puisant jet de métal en fusion va heurter le blindage du char en un seul point, concentrant ainsi toute sa puissance.

Exemple Historique: Le P.I.A.T.

Les ingénieurs militaires anglais, et notamment Jeffries et Wallis, décident de mettre au point une nouvelle arme pour renforcer les possibilités tactiques de l’infanterie Anglaise.

Le P.I.A.T était une arme à charge creuse, elle n’avait donc pas besoin de vitesse et ne laissait pas de fumée pouvant indiquer sa position.

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Il avait la capacité de détruire des Panther et pouvait si celui était bien utilisé venir à bout de char lourd Allemand comme le Panzekampfwagen VI Tigre , ses capacités étaient telles qu'il pouvait percer un trou de 4 pouces (10cm) d'acier à plus de 100 mètres.

L'Utilisation du P.I.A.T. au Combat

Les Allemands ont tenté à plusieurs reprises de s'introduire dans les positions de la compagnie. Le Major Caïn sortit seul pour le traiter armé d'un Piat. Les jours suivants, le major Cain était partout où le danger menaçait, se déplaçant parmi ses hommes et les encourageant.

À ce moment-là, le Major Cain ne disposait plus que d'un seul P.IAT. Le 25 septembre, l'ennemi lança une attaque massive contre la position du major Cain à l'aide de char, de canons automoteurs, de lance-flammes et d'infanterie.

Armes Légères Antipersonnel à Tir Tendu

Les armes légères à tir tendu sont destinées à atteindre le combattant adverse de plein fouet par pointage à vue directe. Il faut donc que la trajectoire de leurs projectiles soit aussi tendue que possible, pour augmenter la probabilité d'atteinte, en cas d'erreur d'appréciation de distance commise par le tireur.

Classification et Performances

Toutes les armes en service utilisent des munitions encartouchées. Leurs projectiles sont stabilisés par rotation et propulsés uniquement par effet canon. La cartouche est maintenue dans la partie arrière du canon, appelée chambre, par une pièce de fermeture, appelée culasse.

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Les gaz de la poudre, emprisonnés dans l'étui, poussent la balle à travers l'âme du canon, et la forcent à prendre les rayures chargées de lui imprimer un mouvement de rotation.

Les opérations nécessaires au tir d'un coup de feu sont au nombre de neuf : approvisionnement, introduction, fermeture, verrouillage, percussion, déverrouillage, ouverture, extraction, éjection.

Suivant le principe utilisé pour leur chargement, on distingue :

  • les armes coup par coup, qui exigent l'introduction manuelle de chaque cartouche ;
  • les armes à répétition, dont l'alimentation se fait par l'intermédiaire d'un levier de manipulation ;
  • un certain nombre de cartouches ont été disposées, au préalable, dans un magasin ou un chargeur ;
  • les armes semi-automatiques, ne nécessitant, après approvisionnement par chargeur, que l'action du doigt sur la détente pour chaque coup tiré (ces trois premiers principes ne sont plus guère utilisés que dans des armes de chasse ou pour des pistolets dits parfois automatiques) ;
  • les armes automatiques, dans lesquelles l'action sur la détente entraîne le départ d'une rafale, interrompue lorsque le tireur cesse son action.

Ces armes sont alimentées par chargeur ou par bandes.

Les armes semi-automatiques et automatiques se différencient par leur système de fermeture et le principe moteur utilisé pour assurer leur fonctionnement. On distingue, dans les armes à culasse non calée, les systèmes à inertie utilisant la pression exercée par les gaz de poudre sur le fond de l'étui pour agir sur une culasse coulissante dont l'inertie est seule à assurer la fermeture de la chambre, pendant le trajet du projectile dans le canon.

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Après le départ du projectile, l'ensemble canon-culasse est manœuvré par des leviers ou des cames solidaires de la boîte de culasse. Dans tous les cas, le retour en batterie des pièces du mécanisme est assuré par un ressort récupérateur.

Les armes à culasse calée se distinguent également par leur système de verrouillage dont la variété est considérable.

L'Artillerie et l'Arme Chimique

Le mot « artillerie » apparaît avec Joinville au XIIIe siècle pour désigner l'ensemble des engins de guerre.

Essentiellement initié au début de 1915, l’emploi de l’arme chimique connaît dès lors un développement constant avec l’apparition de projectiles spéciaux succédant rapidement aux vagues gazeuses dérivantes. Les grandes offensives de 1916 virent un emploi croissant des obus chimiques avec des produits de plus en plus agressifs et une doctrine d’emploi toujours plus efficace.

En parallèle, les belligérants cherchent à améliorer les moyens de protection et de thérapeutique tout en développant leurs capacités de recherche et de production industrielle associées à la guerre chimique.

Il est possible de considérer 1917 comme une année décisive dans l’évolution de la guerre chimique lors du premier conflit mondial. En effet, en moins d’une année, le front occidental a vu l’emploi d’armes de saturation pour l’emploi de toxiques de combat et l’apparition de nouveaux agents chimiques de guerre. L’une des conséquences directes fut la nécessité d’améliorer significativement la protection du combattant.

Par ailleurs, l’amélioration des performances des armes chimiques entraîna une meilleure formalisation de l’emploi de l’artillerie chimique. Enfin, l’entrée en guerre des États-Unis marqua le début de la mobilisation des ressources scientifiques et industrielles d’une ampleur inégalée.

Le Livens Projector: Une Arme de Saturation Chimique

Jusqu’en 1917, l’arme chimique fut essentiellement employée à partir d’obus d’artillerie, à la contenance réduite et au fonctionnement parfois capricieux, aux projectiles d’engins de tranchée à la portée limitée et aux émissions de vagues gazeuses, d’un emploi délicat et toujours tributaires des conditions météorologiques.

À la fin de 1916, le lieutenant britannique Livens, officier des Royal Engineers ayant rejoint en août 1915 les Special Gas Companies, mit au point un système permettant d’expédier directement les bouteilles de gaz chez l’ennemi afin de s’affranchir des contraintes météorologiques et des systèmes complexes de tuyauteries et de robinets.

Un tel procédé devait permettre d’assurer une forte concentration de toxique sur le point atteint, diminuant le risque de voir le vent diluer trop rapidement le nuage. De plus, un tir rapide et massif favorisait la surprise et diminuait les délais d’alerte chez l’ennemi.

Fonctionnement et Efficacité du Livens Projector

Le Livens projector était un lance-bombes extrêmement simple, comprenant un tube d’un calibre de 195 mm et généralement une plaque d’appui. L’angle de tir constant de 45o est donné en plaçant le tube dans une petite tranchée triangulaire. La portée est obtenue par modification de la charge et la mise de feu électrique.

Le projectile est une sorte de réservoir en métal cylindrique, contenant environ 10 kg de produit chimique (mélange à base de phosgène et de chloropicrine) et armé par une fusée percutante. Il était ainsi possible de mettre en œuvre simultanément plusieurs centaines de projectors afin de créer sur l’objectif un nuage instantané extrêmement dense. Il ne s’agissait pas d’une arme de précision mais bien d’une arme de saturation.

Les batteries atteignaient leur pleine efficacité lorsque les rayons d’efficacité des projectiles se recouvraient mutuellement. L’effet de surprise, indispensable à l’efficacité d’une arme chimique, pouvait être parfaitement assuré. De précieuses minutes, celles qui permettaient de revêtir les masques, étaient ainsi perdues.

Les lanceurs étaient généralement installés de nuit, suffisamment loin des lignes ennemies et dans des positions défilées afin d’éviter les mesures de contre-batterie.

Les lanceurs étaient généralement installés par batterie de 20 pièces. Elles étaient placées dans une tranchée d’environ 10 mètres de long, perpendiculaire à la direction de tir et formant un angle de 45o incliné vers le côté ennemi. Cet angle de tir permettait d’atteindre des cibles défilées par des tirs plongeants.

Les plaques de base en acier, étaient généralement placées sous chaque tube afin d’éviter l’enfoncement du tube dans les sols meubles. Après l’installation, les tubes étaient recouverts de terre et seules les bouches émergeaient légèrement du sol, rendant le camouflage facile. Après mise en place des charges propulsives et chargement du projectile, les tubes étaient connectés électriquement par 20 en série. La mise à feu se faisait par exploseur électrique. Une fois le tir effectué, les tubes pouvaient être rechargés ou enlevés pour être réutilisés.

Contraintes et Impact du Livens Projector

La mise en batterie nécessitait un important travail effectué le plus souvent de nuit et à proximité de l’ennemi. La mise en place d’un Livens Projector nécessitait une manutention pénible et un aménagement du terrain conséquent. Il n’était pas possible de changer rapidement de position une fois les pièces installées en batterie.

Une batterie ne pouvait généralement se mettre en place et tirer qu’une seule fois par jour tout en étant très vulnérable à la contre-batterie ennemie. La mobilité limitée restait un handicap et imposait une grande discrétion pour permettre d’agir par surprise. Le Livens projector fut massivement employé par les troupes britanniques à partir de juin 1917 lors de la bataille de Messines.

Adoption et Imitation du Livens Projector

À l’automne 1917, le gouvernement britannique mit à la disposition des forces françaises 1 000 Livens projectors. L’essai réalisé sur front de l’Aisne fut tellement concluant que le 1er groupe Z abandonna les nuées dérivantes pour se consacrer entièrement aux attaques par Livens projectors. Le rapport du chef de détachement précisait que « l’effet a été surprenant, effrayant suivant l’expression d’un chef de bataillon français qui est arrivé avec notre attaque pour occuper le terrain. Il n’y a pas eu de lutte sur le terrain balayé par les gaz ».

Cette arme fut particulièrement redoutée par les troupes allemandes à cause de l’effet de surprise et de la brutalité de l’intoxication. Ainsi, Ernst Jünger, dans Orages d’Acier, évoque cette menace : « [dès le tir des Livens projectors] on annonçait l’alerte aux gaz, et celui qui n’avait pas mis son masque lorsque pleuvaient les mines passait un mauvais quart d’heure. À certains endroits, le gaz arrivait presque à la densité absolue, de sorte que le masque même ne servait plus à rien, faute d’oxygène qu’on pût respirer. C’est ainsi qu’il fit beaucoup de victimes ».

Au vu de son efficacité, les services allemands copièrent rapidement le Livens projector en réalisant le Gaswerfer 17 (portée de l’ordre de 800 mètres) puis le Gaswerfer 18 (portée de 3 400 mètres). Le Gaswerfer 17 fut particulièrement efficace lors de l’assaut de Caporetto le 24 octobre 1917, surprenant et décimant les troupes italiennes encore mal préparées à la guerre des gaz.

L’efficacité du Livens projector reposait dans sa simplicité et sa capacité à noyer littéralement une position par un déluge de bombes chimiques. Les premiers lance-roquettes de type Nebelwerfer devaient produire un effet similaire et le lance-roquettes multiples reste un vecteur de choix des arsenaux chimiques depuis la Seconde Guerre mondiale.

Nouveaux Agents Chimiques de Guerre

De l’été 1915 à juillet 1917, les gaz de combat sont de plus en plus utilisés, mais leur efficacité décroît car les masques de protection se sont perfectionnés et l’instruction sur la protection contre les gaz ne cessa de s’améliorer. Les combattants comprirent très vite que l’entraînement, véritable « discipline des gaz » était un gage de survie.

À partir du mois d’avril 1917, les Allemands utilisent un nouveau mélange composé de surpalite et de chloropicrine. La chloropicrine, difficilement arrêtée par le masque M2 français, possède un effet lacrymogène rapide et violent et des propriétés suffocantes proches de celles du phosgène.

L’été 1917 verra l’apparition de nouveaux agents chimiques aux effets particulièrement redoutables, l’ypérite et les arsines.

L'Ypérite

Employé à partir du 12 juillet 1917, le sulfure d’éthylène dichloré (ypérite) est un liquide huileux et peu volatil dont les effets vésicants apparaissent au bout de plusieurs heures. Connu depuis 1822 et étudié à plusieurs reprises, l’ypérite fut proposée par les services chimiques français en 1916 mais refusée du fait d’une toxicité trop faible et d’une trop grande difficulté de préparation.

Liquide persistant, l’ypérite imprègne le sol, le matériel et les tenues. Les effets vésicants sont très douloureux et longs à guérir. En revanche, insuffisamment vaporisée par les premiers obus « à croix jaune », l’ypérite, en dépit de ses effets spectaculaires, n’était que rarement mortelle en 1917.

En effet, jusque vers novembre 1917, la faible charge explosive et le solvant utilisé (tétrachlorure de carbone) ne vaporisaient qu’imparfaitement le toxique. L’augmentation de la charge explosive pour rendre l’obus plus efficace et l’utilisation de chlorobenzène permit de disperser le toxique en particules plus fines, entraînant des atteintes pulmonaires bien plus graves.

L’efficacité de cet agent reposait avant tout sur sa capacité à littéralement « user » les effectifs car la récupération des ypérités est particulièrement lente. Ainsi, à Verdun, dans la seule journée du 20 août 1917, il y eut 4 436 ypérités évacués. Ce nouvel agressif permettait en outre de créer une sorte de barrière invisible et infranchissable en contaminant certaines zones du champ de bataille pendant une semaine environ.

En outre, le masque seul ne protégeait pas contre l’action vésicante et seuls des vêtements spéciaux, incommodes et d’un port difficile, offraient une protection efficace. L’ypérite pouvait ainsi perturber le fonctionnement normal des batteries, des observatoires ou des postes de commandement. Enfin, son emploi ralentissait considérablement la progression ennemie en la canalisant ou la cloisonnant.

Protection contre l'Ypérite

La protection contre ce nouveau produit, à la fois toxique et vésicant, offrait donc de sérieuses difficultés en raison du caractère insidieux de ses effets et de sa persistance sur le terrain. Toutefois, l’expérience montra que certaines unités ayant déjà subi l’action des obus à croix jaune avaient réussi à se préserver presque entièrement, alors que d’autres, soumises pour la première fois aux effets de ces projectiles, furent surprises, s’étaient mal protégées et subirent de fortes pertes. Initialement, le remède contre les pertes fut donc à rechercher avant tout dans le développement de l’instruction.

Une troupe bien instruite et sachant garder son sang-froid pouvait se protéger avec succès contre l’ypérite et se soustraire dans une large mesure à ses effets. Selon la note no 16 064 du GQG du 16 décembre 1917, « les commandants de troupes, à tous les degrés, ont le devoir de connaître et, d’enseigner à leurs hommes ces mesures de protection, de leur en faire comprendre le but et la nécessité, de leur en démontrer l’efficacité et de leur faire savoir les dangers auxquels ils s’exposent en les négligeant. Ils doivent exercer leur troupe à l’application de ces mesures par des exercices fréquents, de manière que leur emploi en cas d’alerte devienne comme un réflexe. Ils doivent veiller à leur stricte exécution sur le champ de bataille. Ils ne perdront pas de vue que, si l’ypérite tue peu, elle use les effectifs d’une façon redoutable quand les mesures de protection sont incomplètes, et que la méconnaissance ou l’inexécution de ces mesures engagent gravement leur responsabilité ».

Les Arsines

Le chlorure de diphénylarsine (Clark I) est apparu sur le champ de bataille entre le 11 et le 13 juillet 1917 dans des obus dits « à croix bleue ». Il s’agissait d’une arsine irritante, un dérivé de l’arsenic, visant à empêcher le port du masque afin d’exposer le combattant à l’action toxique d’autres produits.

Ce corps solide, contenu dans une bouteille en verre noyée dans l’explosif de chargement, devait être dispersé par l’éclatement de l’obus en particules suffisamment fines pour traverser le filtre des appareils protecteurs. Les effets sur l’appareil respiratoire (toux, éternuement et écoulement nasal) devaient alors empêcher le port du masque. Les effets se développant seulement après quelques minutes d’exposition, le combattant était intoxiqué sans s’en rendre compte. En novembre 1917, apparu le dichlorure de phénylarsine, une arsine, sous forme liquide, vésicante et incapacitante.

Impact Stratégique de l'Ypérite et des Arsines

L’utilisation de l’ypérite, véritable obstacle chimique, offrit à son utilisateur un excellent moyen d’appuyer ses actions défensives et de favoriser à moindre coût l’attrition des unités ennemies. Utilisé intensivement en 1918 avec des effets de plus en plus mortels, l’ypérite marqua considérablement la physionomie de la guerre chimique. En outre, la fabrication française d’ypérite à partir du printemps 1918, véritable tour de force industriel, contribua largement à la victoire.

Les arsines n’eurent pas en 1917 l’effet escompté. En revanche, l’amélioration de leur efficacité courant 1918 rendit leur emploi très prometteur. En effet, la protection contre les arsines était très difficile à assurer du fait de la petite taille et de l’activité des particules et représenta un véritable défi technique dans l’entre-deux guerres.

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