Les lance-roquettes représentent une composante essentielle de l'artillerie moderne, offrant une puissance de feu considérable et une grande souplesse d'emploi. Cet article examine en détail le fonctionnement de ces systèmes d'armes, en mettant en lumière leurs capacités, leurs munitions, leurs innovations technologiques et leurs implications stratégiques.
Le Mk 153 SMAW (Shoulder-Launched Multipurpose Assault Weapon) est un lance-roquettes américain développé dans les années 1980 par McDonnell Douglas et produit par Nammo Talley. Il est efficace contre les véhicules blindés légers, les engins non blindés et les fortifications.
L'arrivée massive des chars et des blindés sur les champs de bataille, à partir de la Seconde Guerre mondiale, a rendu les fantassins plus vulnérables. Les Américains ont été les premiers à développer une arme portative avec le bazooka, appliquant le principe de l'effet Munroe (1888) qui permet la création de charges creuses. Les Allemands ont capturé l'arme américaine et l'ont perfectionnée en créant le Panzerschreck puis le Panzerfaust.
Il faut attendre 1961 pour voir apparaître le RPG-7 soviétique. L'arme, aisément reconnaissable avec ses parties en bois, est produite à neuf millions d'exemplaires et sera de toutes les guerres et guérillas du XXe siècle. Sans forcément détruire les chars les plus modernes, le RPG-7 peut les endommager.
Derrière l’acronyme Himars se cache le nom technique M142 High Mobility Artillery Rocket System ou, en français, système de roquettes d'artillerie à haute mobilité. Il s’agit donc d’une technologie de lance-roquettes guidée et à longue portée. Cette dernière est placée sur un camion tactique de 5 tonnes. C’est le géant américain de la défense Lockheed Martin qui produit ces appareils pour un coût unitaire d’environ 5 millions d’euros, selon le site Military Today.
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Chaque Himars peut transporter un pack de six roquettes de type Gmlrs ou un seul missile Tacms. Les roquettes ont une portée d’environ 150 kilomètres alors que les missiles ont un rayon d’action de 300 kilomètres. De plus, les Himars sont des véhicules très mobiles et peuvent donc exploiter plus facilement la grande portée de l’armement pour atteindre une cible lointaine et très vite se mettre à l’abri. Ces camions tactiques peuvent aussi être déployés par voie aérienne grâce à des avions transporteurs comme le C-130, ce qui renforce encore plus leur mobilité et la rapidité de leurs attaques.
Le général Mark A. Milley, président des chefs d'état-major interarmées, a déclaré que les frappes provenant des Himars avaient touché plus de 400 cibles russes, dont des ponts, des postes de commandement et des dépôts de munitions. Ces bombardements auraient empêché la Russie de réapprovisionner efficacement ses troupes sur le territoire ukrainien.
Un blindé doit être étanche et pas seulement contre la pluie. C'est un espace de confinement. Le sabord doit donc être étanche contre les gaz. Aussi est-il fort probable qu'il reçoive à mi-vie un surblindage. Dans ce cas, laisser les sabords ajoute un sur-coût par la complexité de découpe rajoutée. Sceller un sabord rajoute là aussi un coût. Certains modèles cherchent à optimiser le tir. Ils sont faits sur mesure pour certains fusils d'assaut.
Quand vient le tir, que ce passe-t-il ? Et bien ça fait "boum" au départ du coup. Le bruit des gazs sortant du cannon est faible grâce à la séparation de la paroi. En revanche, celui à l'ouverture de la chambre pose problème. Au niveau sonore, on est limite car le volume fermé du blindé crée une sur-pression. Il peut y avoir traumatisme sonore. De plus, en tir soutenu, il y a toxicité des gazs. Il faut adjoindre une ventilation. Cerise sur le gâteau, l'éjection des étuis dans l'habitacle. Il faut donc prévoir des récupérateurs ou des déflecteurs.
Si la décision de placer un sabord de tir est prise (après une analyse rigoureuse), alors cela signifie que le véhicule n'est pas prévu pour avoir une grande autonomie. Pour tirer, il faut être face à la paroi dans une position confortable. Or, la seule disposition valable dans un véhicule de combat est dos à la paroi. L'idée de tirer à travers les flancs est alors très souvent incompatible avec un positionnement optimal du groupe porté.
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En véhicule, il y a deux équipes qui n'ont pas la même méthodologie même si elle consiste toujours à "survivre". Le groupe porté ne peut faire que trois choses : attendre, tirer (par les sabords ou depuis les tappes de toit) et débarquer pour prendre le contact. L'équipage a lui deux options : retourner le feu et se déplacer vers un abrit. Il fait se dire qu'un blindé face à un tir est toujours la cible d'une roquette (aujourd'hui, tous nos adversaires ont un lance-roquettes par équipe ou binôme.). Dans ce cas, le démarrage par le pilote sera systématique.
Pour résumer, faiblesse balistique, sur-coût à l'achat et sur le cycle de vie, perte d'un volume de rangement crutial, incompatibilté avec un placement rationnel des hommes, baisse de la sécurité (danger), emploi presque impossible au combat, les sabords ne doivent pas être réduits à l'argument "tir sous blindage". Ils sont bel et bien un outil ayant son intérêt mais il faut bien cerner ses limites.
Les blindés cherchent toujours à intégrer de nombreux concepts tactiques. Parmis ceux-ci, il y a le "combat embarqué" (qui fait encore l'objet d'un certain intérêt). Sans analyser ici sa pertinence, on peut dire que c'est l'idée selon laquelle "un groupe porté combat depuis l'intérieur d'un blindé".
Le cas le plus intéressant est à ce jour celui de la Bradley Fighting Vehicle. Ses origines datent de 1972 et suivent en parallèle celles des BFV. La version finale est un M16 compact dont l'avant du fut est un pas de visse. Cela permet une fixation étanche aux gazs ainsi que le contrôle de l'arme. Celle-ci ne tire qu'en rafale à une cadence de 1100/1200 cps/mn des munitions traçantes. La visée se fait via un épiscope au "jet d'eau".
La disposition intérieure des BFV est dictée par deux priorités : 1) faciliter le rechargement du lanceur TOW et 2) employer les rotules de tir. Pour cette dernière fin, les sièges sont individuels et placés de façon complexe pour permettre l'observation et le tir. À ce titre, le BFV a une très bonne répartition périphérie pour le groupe porté.
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La perte progressive des rotules des BFV sera la conséquence de la mise en évidence de la faible efficacité de ce système pourtant très étudié. L'argument du tir sous blindage n'est plus suffisant pour s'opposer à d'autres plus nombreux : simplification et baisse des coûts de construction des caisses et amélioration de la protection.
L'AT4 sert à traiter les chars sous blindage réactif, les véhicules à roues légèrement blindés et les blockhaus. Destinée au combat à courte distance, l'arme est préchargée et conçue pour un seul tir. L'absence d'effet de recul au départ du coup permet un tir aisé à l'épaule. Le tube de lancement contient une roquette de 84 mm. Le projectile, stabilisé par ailettes sur sa trajectoire, est du type "charge creuse".
Les Russes utilisent en Ukraine une artillerie dévastatrice, qui repose sur deux types d’armement, des canons et des lance-roquettes. Les « canons d’artillerie » propulsent des obus qui - pour simplifier - sont des bombes de 5 à 50 kg chargées d’explosifs. Les roquettes sont des fusées non guidées qui transportent aussi une bombe. Les Russes ont développé depuis des décennies des lance-roquettes multiples qui envoient un « panier » de roquettes pratiquement en une seule salve.
Les HiMARS (High Mobility Artillery Rocket System) sont des lance-roquettes multiples (LRM) qui ne tirent que des missiles. Dans le cas spécifique du HIMARS, le système d’arme est monté sur un camion tandis qu’il existe en quasi équivalent sur chenilles appelé LRM dans l’artillerie française.
Techniquement, les missiles sont des roquettes guidées, c’est-à-dire que leur trajectoire est corrigée pendant le vol pour les « guider » avec beaucoup de précision sur leur cible. Au contraire des armes de saturation (canons et roquettes), les missiles sont des fusées sophistiquées qui vont chercher à détruire un objectif précis.
Je vais détailler deux armements qui sont livrés par les Etats-Unis aux Ukrainiens depuis janvier 2023. Les missiles GLSDB sont des bombes de 125 kg guidées et propulsées par des roquettes de HIMARS avec une portée de 150 km. Ces missiles ne nécessitent donc pas d’avions pour les lancer. Les JDAM sont en réalité des kits de guidage qui permettent de transformer une bombe classique (et peu précise) en munition guidée.
Ces missiles MANPADS sont légers en comparaison de leur « grands frères » qui peuvent peser plusieurs tonnes, mais ils font en général entre 15 et 20 kg avec le système de tir. L’utilisation d’un MANPADS est complexeLe MANPADS est alimenté par une pile batterie dont l’autonomie ne dépasse pas la minute et il faut donc la déclencher exactement au bon moment. Seulement alors, le système de guidage (« l’auto directeur ») est capable de repérer une source de chaleur correspondant à un avion ou un hélicoptère.
Globalement, un tireur de MANPADS dispose d’une minute de « fenêtre de tir » (ce qui correspond d’ailleurs à l’autonomie de sa batterie), il n’est donc pas question de tirer « au jugé », il faut bien au contraire un dispositif d’alerte et de repérage pour déterminer quand la cible est réellement à portée.
Si ils sont bien utilisés (« servis » dans la langage militaire), les MANPADS peuvent causer de gros dégâts contre les hélicoptères et les avions qui volent à basse altitude, en dessous de 10,000 ft (soit 3 km au dessus du sol).
Le 1er régiment d’artillerie de Bourogne est le seul régiment français a disposer du lance-roquette unitaire (LRU). Cette arme est en service depuis 2014. Ce lanceur chenillé a été projeté une fois en opération. Dans la reconfiguration actuelle de la typologie des conflits, comme on le voit en Ukraine, le LRU détient un potentiel stratégique incontestable.
Le LRU est capable de gravir des pentes de 60 %, de supporter des devers de 40 %, ce qui lui octroie une capacité de déplacement et de franchissement très conséquente. Le LRU a été livré au Royal Artillerie en 2014. Le régiment dispose de deux types d’artillerie : le LRU et le mortier de 120 mm. À ces feux s’ajoute au régiment la contre-batterie Cobra, un système de localisation de l’artillerie ennemie.
Le LRU, qui embarque jusqu’à 12 roquettes, peut toucher une cible située jusqu’à 70 km, avec une précision de 3 à 5 mètres. On ne l’utilise pas pour un appui aux forces. Le LRU est utilisé pour des « cibles stratégiques », note l’officier. Dans l’artillerie, on appelle cela le feu dans la profondeur. Sa précision permet surtout de limiter les dégâts collatéraux.
En opération, le LRU est projeté sur le terrain de manière autonome, avec ses trois militaires : le pilote ; le pupitreur, qui assure la communication, la transmission et le tir ; et le chef de pièce. Son autonomie de 500 km lui confère un rayon d’actions important. Il s’enfonce, se dissimule, puis se positionne au point de tir, lorsque sa cible est précisée.
Le Lance-Roquette Multiple (LRM) est une arme capable de traiter en une minute des objectifs déployés sur plusieurs dizaines de kilomètres. Servi par trois hommes, chaque lanceur est totalement autonome. Le commandement et les communications sont reliés de manière totalement automatisée à chaque lanceur. Le chargement des 12 roquettes peut être effectué en 10 minutes par l'équipage sans assistance extérieure.
Le calcul des trajectoires et des éléments de tir est assuré par un calculateur central. Le pointage en site et en direction est réalisé automatiquement avant chaque départ de roquette. Grâce à une centrale inertielle, un conservateur de cap et un navigateur terrestre, la localisation et l'orientation sont assurées en permanence.
Les 24 LRM d'un régiment d'artillerie constituent une puissance de feu redoutable permettant une grande souplesse d'emploi. En 1995, deux régiments français de Lance-roquettes multiple (LRM) seront pleinement opérationnels, en mesure, en cas d’engagement, de neutraliser ou de détruire des objectifs situés dans la profondeur.
Un lanceur LRM délivre en une minute une salve capable de neutraliser ou de détruire n’importe quel ensemble de cibles réparties sur une surface de 20 hectares, en dispersant une grenade AP/AC tous les 20 mètres carrés, et ce à 30 kilomètres.
Cette autonomie est globale, car elle concerne aussi bien le lanceur que le système lui-même. En effet, le lanceur est un engin chenille léger (25 tonnes), puissant (500 CV), rapide (70 km/heure) et embarquant un environnement technique de pointe. Il est doté d’un calculateur de bord, d’une centrale inertielle, d’un navigateur terrestre et d’un système automatisé de chargement des munitions.
Articulé autour des lanceurs, du système Atlas et ultérieurement du radar de trajectographie Cobra, le système d’arme LRM s’adapte à n’importe quel volume de forces. La souplesse d’emploi caractérise par ailleurs sa manœuvre. Comme les LRM représentent des objectifs privilégiés pour l’artillerie adverse, ils doivent prendre des mesures de sauvegarde basées sur la mobilité.
| Système d'Arme | Portée | Mobilité | Autonomie | Type de Munitions |
|---|---|---|---|---|
| Mk 153 SMAW | 500 m (cible fixe), 250 m (cible mobile) | Portable | Limitée | Charge creuse, explosive |
| HIMARS | 150 km (roquettes), 300 km (missiles) | Camion tactique | Élevée | Roquettes GMLRS, missiles TACMS |
| LRU | 70 km | Chenillé | 500 km | Roquettes |
| LRM | 30 km | Chenillé | Élevée | Grenades, mines |
MBDA a dévoilé pour la première fois, aux côtés de Safran, un concept de roquette guidée à longue portée, la Thundart. Mais le groupe européen a aussi levé le voile sur un nouveau missile de croisière terrestre et, ce faisant, montré toute l’étendue de sa gamme de solutions de frappe sol-sol à longue portée.
Sur le plan opérationnel, Matthieu Krouri, en charge du champ de bataille pour le groupe MBDA, nous explique que « l’engin doit permettre de frapper avec précision des cibles fixes ou déplaçables jusqu’à une distance de 150 km environ.
Pour en faire un MdCT, il convient d’intégrer le missile dans un lanceur mobile, placé sur un camion. Les vues d’artistes de MBDA montrent un lanceur quadruple, mais la configuration pourra être adaptée aux besoins.
Cette diversité des programmes s’explique avant tout par l’évolution rapide du contexte stratégique européen de ces dernières années, qui a précipité l’acquisition de systèmes sur étagère, tantôt américains, tantôt israéliens, ou au contraire accéléré les velléités d’acquisition de systèmes souverains.
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