En France, la question de savoir si la tourterelle des bois (Streptopelia turtur) est considérée comme gibier est complexe et a évolué au fil des années. Environ 90 espèces issues de la faune sauvage, dont une soixantaine d’oiseaux, sont chassables en France. C’est plus que dans d’autres pays européens.
Cette spécificité française s’explique par la diversité des quatre régions biogéographiques (atlantique, alpine, continentale et méditerranéenne) qui la compose, ce qui est plus que dans aucun autre pays européen, et la qualité de ses biotopes. Cette diversité est à l’origine de 40 modes de chasse qui représentent un patrimoine culturel sans équivalent dans le monde !
En France, seules les espèces citées dans l’arrêté du 26 juin 1987, régulièrement amendé, peuvent être chassées.
Le gouvernement a, à nouveau, prolongé pour un an l’interdiction de la chasse à la tourterelle des bois, oiseau migrateur dont la population s’est effondrée en Europe et qui avait été protégé une première fois par le Conseil d’État en 2020. C’est la cinquième campagne de chasse consécutive pour laquelle les prélèvements de cette espèce sont interdits. Depuis, le gouvernement a toujours prolongé la suspension de cette chasse. Le gouvernement a de nouveau prolongé pour une année la suspension de la chasse à la tourterelle des bois dont la population a baissé en Europe et qui avait été protégé une première fois par le Conseil d’État en 2020.
La population de tourterelles des bois, « estimée en 2009 entre 397.000 et 480.000 couples, aurait diminué de 44% sur les 10 dernières années », pointe le Ministère de la Transition écologique dans la consultation publique qui était ouverte du 27 juillet au 16 août.
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En 2020, c’est une décision du Conseil d’État qui avait conduit à la première suspension de la chasse à la tourterelle des bois. C’est la cinquième campagne de chasse consécutive pour laquelle les prélèvements de cette espèce sont interdits. Depuis, le gouvernement a toujours prolongé la suspension de cette chasse.
En effet, la Commission européenne qui a installé en 2022, la Task Force on the Recovery of Birds (TFRB) dont l'objet est de mettre en place des mesures visant à permettre aux espèces fragilisées de retrouver une dynamique de population, vient de rendre publiques ses conclusions concernant la tourterelle des bois. Pour ce groupe d’experts scientifiques : la chasse de la tourterelle des bois pourrait rouvrir à la saison prochaine avec un quota européen.
Cet avis sera examiné, le 1er avril 2025, par les États membres dans le cadre d'une réunion du NADEG (Expert Group on the birds and habitats directives). Selon la Task Force, le quota pour la France devrait s'établir à 10 560 oiseaux. L'allocation entre les différents États membres de l'UE concernés par ce quota se répartirait principalement sur la base de leurs prélèvements historiques.
Ainsi lors de la réunion du NADEG du 1er avril 2025, la Commission a reconnu une amélioration de l’état de conservation de la tourterelle des bois sur la voie de migration centre-ouest, à laquelle appartient la France.
L’arrêté relatif à la chasse de la tourterelle des bois (Streptopelia turtur) pour la saison cynégétique 2025-2026 fixe un cadre strict visant à concilier la pratique de la chasse avec les impératifs de conservation de l’espèce. Il établit un plafond national de prélèvements autorisés, fixé à 10 560 individus pour l’ensemble de la France métropolitaine.
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L’arrêté impose à chaque chasseur l’obligation de déclarer immédiatement tout prélèvement via l’application mobile ChassAdapt, développée par la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Toute absence de déclaration est constitutive d’une infraction.
Afin d’assurer un suivi quotidien des prélèvements, la FNC est tenue de transmettre à l’Office français de la biodiversité (OFB) et au ministère chargé de la chasse les données recueillies via l’application. Dès que le plafond national est atteint, l’OFB en informe les autorités compétentes et la FNC, laquelle doit immédiatement transmettre l’information aux chasseurs par l’intermédiaire des fédérations départementales.
En fin de saison, la FNC doit transmettre, au plus tard le 1er juin 2026, un bilan consolidé des prélèvements, ainsi qu’un rapport d’évaluation des contrôles menés, ce dernier devant être adressé au directeur de l’eau et de la biodiversité avant le 1er juillet 2026.
De plus, l'application ChassAdapt de déclaration des prélèvements à destination des chasseurs ainsi que l'application ChassControl à destination de la police de la chasse ont été considérées comme fiables par les instances européennes. Les dernières innovations comme la reconnaissance par Intelligence Artificielle de l'âge de l'espèce d'oiseau à partir de photos ont été grandement saluées.
Rappelons que ce résultat est le fruit de la mobilisation de la FNC, de son réseau fédéral et des chasseurs français. Leur travail sur les habitats de la tourterelle des bois et sur le suivi de l’espèce est reconnu jusqu’à Bruxelles.
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Depuis des décennies, les chasseurs français participent concrètement au suivi de l’espèce (baguage, points d’écoute…), à l’amélioration des habitats (plantations des haies, points d’eau…) et au Plan national de gestion de l’espèce.
Willy Schraen, président de la FNC : « Les conclusions de la Task Force on the Recovery of Birds (TFRB) mise en place par la Commission européenne concernant la chasse de la tourterelle des bois sont pleines de bon sens. Elles doivent nous permettre de sortir d’une vision technocratique, binaire et dogmatique. En effet, si la chasse est durable, elle est compatible avec la conservation des espèces. Et ce sont les scientifiques de la Commission européenne qui le disent !
La Fédération Nationale des Chasseurs, association agréée au titre de la protection de l'environnement, est chargée d'assurer la promotion et la défense de la chasse, ainsi que la représentation des intérêts cynégétiques auprès des instances nationales et européennes. Elle assure la représentation des fédérations départementales et régionales des chasseurs au niveau national, et la coordination de leurs actions (en faveur de la biodiversité, gestion des dégâts de grand gibier aux cultures, sécurité, éducation à la nature ...). La chasse rassemble en France plus de 5 millions de personnes dont plus de 945 000 pratiquants annuels.
Dans une intéressante étude, l’Office français de la biodiversité (OFB) avait souligné l’an dernier que seules la multiplication des jachères et la plantation de haies pouvaient donner une seconde chance à un oiseau menacé. Sa cousine, la tourterelle turque, prospère. Pourquoi ? Parce que son habitat ne bouge pas, qu’elle est sédentaire, niche dans tous les villages, roucoule en ville et qu’elle trouve sa nourriture plus facilement.
Les effectifs de la tourterelle turque explosent. On voit ainsi combien l’habitat joue un rôle déterminant dans la prospérité des espèces. A l’inverse de ce que peut penser la LPO, ce n’est pas le fusil qui est la cause de son déclin, mais bien son habitat, comme d’ailleurs la majorité du petit gibier sauvage.
La tourterelle des bois n’est plus chassée mais les chasseurs sont toujours actifs pour tenter de comprendre pourquoi les populations sont en baisse. En avril dernier, en Dordogne, dans la forêt de la Double, les techniciens de la fédération départementale des chasseurs (FDC 24) avaient ainsi procédé à des opérations de capture, de baguage et de pose de GPS sur des tourterelles pour étudier l’espèce.
Depuis plusieurs décennies, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) fait un classement de toutes les espèces au niveau mondial, européen et national sur la base de différents critères - taille de population, taux de déclin, aire de répartition géographique, degré de peuplement….
Ces listes sont appelées à tort liste « rouge » alors que pour certaines espèces y figurant les clignotants sont au vert car elles bénéficient d’un bon état de conservation. Certaines espèces dites « menacées » selon le classement de l’UICN peuvent donc continuer à être chassées car cette pratique règlementée et encadrée n’a pas impact significatif sur leur état de conservation.
Prenons l’exemple du vanneau huppé dont il a été montré scientifiquement que les prélèvements n’ont pas d’influence sur la dynamique de populations. … Même logique du côté de Commission européenne dont le comité d’experts scientifiques (NADEG) fixe les statuts de conservations des espèces. Certaines de ces espèces sont chassables car ces experts considèrent que la chasse n’a pas d’impact significatif sur leur état de conservation.
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