Envie de participer ?
Bandeau

Le dépôt de mines de la Roque de Thau avait été implanté par la marine allemande dans d'anciennes carrières exploitées jusqu'à l'occupation.

Historique du dépôt de mines

En 1944, au moment de leur retraite, les Allemands condamnèrent les entrées par utilisation de charges explosives. Des travaux de déblaiement furent entrepris en 1947 par le Ministère de la Reconstruction avec le concours de techniciens de la Marine.

Ces travaux furent rapidement interrompus devant les dangers que paraissait alors présenter l'opération pour les services intervenant directement et devant l'opposition manifestée par la population et les élus. Différentes mesures conservatoires furent alors prises pour interdire l'accès des lieux.

En 1972, des travaux d'ensablement furent exécutés pour éviter tout risque d'explosion que l'effondrement des voûtes des galeries était susceptible d'entraîner. Depuis cette date, les travaux menés sur le site ont consisté en des opérations ponctuelles de rebouchage, à la suite des ouvertures pratiquées a de nombreuses reprises par des intrus.

Importance du dépôt

L'ampleur du dépôt n'est pas connue avec précision. Selon différentes évaluations qui ont pu être faites, il pourrait exister 200 à 300 mines allemandes types S.M.A. de 350 Kg d'explosif chacune (Tolite aluminium). Ces mines seraient entreposées dans une salle dont la localisation est bien connue, alignées sur plusieurs rangées et, par endroit, empilées.

Lire aussi: Société de Tir du Bassin de Thau : 50 ans de succès

Neutralisation du dépôt

Les travaux de neutralisation du dépôt ont été décidés au début de l'année 1990. Ils ont été rendus possibles par les efforts conjugués de l'Etat, du Conseil Général et des Elus locaux.

Cette opération nécessite des travaux importants de Génie Civil pour la mise à jour et le dégagement des mines. Financés par le Conseil Général de la Gironde, ces travaux ont été réalisés par des entreprises placées sur la maîtrise d'œuvre de la Direction Départementale de l'Equipement subdivision de Saint André de Cubzac avec l'assistance des services techniques du Département Direction des Infrastructures Bureau des Carrières en raison de l'instabilité et des risques d'effondrement des carrières.

Sur les 124 mines SMA neutralisées, une a été trouvée armée, 65 ont été trouvées amorcées, le restant ne comportant pas leur détonateur.

De plus, outre les mines SMA. Plusieurs engins du type « mines dérivantes » et « grenades sous-marines» ont été découvertes, ainsi qu’à proximité même une quantité d'explosifs en vrac.

Par ailleurs, sur la 3ème zone, l'entrée principale pouvait être détruite grâce à la présence de deux mines dérivantes noyées dans les parois bétonnées de l'entrée.

Lire aussi: Tout savoir sur les munitions pour fusils de chasse

Aucun accident ou incident n’a été déploré sur ce chantier qui s’est déroulé dans d'excellentes conditions.

Moyens mis en œuvre

Génie Civil :

  • Maîtrise d'œuvre : D.D.E. Arrondissement Est Subdivision de Saint André Cubzac.
  • Assistance Technique: Département de la Gironde, direction des Infrastructures Bureau des Carrières.
  • Entreprises: S.C.R.E.G. de Blaye LAROCHE de Saint Ciers de Canesse.

Déminage :

  • Centre Inter départemental de déminage de Bordeaux, renforcé par du personnel venant des différents Centres de déminage.
  • 10 démineurs en permanence sur le chantier.
  • Surveillance continue assurée par des personnels civils et militaires.

Calendrier des opérations

  • Aménagement du site : 28 mai - 21 juin 1990
  • Déminage: recherche et extraction : 25 juin - 23 août 1990
  • Neutralisation: 25 juin - 17 septembre 1990

Bilan

185 engins récupérés et neutralisés :

  • 124 mines SMA
  • 17 mines dérivantes
  • 44 grenades sous-marines

3 dépôts neutralisés dont 1 seule zone connue initialement.

Lire aussi: Munitions disponibles à l'Armurerie de la Bourse

Déroulement des travaux

Génie Civil :

  1. Aménagement préalable du site avant les opérations de déminage comprenant :
    • La matérialisation par une clôture du périmètre de protection placé sous surveillance
    • Le renforcement du chemin d'accès
    • La création d'une plate-forme "zone de vie" pour les besoins du chantier (bureaux-sanitaires).
    • La conception d'un atelier de déminage
  2. Dégagement et extraction des mines ensablées dans la carrière souterraine aménagée en dépôt pour laquelle il existait un plan topographique établi en 1972.

    L'évacuation manuelle des débris et des mines prévue initialement n'a pu être réalisée en raison de l'instabilité du toit de la carrière et des risques d'effondrement.

    Pour des raisons de sécurité, le chantier a été conduit à ciel ouvert au moyen d'une pelle, d’un brise roche, d’un chargeur et de camions. Le traitement de ce dépôt a nécessité l'extraction de 4118 m3 de matériaux.

  3. Découverte et dégagement de deux autres zones de stockage souterrain de mines inconnues attenantes au dépôt précédent. Ceux-ci ont été neutralisés également à ciel ouvert selon la même technique que pour le premier dépôt et avec les mêmes moyens.

Heinz Stahlschmidt et le port de Bordeaux

Fin juillet 1944, après le Débarquement, l’Allemagne a perdu la guerre. La retraite est en marche. En Gironde, tout est prêt pour la destruction du port de la Lune et des ponts sur la Garonne et la Dordogne.

Le port de Bordeaux, c’est Heinz qui l’a miné, sur ordre de ses supérieurs. Mais il refusera d’obéir. Par l’intermédiaire d’un ami, il prévient la Résistance pour saboter l’opération qui doit anéantir 10 kilomètres de quais, de part et d’autre du pont de pierre.

Les Allemands reportent l’exécution de leur plan, prévue pour le 24 août, à 20 h, au 25, à 12 h 30. Le 22, Heinz apprend qu’il doit embarquer à destination de Royan. Le temps presse.

Il recontacte la Résistance qui lui promet sa protection, mais ne l’aidera pas pour le sabotage. Il prend alors la décision de dynamiter, seul, le blockhaus de la rue Raze qui commande tout le dispositif de destruction, par haine du régime nazi et par affection pour la France. À 20 h 30, tout explose.

Heinz a sauvé les quais, le port et la vie de quelque 3 000 Bordelais en préservant un patrimoine unique, mais il est devenu un traître pour ses compatriotes.

La protection de Heinz Stahlschmidt

Les deux jours suivant, Heinz Stahlschmidt est hébergé par Dupuy, un responsable FFI lequel il était en contact. "Madame Beaudore, la propriétaire de l'ancien petit bar de la rue Bergeon bien connu des rugbymen du C.A. Béglais, prend le relais durant quelques nuits pour le protéger des exactions commises durant l'épuration", précise Laure Garralaga-Lataste, présidente de la section girondine de l'Amicale des anciens guérilleros espagnols en France-FFI (AAGEF-FFI).

Mais c'est chez Marceline Moga qu'il trouve tout de suite une famille. La patronne de la charcuterie cours de l’Yser, siège des F.F.I., le prend en charge jusqu’à la Libération, avec une détermination et une affection qu'il n'oubliera jamais.

Aux côtés de Frédo, Fonfon, Dédé et Bambi, la famille du rugby de Bègles, le jeune Allemand devient pour elle un cinquième fils adoptif.

La reconnaissance tardive

Rejeté par son pays et ignoré par l’autre camp, Heinz est naturalisé français en 1947. Il prend le nom d'Henri Salmide, épouse Henriette, l’amour de sa vie, et intègre le corps des sapeurs-pompiers forestiers.

Son acte héroïque ne sortira de l’ombre pour être officiellement reconnu que cinquante ans plus tard, grâce à la publication d'une grande enquête de Christian Seguin, publié par "Sud Ouest Dimanche" en 1993.

Heinz-Henri n’a revu Dortmund, sa ville natale, qu’en 2001, avant de s’éteindre en 2010, à 92 ans. Henri Salmide repose désormais au cimetière protestant de la rue Judaïque, avec sa chère Henriette.

Depuis 2012, le siège du port de Bordeaux porte son nom , qui sera également donné à une nouvelle voie à Bacalan. Près de la rue… des Étrangers. Au 100, cours de l’Yser, on peut toujours voir la maison où les Moga l’ont caché.

La Gironde pendant la Première Guerre mondiale

La Gironde est activement mobilisée dès 1914. En effet, un mois après le début de la guerre et face à l’avancée des troupes allemandes, le gouvernement de Raymond Poincaré s’installe à Bordeaux pour piloter les contre-offensives.

En plus de sa contribution en effectifs militaires, la région bordelaise va devenir, grâce à sa position stratégique, l’entrée portuaire privilégiée des renforts alliés et des ravitaillements. A Bordeaux, mais aussi à Bassens et Lormont, des camps de transit destinés aux soldats américains vont être aménagés dès l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917…

L'entrée en guerre des États-Unis

Les États-Unis ne sont intervenus que tardivement dans le conflit en raison de leur politique d’isolationnisme et surtout de leurs intérêts économiques. Pourtant, dès 1917, les Américains apportaient, en France, des matières premières par cargos pour fabriquer des armes.

Après hésitation, des considérations politiques et tout un ensemble d’événements décidèrent les États-Unis à rompre avec leur politique d’isolationnisme et à déclarer début avril 1917 la guerre à l’Allemagne.

Le choix de Bordeaux fut entériné le 21 juin 1917, devenant ainsi le Quartier Général de la base n°2 des Service of Supply. Dès le 9 août, une seconde base fut créée à Bordeaux. Puis, en septembre commencèrent les travaux d’aménagement du port de Brest.

Au total, entre juin 1917 et novembre 1918, l’armée américaine a utilisé, pour ses débarquements, 85 cales existantes et en a construit 83 nouvelles dans les ports français.

Les principaux ports utilisés

  • Groupe nord ou de la Basse-Loire : Saint-Nazaire, Nantes et Brest
  • Groupe sud ou de la Gironde : Bordeaux, Bassens, Pauillac, La Pallice et Le Verdon
  • Groupe de la Manche : Le Havre, Caen, Grandville, Saint-Malo et Rouen
  • Groupe de l’Atlantique : Les Sables d’Olonne, La Rochelle, Rochefort et Bayonne
  • Groupe de la Méditerranée : Marseille et Toulon

Bassens pendant la Première Guerre mondiale

Dès 1910, une extension du port de Bordeaux vers Bassens est étudiée. Le projet est repris en 1915 pour deux raisons :

  • Le port de Bordeaux est embouteillé par les transports de guerre.
  • Il faut faciliter l’approvisionnement de la Poudrerie en construction.

Dès l’arrivée des premiers pionneers américains, quatre postes leur furent confiés. Ils terminèrent les trois postes supplémentaires prévus à l’appontement de Bassens français. Un nouvel ensemble du même genre, plus étendu et mieux conditionné que le précédent, a été prévu.

En effet, dans la journée du 15 mars 1918, les premiers cargos américains d’un tirant d’eau de 7m à 7,50 m s’ancraient dans le Bassens américain. Le 1er mai, cinq postes étaient complètement terminés. Le 1er juillet tous les postes étaient en service.

Les équipements du port de Bassens

Pour décharger les cargos, sont utilisées 40 grues électriques (4 par poste), 10 grues d’une force de 10 tonnes, 33 d’une force de 5 tonnes, et 24 de 3 tonnes. La capacité journalière de déchargement était normalement d’environ 10 000 tonnes. Il semblerait que 6 600 tonnes soit le maximum réalisé.

Activités du port du 13 mars 1918 au 20 août 1919

739 navires, calant 7 m ou 7,50 m, battant pavillon américain ou naviguant pour le compte des Etats-Unis, débarquèrent à Bordeaux-Bassens. La majorité (640) de ces bateaux ont accosté à Bassens. Ils venaient de 44 ports différents des Etats-Unis.

Les marchandises et matériels transportés par les différents cargos se répartissaient ainsi : 346 apportèrent des denrées diverses et du matériel empaqueté ou en caisses.

tags: #la #roque #de #thau #histoire #munitions

Post popolari: