Le rechargement est une discipline prisée des tireurs sportifs et chasseurs souhaitant optimiser la performance de leurs munitions. En fabriquant vos propres cartouches, vous adaptez précisément la charge de poudre, le type d’amorce et l’ogive à votre usage, tout en réalisant des économies sur le long terme. Que vous pratiquiez le tir de précision, le tir longue distance ou le tir de loisir, notre sélection d’accessoires de rechargement vous garantit qualité et régularité.
Pourquoi Recharger ses Propres Munitions 30-30 Winchester ?
Le rechargement permet de créer des munitions sur-mesure, offrant une meilleure précision et un coût réduit par rapport aux cartouches manufacturées. Le principal avantage est l’optimisation des performances : vous pouvez ajuster chaque paramètre pour améliorer la précision et la constance de vos tirs. De plus, le rechargement permet de réduire les coûts à long terme, surtout pour les calibres onéreux comme le .308 Winchester ou le .44 Magnum. Enfin, cette pratique offre une autonomie accrue, particulièrement utile pour les tireurs réguliers.
Il existe plusieurs avantages au rechargement. La première est d’ordre économique ; comparer au prix du neuf, la munition rechargée est entre 2 et 10 fois moins chère. Si on recherche une munition équivalente à celle manufacturée, le prix va être divisé par 2 environ ; tout dépend de la qualité des composants utilisés. Bien souvent en tir de loisir, on ne cherche pas la puissance mais le groupement. La distance de tir est souvent limitée à une centaine de mètres, des munitions de tir réduit avec des balles coulées en plomb donnent alors de très bons résultats.
La seconde est plus technique et concerne l’adaptation de la cartouche à une utilisation particulière. Par exemple, pour tirer à 100 m sur une cible en carton, on peut essayer différents dosages de poudre, des sertissages plus ou moins forts, des enfoncements et poids de balles variés. Je passe sur l’intérêt technique du rechargement, il est évident, ainsi que sur l’investissement initial, de l’ordre de 400 € environ, qui est très vite amorti. Cette page est plutôt destinée à vous donner envie de vous lancer dans le rechargement.
Éléments Essentiels pour le Rechargement 30-30 Winchester
Mais pour recharger efficacement, il est essentiel de bien comprendre chaque composant et d'utiliser un matériel de qualité. Du calibre .45 ACP au cartouches calibre 12, retrouvez des centaines de calibres à recharger. Le rechargement repose sur plusieurs composants clés :
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- Les douilles : réutilisables après tir, elles doivent être recalibrées et inspectées avant chaque rechargement. Après le tir, chaque étui est essuyé immédiatement avec un chiffon sec. Les étuis sont disposés sur la table en vrac.
- Les amorces : elles enflamment la poudre et varient selon le type de cartouche (small rifle, large pistol, etc.). Sur les Win 30-30, c’est du « Large Rifle ».
- La poudre : son choix est crucial pour obtenir la vitesse et la pression souhaitées. Chaque calibre a ses références spécifiques.
- Les balles ou ogives : leur poids, forme et revêtement influencent la précision et la balistique terminale. Les balles sont des balles coulées en plomb. A la sortie du moule, elles font un diamètre de 309/1000 de pouce (et oui, dans le tir on parle en pouce comme en plomberie !) En mm, ça fait environ 7,85 mm. La munition de Win 30-30 utilise une balle de 308 (environ 7,82 mm).
Matériel Nécessaire pour Débuter le Rechargement 30-30 Winchester
Un bon kit de rechargement comprend :
- Une presse : manuelle (mono-station) pour les débutants ou progressive pour les tireurs en volume. La presse Lee que j’utilise comporte le nouveau système Lee de montage d’outils.
- Un jeu d’outils : indispensable pour calibrer, désamorcer et siéger les ogives correctement. Ce Jeux d'Outils Lee pour calibre 30-30 Winchester est spécialement conçu pour les amateurs de rechargement qui veulent produire des munitions de haute qualité pour ce calibre populaire. Fabriqué par Lee Precision, un leader reconnu dans l'industrie du rechargement, chaque outil de cet ensemble est conçu pour garantir des munitions rechargées avec une grande précision et fiabilité. Simple d'utilisation, cet ensemble est parfait pour les rechargeurs débutants tout en offrant la qualité et la robustesse nécessaires pour les rechargeurs expérimentés.
- Une balance et doseuse : pour peser précisément la poudre et garantir des tirs réguliers.
- Un nettoyeur de douilles : pour prolonger leur durée de vie et garantir un bon fonctionnement. L’outil de nettoyage est une brosse en nylon dur que j’ai serrée dans un étau.
Étapes Clés du Rechargement Manuel 30-30 Winchester
Vous allez voir ici comment recharger des munitions Winchester 30-30. Ce sont celles avec lesquelles je tire régulièrement. Les différentes phases s’enchaînent les unes derrière les autres. Je recharge 50 cartouches à la fois et les opérations étant répétitives, le travail se fait par séries. Pour recharger 50 cartouches, il faut environ 1h30. Au début, il y a une boîtes de 50 étuis vides avec les amorces percutées.
- Nettoyage des étuis : Il faut mettre au moins un gant car il arrive que l’on rate la brosse avec l’étui et ce sont les doigts qui prennent ! Dans la vidéo, on voit que j’utilise un marteau à inertie comme séparateur entre les étuis sales et ceux brossés.
- Calibrage des étuis : On voit sur la photo que l’outil de calibrage est d’abord monté et bloqué dans une bague avec un pas-de-vis comportant des manques. Ces manques permettent de monter l’outil sur la presse en ¼ de tour tout en conservant les réglages. A la partie inférieure de la presse, sur le piston, on trouve une pièce particulière : le support d’étui (shell older). Vous en voyez un sur la photo qui correspond à l’étui de Win 30-30. Il est impératif de lubrifier les étuis avant de les passer au calibrage. On utilise un tapis en plastique comme un encreur de bureau sur lequel on met un peu de lubrifiant Lee. Les étuis doivent être gras, mais il ne faut pas trop de lubrifiant. J’en mets quelques gouttes puis j’y roule cinq étuis que je laisse en attente sur le tapis. Le réglage de l’outil est très simple. L’outil étant monté sur la presse, on desserre l’écrou de blocage sur la bague ¼ de tour, on visse l’outil dans la bague jusqu’à arriver au contact du support d’étui (le levier de la presse baissé à fond). Quand on est au contact, on desserre ¼ de tour et on serre l’écrou de blocage. C’est fini. On peut aussi avoir à retoucher la longueur de la tige qui dépasse en bas, mais en principe, le réglage usine est le bon.
- Vérification et ajustement de la longueur des étuis : La longueur de l’étui doit être impérativement vérifiée à chaque rechargement. Un étui trop long peut provoquer des surpressions dans la chambre. Le Malfatti donne une longueur maxi qui ne doit pas être dépassée. La vérification se fait au pied à coulisse au 1/50 mm. On règle le pied à coulisse à la valeur de la longueur maximum et on regarde pour chaque étui s’il passe entre les deux bras du pied à coulisse. Pour raccourcir les étuis trop longs, on utilise un petit tour à main appeler « case trimmer ». Les étuis qui s’allongent perdent en épaisseur et deviennent fragiles. On peut rectifier un étui deux ou trois fois, après, il vaut mieux le détruire. Le collet fait alors face à un outil que l’on peut entraîner par une manivelle. Il faut réduire la longueur de quelques dixièmes de mm, rarement plus. Quand un étui a été raccourci, il faut enlever les bavures. Pour ce faire, on dispose d’un petit outil très pratique qui se passe une fois dans un sens pour l’extérieur de l’étui et une fois pour l’intérieur par simple retournement.
- Nettoyage du puits d'amorce : Lors du tir, l’amorce laisse des dépôts dans le puits d’amorce de l’étui. Pour le nettoyer, on utilise un petit outil en acier comportant deux couteaux aux extrémités. Un est fait pour les amorces « Large Rifle », l’autre pour les « Small Rifle ». En effet, il existe deux sortes d’amorces d’un diamètre différent. Sur les Win 30-30, c’est du « Large Rifle ». On utilise donc le plus gros diamètre. L’outil est fixé dans un étau et chaque étui est tourné dessus de un ou deux tours, sans forcer. Attention : les douilles sont en laiton et l’outil est en acier. Il ne faut pas entâmer l’étui lors de la manipulation. Quand les 50 étuis sont passés, on voit autour de l’outil un petit tas de suie. Si le nettoyage est bien fait, les amorces neuves se mettront en place facilement. J’en profite pour les inspecter visuellement.
- Évasement du collet : Le calibrage de l’étui a produit un collet parfaitement droit et toujours de même diamètre. Pour y enfoncer une balle en plomb avec un « Gas check », il faut évaser très légèrement le collet. L’outil d’évasement est universel et convient à tous les calibres. Il s’agit d’un cône que l’on enfonce dans l’étui. L’outil ne sert que de guide à l’étui. Le cône est double et se retourne en fonction du diamètre du collet de l’étui. Le réglage est simple : on enlève le cône en enlevant la vis du dessus, on met un étui dans le support d’étui, on baisse le levier à fond, et on règle la hauteur de l’outil pour que l’outil arrive au contact du bourrelet de l’étui. On desserre 1/4 de tour et on serre l’écrou de blocage. Ensuite on remet le cône, on règle avec la vis du dessus la hauteur du cône dans l’étui pour que l’évasement se fasse. Attention, il s’agit juste de faciliter l’entrée de la balle dans le collet. Si on mesure le collet, l’augmentation de diamètre est de l’ordre de quelques centièmes de mm. Il faut procéder par essais successifs. Dés que le « Gas check » entre, c’est bon (le gas check est la partie en cuivre à la base de la balle). Une fois le réglage fait, si on ne change pas de calibre et que tous les étuis ont la même longueur, il suffit de monter l’outil sur la presse et de faire un essai avec un étui puis éventuellement de retoucher légèrement le réglage.
- Amorçage : L’amorçage se fait avec un outil à main Lee. La presse est prévue pour amorcer également, mais il faut mettre les amorces une par une à chaque étui et c’est beaucoup plus long. En plus, comme il faut éviter de toucher les amorces à la main, surtout si les mains sont grasses, l’amorceur à main règle le problème. C’est très rapide. Moins de 3 mn pour 50 étuis. Une petite précision : la presse est vendue sans le support de douille et il faut le commander à part en fonction du calibre, ce qui est logique.
- Calibrage des balles : Il faut donc réduire ce diamètre en forçant la balle dans un tube calibreur qui ressort des balles en 308. Avant le calibrage, il faut sélectionner les balles à la sortie du moule en éliminant systématiquement celles qui présentent un défaut visuel ou celles dont le poids diffère d’une balle moyenne de plus de + ou - 5 mg. A vous de voir ce qu’est une balle moyenne. Je me suis moi-même fixé cet écart mais rien n’empêche d’aller plus loin en descendant à 2 voire même 1 mg. Mais je pense qu’il ne faut pas couper les cheveux en quatre. J’en profite également pour dire que si on mesure les longueurs en pouce, on mesure les masses en grains ; 1 gramme = 15.4320988 grains. Pour éviter toute confusion, quand on donne une masse, on écrit toujours l’unité en entier et non en abrégé. Pour les longueurs, on donne la cote en mm ou directement sous la forme 309 ou 308 sans préciser qu’il s’agit de 1/1000 de pouce. Ensuite, à la main, on met en place un « gas check » au cul de la balle avant de la présenter dans l’outil calibreur. Le rôle de ce « gas check » est de séparer la balle en plomb de la flamme de la poudre et des gaz chauds pour éviter que le plomb ne fonde et plombe le canon. L’outil calibreur est un simple tube en acier qui fait le diamètre qui va bien pour qu’une balle qui le traverse fasse 308 à la sortie. On remplace le support d’étui par un piston qui poussera la balle dans l’outil. Un récipient en plastique se monte en haut de l’outil et sert à la récupération des balles calibrées. Quand toutes les balles ont été calibrées, on les graisse de nouveau avec de l’Alox et on les laisse quelque heures en attente.
- Pesée de la poudre : C’est la partie la plus délicate. Ici pas d’erreur sinon « Danger ». Il ne faut pas être dérangé pendant la pesée de la poudre. On va effectuer une série de manipulations bien particulière, toujours dans le même ordre, sans se tromper. Quand on pèse 50 doses de poudre, c’est plus facile à décrire qu’à faire. Les étuis vides sont dans une boîte de rangement (verte) et le collet dirigé vers le bas. On utilise un étui de 9 mm para coupé comme dosette pour mettre la poudre dans la balance. La pesée s’effectue au 1/100ème de gramme. Quand la dose est ok, on prend un étui à l’envers dans la boîte verte, on le retourne et on verse la dose pesée dedans à l’aide de la coupelle de la balance. Ensuite, on pose l’étui sur une planche percée de trous avec le collet vers le haut. Si la tare de la balance se décale, on la refait, ce n’est pas grave ; on le voit très bien quand on repose la coupelle vide et que la balance ne revient pas au zéro. Le risque est de mettre une double dose de poudre dans un étui, là ça ne pardonne pas. Le risque est particulièrement élevé quand on tire en charge réduite car la poudre n’est pas la même qu’en dose pleine et deux doses rentrent sans problème dans l’étui. En pleine charge, il y a souvent moins de risques, surtout quand l’étui est presque plein avec la charge normale. Quand tous les étuis sont pleins, on fait un visuel dans les étuis pour être certain qu’il y a de la poudre. Si on oublie de mettre de la poudre dans un étui, il y aura un incident de tir avec le risque que la balle sorte quand même de l’étui et reste coincée dans le canon juste avec l’amorce.
- Insertion des balles : Il faut maintenant insérer les balles dans les étuis. On utilise un outil qui va permettre de toujours enfoncer la balle de la même façon. On desserre complètement la vis du dessus, on enlève le poussoir. Ce poussoir a deux extrémités différentes, une plate et une avec un trou en forme d’ogive. On met un étui sur le porte douille, on baisse le levier de la presse, on descend l’outil en le vissant jusqu’au contact du bourrelet de l’étui. On desserre ¼ de tour et on bloque l’écrou de freinage. On met alors le poussoir dans le sens qui correspond au type de balle. On relève le levier et on positionne une balle en rentrant le « gas check » dans le collet de l’étui. On baisse le levier de la presse et on amène le poussoir en contact avec la balle en vissant la vis du dessus de l’outil. On relève le levier et on fait deux ou trois tour de vis. On baisse le levier, la balle s’enfonce dans le collet. On sort la cartouche et on mesure sa longueur. Dans le Malfatti, on trouve une longueur de balle à ne pas dépasser ; en effet une fois chambrée, elle ne doit pas être en contact des rayures du canon (voir le Malfatti) et elle doit aussi passer dans le chargeur si c’est une arme à répétition. Il y a une autre cote à respecter impérativement, c’est la profondeur d’enfoncement maximum de la balle. Ici encore le Malfatti donne une cote. En aucun cas le « gaz check » ne doit être plus loin que le collet dans l’étui. Quand le bon réglage est fait, on passe les 50 étuis dans la presse et on obtient 50 cartouches dont la longueur est identique.
- Sertissage du collet : Il ne reste plus qu’a effectué un sertissage du collet sur la balle. Si on charge les cartouches dans l’arme une par une pendant le tir et que l’on n’utilise jamais de chargeur, le sertissage peut être très léger. On se contente alors de resserrer le collet pour que l’évasement que l’on avait fait au début soit annulé. Si on veut utiliser les cartouches dans une arme à répétition en utilisant le chargeur, il faut alors sertir plus fortement. Le réglage s’effectue en serrant plus ou moins l’outil dans la presse. Attention si on veut sertir un peu fort sur des balles en plomb, il est nécessaire d’enfoncer les balles dans les étuis en s’arrêtant avec le bord du collet au niveau de la gorge de sertissage sur la balle. Le fait de sertir un peu fort abîme les étuis et réduit leur durée de vie. Pour du tir de loisir, un sertissage très léger suffit, on n’est pas pressé, et on met les cartouches une par une dans la chambre de l’arme. Un sertissage trop fort peut être à l’origine d’une surpression. En tous cas, ce qui est très important pour la précision, c’est que toutes les cartouches soient serties de la même façon. Quand les 50 cartouches sont passées au sertissage, on vérifie une cote très importante, le diamètre du collet.
Sécurité et Réglementation
Le rechargement demande rigueur et précision. Il est impératif de suivre les tables de rechargement fournies par les fabricants de poudre et d’amorces pour éviter tout risque de surpression. Une petite précision quand même, avant d’aller plus loin : le rechargement peut être très dangereux si on ne respecte pas certaines règles. Les armes sont conçues avec une faible marge de sécurité. Il ne faut en aucun cas utiliser la recette miracle trouvée sur Internet pour recharger soi-même. Sans faire de publicité pour lui, le livre de René Malfatti, « Manuel de rechargement », est très bien fait. L’investissement est indispensable. Il ne vous viendrait pas à l’idée de recharger sans presse de rechargement, alors dites-vous bien que c’est la même chose pour la documentation. En rechargement, pas d’improvisation. Toujours lire attentivement la notice avant première utilisation. Respectez les consignes de sécurité lors du rechargement pour garantir la fiabilité de chaque cartouche.
Voilà, bon rechargement et si quelque chose n’est pas clair pour vous, c’est que je me suis planté dans mes explications.
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