Envie de participer ?
Bandeau

La Kalachnikov AK-47, symbole d'une époque, est l'arme de toutes les révolutions. L'histoire de Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov, son inventeur, ne démarre pas sur les bancs de l'école. Né le 10 novembre 1919 près de la frontière chinoise, il est le 17e d'une fratrie de 19 enfants.

Pour le régime communiste, son père est un koulak, un paysan qui se serait enrichi sur le dos des travailleurs. Mikhaïl a 11 ans quand lui et sa famille sont déportés en Sibérie, où il voit mourir ses frères et sœurs. À 15 ans, il s'évade et se fait embaucher dans un atelier des chemins de fer, découvrant une passion pour la mécanique.

À 19 ans, il dépose son premier brevet, un dispositif pour mesurer le kilométrage et la consommation des véhicules, juste avant de partir pour l'armée. Lors de la bataille de Briansk en 1941, il est grièvement blessé. Les soldats se plaignent de la supériorité de l'armement allemand, ce qui le pousse à créer une arme automatique. Il effectue de nombreuses esquisses à l'hôpital.

À sa sortie, il rejoint son ancien atelier et commence à bricoler ce qui ressemble à un fusil d'assaut. Il est arrêté pour détention d'arme, mais ses compagnons du Komsomol le font libérer. Un dirigeant lui dit que ce qu'il a fait était bien, même si son arme n'est pas très belle, et l'envoie faire des études à l'Université.

L'AK-47 est conçue pour durer, et quelles que soient les conditions, elle ne s'enraye jamais. C'est cette simplicité et sa robustesse légendaire qui en ont fait l'arme des pauvres. « Je suis très fier qu’il soit devenu pour beaucoup symbole de liberté », dit Mikhaïl Kalachnikov.

Lire aussi: AK-47 : vitesse de tir expliquée

Pas une révolution, pas une rébellion sans des images de combattants agitant leur kalache. Elle était aux premières loges de la révolution libyenne, comme c’est le cas aujourd’hui en Syrie ou au sein des Forces armées révolutionnaires de Colombie.

On dit, après le deuxième conflit irakien, que les Américains ont négligé (volontairement ou non) de détruire les importants stocks de kalachnikovs constitués par Saddam Hussein. Ce sont des millions de kalaches qui se seraient évaporées dans la nature.

Cette arme est chargée de symbole même pour les grands de ce monde. Ainsi, Salvador Allende se serait suicidé avec l’AK-47 que lui avait offert Fidel Castro et qui portait la dédicace : « À mon ami Allende, de la part de Fidel, qui essaye par des moyens différents d’atteindre les mêmes buts ».

Le modèle actuel de ce fusil d’assaut est l’AK-74. Il est toujours fabriqué dans la même usine, laquelle est sous contrat avec le gouvernement russe. Mais les choses pourraient évoluer, car, si l’AK s’est illustré dans de nombreux conflits, il a fait son temps.

Alors que l’inventeur du fusil américain M16 percevait un dollar sur chaque arme qui sortait de l’usine, Mikhaïl Kalachnikov dit, non sans malice, qu’il n’a jamais touché un kopeck de royaltie sur son invention. En revanche, il a été comblé d’honneurs. C’est l’homme le plus décoré de Russie. Il a été fait général en 1994.

Lire aussi: Avis d'expert : Choisir sa Kalachnikov Airsoft

Monsieur Kalachnikov aime à se raconter, ce qu’il a d’ailleurs fait dans un livre, Ma vie en rafales, sorti au Seuil en 2003. Et même si l’on peut hésiter à montrer de l’admiration pour l’inventeur d’une arme de guerre, on a du mal à ne pas trouver le personnage sympathique.

La Kalachnikov et le Banditisme

Marseille est-elle à feu et à sang ? Non, a répondu le préfet délégué Alain Gardère sur l’antenne de RTL, c’est plutôt « une ville paisible ». En fait, on pourrait dire « rien de nouveau » : cela fait plus de 30 ans que Marseille est au hit-parade des règlements de comptes.

Il y a trente ans, les truands étaient plus âgés, plus structurés qu’aujourd’hui. La plupart étaient issus des milieux pauvres, mais dès qu’ils le pouvaient, ils s’en échappaient pour les beaux quartiers. Ils avaient alors pignon sur rue : bars, salles de jeux, sociétés en tous genres… Il était donc plus facile de les surveiller.

À l’époque, les voyous ne se servaient pas de la mythique Kalachnikov. Non, les truands préféraient le pistolet 11,43 ou encore le fusil à pompe, sans doute impressionnés par la puissance de feu (exagérée) de Steve Mac Queen dans le film Guet-apens.

À la question d’un sénateur qui interpellait le ministre de l’Intérieur sur l’augmentation du nombre de saisies de kalaches (+113% en un an), Manuel Valls a répondu que le nombre d’armes de guerre récupérées par les services de police et de gendarmerie, toutes catégories confondues, était passé de 90 en 2010 à 165 en 2011.

Lire aussi: Kalashnikov Cybergun : analyse

Pour la petite histoire, on estime à environ cent millions le nombre de kalaches qui circulent sur la planète.

En réalité, cela n’a guère d’importance : les voyous se soucient peu de la loi. Et même la justice réagit parfois bizarrement dans son application. Ainsi, il n’y a pas longtemps, un homme a été trouvé en possession d’un AK 47, d’un fusil à pompe et d’un pistolet 9 mm : les enquêteurs ont dû insister lourdement pour que le délinquant soit présenté à un juge. Il n’a d’ailleurs pas été incarcéré, mais placé sous contrôle judiciaire.

Une quinzaine de règlements de comptes depuis le début de l’année, cela vaut-il la peine d’envoyer l’armée ? La sénatrice socialiste Samia Ghali a sans doute cédé à son exaspération, car la réponse se trouve dans notre constitution. Pour que l’armée dispose de pouvoirs de police, il faut que le Conseil des ministres et le Président de la République décrètent l’état de siège.

La réponse de Manuel Valls a été d’une grande limpidité : « Il n’y a pas d’ennemi intérieur ». Autrement dit, les policiers ne font pas la guerre aux délinquants.

Il faut d’abord s’interroger sur l’enjeu de ces règlements de comptes entre voyous : la concurrence pour le trafic de stups, l’exemplarité et l’argent. Tout cet argent liquide qu’il faut sortir de sa planque pour le blanchir. Ce qui entraîne, on s’en doute, pas mal de tentations. Et dans ce drôle de monde, les arnaques se paient cash.

Neutralisation des Armes

A propos de l’affaire de Istres (notre article) les journalistes nous demandent s’il est facile de remettre en état une arme neutralisé. Les nouvelles du dimanche 27 avril 2013 semblent confirmer qu’il a acheté les pièces détachées sur Internet.

La neutralisation d’une arme consiste à apporter à celle-ci des modifications internes afin de la rendre inapte au tir : boucher le canon, le rendre indémontable, neutraliser le chien, etc. Tout cela sans changer son aspect extérieur ni son fonctionnement apparent.

Certaines armes neutralisées en Espagne sont un peu « légères », elle ont juste la chambre ouverte par un fraisage. Tout le reste est intact : culasse, éjecteur, chargeur. Pour remettre en état les PM, il faut se procurer un tube rayé non chambré du calibre approprié (non chambré, c’est en vente libre) et de le faire usiner et chambrer. Pour les Kalashnikov, c’est un peu plus délicat car le canon est fretté dans la carcasse et il faut beaucoup insister pour le sortir. Ensuite il ne reste plus qu’à acheter un tube de calibre .311, on le fait chambrer, on fait percer un évent et on le remonte.

Les neutralisations autrichiennes et allemandes sont plus difficiles à remettre en état car la culasse est détruite par la neutralisation et il faut avoir une filière pour s’en procurer une. Les armes sont indémontables. De plus, en Allemagne, le mécanisme de détente est soudé.

Certes, on peut trouver des pièces mais cela complique pas mal l’opération. On peut aussi refaire intégralement la tête de culasse en apportant du métal par soudure puis en usinant le tout pour refaire une culasse. Il faut aussi refaire l’extracteur et le percuteur. Cela demande un vrai talent de mécanicien et du matériel.

On peut s’étonner qu’un adolescent boutonneux passant sa journée devant des jeux vidéos ait eu la possibilité de remettre en état une Kalachnikov. Soit, il avait une formation au moins élémentaire d’ajusteur et de tourneur et il avait accès aux machines outils correspondantes, soit il acheté une arme préalablement remise en état par un spécialiste de ce genre de « restauration » qui a le savoir-faire, le matériel et les contacts pour se procurer les pièces de rechange.

Le procureur adjoint d’Aix-en-Provence affirme : « C’est bien par le biais d’Internet qu’il a acquis l’arme et les éléments qui lui ont permis de la remilitariser ».

La solution : que toutes les armes automatiques soient neutralisées selon le principe du Banc d’Epreuve de St Etienne qui est le plus fiable et qui ne permettrait pas ce genre de remise en état.

Tableau comparatif AK-47 et AR-15

Caractéristique AK-47 AR-15
Calibre 7.62x39mm 5.56x45mm
Fiabilité Très haute, tolère les conditions difficiles Moins tolérante, nécessite plus d'entretien
Précision Moins précise à longue distance Plus précise à longue distance
Utilisation Militaire, guérilla, conflits à basse intensité Militaire, forces de l'ordre, civile (sport, chasse)

Bien que très imprécise l’AK 47 (en semi-automatique) intéresse le tireur sportif qui pratique avec le TAR pour le plaisir de tirer. L’arme est bon marché et les munitions sont d’un coût modique. Il reste simplement à empêcher que du « matériel » vienne de l’Est, illégalement, en Etat de tir.

L'AK-47 au Cinéma

Si dans le cadre militaire, les systèmes optiques (photo et cinéma) n’ont cessé d’accompagner la sophistication et l’efficience croissantes des matériels - l’œil et l’arme étant asservis à la visée -, le cinéma semble faire comme si l’arme était naturellement là, parée de ses qualités et prête à un usage expert.

De sorte que la conception, le maniement (donc l’apprentissage) et l’abandon (ou le réemploi) sont éludés. Pour évidente que soit cette matérialité, les travaux consacrés au genre évolutif du combat film font donc très peu de cas de l’armement individuel.

A contrario, si l’on poussait le renversement de perspective cinématographique à son terme, la fusion, cette fois, de la visée et de l’œil, devrait s’accomplir dans l’arme. Comme le pressentent un très grand nombre de jeux vidéos - le gamer voyant ses « mains » tenir l’arme -, il faudrait alors filmer selon un weapon of view (et pas seulement avec une gun vision). Tel est ici le propos.

Aussi trivial que cela puisse paraître, la réflexion sur la conception d’armes est quasi nulle au cinéma. S’il existe quelques opus consacrés au projet Manhattan - et encore ceux-ci sont-ils assez elliptiques sur la complexité des calculs et de la construction même - et quelques autres héroïsant des matériels, rarissimes sont les films à aborder l’innovation technologique.

Depuis, aucune œuvre n’a été consacrée à une arme de guerre individuelle. Côté russe, l’AK47 n’a inspiré personne directement, et il faut attendre 2014 avec Tokarev (Paco Cabezas) - simple thriller - pour revoir un titre mentionnant un matériel - en l’espèce un pistolet russe jusquelà presque exclusivement associé à l’arme de poing réglementaire qui fut celle des officiers (parfois sous-officiers) soviétiques.

tags: #kalashnikov #ak #47 #histoire #neutralisation

Post popolari: