Envie de participer ?
Bandeau

Le public français connaît bien Michael Moore, aussi bien semble-t-il que le public britannique et allemand, deux pays européens où ses livres se sont particulièrement bien vendus.

Michael Moore : Un Regard Critique sur les Armes à Feu

En France, c’est surtout un de ses films, Bowling for Columbine, qui explique sa popularité, mais c’est aussi le personnage de Michael Moore, qui est un des acteurs de ce film, qui attire la sympathie du public français et européen - personnage en partie décalé par rapport à l’image que nous avons des Américains : moins patriotique et chauvin, moins enclin à donner des leçons, moins sûr de lui et de la supériorité du modèle américain.

Mais si son image est aussi importante que son message, quel est exactement ce message ? Est-il cohérent ou varie-t-il selon les films et les livres ? Pour le public français, cette question est d’autant plus importante que Bowling for Columbine, l’œuvre la plus connue de Moore en France, est assez ambiguë.

Certes, on voit dans ce film qu’il critique le rôle des armes à feu dans la culture contemporaine et l’histoire des Etats-Unis, et plus généralement le rôle des médias et des lobbies, qui créent selon lui en grande partie cette peur des autres qui poussent les citoyens des Etats-Unis à s’armer.

Mais, dans ce film, Moore semble au total poser plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Le film apparaît à première vue comme un long questionnement sur les causes de la violence par armes à feu, et il faut l’analyser en détails - ce qui n’est pas facile pour un film qui se présente comme un documentaire, avec des multiples facettes et peu de liaisons formelles entre elles - pour parvenir à décrypter sa réponse, ou du moins dire si, parmi toutes les causes potentielles qu’il suggère, une est tenue pour plus importante que les autres.

Lire aussi: Armes à feu aux États-Unis : L'analyse de Moore

L'Analyse de Moore : Manque de Solidarité et Individualisme

Moore en vient finalement à privilégier une cause tout à fait différente: le manque de solidarité de la société américaine et l’individualisme érigé en valeur suprême.

C’est le démantèlement de l’Etat providence initié dans les années 80 mais aussi poursuivi par Bill Clinton, un Démocrate, et la destruction du système de protection sociale progressivement et péniblement mis en place aux Etats-Unis par Franklin Roosevelt et Lyndon Johnson.

Moore dit clairement que la tragédie du lycée Columbine (à Littleton, Colorado) est la conséquence de cette politique erronée en se référant à une autre tragédie en milieu scolaire, à savoir la mort d’un enfant de maternelle tué par un de ses camarades qui avait ramené une arme à feu de la maison.

John Moore et la Franchise Die Hard

Tous ces codes ont été utilisés dans trois films puis est arrivé Len Wiseman et son quatrième volet. Il restait alors quelques scènes d’action potables, le charme de Mary Elizabeth Winstead et quelques codes repris. Car la Fox, voulant manifester prolonger une franchise trop juteuse à l’infini, a décidé de mettre en route un 5e volet. Et après le refus de Fred Cavayé de s’y coller (peut-être est-ce la lecture du script de Skip Woods qui l’a découragé), c’est John Moore qui s’est mis à la tâche.

Moore et Woods n’ont rien compris à la franchise et n’ont sans doute jamais visionné les films de John McTiernan. Sans son titre et la présence de Bruce Willis, le film aurait été un blockbuster d’action lambda tant aucun des codes cités plus haut n’est repris.

Lire aussi: Décès par armes à feu : États-Unis vs. Canada

Exit le « mauvais endroit au mauvais moment », John McClane part de son plein gré en Russie à la recherche de son fils et se retrouve mêlé à une histoire impliquant une bande de méchants.

L’histoire, linéaire et prévisible à souhait, n’est qu’une succession de scènes se voulant spectaculaires avec dans l’ordre une poursuite sur le périph de la capitale russe, une fuite et une fusillade et un acte final dans une usine abandonnée. C’est absolument tout.

Alors, oui, John Moore fait tout péter. Des dizaines de voitures sont détruites, plein de gens meurent gratos et des hélicoptères font de gros dégats.

Tableau Comparatif : Taux d'Homicides et Port d'Armes

PaysTaux d'homicides pour 100 000 habitantsPolitique sur le port d'armes
Islande0.3Restreint, peu de policiers armés
AustraliePlus élevé que l'IslandeProhibition des armes à feu

Au final, non seulement John Moore livre un blockbuster sans aucun intérêt ne méritant même pas de finir dans un vrai cinéma et à peine au rayon des DVD, mais en plus il tue la franchise Die Hard insultant le travail de John McTiernan, Renny Harlin et même Len Wiseman dont le Retour en Enfer est soudainement revu à la hausse.

Lire aussi: Choisir une Armoire à Fusil 5 Armes

tags: #Jon #Moore #armes #à #feu #histoire

Post popolari: