La chasse et le gibier occupent une place complexe dans la culture chinoise, oscillant entre traditions ancestrales, défis environnementaux modernes et efforts de conservation.
Depuis plusieurs années, les chasseurs du Limousin observent un déclin chez les faisans, perdreaux et autres lapins de garenne. Comme dans de nombreuses régions françaises, ces petits gibiers pâtissent de la destruction des bois et de l’urbanisation, mais également de l’agriculture plus moderne et productive.
« Le dimanche, c’était l’aventure », se remémore Raymond, 82 ans, auprès de France 3 Nouvelle Aquitaine. « Je me régalais. Il y avait des perdreaux, des faisans… Des lapins de garenne, aussi, en quantité », a-t-il confié. Seulement, aujourd’hui, il constate un déclin du petit gibier. « Je regrette, parce que c’était convivial. C’était sympathique, on passait du bon temps », a déploré Raymond.
Face à ce phénomène, le nombre de licenciés baisse régulièrement, comme l’a regretté Natasha Poirier, directrice adjointe de la Fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne, à nos confrères. Pourtant, selon elle, la chasse de petit gibier « peut attirer les jeunes » et « se prête davantage au mode de vie moderne ». « C’est-à-dire que l’on peut aller chasser une heure, deux heures, puis on rentre parce qu’on en a marre ou parce qu’on a un repas de famille », a-t-elle développé.
Pour tenter de remédier à ce problème, des associations réintroduisent certaines espèces. C’est le cas du Groupement d’intérêt cynégétique de la Basse Marche. Ce collectif s’occupe de la réintroduction de faisans sur dix mille hectares, et les premiers résultats sont d’ores et déjà visibles. Au printemps dernier, 500 faisanes et coqs avaient été recensés dans le département. « On a prouvé que ces animaux sauvages pouvaient se reproduire et survivre », s’est réjoui le président de l’association.
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Ce qu’on appelle le gibier désigne en réalité différentes espèces d’animaux qui présentent des intérêts à être chassées : les bêtes sauvages et les oiseaux. Or il s’agit là de l’ornement naturel d’un pays si bien que, même si ces bêtes ne sont pas prises en considération par les hommes, il incombe de mettre en oeuvre des moyens pour les protéger.
Et cela à plus forte raison en Chine où le gibier est abattu dans l’anarchie la plus complète. Si bien que dès qu’une fourrure ou un plumage présente quelque la moindre valeur marchande, il est à craindre que l’espèce en question ne soit rapidement exterminée.
Il y a seize ans, la province du Fujian accueillait une population particulièrement nombreuse d’aigrettes. On trouvait parmi celles-ci deux sous-espèces : les herodiar gazetta et les aigrettes de Chine ou heorodiar eulophotes. Leur plumage était de toute splendeur, si bien que les Occidentales en raffolaient et qu’on se les arrachait dans leurs pays. Dès 1898, les chasseurs locaux comprirent qu’ils pouvaient en tirer des revenus conséquents et commencèrent à les massacrer dès l’année suivante.
Les marchands de plumes d’aigrettes shanghaïens vinrent sur place pour exciter les chasseurs par tous les moyens qui, pour leur part, usèrent de tous les procédés pour capturer les aigrettes. Ceux-ci étaient d’une rare cruauté, et leur simple évocation suffit à vous donner des haut-le-cœur.
La revue occidentale (anglaise), l’Ibis, qui fait figure de référence en matière d’ornithologie, a publié la lettre d’un lecteur (occidental) dans le détail dans le détail l’habitat des aigrettes du Fujian et comment celles-ci ont été décimées par les chasseurs.
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À présent les aigrettes ont été décimées, et on n’en trouve plus aucune trace dans les régions du moyen et bas Yangtsé.
Mais prenez les faisans à collier (ou faisan de Colchide). Qui donc, ici ou ailleurs, n’apprécie pas leur compagnie et leur chaire délicieuse ? Je pense que presque tout le monde partage mon avis. Or, si l’on ne songe pas à les protéger rapidement, les faisans risquent de subir à leur tour le sort funeste des aigrettes.
Tous les ans, des faisans sont exportés par millions depuis la Chine vers Londres par navires réfrigérés (les steamers qui les transportent sont équipés d’espaces réfrigérants pour préserver la saveur de leur chaire). Une fois arrivés à Londres, ils sont distribués partout en Grande-Bretagne et en Irlande. Liverpool et Hull sont les plaques tournantes du commerce de la viande réfrigérée.
Selon un grand nombre de rapports reçus, nous savons qu’à l’hiver dernier le nombre de faisans exportés depuis les trois provinces du Nord-est (soit le Jilin, le Heilongjiang et le Liaoning) est compris entre 500 000 et un million. Mais les faisans ont beau être particulièrement nombreux dans ces trois provinces, seront-ils suffisants pour subvenir indéfiniment à une demande si forte ?
Outre les faisans, l’hiver dernier les trois provinces du Nord-est ont également exporté entre dix mille et quinze mille capercaillies et francolins perlés. Les espèces exportées depuis les ports situés sur le Yangtsé comprennent des cerfs, des lapins, des bambusicoles, des cailles et autres faisans. S’y ajoute le chevreuil, chassé pour sa fourrure.
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Ces chiffres permettent de mesurer l’ampleur du massacre des animaux. Sans parler de la piètre qualité des fusils utilisés par les chasseurs chinois, qui ne sont pas suffisamment puissants pour tuer d’un seul coup les plus grosses bêtes. En outre, afin de revendre les fourrures à un prix plus élevé, ils préfèrent éviter qu’elles soient maculées de sang. Si bien que les cerfs et autres chevreuils sont écorchés vifs dès leur capture.
Tous ceux qui se rendent dans les terres pour y chasser en conviennent : la population des chevreuils n’en a plus pour très longtemps avant de disparaître. Mais ils ne sont pas les seuls menacés d’extinction. Les chevreaux sauvages et autres antilopes sauvages sont eux-aussi victimes de l’intérêt qu’on porte à leur fourrure et ils risquent bien d’être exterminés en un très peu de temps.
À présent, deux espèces de faisan noir, le hokki bleu (Crossoptilon auratum) et le hokki blanc (Ciossoptilon tiberanum) sont menacées d’extinction totale sous peu. Outre ce cas spécifique, de nombreuses autres espèces d’oiseaux présentes dans toutes les provinces de Chine sont chassées et exportées à l’étranger.
Face à l’extinction dont sont menacées de nombreuses espèces, la responsabilité du gouvernement de la République de Chine doit être pointée du doigt. À l’époque des Qing, une vaste zone boisée protégée, interdite à la circulation, existait dans le Zhili. Il s’agissait du domaine réservé aux chasses impériales. Avant la révolution (de 1911), de nombreuses espèces y vivaient en abondance. Elles ne pouvaient être chassées en dehors des saisons/de la saison de la chasse si bien que les bêtes pouvaient vivre tranquilles.
Mais quel intérêt représentent au juste, me demanderez-vous, des oiseaux et des bêtes sauvages pour un pays ? Autrement dit, la question à laquelle nous devons répondre est la suivante : y a-t-il un intérêt commercial à se soucier des animaux sauvages et à les protéger ? La réponse est, en vérité, fort simple. Il suffit de voir l’empressement des chasseurs pour comprendre la valeur des animaux sauvages.
L’on sait que toutes les espèces qui volent, nagent, courent ou rampent appartiennent au règne animal. Par conséquent, quand ces animaux se trouvent dans un pays, il est tout à fait possible de les considérer comme des biens nationaux. Dès lors, qui pourrait dire que ces animaux ne méritent pas d’être protégés ?
Prenons par exemple les chevreuils, dont la fourrure peut être soumise à de très nombreux usages. Ce qu’on appelle communément la peau de cerf mâle et la peau de munjac sont en réalité faites avec de la fourrure de chevreuil. Or, la méthode de préservation de cette espèce serait des plus aisées à mettre en oeuvre : il suffirait d’interdire légalement la chasse des chevreuils durant une période définie et de limiter le nombre de prises à un certain nombre clairement arrêté.
Tous les acteurs du monde économique savent que les steamers sont équipés de chambres froides qui permettent d’exporter la viande de gibier jusqu’en Europe sans craindre qu’elle ne se gâte. J’ai déjà abordé ce point un peu plus haut.
Il suffit qu’une occasion de gagner de l’argent se présente sous leurs yeux pour qu’ils s’empressent de se remplir les poches. Et dès que leur cupidité est satisfaite, ils disparaissent en un éclair.
Dans la région de Bayan Ulgii, à l'ouest de la Mongolie, la culture kazakhe est profondément liée à l'aigle. Les Burguitchins, seigneurs des vallées arides, perpétuent la tradition de la chasse à l'aigle depuis des siècles.
Les aiglons sont capturés au nid et entraînés pendant des mois avant leur première chasse. Les Burguitchins partent à cheval, tenant leur aigle sur le poing, et lancent le rapace sur du petit gibier comme des lapins ou des renards.
Après plusieurs années de chasse, les aigles sont relâchés pour se reproduire, et les Burguitchins recommencent le cycle avec un nouvel aiglon.
| Espèce | Menace Principale | Conséquences |
|---|---|---|
| Aigrettes (Herodiar gazetta, Herodiar eulophotes) | Chasse pour le commerce de plumes | Décimation complète dans certaines régions |
| Faisans à collier (Phasianus colchicus) | Exportation massive pour la viande | Risque de déclin significatif de la population |
| Chevreuils | Chasse pour la fourrure | Population en voie de disparition |
| Faisans noirs (Crossoptilon auratum, Ciossoptilon tiberanum) | Chasse pour les plumes ornementales | Menace d'extinction totale |
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