Le mercredi 26 mars, le CEA Valduc sera le théâtre d’un exercice national de sûreté nucléaire, au cours duquel un incident sera simulé sur le site.
Que tout le monde se rassure, cet exercice, programmé, mercredi 26 mars de 9 à 17 heures, n’indique pas qu’une attaque imminente est attendue sur le site du CEA (commissariat à l’énergie atomique) Valduc. Mais aussi les élus des huit communes concernées par le périmètre de sécurité, qui s’étend sur un rayon de six kilomètres autour du site.
Parmi ces huit communes (Léry, Échalot, Poiseul-la-Grange, Moloy, Fresnois, Lamargelle, Salives et Le Meix), Léry sera plus particulièrement impliquée. Puisque l’exercice permettra de tester son plan communal de sauvegarde, ainsi que divers dispositifs comme FR-Alert, qui permet d’avertir, en cas de danger et en temps réel, tout possesseur d’un smartphone dans un périmètre défini.
Concernant la population environnante, aucun impact n’est à prévoir. Mais les autorités ont tout de même livré quelques consignes, lors d’une réunion publique qui s’est tenue le 18 mars au sein du CEA Valduc, en présence de la directrice de cabinet du préfet, Aurélie Contrecivile.
Chacun est ainsi invité à ne pas « sur solliciter » les services de gendarmerie et de secours le 26 mars, car nombre d’entre eux seront mobilisés sur l’exercice. Il ne faudra pas, non plus, s’inquiéter lorsque la sirène du CEA retentira à 9 heures, au moment du déclenchement du faux incident. Enfin, il a été rappelé que les administrés des huit communes situées dans le périmètre de sécurité peuvent se procurer une plaquette informative, dans leur mairie, indiquant toutes les consignes à suivre en cas d’incident réel.
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En août 2018, Antoine Albrespy, agent de sécurité au Centre à l'énergie atomique au Barp, a été grièvement blessé à la tête par un collègue lors d’une séance d’entraînement. Survenu le 18 août 2018, au cœur de l'été, l'accident a été largement relayé par les médias locaux et nationaux.
Comment un tel drame a-t-il pu se produire sur un site militaire très sensible comme le CEA-Cesta du Barp ? A l'époque, le pronostic vital d'Antoine Albrespy, très grièvement blessé à la tête par un tir de balle, est engagé. L'homme, âgé de 31 ans au moment des faits, est entre la vie et la mort.
Aujourd'hui hémiplégique et atteint de multiples troubles cognitifs, le salarié demande à son employeur de reconnaître sa responsabilité et de l'indemniser pour le préjudice physique et psychologique subi.
Tous les lundis matin, Antoine Albrespy est en plein séance de rééducation chez le kinésithérapeute pour "faire travailler les muscles de ses jambes". "Trois fois par semaines, j'ai des séances de kiné. On essaie de mobiliser ma jambe gauche. L'accident m'a rendu hémiplégique, j'ai le côté gauche paralysé. J'ai perdu l'usage de mon bras gauche définitivement.
Il doit suivre également deux séances d'orthophonie par semaine. Le jeune homme de 33 ans qui vit seul à Gujan-Mestras sur le bassin d'Arcachon évoque son quotidien qui a totalement basculé en août 2018. "Avant l'accident j'étais en couple. Depuis, ma compagne est partie et je rembourse seul le crédit de la maison que nous avions achetée ensemble. Ma mère vient tous les jours me voir. Je ne peux payer une aide à domicile, c'est trop cher malgré les aides handicapés".
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Antoine Albrespy est toujours salarié du CEA-Cesta, le Centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine (Cesta) du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), au Barp. Il perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale au titre de son accident du travail.
Antoine Albrespy ne se souvient pas de la période qui a suivi son accident. Le samedi 18 août 2018, lors d’une séance d’entraînement, l'agent de sécurité du CEA a reçu une balle en pleine tête. Le tireur, un de ses collègues, a utilisé de vraies balles au lieu d'utiliser des balles à blanc.
"Ce serait normal que le CEA m'indemnise mais mon employeur réfute toute responsabilité dans cet accident." Selon Antoine Albrespy, "Mon employeur rejette la responsabilité sur le tireur pour ne pas payer", commente Antoine Albrespy qui "craint d'être licencié dans les prochains mois par le CEA pour inaptitude à son poste" et se retrouver sans rien. "Hémiplégique, seul et une maison à payer."
Son collègue, auteur du tir, a été condamné au pénal par la cour d'appel correctionnelle pour "blessures involontaires" à un an d'emprisonnement dont 10 mois avec sursis, et à cinq ans d'interdiction de port d'arme.
"Le CEA a refusé notre demande de conciliation amiable que nous avons faite devant la CPAM de la Gironde en septembre 2020. En mars 2021, nous avons donc lancé une procédure en reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur devant le pôle social du tribunal judiciaire de Bordeaux".
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Frédéric Le Bonnois, avocat d'Antoine Albrespy, ajoute : "Nous avons espoir d'avoir gain de cause car l'Inspection du travail a réalisé une enquête en 2019 et relevé plusieurs fautes susceptibles d'être reprochées au CEA."
Selon l'avocat d'Antoine Albrespy, le salarié qui a tiré avec des balles réelles avait déjà fait l'objet d'une procédure de mise à pied par l'employeur pour utilisation de balles réelles. "Il était dangereux et le CEA n'a pas pris au sérieux le danger qu'il représentait pour les autres salariés, et aurait dû anticiper les risques"explique Maître Le Bonnois.
Une personne a été légèrement blessée et contaminée jeudi, puis décontaminée, après un départ de feu dans un laboratoire désaffecté du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), en région parisienne, a annoncé l'autorité de sûreté nucléaire (ASNR).
Trois personnes étaient présentes dans le local au moment de l'incident, dont l'une "a été légèrement blessée et contaminée", selon le régulateur. "Elle a été décontaminée par les équipes du site et a ensuite pu rentrer chez elle". L'incident s'est produit dans un ancien laboratoire d'étude du retraitement des combustibles usés, fermé depuis 1995.
L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a indiqué avoir "activé son organisation de crise le 20 novembre 2025 à 16h15 suite au déclenchement par le site du CEA de Fontenay-aux-Roses de son plan d'urgence interne consécutif à un départ de feu dans un local d'une installation (INB 165) en démantèlement".
Une "cellule mobile" a été envoyée sur place "pour réaliser des mesures de la radioactivité à proximité du site", notamment sur la voie publique. Ces mesures "ont confirmé l'absence de rejet", ajoute l'ASNR, qui est en lien avec le CEA et la préfecture.
L'ASNR ajoute dans son communiqué que "toutes les autres personnes présentes dans le bâtiment ont été évacuées et contrôlées par précaution" et qu'"aucune contamination n'a été détectée".
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