Les armes à sous-munitions sont des armes d’attaque, conçues pour saturer et interdire une zone dans laquelle une ou plusieurs cibles ont été localisées.
Ces dernières sont composées d’un conteneur, aussi appelé bombe mère, qui regroupe, selon les modèles, une dizaine ou plusieurs centaines de mini-bombes ou sous-munitions.
Les bombes à sous-munitions sont larguées par voie aérienne (bombes) ou terrestre (obus, roquettes…).
Entrée en vigueur en août 2010, la Convention d’Oslo interdit l’utilisation, la fabrication, le commerce et le stockage des bombes à sous-munitions. D’où l’élaboration d’une « Convention on Cluster Munitions » (CCM).
Cette Convention d’Oslo a été signée par 107 États en décembre 2008.
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Mais ni les Russes ni les Américains, pas plus que les Ukrainiens ne l’ont signée.
Washington a confirmé que l’administration Biden va fournir des bombes à sous-munitions à l’Ukraine. Ces munitions seront prélevées sur les stocks des forces armées américaines. On ne dispose pas de chiffres précis sur les stocks américains mais et l’US Army et le Corps de marines (USMC) en détiennent.
Ce que Washington va fournir à Kiev, ce sont des obus de 155 mm à sous-munitions de type M864. L’obus disperse 24 sous-munitions M46 anti-matériel et 48 M42 anti-personnel à une distance de 29 kilomètres.
De premières images des armes à sous-munition livrées par les États-Unis ont été dévoilées en Ukraine. Une information confirmée par la Maison Blanche.
Ces bombes seraient utilisées par l'armée ukrainienne en position défensive.
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Kiev veut relancer sa contre-offensive et peut compter sur les livraisons d'armes de ses alliés pour cela.
Les forces ukrainiennes "les utilisent de manière appropriée. Elles les utilisent efficacement et elles ont réellement un impact sur les formations défensives russes et les manœuvres défensives" de Moscou, a déclaré aux journalistes John Kirby, un porte-parole de la Maison Blanche.
Dans le même temps, une vidéo montrant ces armes en action pour la première fois a été diffusée.
On peut voir sur ces images, prises de nuit et depuis le ciel, des explosions sur une surface d'une cinquantaine de mètres sur cent mètres.
Ces armes à sous-munitions auraient été utilisées par les forces armées ukrainiennes contre un récent assaut russe près de la ville de Krasnohorivka dans la région de Donetsk.
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Les explosions sont visibles dans une zone hors habitation, semblant confirmer la promesse de Kiev de ne pas utiliser ces armes controversées dans des zones civiles.
Une utilisation en position défensive, également rapportée via un reportage du média britannique, The Telegraph. Dans cette vidéo, des artilleurs ukrainiens sont aussi en possession de ces armes à sous-munitions et sont situés à Koupiansk.
Une zone où les Ukrainiens sont en position défensive, laissant penser que les armes nouvellement livrées sont surtout utilisées pour protéger la ligne de front face à une éventuelle réponse russe.
Selon une source auprès du Washington Post, "l'Ukraine a commencé à utiliser les armes à sous-munitions américaines contre les forces russes dans le sud-est de l'Ukraine pour tenter de percer les positions fortifiées".
Sur Telegram, la chaine militaire pro-russe Obraz Budushego a quant à elle fait une publication dans laquelle il est précisé que "l'armée ukrainienne détruit nos positions dans la direction de Bakhmout avec des armes à sous-munitions. La contre-batterie ne fonctionne pas. Tout brûle ici."
Les Ukrainiens semblent avoir réparti les armes américaines le long du front, évitant par conséquent de tout répartir dans le sud du pays, malgré les difficultés qui y sont rencontrées.
Dans un entretien diffusé début juillet par la chaîne CNN, le président américain Joe Biden avait confié avoir pris une "décision très difficile" en livrant ces armes à l'Ukraine, justifiant cela par le fait que Kiev est "à court de munitions".
Le problème que pose ce type de munitions est que jusqu’à 30 % des sous-munitions n’explosent pas quand elles touchent le sol.
Les armes à sous-munitions peuvent disperser jusqu'à plusieurs centaines de petites charges explosives, capables de rester non explosées dans le sol et créant un risque pour les civils après la fin d'un conflit. Elles sont interdites par de nombreux pays, notamment européens, signataires d'une convention signée à Oslo en 2008.
Sur l’océan Atlantique, dans le Sud-Est à la limite de la Géorgie et de la Floride, la base navale de Kings Bay est l’un des deux ports d’attache des sous-marins nucléaires stratégiques des Etats-Unis.
Dans ce Vieux Sud littoral, Kings Bay et l’aire métropolitaine de Jacksonville sont les territoires les plus militarisés du pays.
Cette réalité vient rappeler qu’aux Etats-Unis Sun Belt rime le plus souvent aussi avec Gun and Military Belt.
Kings Bay est le port d’attache de six SNLE Classe Ohio armés des missiles balistiques Trident II D-5 à têtes nucléaires multiples.
Cette base joue donc un rôle majeur dans l’affirmation et la projection océanique de la puissance étasunienne et dans les équilibres géopolitiques et géostratégiques mondiaux entre grandes puissances rivales.
Loin d’être complètement éthérés, ces grands enjeux s’ancrent dans des territoires et des espaces bien réels d’un intérêt vital.
Située près de la ville de Jacsonville, en Floride, cette image génerale présente la base de la marine américaine de Kings Bay. Elle a été prise par le satellite Sentinel-2B le 10 novembre 2019.
En géographie régionale, l’image appartient au vaste piémont qui, de New York à Jacksonville - soit sur 1.300 km de long et 150 à 300 km de large - descend de la chaine des Appalaches jusqu’à l’océan Atlantique.
Au contact avec la mer, de rares sites accueillent des villes portuaires importantes comme Norfolk, Charleston, Savannah ou Jacksonville.
A l’échelle locale, l’image témoigne de l’organisation du contact littoral. Cette vaste plaine côtière d’accumulation se caractérise par ses longs cordons dunaires. Ils sont dus à la mobilisation puis aux dépôts des matériaux sédimentaires par les courants marins, comme en témoigne bien la charge (couleur verte claire) sur l’image.
Ce processus de régularisation aboutit à la création d’un long cordon littoral constitué de grandes et longues îles (cf. Kekyll, Saint Simons, Sapello, Saint Catherines Islands plus au nord). Ainsi, sur l’image, la Cumberland Island est, avec 147 km2 et une trentaine de km de long, la plus grande et la plus longue des îles bordant le littoral du Sud-Est des Etats-Unis.
Ces cordons dunaires littoraux isolent donc à l’intérieur une zone amphibie de lagunes, de marais et d’estrans de 5 à 10 km de large, bien identifiable sur l’image.
Celle de St Marys ou St Marys Entrance, du nom du petit bourg historique en retrait de la passe, est équipée de deux jetées bien visibles sur l’image qui se prolongent en mer. Elles servent stabiliser la passe face à l’érosion et à la protéger des courants marins.
Mais surtout, elles servent de chasse d’eau en guidant étroitement l’énorme masse d’eau accumulée à l’arrière du cordon dunaire à chaque marée haute. Ce jet puissant chasse le plus loin possible vers le large les bancs de sable et d’alluvion.
Au large de Cumberland Island, Stafford Shaol est ainsi un haut fond qui se situe à seulement - 3/- 6 m de profondeur. Il faut parcourir 4 km vers le large pour atteindre la profondeur de - 12 m.
Enfin au centre de l’image se trouve la base sous-marine nucléaire de Kings Bay, bien repérable par ses infrastructures (cf. zoom 1). C’est avec Bangor dans la région de Seattle, au Nord-Ouest des Etats-Unis, l’une des deux bases navales accueillant les sous-marins à propulsion nucléaire équipés de missiles balistiques à têtes nucléaires multiples.
Avec 6 SNLE, contre 8 à Bangor, Kings Bay est - pour l’instant du moins, du fait de la montée à terme du potentiel chinois dans l’ile d’Hainan - la seconde base navale au monde par la puissance des armements nucléaires qui y sont stockés et mis en œuvre.
Les installations de Kings Bay et la ville de St Marys appartiennent à l’aire métropolitaine de Jacksonville (cf. image complémentaire), située dans l’Etat fédéré de Floride environ 60 km plus au sud. Elle est à cheval sur le Nord-Est de la Floride et le Sud-Est de la Géorgie.
Couvrant 9.500 km2 et peuplée de 1,6 million d’habitants, c’est par sa population la 34em métropole du pays et la 4em de la Floride, derrière Miami, Tampa et Orlando.
Car Jacksonville est l’économie métropolitaine la plus militarisée du pays, c’est-à-dire celle dont l’économie est la plus dépendante des emplois et des transferts financiers du Pentagone. Les activités militaires y dépassent très largement les 10 % du PNB (Jacksonville : 60 %) devant Fayetteville (38 %), Colombus (20 %), Norfolk (14 %) ou Honolulu à Hawaï (12 %).
Il convient en effet de rappeler que dans le Top 10 des Etats fédérés qui reçoivent le plus du Ministère de la Défense, la Virginie arrive en 2em position, derrière la Californie, et la Floride en 5em position, derrière le Texas et le Maryland.
On retrouve là le vieux processus structurel à l’œuvre depuis les années 1950/1960 qui dope les économies métropolitaines de la périphérie méridionale et du littoral Pacifique aux dépenses militaires.
Au milieu des années 1950 - nous sommes alors en pleine Guerre froide - l’US Army, l’armée de terre, y entame la construction d’un terminal logistique maritime afin d’exporter vers les théâtres extérieurs les munitions nécessaires aux combats.
Sont alors creusés un canal et deux bassins reliés à l’hinterland par d’importantes voies ferrées. Restant au final sous cocon, ce terminal est utilisé par une compagnie navale civile.
Mais c’est les changements géopolitiques des équilibres européens et méditerranéens dans les années 1970 qui bouleversent la donne et expliquent l’installation de la base de SNLE sur ce site atlantique.
C’est ainsi que Washington obtient de Madrid l’ouverture dans la péninsule de nombreuses bases militaires en 1955, dont celle de Rota dans la Baie de Cadix en Andalousie dans le sud de l’Espagne. Rota n’est pas n’importe qu’elle base à l’étranger : elle accueille les sous-marins stratégiques équipés de missiles nucléaires balistiques du Submarine Squadron 16.
Mais en novembre 1975, la mort de Franco ouvre en Espagne une période de grande incertitude liée au processus de démocratisation du pays. A Washington, on s’inquiète. Des négociations aboutissent en janvier 1976 à un accord bi-partie actant le retrait en juillet 1979 des SNLE et missiles nucléaires.
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