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Les cerfs, chevreuils et biches peuvent être responsables de nombreux dégâts en cultures forestières et ornementales. Les mâles frottent leurs bois en croissance sur les troncs des jeunes arbres faisant des dégâts sur l'écorce et pouvant parfois casser des tiges voir même étêter la plante. Ces blessures peuvent ensuite constituer des portes d'entrées pour des maladies entrainant des dommages secondaires lourds. Enfin ces ongulés peuvent se nourrir des bourgeons, des feuilles et des jeunes rameaux de nombreuses espèces forestières ou ornementales.

Abroutissement, écorcement, frottis,… les dégâts causés par les chevreuils et les cerfs peuvent se révéler très importants dans les cultures et préjudiciables à la santé économique des exploitations qui les subissent.

Ce comportement alimentaire des cervidés est un complément à leur régime herbacé et semi-ligneux. Il consiste en un prélèvement des bourgeons, brindilles et branches qui se trouvent à portée de dents des animaux. L’absence d’incisives à la mâchoire supérieure empêche les cervidés de cisailler les pousses. Ils saisissent les jeunes rameaux par pincement entre le bourrelet incisif et les incisives de la mâchoire inférieure. Ce mode d’alimentation donne à la blessure quasi horizontale un aspect mâchonné.

Méthodes de prévention des dégâts de gibier

Pour essayer de limiter les dégâts causés par le gibier sur les arbres, il faut s’intéresser à l’alimentation de base du grand gibier. « Initialement, le chevreuil mange principalement des ronces, mais il est qualifié de fin gourmet. Et c’est quand il manque de ronces, l’hiver, qu’il mange autre chose. Sur des sols un peu trop acides, il n’y a pas de ronce, les animaux manquent donc de nourriture. L’éclaircie sélective, qui va permettre à une partie de la lumière d’atteindre le sol, est également une solution incontournable.

Davantage de nourriture se développera, ce qui limitera les dégâts sur les arbres. Une opération à renouveler 2 à 3 fois par an durant les premières années de la plantation, coûtant 12 à 15 centimes d’euros en produit par plant. Tout est aussi dans la stratégie globale du secteur géographique. « Le domaine vital du cerf (aire où vit ordinairement l’animal) est d’environ 1000 ha et celui du chevreuil d’environ 35 ha pour un mâle adulte, souligne Antoine de Lauriston. Si on replante en faisant en sorte qu’il y ait de la nourriture, mais que c’est la disette sur les parcelles voisines, les animaux mangeront tout ce qu’ils pourront dans la plantation nouvelle.

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Du côté de la gestion de la population de gibier, la mutualisation des plans de chasse peut être efficace. Car parfois, des territoires sont gérés de façon différente alors qu’un groupe d’animaux les occupent de façon globale, se déplaçant de l’un à l’autre.

Clôtures et protections physiques

  • Les gaines plastiques assurent une protection efficace contre le gibier tout en garantissant une bonne aération.
  • Ces filets en plastique mesurent entre 0,60 et 1,20 m de haut et 15 à 30 cm de diamètre. Ils doivent être systématiquement maintenus par des tuteurs et être suffisamment solides pour résister aux assauts des cervidés.
  • La clôture électrique constitue un moyen confirmé de prévention des dégâts du grand gibier. Son principe de fonctionnement est simple : suite au contact avec la clôture, l’animal ferme un circuit électrique et reçoit une décharge dissuasive et non mortelle.
  • Il apprend rapidement que le contact avec le fil déclenche de la douleur. Par réflexe conditionné, la clôture devient une zone à ne pas toucher, un obstacle à ne pas franchir.

Répulsifs

Ces produits ont un effet répulsif en agissant au niveau de l’odorat des animaux, du goût ou simplement de manière mécanique. Il existe sur le marché un produit à base de graisse de mouton, qui, par sa mauvaise odeur, éloigne les cervidés des cultures. D’un emploi facile, ce produit, appelé Trico, est un répulsif d’origine naturelle catégorisé "produit de biocontrôle".

Répulsif à base de graisse de mouton : Trico

Ainsi, Trico est un répulsif homologué en France depuis 2012. Produit naturel à base de graisse de mouton, il s'utilise en pulvérisation sur les jeunes pousses au printemps dilué à raison de 1 litre de Trico pour 3 litres d'eau (45 jours de persistance), « le but est de pulvériser les tours de parcelle sur deux rangs en insistant bien sur les bouts de rangs ou entrées. On arrive ainsi à une dose moyenne de 3 à 5 litres par hectare soit un coût de 60 à 100 euros par hectare et une efficacité supérieure à 90 % », explique Philippe Gaudin de la société Solutions et Plants, qui commercialise ce produit.

Trico peut également être appliqué via des diffuseurs (40 à 50 diffuseurs par hectare avec du produit pur) soit 2 à 2,5 litres par hectare (40 à 50 euros/hectare) auquel il faut ajouter le prix d'un diffuseur (4 euros). Mais dans ce cas, souligne Philippe Gaudin, « la persistance d'action est de 60 jours ».

La Fédération de chasse de Charentes a testé ce répulsif à la fois en pulvérisation et en application via des diffuseurs. « Concernant l'application en pulvérisation, l'efficacité est effectivement de 45 jours. Au-delà, cela décroche alors qu'avec les diffuseurs le produit étant à l'abri de la pluie, l'efficacité a été observée pendant toute la période où la végétation était attractive pour les chevreuils.

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Protecta

Le répulsif Protecta est conçu pour repousser les cervidés de toutes les espèces communes (cerfs, chevreuils, etc) et empêcher ainsi les dégâts occasionnés par l’abroutissement saisonnier. Il est élaboré à partir de graisse de mouton, dont l'odeur dérange l'odorat très fin des cervidés. Durant 6 semaines, il diffuse des odeurs incommodantes pour les animaux et les éloigne des végétaux traités. Utilisable en agriculture biologique, le répulsif Protecta peut être vaporisé sur la majorité des plantes ornementales communes, sans nuire à leur développement.

Autres répulsifs naturels

  • Laine de mouton : Il a été observé que le chevreuil ne sort pas sur les territoires parcourus par les troupeaux de moutons. Il semble incommodé par l’odeur ainsi que par l’important essaim de mouches qui accompagne les ovins. Il semble donc intéressant de disperser de la laine sur les végétaux.
  • Œuf : certains utilisent une solution à vaporiser à base d’œufs (80 % d’eau avec 20 % d’œuf). L’odeur de la décomposition de l’œuf dissuaderait les cerfs en associant les senteurs de décomposition et de pourriture aux prédateurs.

Effarouchement

  • Par émission répétée de bruits divers, on crée un climat d’insécurité qui a pour but de maintenir à distance les animaux de la zone à risques. Malgré l’irrégularité des sons, les animaux sauvages sont assez doués pour comprendre après quelques jours qu’il n’y a pas de réel danger : c’est le phénomène d’accoutumance.
  • Il consiste en l’utilisation de divers objets pour effrayer les animaux : épouvantail (mannequin), objets miroitants (CD), sacs de matière plastique, etc. Le matériel est placé sur les parcelles à protéger ou à leur périphérie. Les dispositifs en mouvement présenteraient une meilleure efficacité mais les animaux s’y accoutument au bout d’un certain temps.
  • La pose de banderoles sur les clôtures permettrait de protéger temporairement des productions sensibles (céréales) contre les cervidés. Bien visibles, ces banderoles s’agitent et font du bruit au moindre souffle de vent.

Gestion des populations de gibier

La chasse, qui permet la régulation des populations, est au cœur du dispositif de prévention des dégâts de gibier. Depuis 1979, les plans de chasse sont obligatoires. Ils sont pris par arrêté du Préfet de chaque département, après avis de la commission départementale compétente en matière de chasse et de faune sauvage, en cohérence avec le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique. Il est établi pour une période pouvant aller jusqu’à 3 ans, révisable annuellement.

Procédure d'indemnisation

La procédure d’indemnisation par la fédération départementale des chasseurs s’exerce dans un cadre bien précis. Tous les types de cultures sont concernés par l’indemnisation grands gibiers : vigne, blé, maïs...

  • A partir de la réception de la déclaration de dégâts, la Fédération des Chasseurs dispose d’un délai maximum de 8 jours pour réaliser l’expertise.
  • Le dossier d’indemnisation : à réclamer à la Fédération des Chasseurs et à remplir sans délai (avant récolte), le plus complet possible et à expédier à la Fédération.
  • La procédure d’indemnisation : expertise dans les 8 jours ouvrés.
  • Calcul de l’indemnisation : à partir d’un barème départemental négocié chaque année. Un abattement légal de 2% est appliqué.

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