Plongez dans l’univers de la chasse et du gibier en France à travers notre guide complet. Découvrez le plan de chasse des espèces, explorez les différents modes de chasse et familiarisez-vous avec la notion de gibier.
Dans son sens courant, le mot gibier désigne tout animal sauvage que l’on peut légalement chasser pour sa chair, sa peau ou son trophée. Le terme gibier vient du Moyen Âge, de l’ancien français gibier ou gibert, issu du bas latin giberna, qui désignait une besace, un sac destiné à transporter la nourriture. Par extension, le mot a fini par désigner le contenu du sac, c’est-à-dire les animaux tués à la chasse.
Chevreuil, faisan, lièvre ou sanglier : le gibier regroupe des animaux que l’homme peut chasser pour leur chair, leur peau ou leur trophée. Pourtant, toute la faune sauvage n’en fait pas partie alors que des animaux issus d’élevage sont chassables. La notion de gibier repose sur des classifications précises qui déterminent quelles espèces peuvent être chassées.
Les espèces rangées sous le terme gibier sont nombreuses et très variées, ce qui explique la nécessité de les classer. Ces classifications ont une portée pratique car elles structurent les modes de chasse, fixent les périodes d’ouverture et permettent une gestion plus fine des populations.
La classification traditionnelle distingue historiquement le gros gibier des petits animaux, avec des catégories comme la « gent ailée aquatique », la « gent poilue » ou encore la « gent palmée ».
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Aujourd’hui, la définition légale européenne établit des distinctions précises entre le gibier sauvage et le gibier d’élevage. Le gibier sauvage comprend les ongulés sauvages, les autres mammifères terrestres chassés pour la consommation humaine, ainsi que les oiseaux sauvages vivant en liberté.
Le gibier d’élevage, quant à lui, regroupe les oiseaux d’élevage et les mammifères terrestres élevés spécifiquement à des fins cynégétiques ou alimentaires.
Le plan de chasse en France constitue un dispositif réglementaire fondamental pour la gestion durable des populations de gibier. Au niveau départemental, le préfet détient la compétence exclusive pour établir et valider les plans de chasse. Cette autorité administrative s’appuie sur les données collectées par les fédérations départementales des chasseurs pour déterminer les quotas de prélèvement. Les espèces soumises au plan de chasse comprennent principalement le grand gibier : cerf, chevreuil, sanglier, daim, mouflon, chamois et isard.
La procédure d’obtention suit un calendrier strict : les demandes sont déposées auprès de la fédération départementale, qui évalue les besoins en fonction des bilans de la saison précédente et des dégâts constatés. Le préfet, après consultation de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage, arrête définitivement les attributions.
Rendu obligatoire en France en 1978, pour certaines espèces, le plan de chasse assure le développement durable des populations de gibier et préserve leurs habitats, en conciliant les intérêts agricoles, sylvicoles et cynégétiques.
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Dans ce contexte, les chasseurs ont obligation de recueillir des données sur l’état des populations de gibier et de suivre leur tendance d’évolution : observations de terrain et résultats de comptages. Ces derniers précisent le nombre minimal et maximal de prélèvements autorisés afin de participer à une gestion équilibrée des animaux et des cultures agricoles ou forestières.
Toutes les espèces de gibiers peuvent être soumises à plan de chasse. Pour les autres espèces (lièvre, faisan, perdrix grise), l’application d’un plan de chasse peut être décidée par le Préfet sur demande du président de la fédération départementale des chasseurs sur tout ou partie du département.
Elle ne peut être déposée que par la personne physique ou morale (société de chasse, ACCA, etc.) détenant le droit de chasse sur le territoire concerné. Lors de l’instruction de la demande, la Fédération des Chasseurs peut exiger du demandeur qu’il justifie de son droit de chasse. Toutefois, lorsque le contrat de location ou de mise à disposition gratuite du droit de chasse le prévoit expressément, la demande est faite par le propriétaire ou son mandataire.
auprès de la Fédération Départementale des Chasseurs. Le détenteur du plan de chasse, muni de sa décision d’attribution, doit retirer les bracelets accordés auprès de la FDC.
Les attributions, suite aux demandes de plan de chasse, font l’objet d’une seule décision. Toutefois, concernant le sanglier, une attribution supplémentaire est possible, sur la base de demandes complémentaires. Ces demandes sont légitimes dès lors que l’attribution initiale se révèle notoirement insuffisante.
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Chaque animal tiré dans le cadre du plan de chasse attribué par la Fédération départementale des Chasseurs doit être marqué d’un bracelet à l’endroit même où il a été tué avant tout déplacement de celui-ci. Il est interdit de transporter le gibier sans avoir posé ce bracelet qui comporte un code assurant la traçabilité de l’espèce. Il identifie le gibier et sa classe d’âge. Une couleur unique est fixée annuellement par arrêté ministériel.
Il convient donc que le chasseur porte toujours sur lui le(s) bracelet(s) qu’il a commandé(s) en accord avec le plan de chasse qui lui a été notifié par arrêté individuel d’attribution.
Le nombre d’animaux à prélever est fixé pour un détenteur et un territoire déterminé : les animaux figurant sur un plan de chasse ne peuvent en aucun être prélevés sur des parcelles non comprises dans ce plan de chasse.
Toutefois, la réglementation offre la possibilité aux bénéficiaires de plans de chasse individuels de gérer ensemble leurs territoires : on parle alors de mutualisation des bracelets accordés à chacun des intéressés.
Les intéressés informent le président de la fédération départementale des chasseurs par lettre recommandée avec accusé de réception.
La France reconnaît officiellement plusieurs modes de chasse, chacun régi par des règles précises et des traditions séculaires. La chasse à tir demeure le mode le plus répandu sur le territoire français. Elle utilise principalement le fusil ou l’arc et se décline en plusieurs variantes selon le gibier visé et le terrain pratiqué.
Sous l’Ancien Régime, la chasse relevait d’un privilège seigneurial ou royal, sans réelle codification. La Révolution française a bouleversé cet ordre en abolissant ces prérogatives et en faisant de la chasse un droit ouvert à tous les citoyens. Toutefois, il faut attendre le XIXᵉ siècle pour voir apparaître une véritable réglementation. La loi du 3 mai 1844 sur la police de la chasse constitue un texte fondateur en fixant les bases : périodes de chasse, interdictions de certaines pratiques, protection de quelques espèces et surtout, une première liste nationale d’animaux considérés comme gibier.
Les hommes préhistoriques ont été des chasseurs-cueilleurs depuis... fort longtemps. Ils chassaient le gros gibier en le piégeant dans des avens et le petit par la pose de pièges.
La chasse, domaine réservée à l'élite en général, a connu une alternance entre période de permissivité, de restriction, voire d'interdiction pure et simple. Elle devient au Moyen-Âge un des privilèges de la noblesse de robe ou d'épée et de la royauté, le gros gibier étant réservé à ces classes dominantes, le petit gibier quant à lui étant laissé au reste de la population.
Une espèce protégée ne peut pas figurer sur la liste du gibier car son statut juridique interdit sa chasse, sa capture ou sa destruction. C’est le cas du loup, du lynx ou de l’ours brun, protégés en France et en Europe par des conventions internationales. Ces espèces sont exclues de la liste des gibiers mais des dérogations très encadrées peuvent permettre de réguler ponctuellement certaines populations.
Les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) - n’est pas automatiquement gibier non plus. Le renard, la fouine ou la corneille noire peuvent être détruits toute l’année sous certaines conditions, mais ne sont pas reconnus comme gibier car ils ne figurent pas sur la liste officielle des animaux chassables.
Le gibier est souvent considéré comme sauvage, mais une partie du petit gibier provient d’élevages. Chaque année, des millions de faisans, perdrix rouges et lapins de garenne sont relâchés dans la nature, une pratique qui divise. D’un côté, elle permet de maintenir la tradition de la chasse et d’assurer du gibier là où les populations naturelles sont trop faibles. De l’autre, certains y voient une contradiction avec l’idée d’une chasse “authentique” et soulignent les impacts possibles sur les écosystèmes, tels que la compétition avec la faune sauvage, la transmission de maladies ou l’altération génétique des populations locales.
Entre le gibier sauvage et le gibier d’élevage, il existe des différences notables en termes de goût, de valeur nutritionnelle et d’impact environnemental.
La viande de gibier sauvage est réputée pour sa saveur intense et rustique. Son mode de vie actif lui confère une chair plus ferme et maigre, avec un taux de matières grasses très faible (souvent moins de 5%). Le gibier d’élevage, en revanche, présente une viande plus tendre et douce, avec une teneur en gras plus élevée, similaire à celle des viandes d’élevage classiques.
D’un point de vue environnemental, le gibier sauvage est une option intéressante car il ne nécessite pas de ressources agricoles pour son alimentation ni d’infrastructures pour son élevage.
La viande de gibier est une viande provenant d'animaux sauvages, souvent chassés dans leur habitat naturel. Il existe différents types de gibier qui peuvent être classés selon leur taille et leur type. Parmi les grands gibiers, on retrouve le cerf, la biche, le sanglier, et le chevreuil. Les petits gibiers incluent le lièvre, le faisan, et la perdrix, qui offrent une chair plus fine, idéale pour des plats plus légers et raffinés.
Le gibier peut être classé en deux catégories : le gibier à poil (comme le chevreuil, le sanglier et le cerf) et le gibier à plumes (comme le faisan et la perdrix). Chaque type de gibier a une saisonnalité bien définie, qui influe sur la qualité de la viande et sa disponibilité.
La viande de gibier est une source d'alimentation saine et naturelle, réputée pour ses apports en protéines de haute qualité, en fer, ainsi qu'en vitamines B. Contrairement aux viandes plus grasses, comme le bœuf ou le porc, le gibier présente souvent un faible taux de lipides, tout en étant riche en minéraux tels que le phosphore et le potassium. Le gibier est également très pauvre en cholestérol, ce qui en fait un choix judicieux pour ceux qui souhaitent réguler leurs apports en graisses.
En plus de vous inscrire dans une démarche durable en consommant du gibier sauvage, vous faites aussi le choix d'une alimentation saine. La viande de gibier est riche en phosphore, en fer et en potassium, et elle contient des quantités significatives de vitamines B. La viande de chevreuil est pratiquement exempte de lipides, tandis que le sanglier, bien qu'il soit le plus gras des gibiers, reste beaucoup moins calorique que d'autres viandes traditionnelles.
Consommer de la viande de gibier peut avoir de nombreux bienfaits pour la santé. Le fer contenu dans la viande de gibier contribue à la prévention des carences en fer, notamment chez les personnes sujettes à l'anémie.
Cependant, la consommation de gibier présente des défis sanitaires particuliers qui nécessitent une vigilance accrue par rapport à la viande d’élevage conventionnelle. Les risques principaux concernent la transmission de maladies zoonotiques et la contamination par des agents pathogènes spécifiques à la faune sauvage. La trichinose, présente chez le sanglier, constitue l’un des dangers les plus documentés, nécessitant un contrôle systématique avant consommation.
Les bonnes pratiques culinaires demeurent déterminantes pour minimiser les risques liés à l’alimentation à base de gibier. Le respect de la chaîne du froid dès l’abattage, une cuisson à cœur suffisante et l’éviction des viscères lors de la préparation constituent les fondements d’une consommation sécurisée.
La chasse moderne trouve au centre des débats contemporains, ses conséquences se révèlent complexes et touchent autant les écosystèmes que le tissu social des territoires. Sur le plan écologique, la pratique cynégétique agit comme un régulateur des populations d’espèces sauvages, particulièrement pour le grand gibier dont les effectifs augmentent régulièrement. Les sangliers et chevreuils, en l’absence de prédateurs naturels, prolifèrent et causent des dégâts considérables aux cultures agricoles. Cependant, cette régulation s’accompagne de préoccupations concernant la biodiversité. La diminution du petit gibier sauvage pousse certaines associations à procéder au lâcher d’animaux d’élevage comme les faisans et perdreaux, modifiant la composition génétique des populations naturelles.
Dans les communautés rurales, la chasse demeure un marqueur culturel fort qui structure la vie sociale locale. Elle favorise les liens intergénérationnels et maintient des traditions séculaires dans un monde en mutation rapide. Néanmoins, la baisse continue du nombre de chasseurs fragilise cet équilibre social. Les associations de chasse voient leurs effectifs diminuer, compromettant leur capacité à assurer leurs missions d’entretien des territoires et de gestion cynégétique.
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